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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Histoire de l’Algérie à la période coloniale, 1830-1962 », une histoire sans tabous

À l’occasion du cinquantième anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, les éditions La Découverte à Paris et Barzakh à Alger ont réalisé un ouvrage collectif sur l’Algérie à la période coloniale (1830-1962), nourri des nombreux travaux historiques produits ces dernières années. Ecrit par des auteurs algériens, français ou anglo-saxons, il replace la guerre d’indépendance dans le temps long de la période coloniale. Il propose une histoire sans tabous, indispensable à l’heure où la permanence des mémoires blessées et des récits biaisés continue à entretenir, de part et d’autre de la Méditerranée, des tensions qui doivent enfin pouvoir être dépassées. En voici l’introduction suivie de la liste des auteur(e)s.

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Dilma Rousseff, 22 ans, devant un tribunal militaire en 1970 (Adir Mera/Archives de l'État de Sao Paulo)
Tortures et dictatures en Amérique latine

Dilma Rousseff : “le Brésil mérite de connaître la vérité”

Dilma Rousseff, présidente du Brésil, a officiellement investi le 16 mai 2012 une Commission de la vérité destinée à enquêter sur les crimes commis sous le régime militaire entre 1964 et 1985.

Lors du discours officiel d’installation de cette commission, la présidente, ex-guérillera emprisonnée et torturée sous la dictature, a précisé que « le mot vérité est surtout le contraire de l’oubli 1». Elle a poursuivi : « en instaurant la Commission de vérité, ce qui nous motive n’est pas la vengeance, ni la haine ou le désir de réécrire l’histoire d’une façon différente de ce qui s’est passé, mais la nécessité impérieuse de la connaître pleinement, sans dissimulation, camouflage ni prohibition2». Cette Commission de la vérité ne remet effectivement pas en question la loi d’amnistie de 1979 qui protège les tortionnaires.

Après le Chili et l’Argentine, c’est donc au tour du Brésil de vouloir faire la lumière sur le sombre passé de la période des dictatures militaires – officiellement le Brésil compterait 400 morts ou disparus contre 30 000 en Argentine…

Depuis la fin de la guerre d’Algérie, la France n’a pas fait ce travail de vérité : plusieurs amnisties successives ont notamment empêché que la vérité soit officiellement reconnue sur les violences illégitimes alors mises en oeuvre. En revanche, la France a été nettement moins scrupuleuse pour exporter son savoir-faire dans le domaine de la “guerre antisubversive” : le général Paul Aussaresses a été formateur dans un centre d’instruction militaire à Manaus de 1973 à 1975, où il a développé un enseignement sur la Bataille d’Alger.

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Présentation par Brice Hortefeux, ministre de l'Intérieur, au JT de TF1 le 20 janvier 2011, de “chiffres” établissant la “baisse de la délinquance” pour la huitième année consécutive.
Hollande, Valls et les Roms

délinquance roumaine : réalité ou exercice de communication politique ?

La délinquance roumaine en France aurait augmenté de plus de 69 % de 2009 à 2011 selon des chiffres de la police publiés jeudi 23 août par Le Parisien. C’est «une réalité» qu’il «ne faut surtout pas nier» commente le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui avoue néanmoins ne pas être en mesure de confirmer le contenu de la note de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) à l’origine de cette “information” 3.

Les précédents ministres de l’Intérieur avaient mis en avant des évaluations du même ordre de grandeur et reposant sur des bases tout aussi fragiles pour justifier les mesures anti-Roms. Ainsi Manuel Valls après avoir repris, pour l’essentiel, les méthodes de ses prédécesseurs pour la gestion du “problème” des Roms, fait appel à leurs arguments pour se justifier…

Il faut relire les commentaires du sociologue Laurent Mucchielli que nous reprenons ci-dessous : ils restent d’une actualité aveuglante.

