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Édition du 1er au 15 février 2026

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Françoise Héritier : Travailler un passé que nous pensions révolu

Pour Françoise Héritier, il ne faut pas laisser la place à ceux qui visent «l’étranger, le Noir, le basané».

Anthropologue, professeure honoraire au Collège de France, Françoise Héritier estime qu’il est urgent de sortir de la stigmatisation et nécessaire de «voir dans l’autre l’universel, et donc le même, plutôt que le radicalement autre». Elle vient de publier Le Goût des mots (éd. Odile Jacob).

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Claire Mauss-Copeaux : face au massacre d’Oudjehane

Dans une analyse à la fois sensible et pénétrante, l’historienne Raphaëlle Branche présente le dernier livre de Claire Mauss-Copeaux, La Source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956. Un ouvrage où l’auteure, avec des témoins algériens et français, construit un pont entre le passé et le présent 1.

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Rejet des Roms et gens du voyage

la justice suspend l’arrêté anti-bivouac d’Estrosi

Christian Estrosi a pris début octobre un arrêté municipal qu’il qualifie benoîtement d’“anti-bivouac”2, mais qui vise en réalité les Roms. Le maire de Nice, rendu prudent par les nombreuses condamnations de la France pour sa politique vis-à-vis des Roms et des gens du voyage – la dernière condamnation ne date que de quelques jours – a sans doute choisi soigneusement ses mots.

Dans la course à l’échalote que se livrent Estrosi et Ciotti, ce dernier ne pouvait rester sans réagir : le Conseil Général saisit la justice pour obtenir le démantèlement des campements illicites établis dans le lit du Var.

Estimant que l’arrêté municipal contrevient au droit « en dépit de quelques artifices de présentation », trois associations – la LDH, le MRAP et l’Association pour la démocratie à Nice (ADN) – ont lancé diverses actions en justice pour obtenir son annulation.

Dernière minute Le 15 novembre 2013, le TA de Nice suspend cet arrêté : voir ci-dessous.

[Mis en ligne le 29 octobre 2013, mis à jour le 15 novembre]

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Face à la dernière provocation de l’hebdomadaire “Minute”

L’hebdomadaire d’extrême droite Minute n’est visiblement pas à une initiative nauséabonde près. Cette semaine, il consacre sa manchette à la ministre de la Justice. « Taubira retrouve la banane », titre le journal. Surtitre : « Maligne comme un singe ».

Le journal fait référence à une manifestation d’opposants, fin octobre, lors d’un déplacement de la ministre à Angers. On avait pu voir, parmi les militants, de jeunes adolescents scandant « la guenon mange ta banane », tandis que l’un d’entre eux agitait une peau de banane. Il y a un mois, Anne-Sophie Leclère, candidate du Front national aux élections municipales de Rethel dans les Ardennes, avait elle aussi provoqué une vive polémique en comparant Christiane Taubira à un singe dans un sujet du magazine Envoyé spécial. « Ces attaques racistes sont une attaque au cœur de la République », avait dénoncé Christiane Taubira dans un entretien à Libération.


Dernière minute – Le premier ministre Jean-Marc Ayrault a saisi, mardi 12 novembre, le procureur de la République de Paris au sujet de la « une » de l’hebdomadaire d’extrême droite Minute sur Christiane Taubira, « en application de l’article 40 du Code de procédure pénale [afin] de porter ces faits susceptibles de constituer l’infraction d’injure publique à caractère racial ».

Ci-dessous, à la suite du communiqué de la LDH, la lettre ouverte que Yann Moix, prix Renaudot 2013, a adressée il y a quelques jours à Christiane Taubira.

[Mis en ligne le 12 novembre 2013, mis à jour le 13]

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Jaurès et le colonialisme,
par Gilles Candar

Jaurès a été contemporain de la période d’essor de la colonisation. Il l’a d’abord approuvée en adhérant au discours de Jules Ferry, puis l’a critiquée, d’abord avec mesure, puis de plus en plus catégoriquement. L’évolution de Jaurès face au colonialisme, de l’approbation à la critique, a été considérable. Comme le montre Gilles Candar, président de la Société d’études jaurésiennes et auteur de nombreux ouvrages à son sujet4, dans cet article de la revue Alternatives non-violentes.

