4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

derriere_lignes_front.jpg
Marseille

Théo Balalas … hélas, hélas …

Ancien de l’OAS «où il a travaillé avec Gilles Buscia1», puis cofondateur en 1972 du Front national à Marseille, Théodore Balalas (alias Théo) est passé au socialisme sous Gaston Defferre. Tout en restant membre de l’Adimad, association des anciens détenus de l’OAS, Théo Balalas a adhéré au Parti socialiste vers la fin des années 70. Il y a joué les intermédiaires avec l’extrême droite locale jusqu’au début des années 90, et il y a présidé pendant une dizaine d’années l’importante Commission des adhésions de la fédération du PS des Bouches-du-Rhône.

Dans son livre Derrière les lignes du Front récemment publié, Jean-Baptiste Malet, journaliste d’investigation et rédacteur à Golias Hebdo, rapporte que Théo Balalas est toujours membre de l’Adimad, association de nostalgiques dont un fait de gloire est la pose d’une stèle commémorative des combattants de l’Algérie française au cimetière de Marignane.

Mais, aujourd’hui, Malek Boutih demande son exclusion du PS, au motif qu’un «facho n’a pas sa place au Parti socialiste» – démarche fréquemment mal comprise dans le midi méditerranéen, l’organisation terroriste y bénéficiant souvent d’une indulgence pour le moins surprenante2.

Lire la suite »

la France doit voter pour que la Palestine devienne le 194e État des Nations unies

La Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, dont la LDH fait partie, demande que la France vote pour l’entrée de la Palestine aux Nations unies.
Auparavant, la Ligue des droits de l’Homme avait adressé une lettre ouverte au Président de la République appelant le gouvernement français, l’Union européenne et ses États membres à soutenir de leur vote la reconnaissance par les Nations unies de l’État de Palestine.

Les personnalités du groupe The Elders, présidé par l’archevêque Desmond Tutu, interviennent dans le même sens.

[Mis en ligne le 15 septembre 2011, mis à jour le 23]

Lire la suite »
La petite Delphine Renard
Charonne 8 février 1962

 8 février 1962 : massacre à la station Charonne

Le 8 février 1962, au moment de la dispersion d’une manifestation pacifique de protestation contre une série d’attentats de l’OAS à Paris, une violente charge de policiers provoque la panique. Bilan : huit morts (plus un qui décédera des suites de ses blessures), des dizaines de blessés, dont certains très grièvement…

Aucun responsable du massacre de Charonne n’a été jugé, aucune sanction n’a été prononcée… Pas de coupable ! Il est vrai que la tolérance dont bénéficient les violences policières fait partie du patrimoine culturel de notre pays.

Par ailleurs on peut se demander avec Pierre Vidal-Naquet comment les victimes des policiers au métro Charonne «avaient effacé dans la mémoire du pays […] le crime majeur du 17 octobre3», avant que les massacres d’Algériens en octobre 1961 ne ré-émergent dans la mémoire collective française.

[Cette page, mise au point le 23 septembre 2011, n’a été mise en ligne que le 30]

Lire la suite »
sarkozy_hdh.jpg
Harkis

les Harkis attendent une reconnaissance et non des médailles

Le 25 septembre 2001, le président Jacques Chirac a institué le 25 septembre de chaque année comme journée nationale d’hommage aux harkis. À la veille du dixième anniversaire de cette décision, il semble malheureusement que le président Nicolas Sarkozy n’ait toujours pas l’intention d’honorer sa promesse du 31 mars 2007 de «reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis ».

Après la Ligue des droits de l’Homme, l’association Harkis et droits de l’Homme demande solennellement au président de la République de respecter son engagement.

Lire la suite »
Maurice Papon, préfet de police en octobre 1961, arrive au tribunal de Paris en 1999 (Reuters)
Le 17 octobre 1961

“ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961”, film de Yasmina Adi

Un film documentaire de 1h30, réalisé par Yasmina Adi, sur les massacres du 17 octobre 1961 à Paris, sortira en salle le 19 octobre prochain : Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961.

