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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

jsylvestre

Antilles

« Massacrer et laisser mourir »,
un livre sur le massacre de mai 1967
en Guadeloupe

Les éditions Libertalia ont publié en mai 2023 Massacrer et laisser mourir, un livre coordonné par Elsa Dorlin, avec les contributions de Jean-Pierre Sainton et Mathieu Rigouste. Il revient sur la sanglante répression par l’Etat français d’un mouvement de grève qui fit plusieurs dizaines de victimes, perpétrée sur ordre du préfet Pierre Bolotte. Ce pacificateur colonial était en 1957 l’un des responsables civils de la « bataille d’Alger », il sera plus tard préfet de la Seine-Saint-Denis, où il inventera la Brigade Anticriminalité (BAC), particulièrement mise en cause à l’été 2023 dans la violente répression des révoltes urbaines consécutives à la mort du jeune Nahel. On lira la présentation de l’éditeur ainsi qu’une recension de ce livre par Youness Bousenna dans Le Monde.

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Musées et créations contemporaines

Eric Manigaud, le travail d’un artiste
sur des angles morts de l’histoire coloniale

Le travail d’Eric Manigaud est caractérisé par ses dessins réalisés à partir de photographies d’archives. Travaillant par séries, il s’est consacré à des sujets tels que les gueules cassées de la Première Guerre mondiale, les villes bombardées de la Seconde Guerre mondiale, l’anthropométrie judiciaire au début du XXe siècle. Il a aussi travaillé sur l’histoire coloniale, avec une série sur le massacre de manifestants algériens à Paris le 17 octobre 1961 et une autre sur l’histoire des Congo belge et français. Nous publions ici un texte de Guillaume Lasserre paru dans Mediapart à propos d’une exposition en juillet 2023 à la galerie Sator à Paris, ainsi qu’un extrait de sa série sur le 17 octobre 1961 conservée au Musée d’histoire de l’immigration.

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La reconnaissance de l'esclavage

« Les fantômes noirs de l’esclavage »,
de Kris Manjapra
souligne les conséquences durables de ce système

Sous le titre Après l’abolition. Les fantômes noirs de l’esclavage, les éditions Autrement ont publié en janvier 2023 la traduction de Black Ghost of Empire : The Long Death of Slavery and the Failure of Emancipation, de l’historien états-unien Kris Manjapra. Dans cet essai comparatif, l’auteur, après d’autres, contribue à déconstruire le mythe selon lequel lors des abolitions de l’esclavage au XIXe siècle, « les captifs noirs auraient profité d’un plein affranchissement, et les sociétés esclavagistes blanches d’une rédemption ». Il montre comment les conditions concrètes de ces abolitions incomplètes ont perpétué la suprématie blanche. Nous publions la présentation de l’éditeur et la recension de ce livre dans Le Monde.

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L'OAS et ses nostalgiques

Décès de Jean-François Gavoury,
inlassable pourfendeur des nostalgiques de l’OAS

Jean-François Gavoury, le président de l’ANPROMEVO, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS, inlassable pourfendeur des nostalgiques de cette organisation terroriste, est décédé le 3 août 2023 à l’âge de 73 ans. Son père, commissaire central d’Alger, avait été assassiné par l’OAS le 31 mai 1961. Ci-dessous, le film de la cérémonie de dévoilement le 6 octobre 2011 de la stèle à toutes les victimes de l’OAS au cimetière du Père-Lachaise à laquelle il est intervenu après le maire de Paris, Bertrand Delanoë. Nous y joignons un rappel de « l’affaire Gavoury », tiré du livre d’Alain Ruscio, « Nostalgérie, l’interminable histoire de l’OAS », ainsi que l’interview qu’il a donné en 2022 au site « Place Audin ».

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La Françafrique

Prendre en compte le lourd héritage colonial au Niger, par Camille Lefebvre

Le coup d’Etat militaire perpétré au Niger le 25 juillet 2023 a suscité des manifestation d’hostilité à la France. Dans un entretien à Mediapart, la spécialiste de l’histoire du Niger Camille Lefebvre, autrice de Des pays au crépuscule. Le moment de l’occupation coloniale (Sahara-Sahel) (Fayard, 2021, réédité en poche en 2023), met en perspective historique cette hostilité, ainsi que les réactions françaises. Elle décrit la marque indélébile laissée par la violence colonisatrice, qui fut particulièrement grande au Niger. Elle pointe le fait que les autorités civiles et militaires françaises, comme l’opinion publique, se refusent à la prendre en compte et perpétuent une approche néo-coloniale de la situation. Faute, dit-elle, « d’affronter collectivement » la question du passé colonial.

