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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

La reconnaissance du passé colonial

A Marseille, le maire rebaptise une école
portant le nom du général Bugeaud

A Marseille, l’école Bugeaud a été renommée « Ahmed Litim », du nom d’un tirailleur algérien qui a donné sa vie le 25 août 1944 pour libérer la ville. Selon les mots du maire, Benoît Payan, « l’Histoire de la France, c’est aussi celle de Bugeaud, de la colonisation ou de la collaboration. Nous continuerons de l’enseigner à nos enfants. Mais la ville a choisi de donner aux enfants de Marseille l’exemple d’un héros plutôt que celui d’un bourreau ». Samia Chabani, de l’association Ancrages, centre de ressources sur l’histoire des migrations à Marseille, a salué cette décision. Elle demande que les auteurs de violences dans les guerres coloniales ne soient plus honorés dans l’espace public et que les associations valorisant les mémoires des migrations postcoloniales soient représentées à la commission des noms de rues.

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La société française au temps des colonies

Le livre de David Todd
« Un empire de velours »
montre l’étendue et la permanence
de l’empire colonial français

Le livre de David Todd, Un empire de velours, L’impérialisme informel français au XIXe siècle, montre que l’influence française ne se réduisait pas aux territoires composant l’empire. Après la perte des colonies nord-américaines et caribéennes après la Révolution, cet impérialisme s’est déployé dans de nouvelles régions, notamment au Moyen-Orient et en Amérique latine. Des dispositifs commerciaux, financiers ou juridiques sophistiqués ont placé des pays entiers sous sa tutelle. En étudiant la politique étrangère et économique des régimes qui se sont succédé après la Révolution – Restauration, monarchie de Juillet et Second Empire –, David Todd propose de repenser l’histoire coloniale française, trop souvent limitée à la IIIe République et trop exclusivement associée à l’idéologie républicaine. Et il montre que cet impérialisme ne s’est pas limité aux conquêtes territoriales.

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Algérie

Sadek Hadjerès (1928-2022),
mort d’un grand combattant de l’indépendance
et de la démocratie en Algérie

Sadek Hadjerès s’est éteint à Paris le 3 novembre 2022. Dès les années 1940 et lors de la répression de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, il rejoint le parti indépendantiste PPA-MTLD où il milite pour la reconnaissance du pluralisme ethno-linguistique et pour la démocratie interne dans le mouvement national en Algérie. Exclu, il rejoint en 1951 le Parti communiste algérien ; et, en 1955, à sa direction avec Bachir Hadj Ali, il négocie l’intégration des communistes algériens au sein du Front de Libération Nationale (FLN) pour qu’ils participent à la guerre d’indépendance. Notre site a déjà évoqué son engagement dans la lutte armée et le combat qu’il a partagé avec Josette et Maurice Audin. Ci-dessous un article de l’historien Pierre-Jean Le Foll-Luciani, et trois vidéos publiées par le site Place Audin. Il a voulu être inhumé à Alger, au cimetière d’El Harrach.

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1945-1962

Il y a 68 ans, le Premier Novembre en Algérie
Une famille au maquis en 1956,
par Marie Chominot

Il y a 68 ans, était lancée l’insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie. Ci-dessous, le texte de la proclamation qui l’annonçait et la photographie de ses auteurs. Précédées d’un texte et d’une vidéo de l’historienne de l’image Marie Chominot, « Une famille au maquis (Algérie, 1956) », qui évoque l’engagement patriotique d’une famille qui y a répondu à travers les photographies qu’elle a conservées, celle d’Abdelmalek Kitouni, combattant du FLN. C’est le premier épisode de la série « La guerre d’Algérie prise de vues », coordonnée par Sébastien Ledoux dans le cadre du projet « La Chambre noire de l’histoire » de l’Ehne-Sorbonne université. Ces « objets rescapés,(…) seules traces visuelles d’une vie familiale bouleversée à jamais par la guerre » sont « des sources précieuses pour écrire l’histoire de la lutte d’indépendance algérienne ».

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L'OAS et ses nostalgiques

A Perpignan, inauguration symbolique
d’une Esplanade Maurice Audin,
en réponse à la municipalité pro-OAS

Le 29 octobre 2022 se sont rassemblés à Perpignan des opposants à la décision du conseil municipal d’extrême droite d’attribuer le nom de Pierre Sergent à une esplanade de la ville. Celui-ci a été l’un des organisateurs du putsch militaire d’avril 1961 à Alger, puis s’est embarqué pour Marseille le 1er juin 1961 pour installer en France l’OAS-Métropole, une branche de l’Organisation armée secrète, mouvement terroriste qui, au nom de la lutte contre l’indépendance de l’Algérie, tourna contre la République les armes qu’il en avait reçues et commit des milliers d’attentats causant quelque 2 700 morts en Algérie et en France. Sergent a été condamné à mort en 1962 par la justice d’un pays qu’il a combattu. Les manifestants ont inauguré symboliquement une esplanade Maurice Audin, membre du parti communiste algérien qui avait rejoint en 1955 la guerre d’indépendance algérienne, assassiné en 1957 par des militaires français.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’enlèvement et l’assassinat de Ben Barka :
mobilisation pour le 57ème anniversaire

Pour les 57 ans de l’enlèvement et de l’assassinat de Mehdi Ben Barka, un rassemblement a eu lieu le 29 octobre 2022 à Paris, boulevard Saint-Germain, sur les lieux où ce crime a été commis à l’initiative du pouvoir marocain et avec d’importantes complicités françaises. Comme notre site l’a expliqué : dans l’enlèvement en plein Paris et l’assassinat de Mehdi Ben Barka, la complicité de Roger Frey et Maurice Papon est lourde. Même si le chef de l’Etat, le général de Gaulle, après avoir, en apprenant les faits, exprimé à la mère de Mehdi Ben Barka sa volonté d’établir la vérité sur ce crime, s’est résolu en janvier 1966 à dire que les complicités françaises n’avaient été que « subalternes ». Cette double implication des Etats marocains et français explique que l’enquête judiciaire toujours en cours ne connaisse aucun progrès.

