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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Commémorations

En banlieue parisienne, nombreuses commémorations en 2022 du 17 octobre 1961

En dehors du rassemblement à Paris, sur le Pont Saint-Michel, pour le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés au cœur de la capitale le 17 octobre 1961, de nombreuses initiatives ont eu lieu en banlieue parisienne, là où la mémoire de l’immigration algérienne est vivace. Ci-dessous, quelques-unes d’entre elles, à Saint-Denis, Epinay-sur-Seine, Aubervilliers, Nanterre, Bobigny, Villetaneuse, Saint-Ouen, Garges-les-Gonesse, Asnières, Stains, Montreuil, La Plaine Sain-Denis, Noisy-le-Sec, Trappes, Thiais, Choisy-Orly, La Courneuve, Bonneuil-sur-Marne. Notamment à l’initiative des Oranges, de l’Association pour la culture et le voyage (APCV) et des collectivités locales. L’APCV propose que le 17 Octobre devienne une Journée nationale officielle de la lutte anticoloniale qui commémorerait aussi d’autres crimes comme ceux de mai-juin 1945 à Sétif, Guelma, Kherrata en Algérie, du 14 juillet 1953 à Paris, place de la Nation, du 8 février 1962 au métro Charonne, et d’autres.

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Commémorations

Un appel à la commémoration en 2022
du massacre des Algériens à Paris
du 17 octobre 1961

De nombreuses initiatives dans toute la France vont marquer en 2022 le 61ème anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Notre site s’en fera écho. Le collectif unitaire « 17 octobre 1961. Vérité et justice » a publié un appel signé par de nombreuses associations, syndicats et partis politiques demandant une pleine reconnaissance de ce crime d’Etat sur lequel les autorités françaises, pendant plus de vingt ans, ont diffusé de grossiers mensonges. Il invite à un rassemblement le 17 octobre 2022 sur le pont Saint-Michel à Paris. En 2021, le président de la République, Emmanuel Macron, a fait un geste au pont de Bezons, l’un des lieux de ce massacre, que ce collectif considère comme étant loin d’être suffisant.

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Autres colonialismes

L’historien flamand David Van Reybrouck
retrace l’histoire de
la décolonisation de l’Indonésie

Dix ans après son livre Congo, une histoire, Prix Médicis essai, 2012, David Van Reybrouck a publié en 2020 Revolusi, une importante histoire de la décolonisation de l’Indonésie dont les éditions Actes Sud ont publié une traduction française. Né à Bruges en 1971, David Van Reybrouck est un scientifique, historien de la culture, archéologue et écrivain belge d’expression néerlandaise, auteur notamment de Zinc en 2016, il a obtenu plusieurs prix littéraires. A propos de Revolusi. L’Indonésie et la naissance du monde moderne, il a accordé pour Mediapart à Joseph Confavreux et Rachida El Azzouzi un entretien où il revient sur la mémoire coloniale de la colonie néerlandaise de l’Insulinde, ainsi que la révolution indonésienne et l’héritage du non-alignement forgé lors de la conférence de Bandung en 1955.

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L'OAS et ses nostalgiques

Les crimes de l’organisation terroriste
de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale

Le 6 octobre 2011, le maire de Paris, Bertrand Delanoë, avait inauguré au cimetière du Père-Lachaise à Paris une stèle en hommage aux victimes de l’organisation terroriste de l’OAS. Le vote ayant décidé son érection avait eu lieu le jour anniversaire de la manifestation organisée à Paris le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’OAS et la poursuite de la guerre d’Algérie, qui s’était terminée par un massacre au métro Charonne. Le 6 octobre 2022, un rassemblement a eu lieu devant ce monument où Jean-Philippe Ould Aoudia a dénoncé les propos scandaleux tenus le 28 juin 2022 par un député du « Rassemblement national » lors de la séance d’ouverture de la législature de l’Assemblée nationale. Et il a déclaré que les crimes commis par l’organisation terroriste de l’OAS ne doivent pas devenir un territoire perdu de la conscience nationale.

