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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

«Accusé Audin, levez-vous !»Un dessin de Tim, paru dans l’Express en 1960.
1945-1962

pour la CEDH, la France doit regarder son passé en face

La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a, le 15 janvier 2009, condamné la France dans l’affaire qui l’opposait aux éditeurs du livre polémique de Paul Aussaresses publié en 2001, dans lequel l’ancien général évoque et justifie la torture et les exécutions sommaires de la guerre d’Algérie.

Cette décision illustre une fois de plus la nécessité pour notre pays de regarder en face son passé colonial en Algérie1. Alors que l’Allemagne continue à poursuivre ses criminels de guerre, les lois d’amnistie qui ont suivi la guerre d’Algérie ont empêché le procès de la torture. Elles entretiennent une forme d’amnésie et de non-reconnaissance du passé. Comment comprendre en effet que, soixante années après la disparition de son mari, arrêté par les parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger, Josette Audin n’ait toujours pas reçu de réponse à sa demande de vérité ?

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Photo : Miliciens armés dans les rues de Guelma (1945)
Livres et films sur la guerre d'Algérie

Guelma, 8 mai 1945, de Jean-Pierre Peyroulou

S’appuyant sur sa thèse, l’historien Jean-Pierre Peyroulou revient sur les massacres de Sétif et de Guelma en mai-juin 1945, en se focalisant sur Guelma. Nous reprenons ci-dessous la préface de Marc Olivier Baruch à cet ouvrage publié en janvier 2009 aux éditions La Découverte2

Le 8 mai 1945, jour des célébrations de la victoire des alliés, la poussée du mouvement national algérien se heurta à une réaction européenne d’une rare violence : dans les semaines suivantes, des civils européens « purgèrent » la région de Guelma de ses nationalistes – des centaines d’entre eux furent assassinés – et s’opposèrent à la politique de réformes. Un mouvement non seulement répressif, mais subversif, organisé, qui bénéficia de la participation des pouvoirs publics et des élus.

Retraçant très précisément le déroulement de ce drame, cet ouvrage en propose également une réinterprétation. Jean-Pierre Peyroulou décèle en effet dans l’action des Européens des logiques subversives préfigurant l’action de l’OAS en 1961-1962. Il examine le fonctionnement d’un État et d’une société coloniale qui élaborèrent une raison d’État rampante pour recouvrir la réalité et la nature des violences, et les chemins tortueux qu’elle emprunta entre Guelma, Constantine, Alger et Paris…

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L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

“la deuxième mort du judaïsme”, par Eric Hazan

« Le tournant n’est pas seulement celui de l’horreur et du massacre de masse des Palestiniens. Il y a deux points qui font des événements actuels ce qui est advenu de plus grave pour les juifs depuis Auschwitz. Le premier, c’est le cynisme, la manière ouverte de traiter les Palestiniens comme des sous-hommes, les tracts lâchés par des avions annonçant que les bombardements vont être encore plus meurtriers, alors que la population de Gaza ne peut pas s’enfuir, que toutes les issues sont fermées, qu’il n’y a plus qu’à attendre la mort dans le noir […]. L’autre nouveauté, c’est le silence de la majorité des juifs. »

Eric Hazan3
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“comment Israël a mené la bande de Gaza au bord d’une catastrophe humanitaire”, par Avi Shlaim

Né à Bagdad en 1945, Avi Shlaim est un historien possédant la double nationalité israélienne et britannique. Il enseigne les relations internationales à l’Université d’Oxford, et il est auteur du livre Le mur de fer. Israël et le monde arabe4.

Avi Shlaim a servi dans l’armée israélienne et n’a jamais remis en question la légitimité de l’État d’Israël. Mais l’assaut impitoyable sur Gaza l’a conduit à des conclusions dévastatrices.

Ce texte est la traduction d’un article publié dans l’édition du 7 janvier 2009 du Guardian5.

