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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

La reconnaissance du passé colonial

Marseille, qui fut au cœur
de l’empire colonial français,
commence à revisiter cette page de son histoire

Comme notre site l’a signalé, la municipalité de Marseille a décidé de débaptiser l’école Bugeaud qui portait le nom du général ayant ordonné la mise à mort par asphyxie des femmes, hommes et enfants des tribus hostiles à la colonisation de l’Algérie, qui s’étaient réfugiées dans des grottes. Son nom a été remplacé par celui d’un caporal algérien mort en 1944 dans les combats pour la libération de la ville. L’article du Monde que nous reproduisons ci-dessous souligne l’importance de cette décision pour cette ville qui a été au cœur de l’empire colonial français. Le Guide du Marseille colonial, dont nous avons aussi signalé la parution, publié par une équipe de militants antiracistes marseillais, recense les nombreuses traces de ce passé colonial dans la ville.

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La restitution des objets et restes mortuaires coloniaux

Restitution des restes humains :
le grand retard français

En sus d’innombrables objets pillés, la France conserve de son ère coloniale des milliers de restes humains dont elle n’a à ce jour restitué qu’un très faible nombre à ses anciennes colonies. Une enquête du New York Times indique que le Musée de l’Homme conserve ainsi dans ses réserves « 18 000 crânes » – comprenant aussi des restes de victimes du génocide arménien – et pointe une forte résistance française à les restituer. Une polémique a par ailleurs éclaté à propos des crânes rendus à l’été 2020 à l’Algérie : certains ne sont pas, selon plusieurs journaux dont Le Monde, ceux de résistants algériens, mais de supplétifs de l’armée française, ce dont le gouvernement algérien aurait été informé. Ce dernier l’a démenti.

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

Sous le titre « Histoire globale
de la France coloniale »,
une anthologie utile

Cette volumineuse anthologie présentée par son éditeur comme « un ouvrage qui fera date » a le mérite de rassembler plus d’une centaine d’articles publiés durant les trente dernières années, parfois réduits ou synthétisés, cinq d’entre eux étant traduits pour la première fois en français. Chose appréciable, elle date du XVIIIe siècle les débuts de l’histoire de la France coloniale, contrairement à d’autres publications antérieures de trois de ses co-directeurs, Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire à l’origine du groupe de recherche Achac, qui la faisaient remonter, comme l’historien Raoul Girardet dans L’Idée coloniale en France, 1871-1962 (1972), aux débuts de la Troisième République. On retrouve opportunément dans cette anthologie destinée à un large public des textes d’auteurs importants comme David Todd, Sophie Bessis ou Doudou Diène, qui apportent, à partir des études britanniques ou africaines, des réflexions nouvelles.

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La reconnaissance du passé colonial

Rencontres à la Sorbonne autour
des soixante ans
de l’indépendance de l’Algérie

Soixante ans après, la nostalgie de l’Algérie française fait toujours recette. Les rencontres à la Sorbonne organisées par Solidaires Étudiant-e-s souhaitent donner la parole à celles et ceux qui par leur travail éclairent ce qu’ont réellement été la colonisation et l’indépendance. Ci-dessous trois annonces : une projection-débat autour du film « La bataille d’Alger », avec Gilles Manceron et Michèle Audin, fille de Maurice Audin, militant pour l’indépendance de l’Algérie enlevé, torturé et assassiné par les parachutistes en 1957 ; une table ronde organisée par Paul Max Morin, auteur du livre « Les jeunes et la guerre d’Algérie », avec quelques-uns de ceux qu’il a interrogés ; et une table-ronde sur les luttes actuelles en Algérie et en France. Nous y ajoutons un entretien avec l’historien Fabrice Riceputi paru dans « Le Point Afrique » sur les disparus de cette « grande répression d’Alger ».

