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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Rwanda: de nouveaux résultats dans une enquête judiciaire enfin sans entrave

Après dix-sept années d’une enquête conçue pour justifier des conclusions définies a priori, le rapport d’expertise balistique demandé par les juges Poux et Trevidic confirme que l’enquête menée de Paris par le juge Bruguière n’était destinée qu’à justifier la politique de la France dans ce pays…

Ci-dessous, un communiqué LDH/FIDH, suivi d’un coup de gueule d’Albert Herszkowicz : Enfin la vérité éclate !

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Les Européens d'Algérie et leur exode

“Ni valise ni cercueil”, de Pierre Daum

Le 5 juillet 1962, l’Algérie devient indépendante. Six cent mille Pieds-noirs ont déjà pris le chemin de l’exil, mais quatre cent mille ne sont pas partis. Au premier janvier 1963, plus de deux cent mille Européens et Juifs restent dans leur pays, tentant le pari de l’Algérie algérienne. Ceux-là, qui les connaît ? Depuis un demi-siècle, les seules voix audibles sont celles des Rapatriés de 1962. Et parmi eux, qui entend-on le plus souvent ? Les plus nostalgiques de l’Algérie française, ceux qui affirment qu’ils sont “tous partis”, et qu’ils n’avaient le choix qu’entre “la valise ou le cercueil”. Or, ces affirmations sont fausses. La seule présence, attestée par les archives, de ces deux cent mille Pieds-noirs présents en Algérie en 1963, le prouve amplement.

Après Immigrés de force (Actes Sud, 2009), son premier livre sur les travailleurs indochinois de la Seconde Guerre mondiale, Pierre Daum nous propose une nouvelle enquête sur un autre aspect méconnu du passé colonial de la France. Il est parti à la recherche de ces hommes et de ces femmes restés dans leur pays, l’Algérie, après 1962. Ceux et celles qui, au lendemain de l’indépendance, n’ont choisi “ni la valise ni le cercueil”. Certains ont quitté leur pays cinq ans plus tard, ou dix ans, ou vingt ans. De nombreux y sont morts, reposant maintenant dans la terre où ils sont nés. Aujourd’hui, quelques centaines y vivent encore.

« Aucune étude approfondie n’avait jusqu’à présent été entreprise sur le sort des Européens et des Juifs restés en Algérie après 1962. Le livre de Pierre Daum constitue dès lors une grande première », affirme Benjamin Stora dans sa préface reprise ci-dessous.

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Jean-François Bayart et la proposition de loi pénalisant la négation des “génocides reconnus”

La sympathie que l’on éprouve pour la cause de la reconnaissance du génocide arménien ne saurait conduire à approuver la proposition de loi votée par l’Assemblée nationale le 22 décembre 2011 et qui sera discutée au Sénat en séance publique le 23 janvier 2012. Elle punirait d’un an d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende ceux qui « contestent ou minimisent de façon outrancière un génocide reconnu comme tel par la loi française »1. C’est le point de vue que Jean-François Bayart développe dans cet article publié originellement par Mediapart, en rappelant les dangers d’une histoire d’État.

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Bigeard aux Invalides ?

Bigeard et la bataille d’Alger

La scène inaugurale du film La Bataille d’Alger, de Gillo Pontecorvo, représente un pauvre bougre, totalement détruit, hagard, marqué sur son corps. On comprend très vite qu’il vient d’être torturé, puis qu’il a parlé, sous l’effet de la douleur. Apparaît alors celui qui a ordonné cet acte de barbarie.
On apprend qu’il s’appelle le colonel Mathieu. Celui-ci devient ensuite le personnage central de ce film.
Mathieu qui défile, fier, à la tête de ses paras, dans les rues d’Alger… Mathieu qui ferraille verbalement, à distance, avec Jean-Paul Sartre… Mathieu qui justifie, aux yeux du monde entier, lors d’une conférence de presse, l’usage de la torture…
Mathieu qui exhibe Larbi Ben M’Hidi comme une prise de guerre… En 1966, les spectateurs ne s’y sont pas trompés : Mathieu, c’était Bigeard, bel et bien l’homme de cette Bataille, plus que ses supérieurs, les généraux Massu et Salan.

C’est la raison pour laquelle le Collectif Non à Bigeard aux Invalides avait pris l’initiative de programmer ce film, mercredi 11 janvier 2012 à 20h, au cinéma La Clef (Paris 5e).

Après une courte introduction de Rosa Moussaoui, puis quelques mots de Catherine Coquery Vidrovitch, l’historien Alain Ruscio introduisait le film devant une salle comble. Voici sa présentation.

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Marignane : nouvelle procédure pour la nouvelle version de la stèle

Le Conseil d’État avait mis un point final aux procédures concernant la première version de la stèle de Marignane en déclarant le 14 novembre 2011 qu’elle « ne constituait pas un simple monument commémoratif à la mémoire de personnes défuntes mais manifestait une prise de position politique et procédait à l’apologie de faits criminels».

Le tribunal administratif de Marseille s’est penché le 10 janvier 2012 sur la seconde version de cette stèle. L’occasion pour certains de prononcer des paroles volontairement provocantes, évoquant de « prétendus assassinats » subis par les victimes de l’OAS.

