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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Niqab, burqa, hidjab et tchador.
Foulard et voile

Mardi 26 janvier 2010 : journée de la burqa

Le rapport de la mission d’information parlementaire sur le port du voile intégral, rendu public mardi 26 janvier 2010, propose de mettre en place un dispositif législatif visant à bannir la burqa et le niqab dans les services publics et les lieux d’accueil du public – cela inclut les transports, les écoles, les hôpitaux, les banques, la Poste… – mais il ne préconise pas d’interdiction générale dans l’espace public1.

Au cours de ses six mois d’existence, la mission a auditionné plus de 200 personnes2 à propos d’un phénomène resté marginal – selon le ministère de l’Intérieur, 1900 femmes porteraient le voile intégral en France. L’importance prise par ce thème, parallèlement au débat sur l’identité nationale fertile en dérapages, a été souvent ressentie comme une stigmatisation de la religion musulmane et des personnes considérées – à tort ou à raison – comme étant d’“origine musulmane”. Jamel Debbouze et Alain Gresh en témoignent ci-dessous.

Pour le sociologue Vincent Geisser, le débat sur le sujet a déjà produit des effets pervers: «Beaucoup de musulmans, au départ très hostiles au port du niqab, sont devenus compatissants envers ces filles, parce qu’ils se sentent visés collectivement, notamment à travers le débat sur l’identité nationale. Il y a un risque que des gens commencent à le porter par réaction, que le niqab devienne un étendard.3» Le New York Times ne mâche pas ses mots : dans son éditorial, il accuse Sarkozy d’«attiser la haine».

[Mise en ligne le 26 janvier 2010, complétée le 28]

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L'Echo d'Alger, 24-25 janv. 1960. (Voir la fin de la note [4])
Les Européens d'Algérie et leur exode

Les barricades d’Alger : une déclaration de guerre à l’État et le début d’une guerre civile

Le discours du général de Gaulle annonçant, le 16 septembre 1959, « l’autodétermination » pour l’Algérie avait mis en alerte les partisans de l’Algérie française. Suite à une interview donnée à un journal allemand, le général Massu, commandant du corps d’armée d’Alger, est rappelé à Paris le 22 janvier 1960. A Alger, les activistes s’enflamment, élèvent des barricades… Le 24 janvier, des tirs de fusils-mitrailleurs dirigés contre des gendarmes mobiles font de nombreuses victimes parmi les forces de l’ordre. Un camp retranché est installé au centre d’Alger au nom de l’Algérie française… Mais, n’ayant pas bénéficié du soutien espéré, la rébellion fera long feu4.

A l’heure où la mémoire de la guerre d’Algérie est l’objet de diverses tentatives de récupération politique5, nous reprenons ci-dessous le témoignage de Jean Sprecher qui a vécu ces événements et pour qui «les Barricades de janvier 1960, avec leur bilan tragique, apparaissaient comme la déclaration de guerre à l’Etat, et le début de la guerre civile qui allait couver quelque temps, mûrir dans l’ombre, tenter un nouvel essai en décembre 1960 et éclater enfin quelques mois plus tard, en avril 1961, quand des généraux convaincus de tenir l’armée en main, crurent cette fois le moment venu pour déclencher un putsch, en garder la maîtrise et en assurer le succès.»6

Nous complétons ce document avec un extrait de l’éditorial publié par Le Monde le 26 janvier 1960.

[Mise en ligne le 15 janvier 2010, complétée le 27]

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Comment réhabiliter les fusillés pour l’exemple de 14-18 ?

Dans la perspective du centenaire de la Première Guerre mondiale, le général Bach, entouré de l’historien Claude Pennetier, et de Jean-Pierre Dubois, Gilles Manceron et Michel Tubiana, respectivement président, vice-président et président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme, prennent position dans Mediapart pour une réhabilitation individuelle de chacun des soldats concernés.

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Immigration algérienne en France

“Les immigrés algériens en France, une histoire politique”, par Benjamin Stora

Les éditions Hachette Littérature ont réédité, en août 2009, sous le titre : Les immigrés algériens en France. Une histoire politique, l’ouvrage de Benjamin Stora paru en 1992 chez Fayard, Ils venaient d’Algérie7, version condensée d’une thèse de doctorat d’Etat, soutenue par l’auteur en 1991, sous la direction de Charles Robert Ageron. Nous reprenons un entretien de Benjamin Stora à propos de cet ouvrage suivi du compte rendu, publiés dans Le Soir d’Algérie, le 21 janvier 2010.

Benjamin Stora est professeur des universités à Paris XIII et à l’Inalco. Il a publié une trentaine d’ouvrages qui portent principalement sur l’histoire du nationalisme algérien, l’immigration et la guerre d’indépendance. Ses deux ouvrages récemment publiés en 2009 sont : Le Mystère de Gaulle, son projet pour l’Algérie (Ed Robert Laffont), et Les Immigrés algériens en France, une histoire politique (1912-1962).