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La reconnaissance du passé colonial

« C’était la guerre d’Algérie »
une série documentaire diffusée à la télévision
à voir et à débattre

La série télévisée « C’était la guerre d’Algérie » de Georges-Marc Benamou, écrite avec Benjamin Stora, diffusée à 20h30 par la chaîne LCP du 3 au 6 octobre 2022 et qui est disponible aussi en replay sur le site de LCP, suscite de nombreuses réactions. Un précédent documentaire de Georges-Marc Benamou consacré aux massacres d’Européens à Oran le 5 juillet 1962 qui occultait le rôle de l’OAS avait été fortement contesté. Sur cette série écrite avec Benjamin Stora, Nathalie Funès a publié dans L’OBS un article qui souligne opportunément son intérêt. Même si sa phrase, « Deux peuples déchirés un temps mais liés à jamais par ce passé commun », sans être inexacte, nous fait songer à la formule employée par Emmanuel Macron : entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique », qu’un historien dans Le Monde a légitimement contestée. Car il ne doit pas y avoir d’ambigüité sur le caractère criminel de la colonisation. Cette série documentaire importante est à voir et à débattre.

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La reconnaissance du passé colonial

Une histoire de la doctrine
de la « guerre révolutionnaire »

Les techniques issues de la tradition militaire de « contre-insurrection », la doctrine française de la « guerre révolutionnaire » (DGR), sont aujourd’hui banalisées dans nombre de polices du monde. D’où l’intérêt de ce livre de Jérémy Rubenstein, spécialiste de l’Argentine et de la violence politique, qui retrace son histoire méconnue. Elle a été formalisée par des officiers français dans la guerre d’Indochine et celle d’Algérie, visant un contrôle intégral de l’ensemble de la société par la propagande et la manipulation, mais aussi par la terreur : torture, exécutions extrajudiciaires, disparitions forcées, déplacements de populations. Elle a essaimé depuis vers d’autres terrains, de la guerre du Vietnam à celles d’Irak et d’Afghanistan, de l’Argentine des années 1970 à l’Afrique des années 1980 ou l’Algérie des années 1990.

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La reconnaissance du passé colonial

Quel travail historique à poursuivre
sur le passé franco-algérien ?

Dans un entretien avec Kamel Lakhdar Chaouche publié par le quotidien algérien L’Expression, l’historien Gilles Manceron explique que les historiens algériens et français travaillent depuis des décennies sur l’histoire de la colonisation et de la guerre d’indépendance algérienne. En témoignent les livres codirigés depuis les années 1980 par Mohammed Harbi et Benjamin Stora. Il reste beaucoup de travail à faire dans les deux pays pour une ouverture des archives qui ne soit pas seulement réservée à quelques-uns. En France, il faut combattre la tradition de fermeture qui se fonde sur l’idée de « secret défense » invoquée pour cacher des faits historiques. Il faut faciliter les déplacements des chercheurs algériens pour des séjours de travail en France.

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Royaume-Uni

La dimension impériale et coloniale
des 70 ans du règne d’Elisabeth II

La dimension impériale et coloniale des 70 ans de règne d’Elisabeth II a été quasi-absente du flot d’hommages publiés en France lors de son décès. Elle a été davantage débattue au Royaume-Uni et surtout dans les anciennes colonies britanniques d’Afrique, d’Asie et d’Amérique, où des voix discordantes se sont élevées sur les réseaux sociaux pour rappeler les nombreux crimes coloniaux commis durant ce règne, comme au Kenya, en Inde ou au Nigéria. Nous publions ici un entretien par TV5 Monde avec la chercheuse Maud Michaud qui indique une absence de travail décolonial dans l’institution monarchique britannique, alors que ce travail a commencé dans d’autres institutions du pays.

