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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La reconnaissance du passé colonial

Faire connaître le combat
patriotique et humaniste
de l’émir Abdelkader

Le 5 février, suivant l’une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise (Indre-et-Loire) où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. L’inauguration a eu lieu en présence de l’ambassadeur d’Algérie en France. Avant son inauguration, des journalistes ont constaté que la sculpture avait été vandalisée : l’œuvre qui représente sa silhouette découpée dans une feuille d’acier a été abimée intentionnellement dans la partie basse de la structure. L’émir a été d’abord détenu à Toulon. Vaincu, à la merci de la France qui a trahi sa parole, il est sorti grandi de sa quarantaine à l’hôpital maritime du Lazaret, puis et de sa détention au Fort Lamalgue, ces quatre mois à Toulon ont joué un rôle important dans son évolution intellectuelle. C’est ce que restitue une exposition créée par la LDH Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net

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1945-1962

La fusillade de la rue d’Isly
à Alger, le 26 mars 1962
par Alain Ruscio

Avant même la signature des Accords d’Evian le 18 mars 1962, le général Salan, chef de l’OAS, a autorisé dès le 7 février ses commandos à ouvrir le feu sur les soldats français « en cas de nécessité ». Sa directive « OAS/29 » du 23 février dit qu’il faut provoquer les événements par une stratégie d’« offensive généralisée » contre « l’adversaire […], les unités de gendarmerie mobile et CRS » et secondement les « unités de l’armée ». D’où cette consigne : « Sur ordre des commandements régionaux, la foule sera poussée dans les rues à partir du moment où la situation aura évolué dans un sens suffisamment favorable. » Le 26 mars, des rapports de l’armée et des témoignages établissent que les premiers coups de feu ont été tirés depuis les toits sur les militaires français par des commandos de l’OAS.

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Les Européens d'Algérie et leur exode

Le président Macron
a reçu des « pieds-noirs »
rapatriés d’Algérie

Le président Macron a rencontré le 26 janvier 2022 au Palais de l’Élysée des représentants de rapatriés d’Algérie, dans le cadre de ce qu’il a défini comme un « travail d’apaisement de toutes les mémoires blessées de la guerre d’Algérie ». Il est revenu sur la fusillade de la rue d’Isly à Alger, le 26 mars 1962. Ci-dessous son intervention, la réaction du journaliste et historien Pierre Daum sur France 24 et l’article publié par le quotidien La Croix à ce sujet. Ainsi que les communiqués de l’Association des pieds-noirs progressistes et de leurs amis (ANPNPA), de l’Association des amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons et de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (ANPROMEVO).

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La Françafrique

Une somme incontournable
sur la construction de la Françafrique,
par François Gèze

L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique : ce livre collectif monumental a été dirigé par Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat et Thomas Deltombe. Publié en octobre 2021 par les éditions du Seuil, il propose au grand public une vision passionnante de l’histoire coloniale et postcoloniale de la France en Afrique, extrêmement bien documentée. Il montre en particulier comment Jacques Foccart, secrétaire général aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, a exercé la mission reçue de De Gaulle d’« assurer, en Afrique subsaharienne, une transition vers des “indépendances” favorables aux intérêts français ». De ce livre qui marque un saut d’envergure dans nos connaissances de ce passé trop méconnu et des traces profondes qui en subsistent aujourd’hui, François Gèze propose ici une recension détaillée.

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Commémorations

« Oppositions intellectuelles
à la guerre d’Algérie »,
un colloque
qui fait suite au rapport Stora

Sur les « oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie », un colloque s’est tenu les 20, 21 et 22 janvier 2022, correspondant à l’une des préconisations du rapport remis au président de la République par Benjamin Stora. Organisé par l’historien Tramor Quemeneur et l’anthropologue Tassadit Yacine, il a été l’occasion d’interventions passionnantes et de riches débats. Ci-dessous la présentation du film qui l’a ouvert, Le soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul, le programme et les films des débats ainsi que les textes provisoires des interventions de Christian Phéline et Gilles Manceron. Nous y ajoutons la lettre d’Aïssa Kadri, publiée par le quotidien El Watan, qui explique les raisons pour lesquelles il a finalement choisi de ne pas y participer. Nous accueillerons volontiers la réponse des organisateurs, qui ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses travaux.

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

Algérie 1962,
par Malika Rahal

Algérie 1962. Une histoire populaire (La Découverte et Barzakh), étend et renouvelle sensiblement notre connaissance de l’année de l’Indépendance de l’Algérie, surtout connue jusqu’ici par son histoire politique. L’historienne Malika Rahal mobilise des sources rarement exploitées, témoignages, autobiographies, images, chansons et poèmes, et brosse une fresque passionnante des espoirs et effervescences d’une année marquée par les violences extrêmes de l’OAS, le départ de nombreux Français, le retour de la population exilée ou détenue, le début de la construction d’un État. Outre un podcast de Paroles d’histoire, nous publions un entretien avec l’autrice pour le quotidien algérien El Watan, ainsi que des liens pour lire l’introduction et la conclusion.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Un débat entre Benjamin Stora
et l’historien algérien Amar Mohand-Amer
Quelle commémoration
de l’indépendance algérienne ?

