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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Le 31 mars 1961, Camille Blanc, maire d’Evian, disparaissait, victime d'un attentat de l'OAS.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

colloque des 17 et 18 mars 2012 à Évian : un succès

Les 
samedi 17 et dimanche 18 mars 2012 s’est tenu au Palais des festivités d’Evian un colloque intitulé « Sortir de la guerre d’Algérie : regards croisés, regards apaisés » – son programme peut être téléchargé (pdf). Malgré la présence à l’extérieur de quelques contre-manifestants qui protestaient contre la tenue de cette rencontre, les débats des deux journées se sont déroulés dans le plus grand calme devant un public d’environ 150 personnes. Comme le rapporte Le Dauphiné libéré du 18 mars 2012, Gilles Manceron, l’un des deux conseillers scientifiques du colloque1, a justifié la commémoration du 19 mars, en faisant remarquer que, comme le 11 novembre 1918 ou le 8 mai 1945, cette date n’a pas marqué la fin immédiate des combats ni de la mort de civils, mais, comme ces deux autres dates, elle a été annonciatrice de la fin d’une guerre.

Ci-dessous, un compte-rendu du colloque, précédé d’un communiqué de la Ligue des droits de l’Homme et suivi d’un entretien donné par Gilles Manceron.

[Mise en ligne le 18 février 2012, dernière mise à jour le 21 mars]

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Alger-Toulouse, d’une minute de silence à l’autre

La Ligue des droits de l’Homme partage l’émotion de tous devant les meurtres de Montauban et de Toulouse, et elle exprime dans un communiqué sa solidarité aux proches des victimes.

Une minute de silence a été observée aujourd’hui, mardi 20 mars 2012 vers 11 heures dans les écoles de France, en hommage aux victimes de la tuerie de Toulouse.

Cet hommage en rappelle un autre : il y a cinquante ans, le 19 mars 1962, une minute de silence avait été observée dans toutes les écoles de France à la suite de l’assassinat barbare à Alger, par des commandos OAS, de six inspecteurs des centres sociaux éducatifs. On trouvera ci-dessous le communiqué du ministre de l’époque.

On ne peut pas reprocher aujourd’hui à un adolescent d’avoir refusé alors de s’associer à cet hommage. Par contre, il est déplorable que, devenu conseiller du président de la République, Patrick Buisson se soit abstenu de répondre au fils d’un de ces fonctionnaires de l’Éducation nationale qui l’avait interpellé en 2009 à ce sujet.

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cinquantenaire du cessez-le-feu : apaiser les mémoires

Il n’y aura pas de commémoration officielle du Cessez-le-feu aujourd’hui en France, pas plus qu’il n’y en a eu hier pour le cinquantenaire des Accords d’Evian. Ainsi en a décidé Nicolas Sarkozy, cédant au lobby des ultras rapatriés, minoritaires mais très actifs et introduits jusqu’au plus haut de l’Etat français.

Seule la FNACA appelle à des rassemblements partout en France pour célébrer cet anniversaire. Pour l’Ile de France2 :

  • 16h45 : cérémonie au mémorial national, quai Branly (près de la Tour Eiffel)
  • 17h45 : rassemblement à l’angle rue Balzac / Champs Élysées (métro George v)
  • 18h30 : ravivage de la flamme à l’Arc de Triomphe.

Pour Claire Mauss-Copeaux3, historienne de la guerre d’Algérie, dont les recherches ont trait aux mémoires et aux représentations de la guerre, ce sont les historiens algériens et français qui permettront d’apaiser les mémoires.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Ces appelés qui ont dit non à la torture, par Xavier Jacquey

En 1959, âgé de 22 ans, le jeune Xavier Jacquey, appelé pour son service militaire est affecté comme infirmier dans le Sud-Oranais. Quarante ans plus tard, devenu psychiatre, il redécouvre les lettres qu’il avait alors adressées à ses parents, puis il les publie dans ce petit livre.

Il y parle du quotidien, des conditions précaires des nomades, des exactions des militaires, de ses démêlés avec ses supérieurs. Un témoignage sur une guerre où la torture est banalisée… mais qui lui permet de «découvrir» que, «dans mon secteur, là où où les troupes françaises commirent des exactions, nous avions été […] relativement nombreux à nous y opposer».

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Henri Alleg
Les résistances à la guerre d'Algérie

Henri Alleg : “l’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement”

Un entretien donné par Henri Alleg, grande figure du combat anticolonialiste, qui continue de plaider 
pour que la torture et les crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie soient reconnus officiellement.

Les propos ont été recueillis par Rosa Moussaoui et publiés dans l’édition du 10 mars 2012 du quotidien L’Humanité.

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Life, 3 octobre 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, août 1955 : la mort filmée en direct”, par Marie Chominot

Les informations apportées par les archives, qu’elles soient textuelles ou iconographiques, peuvent toujours être trafiquées et donc contestées. Afin de résoudre les interrogations que peuvent poser les documents, la démarche historique s’applique à croiser les sources et à les analyser.

En ce qui concerne les événements du 20 août 1955, nous avons déjà présenté le livre que Claire Mauss-Copeaux leur a consacré. Aujourd’hui, Marie Chominot revient en détail sur l’histoire d’une vidéo actuellement disponible sur internet. Les images, extraites d’un film d’actualités, ont été prises le 22 août 1955, au cours des représailles qui ont frappé les habitants d’Aïn Abid, un petit village proche de Constantine. Elles sont connues et documentées par les historiens depuis des années4, mais elles suscitent encore aujourd’hui des interprétations erronées et restent instrumentalisées pour générer des polémiques.