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Musées et créations contemporaines

Des débats autour de la
« Journée d’hommage aux harkis »
et du film « Harkis » de Philippe Faucon

La Journée d’hommage aux harkis du 25 septembre, instituée officiellement en 2003 et que les préfets avaient la charge d’organiser dans toute la France, a repris à leur sujet un récit mythique contraire à la réalité. Aux Invalides, la secrétaire d’Etat auprès du ministre des Armées, Patricia Mirallès, chargée des Anciens combattants et de la Mémoire, ne s’en est pas clairement démarquée. En revanche, le film « Harkis » de Philippe Faucon, qui sort sur les écrans le 12 octobre 2022, restitue la complexité de cette histoire. Il montre que l’armée française n’a cessé de leur mentir et que leurs sauveteurs étaient souvent ceux qui avaient désapprouvé auparavant sa pratique de la torture. Un livre rend hommage aux officiers qui, vis-à-vis de familles menacées en 1962 de violences extrajudiciaires, ont fait preuve de solidarité humaine.

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La reconnaissance du passé colonial

L’historien Christophe Lafaye
s’exprime dans le débat sur le projet de commission mixte
sur l’histoire franco-algérienne

L’historien et archiviste Christophe Lafaye travaille en particulier sur les « sections de grottes » mises en place par l’armée française de 1956 à 1962 pour asphyxier les maquisards algériens réfugiés dans des cavités naturelles. Dans le quotidien algérien L’Expression, il s’exprime dans le débat sur le projet de commission mixte sur l’histoire franco-algérienne annoncée fin août 2022 lors de la visite officielle d’Emmanuel Macron en Algérie. Il met en garde contre les instrumentalisations de l’histoire par les pouvoirs politiques. Selon lui, cette commission « devrait “stimuler la recherche” plutôt que de “l’encadrer”, permettant ensuite d’entrer dans une logique de “recherche partagée” comme préalable à l’écriture d’une histoire commune. »

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La reconnaissance du passé colonial

Des historiennes et historiens
expriment leur solidarité avec l’auteur
d’une tribune parue dans « Le Monde »
dont l’Elysée avait demandé le retrait

Emmanuel Macron a déclaré le 26 août 2022, lors de son voyage en Algérie, qu’entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique ». Le politiste Paul Max Morin, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde le 2 septembre 2022, a estimé que cette « réduction de la colonisation à une “histoire d’amour” parachève la droitisation d’Emmanuel Macron sur la question mémorielle ». Après des protestations provenant de l’Élysée, la tribune a été supprimée par le journal de son édition en ligne. Notre site l’a publiée tout en rappelant quelques faits relatifs à la violence de la colonisation de l’Algérie. A son tour, un collectif d’universitaires, dans une tribune parue dans Le Monde le 20 septembre 2022 qu’on retrouvera ci-dessous, écrit que l’analyse de Paul Max Morin ne pouvait être qualifiée d’erronée, qu’elle pouvait être contestée mais ne méritait pas d’être retirée, et ils ont exprimé à ce chercheur leur respect et leur soutien.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

La spoliation coloniale des terres en Algérie,
par Hosni Kitouni

A l’occasion du 60eme anniversaire de l’Indépendance algérienne, la revue Orient XXI publie un copieux dossier sur plusieurs aspects de la longue histoire de l’Algérie coloniale, traités par des spécialistes. Après l’introduction et le sommaire de ce dossier, nous reproduisons ici l’un des articles dans lequel l’historien Hosni Kitouni livre une synthèse de ses recherches sur la spoliation coloniale des terres, élément essentiel de la domination française en Algérie. Archives à l’appui, il y montre avec précision l’étendue de la dépossession foncière en Kabylie. Il indique que les populations spoliées et déplacées de force, réduites à la misère, furent souvent contraintes de travailler pour les nouveaux propriétaires de leurs propres terres. Et il souligne que ces régions furent un puissant foyer de lutte contre la colonisation.

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