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L'OAS et ses nostalgiques

Rassemblement à Perpignan
contre une apologie du chef des terroristes de l’OAS, Pierre Sergent,
par le Rassemblement national

Le conseil municipal de Perpignan dirigé par l’extrême droite a osé décider de nommer un lieu public de la ville du nom d’un chef des assassins de l’organisation terroriste de l’OAS qui a attenté à la vie du Président de la République et assassiné de nombreux Algériens ainsi que des militaires français et des Européens d’Algérie favorables à un avenir de paix en Algérie : Pierre Sergent, chef de l’OAS en Métropole dont les attentats terroristes y ont fait quelque 70 morts. Ci-dessous le communiqué de la LDH des Pyrénées-Orientales qui fait partie des nombreuses organisations qui appellent à manifester le 29 octobre 2022 contre cette décision. Et celui de l’Association Josette et Maurice Audin, qui a chargé l’un de ses membres de la représenter lors de cette réaction populaire en faveur d’une histoire franco-algérienne non falsifiée.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

L’invention du Sahel,
par Jean-Loup Amselle

Dans L’invention du Sahel, publié en 2022 par les Editions du Croquant, l’anthropologue Jean-Loup Amselle se livre à l’analyse critique d’une catégorie qui parait aujourd’hui aller de soi. Il montre qu’elle fut inventée par les colonisateurs qui essentialisèrent au début du XXe siècle comme primitive et dangereuse une région de l’Afrique n’ayant en réalité d’existence que bio-climatique. Il questionne aussi ses usages politiques contemporains, tant en France que dans les Etats africains concernés. Nous publions la présentation de ce livre par l’éditeur, sa recension par Fabrice Formoso ainsi que sa table des matières.

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La grande répression d'Alger 1957

Les viols dans la guerre d’Algérie :
une bande dessinée et un film d’animation
vont-ils marquer la fin du silence ?

Une bande dessinée et un film d’animation réalisés soixante ans après la fin de la guerre d’Algérie vont-il mettre fin au silence sur les viols pratiqués par des militaires français durant cette guerre ? En juin 2000, le témoignage publié dans Le Monde de Louisette Ighilahriz, victime de viols perpétrés durant sa détention par des soldats français à Alger en 1957, avait déjà provoqué un débat public. La journaliste Florence Beaugé qui était à l’origine de ce témoignage vient, en collaboration avec le dessinateur Aurel, de signer un récit graphique et un film d’animation sur ces événements, dans La Revue Dessinée et dans Le Monde. Elle estime dans un entretien à Middle East Eye que « les viols de l’armée coloniale constituent une réalité trop gênante encore aujourd’hui pour les responsables politiques et militaires français ».

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La reconnaissance du passé colonial

Rattacher la tragédie des harkis
à l’histoire de la colonisation

Les deux enfants de harkis auteurs de cette tribune publiée par le quotidien Libération, Abd El Kader Mokhtari, originaire de Messelmoun (Cherchell), qui a grandi à la Cité de la Briqueterie à Amiens, membre du Rassemblement Harki et du Collectif Justice pour les Harkis et leurs familles, et Amar Assas, originaire de Chir (Willaya de Batna, dans l’Aurès), qui a vécu enfant dans le camp de forestage de Rosans, dans les Hautes-Alpes, considèrent qu’il faut replacer le sort des harkis dans le contexte de la colonisation. Amar Assas, dans une tribune parue le 26 août 2022 dans Le Monde, a regretté les propos tenus par Gisèle Halimi sur les harkis, mais a considéré que son opposition au colonialisme, comme son féminisme, justifient pleinement les nombreuses demandes en faveur de sa panthéonisation.

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La reconnaissance du passé colonial

Dans toute la France,
des initiatives en 2022
en mémoire du 17 octobre 1961

Davantage que les années précédentes, le 61ème anniversaire du massacre des Algériens désarmés le 17 Octobre 1961 a été l’objet d’initiatives dans de nombreuses villes françaises. Ci-dessous, quelques échos de ce que des associations et des collectivités locales ont organisé. Ainsi à Rennes, une nouvelle plaque commémorative a été posée, et, à Marseille, Nîmes, Grenoble, Besançon, Montpellier et Béziers, des rassemblements ont eu lieu. Trois étudiants en audiovisuel de Roubaix ont réalisé un court-métrage d’animation, « Les Larmes de la Seine », qui a été récompensé lors de la cérémonie des Oscars étudiants à Los Angeles, et, à Charleville-Mézières, une pièce de théâtre a été représentée. Tout cela rappelle que la reconnaissance des crimes de la colonisation est non seulement une nécessité historique mais aussi un enjeu pour que l’avenir de la France ne soit pas prisonnier de cette page sombre de son passé.

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