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Stéphane Hessel : « un véritable crime contre l’humanité » à Gaza

Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, ancien résistant et déporté, condamne vivement le comportement d’Israël à Gaza et appelle au retour à la table de négociation pour mettre en place la seule solution à ses yeux, celle des deux Etats « rendue de plus en plus difficile, au fur et à mesure que s’accumulent de part et d’autre, soit le mépris et l’humiliation, soit la haine. » Il faut que cette accumulation cesse le plus vite possible, dit-il et alors, « au nom de ce que l’histoire nous a appris sur la possibilité du pardon, […] il faut avoir hâte que cette possibilité de pardon et de solidarité dans un Proche-Orient pacifique puisse être rétablie. »

Nous reprenons ci-dessous la transcription par Contre Info d’un entretien avec Stéphane Hessel, diffusé par Swissinfo le 5 janvier 2009 6.

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les Maliens refusent de signer l’accord sur les flux migratoires proposé par la France

Afin de sensibiliser les Maliens à la pression que la France exerce sur les autorités maliennes en vue de la signature de l’accord de “gestion concertée des flux migratoires et du développement solidaire”, le forum pour un autre Mali (FORAM) et l’association malienne des expulsés (AME), ont organisé le 8 janvier 2009 une conférence débat au centre Djoliba de Bamako sur le thème : «Crises, migrations et expulsions, quelles alternatives pour le Mali».

Au cours de la rencontre, deux lettres que nous reprenons ci-dessous ont été lues7. La première, lue par Assétou Founé Samaké, invite le Président de la République du Mali à s’opposer à la signature de l’accord que la France tente d’imposer au Mali. La deuxième, lue par Alassane Dicko de l’AME, adressée à l’ambassadeur de France au Mali, est une invitation à l’intention de la France qui doit réviser sa politique migratoire à l’endroit de l’Afrique avec laquelle elle entretient des relations vieilles de plusieurs siècles.

Dans son intervention, Alima Diarra de l’Association Malienne des Droits de l’Homme (AMDH) a mis en exergue le refus de la France de signer la convention relative aux droits des migrants et de leur famille.

Dans la soirée du 8 janvier 2008, on apprenait que le Mali avait refusé de signer l’accord proposé par la France (voir 3059).

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David Ben Gourion proclamant l’indépendance d’Israël.
L'antisémitisme, les Juifs, la Palestine

des juifs britanniques ont refusé de célébrer le soixantième anniversaire de l’Etat d’Israël

Le 14 mai 1948, veille de la fin du mandat britannique sur la Palestine, David Ben-Gourion a lu la déclaration d’indépendance d’Israël.

Soixante ans plus tard, un groupe de juifs britanniques a fait paraître dans le Guardian un texte déclarant qu’ils ne feraient la fête que «quand Arabes et Juifs vivront, égaux, dans un Moyen-Orient en paix». Une prise de position à rapprocher du jugement réservé sur le sionisme exprimé par Sigmund Freud en 1930

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Maurice Audin
L'affaire Audin

l’Etat n’a toujours pas répondu à Josette Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, enseignant de mathématiques à l’Université d’Alger et militant communiste, est arrêté par les hommes du 1er régiment de parachutistes. Il a 25 ans, et trois enfants. Selon l’enquête de l’historien Pierre Vidal-Naquet, il est assassiné sous la torture le 21 juin 1957 par le lieutenant Charbonnier, officier de renseignement servant sous les ordres du Général Massu, mais l’Etat refuse de reconnaître la vérité (voir notre page).

Charbonnier a été décoré de la Légion d’Honneur.

En juin 2007, Josette Audin a écrit à Nicolas Sarkozy, mais le président de la République ne lui a pas répondu.

Aujourd’hui Nicolas Sarkozy décide de décerner le grade de chevalier de la Légion d’Honneur à Michèle, la fille de Josette et de Maurice, mais Michèle Audin ne souhaite pas recevoir cette décoration.

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Place du Mûrier (Toulon), samedi 4 janvier 2009 à 10h30 'photo Olivier Pastor/Var-Matin)
A-guerre de Gaza 2014

Toulon, samedi 3 janvier 2009 : forte mobilisation pour Gaza

Autour de 1500 manifestants (plus de 1000 selon Var-Matin, 2000 pour La Marseillaise) se sont retrouvés samedi matin, à l’appel du Secours islamique de France, du Nouveau parti anticapitaliste, de l’association Varois pour la paix et la justice en Méditerranée (VPJM) et de la section toulonnaise de la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

Pierre-Yves Denis, président de VPJM, a lu une déclaration au nom des organisateurs, avant que la manifestation se dirige vers la Place de la Liberté où elle s’est dispersée dans le calme.

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