[Mis en ligne le 24 août 2012, mis à jour le 26]

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Roms : une égalité des droits toujours imparfaite

Le gouvernement a décidé de supprimer la taxe due par les employeurs des Roms et d’élargir les métiers auxquels ils peuvent avoir accès. Dans un communiqué publié après l’annonce de ces mesures prises «pour faciliter [leur] intégration sociale», le Collectif National Droits de l’Homme Romeurope se félicite du «changement d’approche» de la part des autorités.

Mais le collectif déplore que l’«égalité des droits [soit] toujours imparfaite» et il «réaffirme avec force la nécessité d’arrêter les évacuations sans solution de relogement car elles ne font qu’aggraver ces situations de précarité». Nombreuses sont les organisations, françaises ou non, qui estiment, avec le président du Mouvement anti-raciste européen Egam, que le gouvernement aurait pu faire bien davantage pour aider les Roms à s’intégrer.

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Un document faisant état de l'implication de la famille Mouats dans l'insurrection.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Béni Mélek, une blessure coloniale”, par Aziz Mouats

Né le 15 janvier 1950, enseignant en agronomie à Mostaganem, Aziz Mouats est originaire de Béni Mélek, sur les hauteurs de Skikda, ex-Philippeville, épicentre de l’insurrection déclenchée par l’Armée de libération nationale (ALN), le 20 août 1955.

Dans ce texte, publié dans l’édition du 21 août 2012 du quotidien Le Soir d’Algérie4, il témoigne de la répression de l’armée française au cours de laquelle 23 hommes de sa famille, dont son père, ont disparu à jamais. Il évoque également le rôle de Roger Balestrieri, colon «humaniste et libéral», qui avait recueilli plus de 80 femmes et enfants.

Les Européens de Béni Mélek avaient en effet été épargnés par les insurgés, ce qu’Aziz attribue à son oncle Lyazid, chef local de l’ALN.

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Hollande, Valls et les Roms

à l’attention de Manuel Valls

Il y a seize ans, au matin du vendredi 23 août 1996, des gendarmes mobiles
ouvraient à coups de hache la porte de l’église parisienne Saint-Bernard et
en évacuaient de force 300 personnes “sans papiers”, des femmes, des hommes et des enfants. En réaction, de 10 à 20 000 manifestants – parmi lesquels François Hollande et Martine Aubry – ont défilé le jour même, de la République à la Nation, pour dénoncer la politique du gouvernement d’alors et ses lois Pasqua.

Au printemps dernier, la majorité des électeurs a sanctionné la politique sécuritaire de Nicolas Sarkozy et de ses gouvernements, ainsi que la reprise des discours qui étaient jusqu’alors l’apanage de l’extrême droite raciste et xénophobe.

Aujourd’hui le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, s’en prend aux Roms, se retranchant derrière des décisions de justice bien souvent sollicitées par des maires de gauche. Albert Jacquard l’avait rappelé il y a 16 ans, et François Hollande l’a redit récemment : en 1942 le gouvernement de Pétain, lui aussi, appliquait la loi …

Il faut aujourd’hui que tous ceux qui ont à cœur le respect des Droits de l’Homme manifestent publiquement leur refus de cette politique répressive qui en constitue la négation. Un appel à manifester dans ce sens le 1er septembre prochain vient d’être lancé.

[Mis en ligne le 17 août 2012, mis à jour le 21]

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racisme anti-arabe décomplexé dans le Gard

A Aigues-Mortes, les soutiens à un couple, condamné pour avoir tiré sur des jeunes en tenant des propos racistes, ne se cachent pas.

Une atmosphère lourde de menaces pèse sur ce coin du Gard qui n’a pas oublié les massacres de “ritals” de 1893, et où, à chaque élection, le Front national réalise des scores importants : Marine Le Pen est arrivée en tête dans le département au premier tour de la présidentielle, avec 25.5 % des suffrages. Gilbert Collard a, lui, été élu député dans la deuxième circonscription – celle d’Aigues-Mortes – en juin dernier, avec le soutien tacite des élus de la droite locale.

