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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Sarkozy et Berlusconi préféraient Ben Ali

«Depuis le 18 avril 2011, 95 Tunisiens interpellés à la frontière franco-italienne ou dans les gares proches, bien qu’ils soient en possession d’un document de voyage et d’un titre de séjour délivrés par les autorités italiennes, sont placés dans les centres de rétention administrative (CRA) de Lyon, Marseille et Nice dans lesquels Forum réfugié assure la mission d’aide à l’exercice effectif des droits prévue par la loi.

«Dans les Alpes-Maritimes plus particulièrement, à la suite de contrôles d’identité quasi systématiques, les personnes interpellées sont privées de liberté en dehors du régime de la garde à vue, ce qui les prive des droits garantis par cette procédure. L’administration recourt à des formulaires-type, si bien que la situation de chaque personne ne fait pas l’objet d’une étude particulière avant la notification, à la hâte, des décisions d’éloignement du territoire. […] »

Extrait d’un communiqué du 26 avril 2011 de

Forum réfugiés – (lire la suite)

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Le racisme postcolonial

Etienne Balibar : “la condition d’étranger se définit moins par le passeport que par le statut précaire”

Alors que les immigrés sont partout stigmatisés, le philosophe Etienne Balibar
1 s’interroge sur la notion d’étranger. Une image totalement brouillée par la crise économique. Dans un article publié dans Télérama N°3197 le 20 avril 2011 et repris ci-dessous, le philosophe tente de répondre aux questions : qui est « notre » étranger ? a-t-il changé au cours du temps ? pourquoi est-il de plus en plus considéré comme un ennemi ?

Le hors-série Télérama Horizons N°4, Etrangers, une obsession européenne, disponible en kiosque, donne la parole sur ce thème à des historiens, philosophes, sociologues et écrivains.

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Photo Elie Kagan (BDIC)
Le 17 octobre 1961

Emmanuel Blanchard : la répression policière et administrative des Algériens de métropole (1946-1962)

Contrôler, enfermer, éloigner, c’est ainsi qu’Emmanuel Blanchard avait intitulé sa contribution à l’ouvrage collectif dirigé par Sylvie Thénault et Raphaëlle Branche, La France en guerre (1954-1962). Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, publié en 20082.

Comme l’indique la seconde partie du titre, La répression policière et administrative des Algériens de métropole (1946-1962), le texte d’Emmanuel Blanchard repris ci-dessous se limite au comportement de l’administration, en particulier de la police, vis-à-vis des Algériens en France métropolitaine pour la période allant de 1946 à la fin de la guerre d’Algérie. Mais il est difficile de ne pas faire le rapprochement avec le comportement actuel de l’administration, notamment de la police, vis-à-vis des immigrés “sans-papiers” non originaires de l’Union européenne.

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Communistes, altermondialistes et associatifs se sont rassemblés hier pour s'insurger contre la commémoration (photo F. Lec)
Nice

Nice : le maire et le préfet laissent célébrer le putsch d’avril 1961

En dépit des nombreuses protestations qu’il a suscitées, un rassemblement a pu se tenir à Nice, samedi 23 avril 2011, dans le jardin
Alsace-Lorraine, devant le monument où est gravé le nom de Roger Degueldre, chef des commandos delta de l’OAS. Il s’agissait de célébrer le soulèvement contre la République des généraux à Alger en avril 1961.

Après le succès de la rencontre organisée le 20 avril dernier par les organisations regroupées autour de la section de Nice de la LDH, cet épisode montre le travail de vérité qu’il reste à faire pour que la guerre d’Algérie soit considérée pour ce qu’elle a été. L’aspect guerre coloniale–guerre d’indépendance de ce conflit, dont le cinquantenaire de la fin sera célébré l’an prochain, doit être reconnu. Tout en s’inclinant devant toutes les victimes, la section de Nice de la Ligue des droits de l’Homme, envisage l’organisation en 2012 d’une rencontre permettant de développer une réflexion sur les séquelles aujourd’hui de ce conflit colonial, dans le respect de la vérité historique.