A l’occasion du cinquantenaire de la violente répression sur ordre du préfet de police Maurice Papon de la manifestation d’Algériens,
Yasmina Adi, dont on se rappelle le documentaire l’autre 8 mai 1945 – aux origines de la guerre d’Algerie (2008) a voulu réaliser ce nouveau film Ici on noie les Algériens – 17 octobre 1961 pour que la vérité remplace les non-dits et pour faire émerger la dimension politique et humaine de cet épisode trop longtemps tu.

Le film sera projeté à Toulon, au cinéma Le Royal dès le 20 octobre. La projection du jeudi 20 octobre à 20 heures sera suivie d’un débat organisé par la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme ; une affichette présentant cette séance est téléchargeable (pdf) – merci de la diffuser.

[Mis en ligne le 17 septembre 2011, mis à jour le 22]

Lire la suite »
moulin_galant.jpg
A-la France et les Roms “européens”

faits divers ou montée de la xénophobie ?

En Essonne, le président d’une association de soutien aux Roms avait aidé à nettoyer un bidonville. Un coup de balai qui lui vaut d’être poursuivi pour « dépôt d’ordures sur la voie publique » ! Signez et faites signer la pétition de soutien à Serge Guichard.

Le Conseil de l’Europe publie un communiqué dans lequel il exprime son inquiétude devant la montée de la xénophobie en Italie. Mais celle-ci se développe aussi en France, entretenue par certains politiques qui n’hésitent plus, par démagogie électorale, à flatter de façon irresponsable « le ventre encore fécond, d’où a surgi la bête immonde ».

[Mis en ligne le 12 septembre 2011 – le communiqué LDH a été ajouté le 19]

Lire la suite »

les massacres du 17 octobre 1961 vus à travers les journaux télévisés de 1996 à 1999

Il y a cinquante ans, le 17 octobre 1961, la manifestation pacifique des Algériens, qui défilaient dans Paris à l’appel du FLN pour protester contre le couvre-feu qui leur était imposé, fut réprimée avec une très grande brutalité par la police. On ne saura jamais le nombre exact des Algériens qui ont succombé sous les coups de la police de Papon, mais on sait qu’ils ont été des dizaines sinon des centaines, que des dizaines d’entre d’eux furent jetés dans la Seine, et que plus de 11 000 furent interpellés.

Le nombre des victimes et la brutalité de la répression ont longtemps été occultés par Maurice Papon. Le 20 mai 1998, Jean-Luc Einaudi écrivit dans Le Monde: « En octobre 1961, il y eut à Paris un massacre perpétré par des forces de police agissant sous les ordres de Maurice Papon ». Papon lui intenta un procès pour diffamation. C’est la relaxe dont bénéficia Jean-Luc Einaudi en février 1999 qui permit d’établir la réalité d’une répression d’une violence inouïe.

Les extraits de bulletins d’information télévisés de 1996 à 1999, repris ci-dessous des archives de l’INA, permettent de suivre la mise au jour progressive de la réalité des massacres d’octobre 1961 à Paris.

Lire la suite »

 50 ans après, le film “Octobre à Paris” de Jacques Panijel, sort en salle

Le documentaire de Jacques Panijel Octobre à Paris sortira enfin dans nos salles le 19 octobre 2011 ! Ce documentaire, tourné clandestinement puis censuré, retrace les événements du 17 octobre 1961, au cours desquels près de 30 000 Algériens manifestèrent pacifiquement dans les rues de Paris à l’appel du FLN… S’ensuivirent, sur ordre du tristement célèbre préfet de police Maurice Papon, 11 000 arrestations et des dizaines d’assassinats (voire des centaines, selon certains historiens), dont de nombreux manifestants jetés à la Seine après avoir été tabassés, des centaines d’expulsions et des plaintes classées sans suite4.

La fin de la guerre d’Algérie n’a pas arrêté les poursuites de l’Etat contre le film et son auteur. Les cinémas qui ont cherché à le projeter au cours de séances privées ou semi-publiques ont systématiquement subi l’intervention de la police, qui cherchait à confisquer les bobines. Ce n’est qu’en 1973, après la grève de la faim du cinéaste René Vautier, ancien résistant, qu’Octobre à Paris a enfin obtenu son visa d’exploitation, sans être pour autant diffusé5.

Octobre à Paris sortira en salle le 19 octobre prochain, dans le cadre de la commémoration du 50e anniversaire de ces événements dramatiques, en même temps que Ici on noie les Algériens, 17 octobre 1961 de Yasmina Adi6.

