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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’enlèvement et l’assassinat de Ben Barka :
mobilisation pour le 57ème anniversaire

Pour les 57 ans de l’enlèvement et de l’assassinat de Mehdi Ben Barka, un rassemblement a eu lieu le 29 octobre 2022 à Paris, boulevard Saint-Germain, sur les lieux où ce crime a été commis à l’initiative du pouvoir marocain et avec d’importantes complicités françaises. Comme notre site l’a expliqué : dans l’enlèvement en plein Paris et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, la complicité de Roger Frey et Maurice Papon est lourde. Même si le chef de l’Etat, le général de Gaulle, après avoir, en apprenant les faits, exprimé à la mère de Mehdi Ben Barka sa volonté d’établir la vérité sur ce crime, s’est résolu en janvier 1966 à dire que les complicités françaises n’avaient été que « subalternes ». Cette double implication des Etats marocains et français explique que l’enquête judiciaire toujours en cours ne connaisse aucun progrès.

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L'OAS et ses nostalgiques

Rassemblement à Perpignan
contre une apologie du chef des terroristes de l’OAS, Pierre Sergent,
par le Rassemblement national

Le conseil municipal de Perpignan dirigé par l’extrême droite a osé décider de nommer un lieu public de la ville du nom d’un chef des assassins de l’organisation terroriste de l’OAS qui a attenté à la vie du Président de la République et assassiné de nombreux Algériens ainsi que des militaires français et des Européens d’Algérie favorables à un avenir de paix en Algérie : Pierre Sergent, chef de l’OAS en Métropole dont les attentats terroristes y ont fait quelque 70 morts. Ci-dessous le communiqué de la LDH des Pyrénées-Orientales qui fait partie des nombreuses organisations qui appellent à manifester le 29 octobre 2022 contre cette décision. Et celui de l’Association Josette et Maurice Audin, qui a chargé l’un de ses membres de la représenter lors de cette réaction populaire en faveur d’une histoire franco-algérienne non falsifiée.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

L’invention du Sahel,
par Jean-Loup Amselle

Dans L’invention du Sahel, publié en 2022 par les Editions du Croquant, l’anthropologue Jean-Loup Amselle se livre à l’analyse critique d’une catégorie qui parait aujourd’hui aller de soi. Il montre qu’elle fut inventée par les colonisateurs qui essentialisèrent au début du XXe siècle comme primitive et dangereuse une région de l’Afrique n’ayant en réalité d’existence que bio-climatique. Il questionne aussi ses usages politiques contemporains, tant en France que dans les Etats africains concernés. Nous publions la présentation de ce livre par l’éditeur, sa recension par Fabrice Formoso ainsi que sa table des matières.

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La grande répression d'Alger 1957

Les viols dans la guerre d’Algérie :
une bande dessinée et un film d’animation
vont-ils marquer la fin du silence ?

Une bande dessinée et un film d’animation réalisés soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie vont-il mettre fin au silence sur les viols pratiqués par des militaires français durant cette guerre ? En juin 2000, le témoignage publié dans Le Monde de Louisette Ighilahriz, victime de viols perpétrés durant sa détention par des soldats français à Alger en 1957, avait déjà provoqué un débat public. La journaliste Florence Beaugé qui était à l’origine de ce témoignage vient, en collaboration avec le dessinateur Aurel, de signer un récit graphique et un film d’animation sur ces événements, dans La Revue Dessinée et dans Le Monde. Elle estime dans un entretien à Middle East Eye que « les viols de l’armée coloniale constituent une réalité trop gênante encore aujourd’hui pour les responsables politiques et militaires français ».

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La reconnaissance du passé colonial

Rattacher la tragédie des harkis
à l’histoire de la colonisation

Les deux enfants de harkis auteurs de cette tribune publiée par le quotidien Libération, Abd El Kader Mokhtari, originaire de Messelmoun (Cherchell), qui a grandi à la Cité de la Briqueterie à Amiens, membre du Rassemblement Harki et du Collectif Justice pour les Harkis et leurs familles, et Amar Assas, originaire de Chir (Willaya de Batna, dans l’Aurès), qui a vécu enfant dans le camp de forestage de Rosans, dans les Hautes-Alpes, considèrent qu’il faut replacer le sort des harkis dans le contexte de la colonisation. Amar Assas, dans une tribune parue le 26 août 2022 dans Le Monde, a regretté les propos tenus par Gisèle Halimi sur les harkis, mais a considéré que son opposition au colonialisme, comme son féminisme, justifient pleinement les nombreuses demandes en faveur de sa panthéonisation.

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La reconnaissance du passé colonial

Dans toute la France,
des initiatives en 2022
en mémoire du 17 octobre 1961

Davantage que les années précédentes, le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés le 17 Octobre 1961 a été l’objet d’initiatives dans de nombreuses villes françaises. Ci-dessous, quelques échos de ce que des associations et des collectivités locales ont organisé. Ainsi à Rennes, une nouvelle plaque commémorative a été posée, et, à Marseille, Nîmes, Grenoble, Besançon, Montpellier et Béziers, des rassemblements ont eu lieu. Trois étudiants en audiovisuel de Roubaix ont réalisé un court-métrage d’animation, « Les Larmes de la Seine », qui a été récompensé lors de la cérémonie des Oscars étudiants à Los Angeles, et, à Charleville-Mézières, une pièce de théâtre a été représentée. Tout cela rappelle que la reconnaissance des crimes de la colonisation est non seulement une nécessité historique mais aussi un enjeu pour que l’avenir de la France ne soit pas prisonnier de cette page sombre de son passé.