[Mis en ligne le 24 avril 2011, mis à jour le 25]

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les rencontres de la LDH : la parole libérée, à Nice le 20 avril 2011

Une centaine de personnes ont participé, mercredi 20 avril 2011, à la rencontre organisée par la section de Nice de la LDH3, à l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch, sur le thème: “Alger, avril 1961, un soulèvement contre la République”.

Les interventions, dont vous trouverez ci-dessous un compte-rendu (encore incomplet), ont été suivies par des prises de parole de la part de personnes venues assister à cette rencontre. La libération de la parole a été un moment particulièrement fort, et parfois émouvant : pour la première fois, a-t-il été dit, la guerre d’Algérie a pu être évoquée sans retenue à Nice. Le baillon a été défait, la peur surmontée, les témoignages livrés à visage découvert.

La section niçoise de la LDH a l’intention de poursuivre cette ouverture.

[Mis en ligne le 22 avril 2011, mis à jour le 23]

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Serrano Suñer et Hitler
Les violences de l'OAS

Les racines franquistes du putsch de 1961 et de l’OAS, par Gilles Manceron

C’est à Madrid que l’OAS a été créée au début de 1961, et, bien que le sigle ne soit apparu publiquement, à la fois à Alger et à Paris, que vers la fin du putsch, c’est en Espagne franquiste, auprès du général Salan, qu’une branche de cette organisation s’est constituée.

En réponse aux tentatives de réhabilitation de ce coup d’Etat militaire, s’est tenue à Nice le 20 février une réunion sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République » où l’historien Gilles Manceron a rappelé l’origine, à Madrid, de ce pronunciamento et de l’OAS qui a suivi. Nous reprenons ici une partie de son évocation de leur préparation.

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1945-1962

il y a 53 ans, Abderrahmane Taleb mourait sur l’échafaud

Abderrahmane Taleb a été guillotiné le 24 avril 1958, à l’aube, à la prison de Serkadji, dans la Haute Casbah d’Alger. Il avait 28 ans. Etudiant en chimie, lieutenant de l’ALN dans un premier temps, il avait ensuite mis ses compétences au service de la zone autonome d’Alger où il fabriqua des bombes4.

L’historien algérien Mohamed Rebah, auteur de Des Chemins et des Hommes – (Préface Ahmed Akkache), Alger, 2009 –, nous adresse ce témoignage sur celui qu’il qualifie d’«enfant studieux de Bir Djebbah», qui a combattu avec son frère.

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Couverture de l'édition du 31 mars de l'hebdomadaire italien Panorama
La guerre de Libye (2011)

pour quoi faisons-nous la guerre en Libye ?

« Le 19 mars 2011 à 17h45, seul dans son rôle de commandant en chef, Nicolas Sarkozy a été le premier à ordonner à l’aviation militaire d’ouvrir le feu sur les blindés libyens. » («L’homme qui voulait ressembler à Napoléon », Panorama, le 31 mars 2011.)

Couverture de l'édition du 31 mars de l'hebdomadaire italien Panorama
Couverture de l’édition du 31 mars de l’hebdomadaire italien Panorama

En un mois, le conflit a déjà fait quelque 10 000 morts et 55 000 blessés, a affirmé mardi à Rome le ministre italien des Affaires étrangères Franco Frattini, citant le chef du Conseil national de transition (CNT) libyen. Aujourd’hui, la France, qui a déclaré exclure tout déploiement de forces au sol, a annoncé l’envoi d’un petit nombre d’officiers français auprès du CNT.

Mais pourquoi et pour quoi faisons-nous la guerre en Lybie ? pour la démocratie ? pour renverser Kadhafi ? pour montrer les performances de nos Rafale ? pour faire diversion aux difficultés de politique intérieure ? pour préparer les élections présidentielles ? …

Ci-dessous, le point de vue d’Omar Benderra, consultant, ancien PDG d’une banque publique algérienne.

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l’éloge des putschistes d’Alger d’avril 1961 : une insulte à la République

Des associations nationales et un certain nombre d’organisations niçoises se joignent à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme pour écrire au préfet des Alpes-Maritimes et au maire de Nice : elles tiennent à exprimer leur protestation à la suite de l’annonce dans Nice-Matin, le 27 février dernier, d’un hommage, le 23 avril prochain, au « quarteron de généraux » – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de l’« aventure odieuse et stupide » que fut le putsch d’Alger.

