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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Embarquement forcé d'un Camerounais par des policiers français, à l’aéroport de Roissy, en mars 2004. (JOBARD/SIPA)
Diverses questions d'histoire

Guilherme Hauka Azanga : de l’acharnement au “délire total”

Guilherme Hauka-Azanga est venu en 2002 demander l’asile à la France après avoir fui l’Angola et les massacres qui ont décimé une partie des siens. Sa seule famille est maintenant constituée de trois enfants réfugiés au Congo et la compagne avec laquelle il a refait sa vie à Lyon, les deux enfants de celle-ci et les deux enfants nés de cette union. Il refuse obstinément d’être expulsé vers un pays où il n’a plus de liens familiaux et où sa vie serait menacée. Jeudi 8 avril 2010 a vu l’échec de la quatrième tentative pour l’expulser. L’avion parti pour le reconduire au Portugal n’ayant pas eu l’autorisation d’atterrir, le Préfet du Rhône a décidé de mettre fin à sa rétention vers minuit1. A la suite du communiqué de la LDH qui s’indigne de l’acharnement manifesté par un gouvernement dont la politique de l’immigration est de plus en plus mal acceptée, nous reprenons le témoignage de Dominique Noguères, avocate de Guilherme Hauka Azanga, sur cette journée de « délire total ».

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agir aujourd’hui contre la colonisation des “territoires occupés”

Après avoir rappelé que «la loi du plus fort doit plier devant le droit commun de l’humanité», la Ligue des droits de l’Homme appelle à une campagne, à l’échelle de l’Union européenne, visant à réserver le bénéfice du traitement préférentiel accordé aux importations israéliennes aux seuls produits dont il est établi de façon indiscutable qu’ils ne sont pas les fruits de l’oppression coloniale.

Des précisions sont apportées dans un texte d’Alain Gresh que nous reprenons ci-dessous à la suite de la tribune de Jean-Pierre Dubois. On peut lire également, sur cette autre page, la lettre ouverte adressée au Président de la République par des ambassadeurs français, ainsi que la prise de position de l’Union juive française pour la paix à propos de la campagne internationale BDS – «boycott, désinvestissement, sanctions».

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Nicolas Sarkozy à Kigali, le 25 février 2010 (AFP/Phillippe Wojazer)
Rwanda

France-Rwanda : beaucoup de questions, peu de réponses

Après les déclarations de Nicolas Sarkozy, à Kigali le 25 février dernier, la commémoration du génocide du Rwanda se déroule cette année dans un contexte particulier. La visite du président de la République a en effet donné lieu à un début de reconnaissance des responsabilités françaises dans ces événements.

Le communiqué de la Ligue des droits de l’Homme et la pétition que nous reprenons ci-dessous insistent notamment sur deux points :

  • il faut que la lumière soit faite sur le rôle joué par la France avant, pendant et après le génocide2 ;

    • la justice française doit juger les présumés génocidaires présents sur le territoire français3.
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Vers la "décristallisation" du statut des anciens combattants coloniaux ?

Ils demandent la “dé-cristallisation” de leurs pensions… on leur octroie un “diplôme d’honneur”

Le 1er avril 2010 a marqué le début des commémorations du “Cinquantenaire des indépendances africaines”. Au cours d’une conférence de presse donnée au Centre d’Accueil de la presse étrangère – aucun Africain n’était présent à la tribune –, Jacques Toubon, président de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, à qui a été confiée l’organisation de ce cinquantenaire, a présenté officiellement une série d’initiatives à venir4.

Le point d’orgue de ces commémorations  sera un sommet « familial », auquel seront conviés, le 13 juillet, les dirigeants des quatorze pays concernés (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Centrafrique, Congo-Brazzaville, Côte d’Ivoire, Gabon, Madagascar, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal, Tchad et Togo). Le lendemain, en hommage à la “Force noire”, des troupes africaines devraient participer au défilé du 14-Juillet sur les Champs-Élysées. Maigre consolation pour les anciens combattants des colonies, qui attendent toujours la «dé-cristallisation» de leurs pensions – « une égalité de traitement trop longtemps retardée» pour la Cour des comptes.

Pourront-ils se consoler avec le « diplôme d’honneur » que Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux Anciens combattants, a décidé d’attribuer à chacun des 250 000 vétérans de la Seconde Guerre Mondiale encore en vie ?