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La société française au temps des colonies

Christian Phéline aborde
dans « Le Matin d’Algérie »
trois angles morts
dans la lecture de « L’Étranger » d’Albert Camus

Que dire de plus sur L’Étranger d’Albert Camus sinon paraphrase ou commentaire de commentaire ? Bon connaisseur de la vie et l’œuvre de Camus, Christian Phéline relève le défi dans son récent essai, « L’Étranger en trois questions restées obscures » (Pézenas, Éditions Domens, 2023). Il questionne trois angles morts de ce récit, autour du personnage de Meursault, l’assassin. Pour reprendre ses mots, il aborde « ce qui touche, tour à tour, au lieu du meurtre, au mouvement intérieur qui y mène son auteur, et à la sanction qui lui est apportée ». Dans un dialogue avec le journaliste algérien Faris Lounis, dont nous avons déjà publié une tribune réfutant l’idée que Camus fut un partisan de l’Algérie française suivie d’un texte de Christian Phéline sur ce point.

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Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Kanaky-Nouvelle-Calédonie,
il est fini le temps des colonies !

Du 24 au 26 juillet 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu en Nouvelle-Calédonie. Cela faisait suite aux rencontres bilatérales organisées lors du trimestre précédent entre l’État français et des représentant∙es indépendantistes d’une part, et entre l’État français et les partisan∙es de la Nouvelle-Calédonie française d’autre part. Autant dire que dans le deuxième cas, les convergences sont grandes, puisque les deux camps n’en font qu’un pour rechercher à priver les Kanak de leur droit à l’autodétermination, et la Kanaky de son indépendance et de la reconnaissance des méfaits de 170 ans de colonisation. Ci-dessous la lettre de juillet 2023 du Collectif Solidarité Kanaky.

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Musées et créations contemporaines

Au Festival d’Avignon
« Carte noire nommée désir »
pénètre l’inconscient colonial

Le festival d’Avignon 2023 a présenté Carte noire nommée désir, de et par Rébecca Chaillon, comédienne, autrice et metteuse en scène. Ce spectacle qui déconstruit avec un humour ravageur l’imaginaire raciste colonial relatif à la femme noire a été salué par la critique et largement acclamé par le public. Il a cependant suscité de violentes réactions hostiles d’une partie de celui-ci et il fait l’objet sur les réseaux sociaux d’une campagne de l’extrême droite sur le thème du « racisme anti-blancs ». Nous publions la critique publiée à l’issue de la première par Le Monde, ainsi qu’un compte-rendu des réactions suscitées par ce spectacle dans Télérama. Carte noire nommée désir est programmé à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, du 28 novembre au 17 décembre 2023, puis au Havre et à Malakoff.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

« L’invention du colonialisme vert »,
par Guillaume Blanc

Dans L’invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l’Éden africain, paru chez Flammarion en 2020 et réédité en poche en 2022, l’historien Guillaume Blanc rappelle les origines coloniales du mythe d’une nature africaine vierge. Il montre comment ce dernier se perpétue à travers l’Afrique aujourd’hui, à l’initiative de l’Unesco et de puissantes ONG, dans une politique qui exclut et criminalise les populations autochtones des parcs naturels. Il pointe ainsi « les contradictions des pays développés qui détruisent chez eux la nature qu’ils croient protéger là-bas ». On trouvera ci-dessous la présentation de l’éditeur, la vidéo d’un entretien avec l’auteur ainsi qu’une recension de son livre publiée par En attendant Nadeau

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Commémorations

Les images du 14 juillet 2023,
commémoration place de la Nation,
rassemblement à la Bastille
et défilé de la Marche des solidarités

Impossible d’empêcher que les épisodes du passé qu’une mémoire officielle a voulu refouler fassent retour. En marge du défilé des Champs-Elysées, où le président de la République a affiché une amitié choquante avec le premier ministre indien, Narendra Modi, qui mène une politique intégriste à l’opposé des fondateurs de l’Union indienne, plusieurs rassemblements ont eu lieu. Le 13 juillet, un hommage aux victimes du 14 juillet 1953, six Algériens et un syndicaliste français, place de la Nation, et, le 14 juillet au matin, place de la Bastille, de nombreuses associations ont proclamé lors d’un rassemblement leur intention de reprendre en 2024 les défilés populaires pour la fête nationale. Elles se sont jointes l’après-midi au défilé de la Marche des solidarités auquel plusieurs milliers de personnes ont participé entre la place Félix Eboué (Daumesnil) et la Bastille.

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La Françafrique

« Les faux-semblants
du duo Mbembe-Macron »,
par le journaliste camerounais Roger Esso-Evina

Le récent ralliement de l’historien et politologue camerounais Achille Mbembé aux initiatives africaines du président Macron a surpris, venant d’un intellectuel connu jusqu’alors pour être des plus sévères à l’égard de ce dernier et de la Françafrique. Il déclarait par exemple en 2017 : « Africains, il n’y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes. » En 2020, dans une tribune publiée par Le Monde, il annoncait prôner à présent « un nouveau réalisme » pour « une nouvelle transition » à l’exemple de « celle engagée par le général de Gaulle en 1944 ». La revue en ligne Afrique XXI publie une tribune en trois volets du Camerounais Roger Esso-Evina, dans laquelle ce dernier analyse de ce qui apparaît comme un revirement. Nous en publions ici la première partie.

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