Lire la suite »
Plaque de reliure en ivoire, Reims, dernier quart du IX° siècle. Musée de Picardie, Amiens. Le baptême de Clovis par St Rémy avec le miracle de la Sainte Ampoule.
Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

“l’histoire de France” fétiche de la nation, par Suzanne Citron

Alors que Nicolas Sarkozy parlait d’Histoire aux neuf historiens qu’il avait invités mercredi dernier à la table de l’Élysée pour leur soumettre son idée de faire du 11 Novembre une journée de commémoration de tous les morts pour la France7, Suzanne Citron appelait les chercheurs en sciences humaines à déconstruire «la vision euro-centrée et franco-centrée du passé pour suggérer la possibilité d’un nouveau récit de l’humanité». L’historienne rappelle la nécessité de «sortir de la sclérose […] liée au façonnement anachronique d’un imaginaire historique qui ne peut répondre à l’objectif d’éduquer des êtres capables de faire face aux enjeux multiples et contradictoires à venir».

Lire la suite »

en finir avec les croyances et les préjugés stigmatisant les Roms

Dans cette tribune publiée dans Le Monde du 12 août 2011, Philippe Rodier, médecin, responsable d’une mission sur les Roms au sein de Médecins du monde à Marseille, refuse l’ethnicisation du problème. Ce peuple rom, ressenti comme une évidence, est une mosaïque d’éléments reliés entre eux par un fonds culturel mais surtout unis dans la répulsion collective qu’ils suscitent.

Les Roms sont, comme tous citoyens, des hommes ou des femmes que l’on
doit définir par leur individualité et leur nationalité (française, roumaine,
bulgare…). Cela suffit pour affirmer qu’il convient, vis-à-vis de ces
Roms, d’appliquer le droit commun, à l’exclusion de tout autre.

[Mis en ligne le 30 août 2011, mis à jour le 16 septembre]
Lire la suite »
bric_hortefeux2_nb.jpg
Racisme de couleur et islamophobie

en appel, Brice Hortefeux, déclaré coupable d’injure raciale, bénéficie d’une relaxe

Le ministre de l’intérieur Brice Hortefeux a été condamné, vendredi 4 juin 2010, à 750 euros d’amende et 2 000 euros de dommages et intérêts pour injure à caractère racial, suite aux propos qu’il avait tenus, en 2009 à l’université d’été des jeunes UMP à Seignosse, dans les Landes. Le ministre a aussitôt fait appel.

C’est la première fois en France qu’un ministre en exercice est condamné pour injure raciale. La question se pose : un ministre condamné pour un tel délit peut-il rester en poste ? Ci-dessous un enregistrement vidéo des propos de Brice Hortefeux, suivi de larges extraits du jugement prononcé le 4 juin 2010 par les magistrats de la 17ème chambre du tribunal de Paris.

Dernière minute – La Cour d’appel de Paris s’est prononcée le 15 septembre 2011 : l’ancien ministre s’est bien rendu coupable d’injures au sens pénal – il a commis une infraction sanctionnable qui est une contravention –, mais, la procédure suivie n’étant pas bonne, il a bénéficié d’une relaxe (voir les explications de Michel Huyette).

[Mise en ligne le 5 juin 2010, mis à jour le 16 septembre 2011]

Lire la suite »
gueant.jpg
A-la France et les Roms “européens”

Claude Guéant et ses statistiques roumaines

On sait Claude Guéant quelque peu fâché avec les statistiques et plus généralement avec les chiffres – voir cette page – mais il ne peut s’empêcher de toujours y revenir. Le 29 août, il assurait sur RMC et sur BFMTV que «2 % de la délinquance en France sont le fait de Roumains et que presque la moitié des délinquants roumains sont des mineurs»8. Il est revenu sur le sujet au cours du week-end du 11 septembre, avec des déclarations au Parisien.

Pour le sociologue Laurent Mucchielli, s’il est incontestable qu’il y a une “délinquance roumaine”, il n’est pas prouvé que le problème soit nouveau ni même pire que précédemment. Il est en revanche très clair qu’il fait l’objet d’une utilisation politique nouvelle depuis juillet 2010.

Lire la suite »