La loi du 30 novembre 1950 fixait la durée du service militaire à 18 mois. Mais pendant la guerre d’Algérie (1954-1962), leur maintien sous les drapeaux a pu durer jusqu’à 30 mois.
Pendant le putsch, le contingent – les appelés, c’est à dire les jeunes effectuant leur service militaire en Algérie – a manifesté son soutien aux autorités légales de façon active ou passive, et ce fut l’une des causes principales de l’échec du putsch. Dans une grande partie des régiments, les soldats du contingent, âgés de 20 à 23 ans, ont refusé de suivre ceux de leurs chefs rebelles qui ont voulu s’engager dans le putsch.
L’un des chefs putschistes, le général Challe, en donna une explication naïve : c’était l’existence des « cellules communistes » qui s’étaient organisées dans les corps de troupes. En réalité, la grande majorité des appelés, qui provenaient de tous les secteurs de la société française, étaient hostiles à la prolongation d’une guerre coloniale dont ils avaient pu mesurer la vanité. Challe néglige, d’une part, l’influence des officiers du contingent, généralement des anciens étudiants ou enseignants sursitaires, pour la plupart hostiles aux putschistes, et, d’autre part, l’effet choc causé par le discours du général de Gaulle appelant au refus d’obéissance aux généraux rebelles, qui avait pu être entendu grâce aux « transistors » personnels.