Marie Chominot est docteure en histoire contemporaine. Son livre, consacré à la guerre par l’image en Algérie, sortira début 2013 aux éditions Payot.

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il y a 50 ans, les actualités : négociations à Evian, massacres à Alger

Les infos de 19h15, le 15 mars 1962 … Alors que les discussions se poursuivent à Evian, deux attentats sanglants, commis par des commandos de l’OAS, frappent Alger : à Hussein Dey, une dizaine de morts, tués au pistolet mitrailleur, dans une longue file d’ouvriers algériens qui attendaient le train pour gagner leur travail, et, deux heures plus tard, l’assassinat de six inspecteurs des centres sociaux-éducatifs à Château-Royal (El Biar)…

Avant d’écouter ce bulletin d’informations datant aujourd’hui de cinquante ans, il faut relire le texte qu’a écrit l’historien Pierre Vidal-Naquet en 1992 au sujet de ce dernier assassinat. Pour terminer, un hommage récent aux six victimes de “La bêtise qui froidement assassine” (Germaine Tillion).

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solidarité avec le peuple syrien

Des associations et organisations toulonnaises lancent un appel à une manifestation de solidarité avec le peuple syrien. Initié par l’association Varois pour la Paix et la Justice en Méditerranée (VPJM), l’appel était, à la date du 12 mars, signé par la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), la FSU et le PC.

Une manifestation est prévue à Toulon samedi 17 mars à 15h, sur le Parvis des droits de l’Homme.

Pour se joindre aux signataires et pour toute information : 06 73 34 35 66 (VPJM).

Une manifestation de même nature est organisée à Paris, jeudi 15 mars à 18h30, sur le parvis de l’Hôtel de Ville.

[Mis en ligne le 12 mars 2012, mis à jour le 13]

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de la main du colonel Godard
L'affaire Audin

Maurice Audin serait bien mort aux mains de militaires français

Le Nouvel Observateur du 1er mars 2012 publie un extrait d’un document inédit qui permettra, espérons-le, d’établir dans quelles conditions, le jeune mathématicien Maurice Audin a “disparu” à Alger il y a près de 55 ans. D’après la thèse officielle, il se serait évadé, mais l’opinion générale est qu’il est mort dans les mains de militaires, après avoir été arrêté par des parachutistes le 11 juin 1957 pour être conduit au centre d’interrogatoire d’El-Biar. Depuis lors, Maurice Audin avait disparu, et sa femme, Josette, n’a pu obtenir de réponse à ses questions.

Au cours de ses recherches, Nathalie Funès, qui publie ces jours-ci un ouvrage sur Le camp de Lodi, a mis à jour un document inconnu jusqu’à présent : un texte écrit de la main du colonel Yves Godard, ancien commandant de la zone Alger-Sahel, aujourd’hui décédé. Ce texte inédit, conservé avec les archives que Godard a déposé à l’université Stanford, en Californie, est le premier document signé par un officier de l’armée française qui confirme l’exécution du jeune mathématicien algérois par un militaire.

[Mis en ligne le 4 mars 2012, complété le 11]

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Nicolas Sarkozy aux Harkis : “maintenant, pardonnez !”

Lors de sa campagne électorale de 2007, M. Sarkozy avait promis, s’il était élu, de reconnaître «officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre des harkis» – un engagement que leurs associations lui reprochent de ne pas avoir encore tenu. Depuis plusieurs années, la Ligue des droits de l’Homme appuie cette revendication, et demande également que notre pays reconnaisse qu’il a mené une «politique discriminatoire vis-à-vis de ceux qui ont pu néanmoins gagner la France avec leur famille et qui ont été parqués dans des camps dans des conditions indignes.»

Nicolas Sarkozy a consacré une partie de la journée de vendredi 9 mars aux électeurs pied-noirs ou harkis dont il a rencontré à Nice un panel de représentants soigneusement sélectionnés. «Les autorités françaises ne se sont pas bien comportées à l’endroit de ceux qu’elles auraient dû protéger», a-t-il déclaré à l’intention des Harkis, sans préciser s’il s’exprimait en tant que candidat ou comme président. Il a poursuivi : « la République doit reconnaître qu’il y a eu une forme d’injustice, d’abandon ; c’est fait… », avant de leur intimer : «maintenant, pardonnez, parce que la République a besoin de vous».

De telles déclarations ne répondent pas à l’attente de l’association Harkis et droits de l’Homme, et on peut douter qu’elles permettent de tourner la “page noire” évoquée par Tzvetan Todorov.

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“Pacification en Algérie”, par André Gazut

Le choc de photographies de torture vues en novembre 1956 dans sa rédaction va bouleverser la vie d’un jeune reporter-photographe. Incorporé en Algérie à l’âge de vingt ans comme infirmier dans les parachutistes, André Gazut déserte. Obsédé par cette guerre qu’il s’est refusé de faire, il couvrira une quinzaine de conflits comme réalisateur.

En 1960, il entre à la Télévision suisse romande. Il a été le caméraman du documentaire Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls en 1969. Réalisateur de nombreux reportages pour le magazine suisse Temps présent, en 2002 il réalise pour ARTE la Pacification en Algérie5, un documentaire dénonçant la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, que vous pourrez voir ci-dessous en deux parties, accompagnées de commentaires extraits du dossier de presse6 – une liste chronologique des intervenants peut aider à se repérer dans les deux vidéos.

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