A l’Hôtel-de-ville de Paris, à l’occasion de son assemblée générale, l’Association Josette et Maurice Audin organise un débat sur le thème de la commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, avec Benjamin Stora et l’historien algérien Amar Mohand-Amer. Ci-dessous les liens pour le suivre sur internet car les conditions sanitaires font que la jauge de la salle est strictement limitée. L’Association Josette et Maurice Audin tiendra ensuite son assemblée interne réservée à ses seuls adhérents (possibilité d’adhésions en ligne), mais que ceux-ci pourront suivre aussi à distance. Nous présentons également ci-dessous la BD sur Maurice Audin qui vient de paraître en Algérie.

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Séquelles politiques postcoloniales

Une émission à voir
sur la mobilisation contre un « zoo humain »
en Loire-atlantique

Pour faire la publicité d’un produit nommé « Bamboula », les biscuits Saint-Michel, sponsor de la zone commerciale d’un parc animalier près de Nantes, n’a pas hésité, en 1994, à ouvrir sous le nom de « village de Bamboula » un équivalent des « zoos humains » des débuts de la période coloniale. Des femmes et des hommes ivoiriens, enfants et adultes, y ont été retenus pour les offrir en spectacle aux visiteurs. Un documentaire reconstitue l’histoire de cette invraisemblable réalisation et interroge notre histoire et nos représentations. Il montre les mobilisations qu’elle a provoquées, notamment de la part de la section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme et du SNAM-CGT (Union nationale des syndicats d’artistes-musiciens de France). Après France 3 Pays de la Loire, France 2 le diffuse le 18 janvier… à 23h55. Mais il est visible aussi en replay. Ci-dessous le communiqué de presse de France télévision et un article publié par Mediapart.

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Séquelles politiques postcoloniales

Le ministre Blanquer a soutenu et financé
une réunion politique déguisée en colloque
pour faire le procès de recherches universitaires

Les 7 et 8 janvier 2022, s’est tenu à la Sorbonne un vrai-faux colloque patronné et soutenu par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour faire le procès de la « pensée décoloniale », aussi nommée le « woke » ou la « cancel culture » par ceux qui la désignent comme un péril mondial. Ci-dessous l’article publié par Mediapart, « Un vrai-faux colloque à la Sorbonne pour mener le procès du “wokisme” » dont les autrices montrent qu’il fut une dénonciation permanente de la manière dont le « décolonialisme » et les « études intersectionnelles » martyriseraient l’université française. On a connu des détournements de mots comme celui de « socialisme » employé au profit de la barbarie. Les termes de « woke » et de « cancel culture » sont brandis aujourd’hui pour qualifier de « racistes » les antiracistes qui travaillent sur les formes spécifiques de discriminations persistant dans les sociétés postcoloniales.

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La société française au temps des colonies

Regards français sur l’Islam
des Croisades à l’ère coloniale
un livre dirigé par Alain Ruscio

Il n’y a pas que dans la France d’aujourd’hui que l’islam et les musulmans sont des sujets de débats et d’affrontements, puisqu’ils n’ont cessé depuis plusieurs siècles d’en susciter au sein de la société française. Le livre dirigé par Alain Ruscio, Regards français sur l’Islam des Croisades à l’ère coloniale, rassemble les réflexions de quatorze auteurs et autrices spécialistes de périodes et d’aires géographiques différentes. Il fait apparaître l’ancienneté des regards français, faits d’intérêt, d’adhésion et d’hostilité, qui se sont posés au fil des siècles sur cette religion et cette communauté. Dans un moment où, pour un certain nombre de raisons, l’islamophobie déferle depuis une trentaine d’années sous des formes nouvelles dans la société française, il est utile de se référer à celles qu’elle a prises à d’autres époques.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Ali Boumendjel.
Une affaire française, une histoire algérienne,
par Malika Rahal

Fin mars 1957, en pleine « bataille d’Alger », l’assassinat de l’avocat algérois proche du FLN Ali Boumendjel, maquillé en suicide par l’armée française, fit scandale en métropole. Suivant une préconisation du rapport Stora sur la mémoire franco-algérienne, le 2 mars 2021, le président Macron a reconnu qu’Ali Boumendjel avait bien été « torturé et assassiné » par l’armée française. Les éditions La Découverte rééditent en poche en janvier 2022 le livre de référence de l’historienne Malika Rahal sur cette affaire : Ali Boumendjel, une affaire française, une histoire algérienne. Nous en publions la préface.

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Maghreb

Une exposition
à l’Institut du Monde arabe
sur les Juifs du Maghreb et du Machrek

L’exposition « Juifs d’Orient, une histoire plurimillénaire » raconte à travers des œuvres exceptionnelles les vingt-six siècles d’histoire des communautés juives du monde arabe, du Proche-Orient au Maghreb. Ci-dessous un article du Monde souligne la qualité des œuvres exposées, même s’il a le défaut de présenter l’histoire du judaïsme uniquement en termes d’exil, sans mentionner la part de prosélytisme dans son expansion. Nous reproduisons aussi une tribune de l’universitaire israélien Denis Charbit, adversaire résolu de la politique de colonisation de l’Etat d’Israël, rendant hommage à l’écrivain Elias Khoury pour avoir publié dans Al-Quds Al-Arabi un article où il reconnaît que le monde arabe a sa part de responsabilité dans le départ des Juifs vers Israël au lendemain des indépendances, qui ne résulte pas seulement de la propagande sioniste, puisqu’ils pressentaient que les Etats issus de la décolonisation ne leur accorderaient guère l’égalité des droits. Cette fermeture de ces Etats à leur naissance est un impensé de l’histoire de la décolonisation.

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