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La société française au temps des colonies

Sur le livre d’Alain Ruscio
« Aragon et la question coloniale »
par Christiane Chaulet Achour

Dans son essai consacré à Aragon et la question coloniale, Alain Ruscio aborde aussi bien les positions politiques de l’homme engagé, influencé par le parti communiste français et en désaccord avec Aimé Césaire, que sa reprise littéraire dans Le Fou d’Elsa (1963) de l’aventure de Medjnoûn et Leïla issue de la culture arabo-persane. Comme le souligne Christiane Chaulet Achour, ce beau livre d’Aragon s’inscrit dans la tradition française du roman hispano-mauresque mais en la bouleversant. Situé dans la Grenade musulmane du XVe siècle, il s’inspire d’une histoire inscrite dans la culture musulmane aussi bien que des traditions mystiques espagnoles et françaises, aussi bien de Al-Hallâdj et Maïmonide que de Jean de la Croix et de Thérèse de Jésus. Un emprunt littéraire qui a intéressé des poètes comme Jamel-Eddine Bencheikh, Habib Tengour, Youcef Nacib, Abdelkebir Khatibi et Hawa Djabali. Cela permet-il de qualifier Aragon d’anticolonialiste ?

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L'accès aux archives coloniales

L’accès en France aux documents
liés à la guerre d’Algérie
est toujours aussi difficile
selon l’historien Marc André

Dans une tribune au Monde, l’historien Marc André explique que les archives de la guerre d’Algérie en France sont trop souvent inaccessibles aux demandeurs. Emmanuel Macron s’était pourtant engagé en septembre 2018 à en faciliter la consultation. Une bataille a dû être livrée par des archivistes, des juristes et des historiens devant le Conseil d’Etat pour que les entraves mises en place par le SGDSN (Secrétariat général à la défense et la sécurité nationale) soient levées. A la décision remarquable rendue par le Conseil d’Etat a suivi un article de loi voté à la hâte au nom de la lutte antiterroriste. Ci-dessous l’enregistrement des débats du colloque qui s’est tenu au Sénat le 5 septembre 2022 sur le thème « Archives et démocratie : au-delà du Secret défense », ainsi que l’article publié par un archiviste algérien dans Le Quotidien d’Oran.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Le grand prix
des Rendez-vous de l’histoire de Blois
remis à Malika Rahal

Le Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire 2022 a été attribué à Malika Rahal pour son ouvrage Algérie 1962, une histoire populaire. Il lui a été remis le 8 octobre 2022, dans l’hémicycle de la Halle aux grains, par l’historien Maurice Sartre, président du jury constitué de Sylvie Aprile, Fabien Archambault, Michelle Bubenicek, Jean-François Chauvard, Sophie Cœuré, Olivier Compagnon, Marie-Laure Derat, Claudia Moatti, Annliese Nef et Pierre-François Souyri. Ci-dessous le film de la remise de ce prix, que nous faisons suivre du compte rendu d’un forum qui a eu lieu à Alger le 13 novembre 2022 lors du séjour de recherches que cette historienne effectue en Algérie au nom notamment du site 1000autres.org, « des Maurice Audin par milliers », auquel contribue aussi l’historien Fabrice Riceputi.

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La reconnaissance du passé colonial

A Marseille, le maire rebaptise une école
portant le nom du général Bugeaud

A Marseille, l’école Bugeaud a été renommée « Ahmed Litim », du nom d’un tirailleur algérien qui a donné sa vie le 25 août 1944 pour libérer la ville. Selon les mots du maire, Benoît Payan, « l’Histoire de la France, c’est aussi celle de Bugeaud, de la colonisation ou de la collaboration. Nous continuerons de l’enseigner à nos enfants. Mais la ville a choisi de donner aux enfants de Marseille l’exemple d’un héros plutôt que celui d’un bourreau ». Samia Chabani, de l’association Ancrages, centre de ressources sur l’histoire des migrations à Marseille, a salué cette décision. Elle demande que les auteurs de violences dans les guerres coloniales ne soient plus honorés dans l’espace public et que les associations valorisant les mémoires des migrations postcoloniales soient représentées à la commission des noms de rues.