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“Affaire Camus” : un mauvais coup …

Le philosophe Michel Onfray a été préféré à l’historien Benjamin Stora pour organiser l’exposition aixoise de 2013 consacrée à Albert Camus à l’occasion du centenaire de la naissance de l’écrivain.

Dans la déclaration que nous reprenons ci-dessous, Jean Daniel revenant sur le conflit qui oppose deux de ses amis, Catherine Camus qui gère la mémoire de son père depuis une trentaine d’années et l’historien du Maghreb Benjamin Stora, déplore le «mauvais coup qu’on vient de faire » à ce dernier.

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Un campement de Roms établi à Hellemmes, dans l'agglomération lilloise, a été évacué jeudi 9 août 2012 (Reuters/Pascal Rossignol)
Hollande, Valls et les Roms

le collectif Romeurope demande l’arrêt immédiat de l’expulsion des Roms

La Ligue des droits de l’Homme et les nombreuses associations regroupées dans le Collectif national droits de l’Homme Romeurope publient une lettre ouverte au Premier ministre. Le collectif demande l’arrêt immédiat du démantèlement des campements roms : «ces pratiques dont l’inefficacité est reconnue […] contribuent à rendre plus difficile la recherche de solutions durables.»

Selon le collectif, le problème posé relève d’abord de la question du logement des personnes précaires et sans ressources, mais aussi de celles des affaires sociales, de l’Education nationale et de l’emploi.

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Tunisie : menaces sur des libertés fondamentales

De nombreux actes, mesures et projets constituent de graves menaces pour les libertés individuelles en Tunisie. Un projet d’article de la future Constitution tunisienne stipule que la femme serait un « complément » de l’homme et non son « égale », ce qui remet en cause la dignité et la citoyenneté des femmes et ouvre la voie à toutes les discriminations.
La femme est une citoyenne à part entière ! Refusons ce mauvais signal pour toute la région, en signant une pétition qui appelle les députés de la Constituante à refuser cet article et à garantir l’égalité entre les citoyens!

Des organisations de défense des droits de l’homme s’émeuvent d’un autre projet de loi criminalisant les « atteintes au sacré » qui, s’il était adopté, constituerait une atteinte aux libertés d’expression et de création.

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Hiver 1960, non loin de Ben S'Rour (©Albert Devaud)
Les camps

Les “camps de regroupement” de la guerre d’Algérie, par Anne Guérin-Castell

En 1959, un Rapport sur les camps de regroupement de Michel Rocard révélait les conditions dramatiques du déplacement de masse des populations par l’armée française et son caractère inhumain. Mais il a fallu attendre 2003 pour que ce document soit publié sous le nom de son auteur et accompagné d’un éclairage historique complet.

Afin de briser le silence qui continue à peser sur un aspect de la guerre d’Algérie qui reste aujourd’hui encore l’une des tragédies les moins connues de ce conflit, Anne Guérin-Castell a ouvert une édition participative dans Mediapart, intitulée La vie dans un village algérien pendant la guerre de libération. En voici la déclaration d’intention : «Si, depuis quelques années, on parle plus ouvertement en France de certains aspects peu glorieux des huit années de guerre en Algérie, avec notamment la pratique de la torture, si le sort des habitants des villes est parfois évoqué lorsqu’il est question de la bataille d’Alger ou des actions de l‘OAS, rien n’est dit de ce que fut au quotidien la vie dans les campagnes algériennes : trop souvent un enfer, en particulier dans les camps de regroupement.»

Nous en reprenons ci-dessous le premier texte publié le 28 juin 2012 – il est suivi de plusieurs récits d’Akli Gasmi qui a passé son adolescence dans le camp de regroupement d’Oulkhou où vivait également le jeune Tahar Djaout.

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