
Mali : quelques réflexions de Pierre Stambul
«Parce qu’en aucun cas un pyromane ne peut éteindre le feu qu’il a allumé, nous devons condamner l’intervention française au Mali.»
co-président de L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

«Parce qu’en aucun cas un pyromane ne peut éteindre le feu qu’il a allumé, nous devons condamner l’intervention française au Mali.»
L’association Survie, qui milite pour l’assainissement des relations franco-africaines et contre la Françafrique et le néocolonialsme, a dénoncé l’intervention militaire française au Mali, dès le 14 janvier 2013. Quelques jours plus tard, l’organisation mettait en ligne un dossier d’information sur « Les zones d’ombres de l’intervention française au Mali ».
Un article, publié plus de deux mois avant le déclenchement de l’intervention militaire française au Mali, dans lequel Immanuel Wallerstein revient sur l’histoire récente du Mali – afin d’aider à comprendre.
L’armée française au Mali. De quel droit ?
Le Monde des Livres a posé la question à Mireille Delmas-Marty, auteur de Résister, responsabiliser, anticiper, ou comment humaniser la mondialisation, qui vient de paraître au Seuil.
L’intervention de la France au Mali nourrit la réflexion de la juriste sur les processus d’humanisation que peut porter le droit.
Un texte de Samir Amin diffusé par le M’PEP avec l’autorisation de l’auteur1.
Économiste franco-égyptien, Samir Amin est directeur du Forum du Tiers-Monde.
Il est l’auteur de Le développement inégal, paru aux éditions de Minuit en 1973.
Dans un communiqué daté du 23 janvier 2013, la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH) accuse des soldats de l’armée malienne d’avoir perpétré « une série d’exécutions sommaires » dans l’ouest et le centre du Mali, et réclame la création immédiate d’une commission d’enquête indépendante.
Comment en est-on arrivé là ? Jean-François Bayart, directeur de recherche au CNRS, expose la responsabilité de la France dans l’effondrement de l’État malien2.

Au-delà du consensus qui règne actuellement, deux réflexions sur la décision française d’intervenir au Mali éclairent une situation lourde de risques. L’analyse de Bérangère Rouppert rejoint celle d’Alain Gresh pour qui on n’a pas suffisamment tiré les leçons du passé, notamment en Afghanistan.
Le Procureur de la Cour pénale internationale, Mme Fatou Bensouda, a officiellement ouvert une enquête, le 16 janvier 2013, sur les crimes présumés commis sur le territoire du Mali depuis janvier 20123.
La FIDH et l’Association malienne des droits de l’homme (AMDH) se félicitent de cette décision dans un communiqué.
Répondant à un appel d’autorités maliennes, la France a envoyé des militaires affronter des “terroristes islamistes”.
Afghanistan, Irak, Libye … ces guerres sont-elles venues à bout du terrorisme, ou, au contraire, ne l’ont-elles pas entretenu ?
On peut certes apporter une aide à un État souverain qui la demande. Mais «le Mali est actuellement un État en situation de dissolution» rappelait récemment Rony Brauman. Il poursuivait : «Reprendre Tombouctou, Gao ou Kidal ne devrait pas être compliqué, mais c’est le fameux jour d’après qui pose un problème ; s’il n’y a pas un État, un ensemble intégrateur, ce jour-là sera celui d’une catastrophe.»4
Ci-dessous, deux communiqués – l’un, récent, de MSF qui appelle au respect des populations civiles, l’autre d’Amnesty International, publié en décembre dernier à la suite de l’adoption par le conseil de sécurité d’une résolution autorisant une intervention armée au Nord-Mali – et un article de décembre dernier où Rony Brauman évoquait le risque de déstabilisation de toute la région.

Samedi 12 janvier 2013, un colloque soutenu par la LDH et organisé par l’Association Vérité et Justice pour Farhat Hached s’est tenu à l’Assemblée nationale – salle Colbert – de 9h à 17h, présidé par Houcine Abassi, secrétaire général de l’UGTT.
Au delà de sa présentation, nous reproduisons ci-dessous la dépêche de l’agence officielle algérienne Algérie presse service (APS)5. Celle-ci ne mentionne pas l’intervention de Me Michel Tubiana, président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l’Homme, “Réflexions sur les démarches juridiques relatives aux crimes coloniaux”, ni le fait que ce colloque a dénoncé le refus de visa par les autorités algériennes à Michel Tubiana pour effectuer une mission d’observation en Algérie au titre du REMDH. Il a aussi dénoncé l’absence de délivrance d’un visa par les autorités françaises à l’historien marocain Najib Taki qui devait intervenir sur “Les répercussions de l’assassinat de Hached sur le mouvement national au Maroc”.

Pour résister à la politique chinoise dont l’objectif semble être d’éradiquer tout particularisme6, des Tibétains ont recours à une méthode extrême : l’auto-immolation.
Une centaine de Tibétains auraient mis le feu à leurs vêtements depuis 2009 dans les provinces chinoises à population tibétaine, pour protester contre la répression de leur religion et de leur culture par Pékin.

Présentation par l’historien Gilbert Meynier de deux ouvrages de l’historien Angelo Del Boca – Il mio Novecento et Naissance de la nation libyenne. À travers les mémoires de Mohammed Fekini7 – publiée dans le numéro 129, juillet 2011, de la «Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée».