4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Roms : les “recommandations” de la CNCDH au gouvernement

Le 26 août 2012 une circulaire « relative à l’anticipation et à l’accompagnement des opérations d’évacuation des campements illicites » était signée par sept ministres. Cette circulaire interministérielle avait été saluée par les associations de défense des droits de l’homme dans la mesure où elle marquait un changement de discours de la part des autorités et témoignait de leur volonté d’apporter une réponse individualisée et territorialisée aux situations de grande précarité vécues par des citoyens européens.

Presqu’un an plus tard, la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme – CNCDH – publie le 2 août 2013 ses recommandations au gouvernement sur sa mise en œuvre et sur l’accès aux droits des populations dites «Roms ».
La CNCDH constate l’inégalité dans l’application de la circulaire. Face à la situation de grande précarité dans laquelle se trouvent les 20 000 personnes Roms vivant en squats ou en bidonvilles actuellement, la CNCDH formule des recommandations qui lui semblent devoir être mises en oeuvre le plus rapidement possible, afin que soient respectés les droits fondamentaux de ces citoyens européens vivant sur le territoire français : droit à l’hébergement, respect de la scolarisation des enfants, droit à la santé et accès au travail. Ses recommandations s’appuient sur les travaux menés sur le terrain par ses associations membres, sur les interventions du Défenseur des droits en la matière et elles reprennent pour une grande part des recommandations déjà formulées par la CNCDH dans un avis de mars 2012.

A cette occasion, la CNCDH fait part de sa grande inquiétude face au climat alarmant de tension qui règne autour de la question, envenimé ces dernières semaines par d’intolérables propos de haine véhiculés par des élus ou des responsables politiques.

Faut-il y voir une réponse du gouvernement ? … Le 2 août, plusieurs dizaines de familles de Roms qui avaient trouvé refuge dans une ancienne caserne de gendarmerie, boulevard de Plombières à Marseille, en ont été expulsées … aucune mesure de relogement n’état prévue, elles se sont rassemblées dans un square municipal.

[Mis en ligne le 2 août 2013, mis à jour le 3]

Lire la suite »

Trappes : ce que le voile révèle

«Il y a l’élément déclencheur et le contexte. L’élément déclencheur?: à Trappes une femme voilée, mais pas intégralement, a d’abord été agressée à l’arme blanche?; puis s’est produit le contrôle d’identité d’une femme portant le niqab. Le contexte?: les révoltes ne se produisent pas dans les quartiers aisés mais dans les quartiers populaires, ouvriers, où règne un sentiment d’abandon, de disqualification, de ségrégation. C’est le cas à Trappes. Dans tous ces quartiers existe un haut degré d’exaspération. Les forces de l’ordre représentent l’État et sa forme répressive. Parmi la population musulmane, l’islamophobie est une autre cause de l’exaspération. L’islamophobie n’est pas reconnue – ou alors du bout des lèvres – ni prise en charge par les pouvoirs publics.» (Marwan Mohammed1)

Ci-dessous un billet d’humeur du démographe Nicolas Bourgoin2, suivi d’un entretien vidéo du mari de la femme verbalisée, diffusé sur la Télévision locale du 93.

Lire la suite »
Cécile Kyenge, ministre italienne de l'Intégration / AFP
Racisme de couleur et islamophobie

Cecile Kyenge, ministre italienne

Cécile Kyenge concentre les attaques racistes depuis sa nomination comme ministre de l’Intégration. Elle a été victime d’une nouvelle agression raciste vendredi 26 juillet lors d’une réunion du Parti démocrate dont elle est une élue. La ministre, qui est d’origine congolaise, prononçait un discours à Cervia, dans le centre du pays lorsqu’un spectateur a perturbé le déroulement de la rencontre en lançant des bananes.

Il y a deux semaines, elle avait subi une agression verbale, de la part d’un haut représentant des institutions, le vice-président du Sénat, Roberto Calderoli. Ce dirigeant de la Ligue du Nord l’avait comparée à un orang-outan… Le vice-président du Sénat est toujours à son poste.

[Mis en ligne le 21 juillet 2013, mis à jour le 31]

Lire la suite »

“La question” : histoire d’un maître-livre du XXe siècle, par Alain Ruscio

L’émotion quasi unanime ressentie, en France et en Algérie, lors de la disparition d’Henri Alleg, s’explique. Homme du courage – physique et moral – homme de la conviction, homme de la fidélité : quelles qualités de plus peut-on imaginer ?

Tous ont rappelé le choc qu’avait été, lors de la guerre d’Algérie pour les plus anciens, plus tard pour les autres, la lecture de La Question. Ce qui a fait la force de cet ouvrage, outre la dénonciation des faits, fut son ton tranquille, sans emphase, sans indignation démonstrative, même lorsqu’il s’agissait des actes les plus ignobles subis par le narrateur.

L’écriture, la publication, enfin la diffusion de ce livre ont une histoire, par trop méconnue3.

Lire la suite »

De l’opportunité de la loi interdisant le voile intégral

A la suite des violences de Trappes, ce site a publié un texte posant la question de l’opportunité de la loi interdisant le voile intégral. Cet article a suscité des réactions. Afin de nourrir la réflexion sur ce sujet “extraordinairement complexe”, nous reprenons ci-dessous dans son intégralité un point-de-vue justifiant l’opportunité de cette loi.

Lire la suite »

Le plus simple ne serait-il pas d’abroger la loi sur le voile intégral ?

Il a suffi d’un contrôle d’identité d’une femme voilée pour déclencher 48 heures d’émeutes à Trappes. Comment mieux illustrer la dangerosité d’une loi qui dispose en son article 1 : « Nul ne peut, dans l’espace public, porter une tenue destinée à dissimuler son visage. »

Les débats publics qui avaient accompagné son adoption étaient restés centrés sur le caractère musulman du vêtement : c’était bien une religion particulière qui était visée. Le 8 mars 2010, Thomas Hammarberg, commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, avait publié un texte intitulé « Obliger les femmes à porter la burqa est condamnable où que ce soit, mais le leur interdire chez nous serait une erreur » – il n’a malheureusement pas été entendu en France.

Le 25 juin 2013, Jean-Louis Bianco a remis au premier ministre le rapport de l’Observatoire de la laïcité sur la mise en œuvre de cette loi ; nous en reprenons quelques extraits ci-dessous4.

[Mis en ligne le 23 juillet 2013, mis à jour le 28]

Compléments (28 juillet 2013) :

Lire la suite »

nouvel assassinat d’un leader de la gauche tunisienne

Presque six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, Mohamed Brahmi, autre grande figure de l’opposition tunisienne, a subi le même sort : il a succombé aux blessures occasionnées par des coups de feu dont il a été la cible devant son domicile le 25 juillet matin. Les autorités tunisiennes viennent d’établir que les deux hommes avaient été tués par la même arme et probablement par le même homme.

Dans un entretien au Monde, le président tunisien, Moncef Marouzki a dénoncé « la même opération de déstabilisation » que lors du meurtre de Chokri Belaïd : « Il y a un lien politique entre ces deux affaires – déstabiliser la Tunisie, l’empêcher de réussir sa transition – et la volonté de semer la zizanie entre les forces politiques. »

Lire la suite »
Marzahn, premier camp d’internement du 3e Reich pour les Tsiganes – Landesarchiv Berlin
A-le génocide des tsiganes

le génocide tsigane en Europe

On ignore combien de Tsiganes ont été exterminés par les Nazis et leurs alliés au cours de la seconde guerre mondiale. Sans doute près d’un demi-million, environ la moitié de ceux qui vivaient alors en Europe. Le 16 mars 1997 le président allemand, Roman Herzog, a évoqué ce génocide «exécuté sur la base même du motif de la folie raciale avec la même intention et la même volonté d’extermination planifiée et définitive que pour les juifs. Ils ont été assassinés dans l’ensemble de l’aire d’influence du national-socialisme, systématiquement, par famille, du bébé au vieillard. ». Plus récemment la chancelière allemande a inauguré à Berlin un mémorial en hommage aux Tsiganes victimes du nazisme.

Nous reprenons ci-dessous une étude de Marie-Christine Hubert5 qui fait un bilan de ce génocide. Dans ce texte, le terme Tsigane englobe les Roms, les Manouches, les Gitans … 6

On notera la situation particulière de la France : de nombreux Tsiganes échappèrent à la déportation vers les camps d’extermination grâce au fait qu’ils avaient été internés dans des camps sous la responsabilité des autorités de Vichy, une situation évoquée par ailleurs par Marie-Christine Hubert.

Lire la suite »

le député-maire de Cholet récidive

En 2010, la Ligue des droits de l’Homme avait déjà porté plainte contre Gilles Bourdouleix, député-maire UMP de Cholet, pour « provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciales ». La plainte s’appuyait sur des déclarations concernant les gens du voyage, tenues lors d’une réunion de quartier : «On a la trouille de ces gens-là, ils ont tous les droits ! Je suis prêt à prendre un camion plein de m… pour le déverser au milieu de leurs caravanes !»

Dimanche dernier, 21 juillet 2013, le maire de Cholet aurait été beaucoup plus loin, puisque, évoquant l’extermination des gens du voyage par les nazis, il aurait déclaré : «Comme quoi, Hitler n’en a peut-être pas tué assez».

Lire la suite »

Christian Estrosi veut «mater» les gens du voyage

Pour le site Memorial 98, Christian Estrosi, député UMP des Alpes-Maritimes et maire de Nice, symbolise les dirigeants de la droite dure du Midi qui recyclent massivement les thèmes de l’extrême droite.

Ses déclarations récentes où il affirme sa volonté de sélectionner les personnes autorisées à vivre sur le territoire de sa commune en constituent une bonne illustration : « Je souhaite que chacun sache que ceux qui ne respectent pas les lois de la République, que les Roms, les squatteurs et les étrangers en situation irrégulière ne sont pas les bienvenus sur le territoire de la ville de Nice et je prendrai toutes les mesures pour ne pas relâcher la pression.» 7.

Christian Estrosi faisait allusion à son conflit avec les gens du voyage. Mais la réalité n’est pas celle qu’il décrit : les tensions qui se manifestent à propos des gens du voyage ont pour origine le fait que les communes des Alpes-Maritimes – comme la plupart de celles du Var – ne respectent pas la loi Besson du 5 juillet 2000 qui prévoit la mise en place d’aires pour les accueillir. Et ce ne sont pas ses appels du pied aux électeurs du Front national qui parviendront à occulter cette réalité.8

Lire la suite »

gens du voyage et roms : Estrosi court derrière Le Pen

Après les propos nauséeux de Jean-Marie Le Pen sur les Roms, dont il a qualifié la présence dans la ville de Nice d’«urticante» et d’«odorante», le maire de Nice, Christian Estrosi, coutumier du fait, a pris le relais en mettant en cause les gens du voyage9.

On apprend d’autre part – dans MarsActu – la mise en place à Marseille de caméras de vidéosurveillance ciblant Roms et gens du voyage. Nous vivons une époque véritablement stupéfiante !

[Mis en ligne le 12 juillet 2013, mis à jour le 17]

Lire la suite »