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Albert Camus et l’indépendance de l’Algérie

Camus est décédé plus de deux ans avant l’indépendance de l’Algérie, mais il avait toujours refusé d’admettre cette évolution. Mouloud Feraoun en témoigne dans l’extrait de son Journal que nous reprenons ci-dessous.

En janvier 1958, Camus écrivait : « en ce qui concerne l’Algérie, l’indépendance nationale est une formule purement passionnelle. Il n’y a jamais eu encore de nation algérienne5 ».
Pour Christiane Chaulet-Achour, Albert Camus n’a jamais accepté l’idée «d’une nation algérienne indépendante où les Français d’Algérie qui voudraient continuer à vivre dans leur pays le pourraient, en acceptant un statut de minoritaires 6».

Comme Areski Metref l’a écrit, «le drame de Camus, marqué par son enfance pauvre à Belcourt dans l’Alger coloniale, c’est qu’il appartenait aux colonisateurs par l’origine et aux colonisés par la condition sociale7».

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Insultes racistes contre Christiane Taubira

Lors d’un déplacement de Christiane Taubira à la cour d’appel d’Angers (Maine-et-Loire), vendredi 25 octobre 2013, une adolescente qui faisait partie d’un groupe d’opposants au mariage homosexuel, réunis à l’extérieur de l’édifice, avait comparé la ministre de la Justice à une « guenon »8.

Le lundi suivant, de passage à Toulouse, la ministre est revenue sur le sujet : « Très franchement, sur ma personne, c’est absolument sans importance. Ce qui me paraît extrêmement grave, c’est qu’il y a des personnes, de plus en plus, qui s’affranchissent […] [du] respect de la loi et qui profèrent des insultes, des injures, des menaces ». « Ça me paraît extrêmement inquiétant pour la société, pour les personnes qui sont vulnérables, qui risquent, elles, d’être exposées à ces comportements et parfois à des passages à l’acte en terme d’agressions », a-t-elle poursuivi.

Ci-dessous : une vidéo réalisée à Angers, la réaction de François Morel et celle de l’historien Pascal Blanchard.

un appel à signer : “France, ressaisis-toi” !

[Mis en ligne le 1er novembre 2013, mis à jour le 10]

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La France raciste et celle qui réagit

Les semaines passent et se ressemblent au Front national. Après l’épisode de la caricature raciste de la ministre de la Justice Christiane Taubira publiée sur la page Facebook de la candidate FN aux municipales dans les Ardennes, les déclarations douteuses de Marine Le Pen sur la barbe des otages français d’Arlit, cette fois-ci c’est une tête de liste FN d’origine algérienne qui fait vaciller la stratégie de dédiabolisation du parti d’extrême-droite : Nadia Portheault, candidate du Front national à Saint Alban (Haute Garonne), rend sa carte du parti en dénonçant le racisme qui y règne.

Condamnant les «dérapages vers l’injure raciste», Harry Roselmack déplore le retour de la France raciste.

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Cameroun : une guerre toujours niée

Lors d’une conférence de presse tenue le 21 mai 2009 à Yaoundé, François Fillon, alors premier ministre, avait qualifié de « pures inventions» l’évocation d’une guerre menée par la France au Cameroun de 1957 à 1963.

Le point de vue officiel sur cette guerre coloniale semble ne pas avoir changé depuis lors. En effet, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, a répondu le 23 juillet 2013 à une question écrite portant sur ce sujet en invoquant «la responsabilité de la sécurité intérieure de ce territoire» que «les autorités françaises de l’époque ont eu à assumer» dans le cadre du mandat reçu de la Société des nations. Il s’est contenté d’ajouter que « la période évoquée appartient à l’Histoire et aux historiens à qui il appartient désormais d’exploiter les archives rendues disponibles pour apporter leur éclairage sur la période».

Ci-dessous la réaction de l’association Survie.

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