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Toulon et Cagnes-sur-Mer : contestation de cérémonies commémorant les “barricades d’Alger”

Plusieurs associations protestent contre les célébrations en région Provence-Alpes-Côte d’Azur du 50e anniversaire des Barricades de janvier 1960 à Alger8. Ces tragiques journées apparaissent en effet comme le début d’une guerre civile qui culmina avec le putsch des généraux d’avril 1961, avant de se poursuivre par le combat sans issue de l’OAS qui devait anéantir toute chance d’un règlement humain de la guerre d’Algérie.

A la suite des communiqués de l’ANPNPA, de l’ANPROMEVO et de l’association Les amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, nous reprenons une tribune dans laquelle les présidents des deux dernières associations s’interrogent devant «la mise en œuvre d’une politique de mémoire adossée à la valorisation du fait colonial». Ils demandent si «la France ne serait pas entrée en voie de repentance pour avoir permis la décolonisation de l’Algérie ?».

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Vous êtes français ? prouvez-le !

A l’initiative de la LDH et de Daniel Karlin, documentariste, un appel a été lancé, signé par de nombreuses personnalités et publié dans Libération pour dénoncer les difficultés qu’ont certains citoyens à renouveler leurs papiers d’identité.

Pour signer l’appel « Vous êtes français ? Prouvez-le ! », cliquez.

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Gaza, un an après l’offensive israélienne…

Un an après le lancement de l’offensive israélienne sur Gaza, une quinzaine d’ONG, dont Amnesty International, le CCFD et Oxfam International, publient un rapport9 où ils dénoncent le blocus auquel la population de la bande de Gaza (1.5 millions d’habitants) est soumise de la part d’Israel. Pour l’ancien président américain, Jimmy Carter, les Gazaouis sont « traités plus comme des animaux que comme des êtres humains». Le rapport, publié fin décembre 2009, montre que très peu des dégâts infligés aux habitations, aux services publics (écoles, hôpitaux…) et aux infrastructures ont été réparés.

Dans un entretien publié par L’Humanité, Stéphane Hessel met en cause la France et l’Union européenne qui ont «laissé faire Israël».

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Guyane et Martinique : de l’article 73 à l’article 74 ?

Les électeurs des deux départements-régions sont appelés à se prononcer par référendum : le 10 janvier 2010, ils diront s’ils souhaitent passer, de l’article 73 de la Constitution régissant les départements d’outre-mer, au 74 qui encadre les autres territoires d’outre-mer – la Nouvelle-Calédonie étant un cas à part.

Cet article 74 permet, dans le cadre de la République, des adaptations aux “intérêts propres” de chaque collectivité, et donc, éventuellement, plus d’autonomie.

En cas de NON, Guyanais et Martiniquais retourneraient aux urnes le 24 janvier pour décider ou non de la mise en place d’une collectivité unique exerçant les compétences départementales et régionales, tout en restant dans le cadre de l’article 73.

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Harkis

au catalogue des engagements non tenus : la promesse faite aux harkis

Le 31 mars 2007, Nicolas Sarkozy reçoit une délégation d’une centaine de harkis à son centre de campagne. Il leur déclare :

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Depuis lors, Nicolas Sarkozy, toujours empressé de répéter qu’il tenait ses engagements de campagne, n’a pas trouvé le temps de respecter cette promesse.

[Page publiée le 27 décembre 2009]

Mise à jour – La lettre ouverte de Jean-Pierre Dubois adressée à Nicolas Sarkozy le 6 avril 2010 a été ajoutée le 9 avril 2010.

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Emmanuel Todd : « Ce que Sarkozy propose, c’est la haine de l’autre »

Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, Emmanuel Todd observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l’identité nationale, dans un entretien au journal Le Monde daté du 27 décembre 2009. Sans dissimuler sa colère. « Si vous êtes au pouvoir et que vous n’arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature », estime-t-il.

Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l’Institut national d’études démographiques (INED).

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Identité nationale et passé colonial – pour un véritable débat

« Un grand débat sur l’identité nationale. » Des centaines de milliers de connexions, des rencontres en province dans les préfectures et 40.000 contributions (dont de nombreux « dérapages ») sur le site du ministre Éric Besson… Un succès ? Les critiques virulentes à gauche, les demandes répétées de mettre fin à ce dangereux débat, et les doutes à droite se multiplient depuis quelques jours et donnent, déjà, un sentiment contraire. Des intellectuels, des chercheurs, des écrivains, des journalistes qui travaillent sur le colonial, l’immigration et le postcolonial proposent ici, tout en refusant depuis le début de participer à cette manipulation, une alternative au faux débat actuel.

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