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les Invalides et le mémorial Yasukuni

Dans le texte repris ci-dessous, Brahim Senouci fait allusion au célèbre sanctuaire japonais Yasukuni de Tokyo. Ce lieu comporte un musée et rend hommage aux « âmes des soldats et de ceux qui ont sacrifié leur vie pour le service du pays ». Parmi ceux-ci figurent quatorze grands criminels de guerre dont l’ex-Premier ministre Hideki Tojo, artisan des campagnes d’agression nippones en Asie. Ce qui fait de Yasukuni un symbole controversé du passé militariste nippon2.

Une assimilation du passé colonial français et du passé impérialiste japonais serait une démarche simpliste. Mais on peut craindre que le transfert envisagé des cendres de Bigeard ne confère à l’Hôtel national des Invalides une image de temple du colonialisme français.

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Inauguration du carrefour Jacques de Bollardière, à Paris près de l’École militaire, le 29 novembre 2007, en présence du maire Bertrand Delanoë et de Simone de Bollardière, l’épouse du général (Photo DR)
Les résistances à la guerre d'Algérie

Jacques de Bollardière : le général qui a dit ‘non’ à la torture

Jacques de Bollardière est le seul officier supérieur à avoir ouvertement condamné la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie : en mars 1957, au nom de ses convictions, il refusa de participer à la nouvelle stratégie mise en place par le général Massu qui, au nom de l’“efficacité”, intégrait des méthodes de torture. Cela lui valut deux mois de forteresse.

Ci-dessous, à la suite d’une brève vidéo, un article de Patrice Coulon, repris du N° 161, 4e trimestre 2011, de la revue Alternatives non-violentes.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

“mythe national et violences”, par Suzanne Citron

L’enseignement de l’histoire de France sous la troisième République avait pour
objectif d’inculquer aux enfants l’amour de la patrie et le nationalisme, au mépris de certaines vérités historiques. «Les temps ont-ils vraiment changé ?» demandait Suzanne Citron dans le texte, publié en 2005 dans la revue Alternatives non-violentes, qui est repris ci-dessous3.

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les vœux aux Français du président de la République … tunisienne

«Irréductible opposant à la dictature de Ben Ali, Moncef Marzouki a été élu, le 12 décembre, président de la République tunisienne. Souhaitant terminer l’année 2011 en rendant hommage aux révolutions démocratiques arabes inaugurées par le peuple tunisien, Mediapart lui a proposé d’adresser ses vœux au peuple français, parmi lequel il vivait encore aux premiers jours de l’année 2011 dans l’exil forcé auquel il était contraint.4» Se souvenant des vœux de résistance de Stéphane Hessel, fin 2010, le premier président de la Tunisie libre a rapidement accepté la proposition de Mediapart.

«Ces vœux d’espoir et de fraternité du président tunisien ont été enregistrés par Mediapart, mardi 27 décembre 2011. Ils ont été recueillis dans le bureau présidentiel qui fut celui de Habib Bourguiba, mais qui avait été délaissé par Zine el-Abidine Ben Ali. Derrière le président Marzouki sont posées trois photographies qu’il a symboliquement choisies. Ce sont les portraits de trois martyrs de la lutte du peuple tunisien pour la liberté et la justice. De gauche à droite: Mohamed Bouazizi, dont l’immolation à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010 a déclenché les premières émeutes révolutionnaires; Farhat Hached, l’un des principaux dirigeants du mouvement national et le fondateur de la centrale syndicale, l’UGTT, assassiné en 1952 par des officines françaises; Mohamed Daghbagi, leader paysan et résistant à la colonisation française, pendu en 1924.5»

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Les résistances à la guerre d'Algérie

Jacques Inrep : “le problème, ce n’est pas de raconter, c’est d’être entendu”

Pourquoi tant d’anciens soldats en Algérie vivent-ils emmurés silencieusement dans leurs souvenirs de guerre ? Seule la parole permet de se libérer de tels traumatismes quand une oreille se fait attentive, comme c’est le cas en psychanalyse. C’est ce que Jacques Inrep, pychologue clinicien, devenu, au fil des décennies, un des spécialistes des problèmes liés à l’utilisation de la torture, expose dans cet article repris du N° 161, 4e trimestre 2011, de la revue Alternatives non-violentes.

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Bigeard : l’exigence de vérité

Le 6 octobre 2011, au premier jour de son séjour officiel en Arménie, Nicolas Sarkozy avait déclaré à la presse, à l’issue d’une visite du monument érigé à la mémoire des centaines de milliers de victimes du génocide arménien des années 1915-1918 : « La Turquie, qui est un grand pays, s’honorerait à revisiter son histoire comme d’autres grands pays dans le monde l’ont fait, l’Allemagne, la France. 6»
Le lendemain, il était revenu sur le sujet : «Ici à Erevan, je veux dire à la Turquie qu’elle doit regarder son histoire en face. 7»

Mais la France regarde-t-elle bien son passé en face – et notamment son passé colonial en Algérie ? On peut en douter devant le projet de transférer aux Invalides les cendres du général Bigeard : au-delà d’un hommage au personnage, il s’agirait d’une “légitimation” des méthodes mises en oeuvre pendant la guerre d’Algérie.

La France a souvent manifesté une certaine mansuétude devant le comportement des siens “aux colonies”, mais, pour les Algériens et les Argentins, le nom de Bigeard est associé à des périodes particulièrement tragiques de leur histoire.

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