Une commémoration d’autant plus inacceptable qu’elle sera rendue au jardin Alsace-Lorraine devant le monument aux rapatriés, en réalité un monument d’hommage à l’OAS à travers la personne de Roger Degueldre.

Ce projet a notamment suscité l’émotion du Grand Orient de France qui rappelle que parmi les six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs assassinés à Alger le 15 mars 1962 figurait Max Marchand, membre de l’obédience.

La FNACA s’indigne et salue la mémoire du sergent Pierre Auguste Brillant, tué le 22 avril 1961 par les hommes du 1er REP, lors de la prise de la station radio d’Alger.

La section de Nice de la LDH a pris l’initiative de la création d’un collectif d’associations républicaines, et appelle le 20 avril à une réunion publique sur le thème « Alger 1961, un soulèvement contre la République ».

[Mis en ligne le 10 avril 2011, mis à jour le 20]

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 1960-2010, 50 ans d’interventions militaires françaises en Afrique

Après les indépendances, la France signe une vingtaine d’accords de défense et de coopération avec ses anciennes colonies africaines. En vertu de ses accords, ou afin de venir en aide à ses ressortissants, l’armée française est intervenue à près de quarante reprises sur le sol africain en l’espace d’un demi-siècle. Certaines opérations françaises n’ont duré que quelques jours, d’autres ont donné lieu à des déploiements beaucoup plus longs. Une présence militaire, et des «coups de force», devenus des symboles d’une certaine «France-Afrique en kaki», sur lesquels le président Sarkozy dit vouloir tourner la page.

Cet article a été écrit par Olivier Fourt pour l’Anniversaire des indépendances africaines et publié le 14 juillet2010, sur le site RFI5. Source : Que fait l’armée française en Afrique ? Raphael Granvaud aux éditions Agone.

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Algérie : mobilisation de la société civile contre les atteintes aux droits

Après une semaine passée à Alger, au cours de laquelle il a rencontré des officiels et des représentants d’organisations de la société civile, le rapporteur spécial des Nations Unies sur le respect de la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a donné une conférence de presse le 17 avril 2011 à El Biar pour présenter ses conclusions et recommandations préliminaires à la fin de sa visite en Algérie. La version définitive de son rapport sera présentée en 2012 au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies.

Frank La Rue s’est dit «préoccupé» par l’article 46 de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale adoptée en 2005 : «il ne peut pas y avoir de réconciliation si on impose le silence» a-t-il déclaré. «La paix doit être fondée sur le droit à la vérité et le droit à l’accès à la justice pour la victime. Dans le cas des disparitions forcées, ces droits ont une importance particulière».

Remarquant que depuis la levée de l’état d’urgence, plusieurs manifestations pacifiques ont été interdites par le gouvernement qui s’appuie sur un décret de 2001 interdisant les marches à Alger – la Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD) a été à nouveau empêchée de marcher à Alger le 16 avril – le rapporteur de l’ONU a demandé au gouvernement algérien de ne pas recourir à la force contre des manifestations pacifiques, et de reconnaître le droit pour les familles des disparus de s’exprimer publiquement.

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Rony Brauman : “de quel droit demander à Kadhafi de partir ?”

Dans une déclaration commune publiée vendredi 15 avril 2011, un mois après le début des frappes aériennes contre l’armée libyenne, Barack Obama, David Cameron et Nicolas Sarkozy affirment que l’avenir de la Libye ne peut être envisagé avec Kadhafi. Cette prise de position révolte l’ancien président de Médecins sans frontières – actuellement professeur à Sciences-Po Paris et à l’université de Manchester.

Pourfendeur de l’ingérence dite humanitaire, Rony Brauman se demande « de quel droit » les dirigeants des trois puissances occidentales peuvent appeler au renversement d’un régime. Invité de L’Info.com, une émission commune de France Info et de Rue89, animée par Mireille Lemaresquier, il a vivement critiqué l’action de l’Otan pourtant autorisée par le conseil de sécurité de l’ONU :

« Le conseil de sécurité étant la source de la loi internationale, cette guerre est légale. Je ne la trouve pas légitime pour autant, je ne la trouve pas utile pour autant et je ne la trouve pas gagnable pour autant. »

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