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La société française au temps des colonies

Le livre de David Todd
« Un empire de velours »
montre l’étendue et la permanence
de l’empire colonial français

Le livre de David Todd, Un empire de velours, L’impérialisme informel français au XIXe siècle, montre que l’influence française ne se réduisait pas aux territoires composant l’empire. Après la perte des colonies nord-américaines et caribéennes après la Révolution, cet impérialisme s’est déployé dans de nouvelles régions, notamment au Moyen-Orient et en Amérique latine. Des dispositifs commerciaux, financiers ou juridiques sophistiqués ont placé des pays entiers sous sa tutelle. En étudiant la politique étrangère et économique des régimes qui se sont succédé après la Révolution – Restauration, monarchie de Juillet et Second Empire –, David Todd propose de repenser l’histoire coloniale française, trop souvent limitée à la IIIe République et trop exclusivement associée à l’idéologie républicaine. Et il montre que cet impérialisme ne s’est pas limité aux conquêtes territoriales.

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Algérie

Sadek Hadjerès (1928-2022),
mort d’un grand combattant de l’indépendance
et de la démocratie en Algérie

Sadek Hadjerès s’est éteint à Paris le 3 novembre 2022. Dès les années 1940 et lors de la répression de mai-juin 1945 dans le Nord-Constantinois, il rejoint le parti indépendantiste PPA-MTLD où il milite pour la reconnaissance du pluralisme ethno-linguistique et pour la démocratie interne dans le mouvement national en Algérie. Exclu, il rejoint en 1951 le Parti communiste algérien ; et, en 1955, à sa direction avec Bachir Hadj Ali, il négocie l’intégration des communistes algériens au sein du Front de Libération Nationale (FLN) pour qu’ils participent à la guerre d’indépendance. Notre site a déjà évoqué son engagement dans la lutte armée et le combat qu’il a partagé avec Josette et Maurice Audin. Ci-dessous un article de l’historien Pierre-Jean Le Foll-Luciani, et trois vidéos publiées par le site Place Audin. Il a voulu être inhumé à Alger, au cimetière d’El Harrach.

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1945-1962

Il y a 68 ans, le Premier Novembre en Algérie
Une famille au maquis en 1956,
par Marie Chominot

Il y a 68 ans, était lancée l’insurrection du 1er novembre 1954 en Algérie. Ci-dessous, le texte de la proclamation qui l’annonçait et la photographie de ses auteurs. Précédées d’un texte et d’une vidéo de l’historienne de l’image Marie Chominot, « Une famille au maquis (Algérie, 1956) », qui évoque l’engagement patriotique d’une famille qui y a répondu à travers les photographies qu’elle a conservées, celle d’Abdelmalek Kitouni, combattant du FLN. C’est le premier épisode de la série « La guerre d’Algérie prise de vues », coordonnée par Sébastien Ledoux dans le cadre du projet « La Chambre noire de l’histoire » de l’Ehne-Sorbonne université. Ces « objets rescapés,(…) seules traces visuelles d’une vie familiale bouleversée à jamais par la guerre » sont « des sources précieuses pour écrire l’histoire de la lutte d’indépendance algérienne ».

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L'OAS et ses nostalgiques

A Perpignan, inauguration symbolique
d’une Esplanade Maurice Audin,
en réponse à la municipalité pro-OAS

Le 29 octobre 2022 se sont rassemblés à Perpignan des opposants à la décision du conseil municipal d’extrême droite d’attribuer le nom de Pierre Sergent à une esplanade de la ville. Celui-ci a été l’un des organisateurs du putsch militaire d’avril 1961 à Alger, puis s’est embarqué pour Marseille le 1er juin 1961 pour installer en France l’OAS-Métropole, une branche de l’Organisation armée secrète, mouvement terroriste qui, au nom de la lutte contre l’indépendance de l’Algérie, tourna contre la République les armes qu’il en avait reçues et commit des milliers d’attentats causant quelque 2 700 morts en Algérie et en France. Sergent a été condamné à mort en 1962 par la justice d’un pays qu’il a combattu. Les manifestants ont inauguré symboliquement une esplanade Maurice Audin, membre du parti communiste algérien qui avait rejoint en 1955 la guerre d’indépendance algérienne, assassiné en 1957 par des militaires français.

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