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Commémorations

En banlieue parisienne, nombreuses commémorations en 2022 du 17 octobre 1961

En dehors du rassemblement à Paris, sur le Pont Saint-Michel, pour le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés au cœur de la capitale le 17 octobre 1961, de nombreuses initiatives ont eu lieu en banlieue parisienne, là où la mémoire de l’immigration algérienne est vivace. Ci-dessous, quelques-unes d’entre elles, à Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Nanterre, Bobigny, Villetaneuse, Saint-Ouen, Garges-les-Gonesse, Asnières, Stains, Montreuil, La Plaine Sain-Denis, Noisy-le-Sec, Trappes, Thiais, Choisy-Orly, La Courneuve, Bonneuil-sur-Marne. Notamment à l’initiative des Oranges, de l’Association pour la culture et le voyage (APCV) et des collectivités locales. L’APCV propose que le 17 Octobre devienne une Journée nationale officielle de la lutte anticoloniale qui commémorerait aussi d’autres crimes comme ceux de mai-juin 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, du 14 juillet 1953 à Paris, place de la Nation, du 8 février 1962 au métro Charonne, et d’autres.

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Commémorations

Un appel à la commémoration en 2022
du massacre des Algériens à Paris
du 17 octobre 1961

De nombreuses initiatives dans toute la France vont marquer en 2022 le 61ème anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Notre site s’en fera écho. Le collectif unitaire « 17 octobre 1961. Vérité et justice » a publié un appel signé par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques demandant une pleine reconnaissance de ce crime d’Etat sur lequel les autorités françaises, pendant plus de vingt ans, ont diffusé de grossiers mensonges. Il invite à un rassemblement le 17 octobre 2022 sur le pont Saint-Michel à Paris. En 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait un geste au pont de Bezons, l’un des lieux de ce massacre, que ce collectif considère comme étant loin d’être suffisant.

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Autres colonialismes

L’historien flamand David Van Reybrouck
retrace l’histoire de
la décolonisation de l’Indonésie

Dix ans après son livre Congo, une histoire, Prix Médicis essai, 2012, David Van Reybrouck a publié en 2020 Revolusi, une importante histoire de la décolonisation de l’Indonésie dont les éditions Actes Sud ont publié une traduction française. Né à Bruges en 1971, David Van Reybrouck est un scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise, auteur notamment de Zinc en 2016, il a obtenu plusieurs prix littéraires. A propos de Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne, il a accordé pour Mediapart à Joseph Confavreux et Rachida El Azzouzi un entretien où il revient sur la mémoire coloniale de la colonie néerlandaise de l’Insulinde, ainsi que la révolution indonésienne et l’héritage du non-alignement forgé lors de la conférence de Bandung en 1955.

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L'OAS et ses nostalgiques

Les crimes de l’organisation terroriste
de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale

Le 6 octobre 2011, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait inauguré au cimetière du Père-Lachaise à Paris une stèle en hommage aux victimes de l’organisation terroriste de l’OAS. Le vote ayant décidé son érection avait eu lieu le jour anniversaire de la manifestation organisée à Paris le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’OAS et la poursuite de la guerre d’Algérie, qui s’était terminée par un massacre au métro Charonne. Le 6 octobre 2022, un rassemblement a eu lieu devant ce monument où Jean-Philippe Ould Aoudia a dénoncé les propos scandaleux tenus le 28 juin 2022 par un député du « Rassemblement national » lors de la séance d’ouverture de la législature de l’Assemblée nationale. Et il a déclaré que les crimes commis par l’organisation terroriste de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale.

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La reconnaissance du passé colonial

« C’était la guerre d’Algérie »
une série documentaire diffusée à la télévision
à voir et à débattre

La série télévisée « C’était la guerre d’Algérie » de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, diffusée à 20h30 par la chaîne LCP du 3 au 6 octobre 2022 et qui est disponible aussi en replay sur le site de LCP, suscite de nombreuses réactions. Un précédent documentaire de Georges-Marc Benamou consacré aux massacres d’Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui occultait le rôle de l’OAS avait été fortement contesté. Sur cette série écrite avec Benjamin Stora, Nathalie Funès a publié dans L’OBS un article qui souligne opportunément son intérêt. Même si sa phrase, « Deux peuples déchirés un temps mais liés à jamais par ce passé commun », sans être inexacte, nous fait songer à la formule employée par Emmanuel Macron : entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique », qu’un historien dans Le Monde a légitimement contestée. Car il ne doit pas y avoir d’ambigüité sur le caractère criminel de la colonisation. Cette série documentaire importante est à voir et à débattre.

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