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Woippy (© AFP / Jean-Christophe Verhaegen)
Les “banlieues”

Woippy : la mort, l’émeute et la police municipale

Un jeune est mort, deux autres sont dans un coma qui semble irréversible, une nuit de révolte, des destructions-dégradations, des centaines d’habitants caillassant des centaines de policiers… l’émeute du 20 janvier 2010 à Woippy (Moselle) est pourtant déjà presque oubliée, signe d’une banalisation étonnante d’un phénomène pourtant très révélateur de l’état et de l’évolution de la société française. Nous rappelons ces événements en reprenant un article de Nicolas Bastuck et Luc Bronner publié dans Le Monde.

Dans une enquête intitulée «La mort, l’émeute et la police municipale de Woippy : “circulez, y’a rien à voir” ?», le sociologue Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, en tire des enseignements. Il met en évidence deux phénomènes majeurs: la ghettoïsation persistante de ce territoire et la dérive sécuritaire de la politique municipale. Une enquête – accessible en ligne – qui vient à point nommé à l’heure où le Parlement s’apprête à examiner une nouvelle loi sécuritaire, la LOPPSI 2.

[2 avril 2010] – Deux mois et demi plus tard, les déclarations d’un rescapé du drame mettent en cause le comportement de la police municipale.

[Mise en ligne le 8 février 2010, mise à jour le 2 avril]

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Mineurs marocains à Sallaumines
Gestion postcoloniale de l'immigration

Le combat sans fin des mineurs marocains

Recrutés à partir du début des années 1960 par les Charbonnages de France, les mineurs marocains n’ont cessé depuis de lutter contre les discriminations dont ils ont constamment été l’objet. Lutte, dans les années 1980, pour bénéficier du « statut du mineur » comme les Français, lutte, dans les années 1990 pour l’accès au logement, comme les Français, lutte, aujourd’hui, pour le droit au rachat des avantages en nature, comme les Français. Un combat épuisant mais qu’ils ne sont pas près d’abandonner.

Cet article d’Ali El Baz, Coordinateur à l’Association des travailleurs maghrébins de France (ATMF), a été publié dans la revue du Gisti, Plein droit, juillet 20095.

Ajout du 30 mars 2010 : Le dernier combat, porté devant les prud’hommes, s’est soldé par une victoire6.

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La LDH et le voile intégral

Tout en critiquant le port du foulard et du voile, au nom de l’émancipation des femmes, la Ligue des droits de l’Homme refuse un débat instrumentalisé qui risque de déboucher sur une loi perverse et dangereuse.

Cette prise de position dans le débat sur le voile intégral a été adoptée par la LDH lors de la réunion de son Comité central le 13 mars 2010.

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Les « tirailleurs sénégalais »

prisonniers de guerre «indigènes», par Armelle Mabon

Après la débâcle de juin 1940, les combattants de l’armée française sont faits prisonniers. Tandis que les métropolitains partent pour l’Allemagne, les prisonniers coloniaux prennent le chemin des frontstalags répartis dans la France occupée : en avril 1941, près de 70 000 hommes sont internés dans 22 frontstalags. En janvier 1943, ils se sentiront trahis lorsque le gouvernement de Vichy acceptera de remplacer les sentinelles allemandes par des cadres français. À la Libération, leurs retours en terre natale donneront lieu à de nombreux incidents dont celui de Thiaroye, près de Dakar, qui fera plusieurs dizaines de victimes en décembre 19447.

Après avoir découvert le destin de ces hommes dans les rapports professionnels d’une assistante sociale du service social colonial de Bordeaux, Armelle Mabon s’est consacrée à ces “oubliés de la République”, travaillant dans des archives publiques et privées et recueillant de nombreux témoignages inédits. Cet ouvrage donne la mesure de l’injustice, du déni d’égalité et du mépris, dont l’Etat a fait preuve à l’égard de ces ressortissants de son “empire”… Un sujet qui est toujours d’actualité.

La table des matières du livre est reprise à la suite de l’avant-propos.

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“la plupart” des trafiquants de drogues sont-ils noirs ou arabes ?

L’éditorialiste Eric Zemmour a déclaré à l’antenne le 6 mars dernier que «les Français issus de l’immigration sont plus contrôlés que les autres parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes… C’est un fait.» En écrivant sur son blog que «tous les Noirs et tous les Arabes ne sont pas des trafiquants, mais beaucoup de ceux-ci sont noirs et arabes», l’avocat général près la cour d’appel de Paris, Philippe Bilger, apporte sa caution au point de vue d’Eric Zemmour8.

La question posée est de savoir si efffectivement “la plupart” des trafiquants de drogues sont noirs ou arabes. Commençons par rappeler que les Noirs et les Arabes sont beaucoup plus fréquemment contrôlés que le reste de la population : avoir la peau noire ou un “type maghrébin” augmente de façon très importante la probabilité d’être l’objet d’un contrôle des papiers d’identité – une enquête l’a établi de façon irrécusable, et cela fragilise les affirmations d’Eric Zemmour et de Philippe Bilger. Dans ses éléments de réponse repris ci-dessous, le sociologue Laurent Mucchielli récuse les recours aux catégories raciales : ils n’expliquent rien mais renforcent les préjugés xénophobes.

La multiplication ces derniers mois de propos à tonalité racialiste ou stigmatisant les immigrés semble particulièrement inquiétante. Dans un article récent, Carine Fouteau montre que les déclarations de ce genre émises par des responsables de la majorité présidentielle témoignent d’une véritable rupture à droite : la journaliste de Mediapart expose «comment Sarkozy a rendu possible la dérive raciste à droite»9.

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Manifestation le 16 mars 2010, devant le Palais de Justice, lors du dépôt de plainte.
Tunisie

Vérité et justice pour Farhat Hached, syndicaliste tunisien assassiné en 1952

Une plainte avec constitution de partie civile a été déposée auprès du tribunal de grande instance de Paris pour « apologie de crimes de guerre » par sa famille, la Ligue française des droits de l’homme (LDH) et la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) soutenue par l’association Vérité et justice pour Farhat Hached.

Fondateur de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), Farhat Hached, a été assassiné par la Main rouge, émanation des services secrets français, en décembre 1952, au début de la lutte des Tunisiens pour leur émancipation du protectorat français (1881-1956). Cinquante-huit ans après les faits, un des membres survivants de ce service a estimé sur la chaîne de télévision Al-Jazira que cet assassinat était légitime.

Vous trouverez, à la suite du communiqué de la LDH, un rappel du contexte de l’époque, puis une tribune publiée par le fils de Farhat Hached en mai 2001, alors que se multipliaient les révélations tardives sur les crimes odieux commis pendant la guerre d’Algérie.

[Mise en ligne le 19 mars 2010, complétée le 26

par un communiqué concernant les attaques diffamatoires à l’encontre de deux avocats]

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Le mémorial du Quai Branly (photo : cheminsdememoire.gouv.fr)
Mémorial du Quai Branly

Le mémorial du quai Branly, le pouvoir et les nostalgiques de la colonisation

Le président de la République et son gouvernement ont décidé d’inscrire sur la colonne centrale du Mémorial du quai Branly les noms des victimes civiles de la manifestation de la rue d’Isly, à Alger, le 26 mars 1962.

La Ligue des droits de l’Homme, tout en s’inclinant devant la mémoire des civils victimes de ce tragique évènement, proteste contre l’ouverture du Mémorial aux seules victimes d’une manifestation organisée par l’OAS.

La LDH dénonce une nouvelle tentative du pouvoir politique pour chercher à satisfaire les demandes d’un lobby nostalgique de la colonisation, lié à l’extrême droite.

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inscriptions racistes à Toulon : indignation de la LDH

La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme exprime son indignation : des inscriptions à caractère raciste ont été taguées sur la façade de la mosquée du Pont-du-Las et sur l’entrée du Lycée professionnel Cisson.

Elle ne peut cacher son inquiétude devant la répétition de tels actes. Il y a un mois, en effet, la mosquée de Sorgues (Vaucluse) avait été souillée d’inscriptions racistes dans la nuit du samedi 13 au dimanche 14 février 201010. D’autre part, l’agression de la mosquée de Toulon a été précédée de deux autres dont les responsables n’ont semble-t-il pas été identifiés.

[Mise en ligne le 25 mars 2010, mise à jour le 26]

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