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Édition du 1er au 15 février 2026

jsylvestre

Kanaky/Nouvelle-Calédonie

Kanaky-Nouvelle-Calédonie,
il est fini le temps des colonies !

Du 24 au 26 juillet 2023, le président de la République, Emmanuel Macron, s’est rendu en Nouvelle-Calédonie. Cela faisait suite aux rencontres bilatérales organisées lors du trimestre précédent entre l’État français et des représentant∙es indépendantistes d’une part, et entre l’État français et les partisan∙es de la Nouvelle-Calédonie française d’autre part. Autant dire que dans le deuxième cas, les convergences sont grandes, puisque les deux camps n’en font qu’un pour rechercher à priver les Kanak de leur droit à l’autodétermination, et la Kanaky de son indépendance et de la reconnaissance des méfaits de 170 ans de colonisation. Ci-dessous la lettre de juillet 2023 du Collectif Solidarité Kanaky.

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Musées et créations contemporaines

Au Festival d’Avignon
« Carte noire nommée désir »
pénètre l’inconscient colonial

Le festival d’Avignon 2023 a présenté Carte noire nommée désir, de et par Rébecca Chaillon, comédienne, autrice et metteuse en scène. Ce spectacle qui déconstruit avec un humour ravageur l’imaginaire raciste colonial relatif à la femme noire a été salué par la critique et largement acclamé par le public. Il a cependant suscité de violentes réactions hostiles d’une partie de celui-ci et il fait l’objet sur les réseaux sociaux d’une campagne de l’extrême droite sur le thème du « racisme anti-blancs ». Nous publions la critique publiée à l’issue de la première par Le Monde, ainsi qu’un compte-rendu des réactions suscitées par ce spectacle dans Télérama. Carte noire nommée désir est programmé à l’Odéon-Théâtre de l’Europe, à Paris, du 28 novembre au 17 décembre 2023, puis au Havre et à Malakoff.

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Afrique subsaharienne et océan Indien

« L’invention du colonialisme vert »,
par Guillaume Blanc

Dans L’invention du colonialisme vert. Pour en finir avec le mythe de l’Éden africain, paru chez Flammarion en 2020 et réédité en poche en 2022, l’historien Guillaume Blanc rappelle les origines coloniales du mythe d’une nature africaine vierge. Il montre comment ce dernier se perpétue à travers l’Afrique aujourd’hui, à l’initiative de l’Unesco et de puissantes ONG, dans une politique qui exclut et criminalise les populations autochtones des parcs naturels. Il pointe ainsi « les contradictions des pays développés qui détruisent chez eux la nature qu’ils croient protéger là-bas ». On trouvera ci-dessous la présentation de l’éditeur, la vidéo d’un entretien avec l’auteur ainsi qu’une recension de son livre publiée par En attendant Nadeau

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Commémorations

Les images du 14 juillet 2023,
commémoration place de la Nation,
rassemblement à la Bastille
et défilé de la Marche des solidarités

Impossible d’empêcher que les épisodes du passé qu’une mémoire officielle a voulu refouler fassent retour. En marge du défilé des Champs-Elysées, où le président de la République a affiché une amitié choquante avec le premier ministre indien, Narendra Modi, qui mène une politique intégriste à l’opposé des fondateurs de l’Union indienne, plusieurs rassemblements ont eu lieu. Le 13 juillet, un hommage aux victimes du 14 juillet 1953, six Algériens et un syndicaliste français, place de la Nation, et, le 14 juillet au matin, place de la Bastille, de nombreuses associations ont proclamé lors d’un rassemblement leur intention de reprendre en 2024 les défilés populaires pour la fête nationale. Elles se sont jointes l’après-midi au défilé de la Marche des solidarités auquel plusieurs milliers de personnes ont participé entre la place Félix Eboué (Daumesnil) et la Bastille.

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La Françafrique

« Les faux-semblants
du duo Mbembe-Macron »,
par le journaliste camerounais Roger Esso-Evina

Le récent ralliement de l’historien et politologue camerounais Achille Mbembé aux initiatives africaines du président Macron a surpris, venant d’un intellectuel connu jusqu’alors pour être des plus sévères à l’égard de ce dernier et de la Françafrique. Il déclarait par exemple en 2017 : « Africains, il n’y a rien à attendre de la France que nous ne puissions nous offrir à nous-mêmes. » En 2020, dans une tribune publiée par Le Monde, il annoncait prôner à présent « un nouveau réalisme » pour « une nouvelle transition » à l’exemple de « celle engagée par le général de Gaulle en 1944 ». La revue en ligne Afrique XXI publie une tribune en trois volets du Camerounais Roger Esso-Evina, dans laquelle ce dernier analyse de ce qui apparaît comme un revirement. Nous en publions ici la première partie.

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En 2023 :
Apportez une contribution régulière,
même modeste, au site histoirecoloniale.net

Documenter le passé colonial et ses séquelles est l’objet de ce site, né de l’initiative d’un militant de la LDH de Toulon conscient de ce que l’ignorance et les préjugés coloniaux alimentent fortement dans notre société le racisme et l’extrême droite. Le contexte politique actuel de la France montre que notre travail d’information sur le passé colonial et ses traces aujourd’hui est plus indispensable que jamais. Pour le poursuivre, le site histoirecoloniale.net a besoin de l’aide de ses lecteurs et leur lance un appel pressant pour lui apporter en 2023 une contribution régulière, même modeste, via le lien ci-après . Merci de votre soutien.

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Le racisme postcolonial

L’ampleur du racisme systémique en France
et son déni officiel

Au lendemain du meurtre de Nahel M. par un policier le 27 juin 2023 et des violentes révoltes qu’il a provoquées, le gouvernement français refuse de s’attaquer aux causes réelles de la crise. Celles-ci sont pourtant documentées et analysées depuis longtemps par nombre de chercheurs et aussi pointées par divers organismes internationaux. On lira ici deux tribunes, du démographe Patrick Simon et du sociologue Hicham Benaïssa, publiées respectivement dans Libération et dans Le Monde. Toutes deux reviennent sur l’ampleur du racisme systémique en France depuis la fin de l’époque coloniale, tout particulièrement dans la police, et dénoncent un déni officiel pire encore que celui qui avait prévalu après les révoltes de 2005, qui aggrave la situation et prépare de nouvelles explosions.

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Racisme et islamophobie

Le « wokisme », une arme inventée
pour combattre l’antiracisme,
par Alain Policar

Le chercheur Alain Policar, spécialiste des réflexions sur le racisme, a publié en mars 2023 chez Textuel La haine de l’antiracisme. Il y montre comment un marqueur classique de l’extrême droite raciste, l’hostilité à l’antiracisme, a été recyclé à la fin des années 1990 par des personnalités venues de la gauche et passées au national-républicanisme, et qui occupent aujourd’hui une position dominante dans les media où ils manient des concepts inventés comme repoussoirs tels « wokisme » ou « islamo-gauchisme ». Nous publions la présentation de cet ouvrage par l’éditeur, le lien vers le « grand entretien » qu’il a donné à Edwy Plenel pour Mediapart, ainsi que l’interview qu’il a accordé à L’Humanité, tout en signalant ci-dessous que nous n’en partageons pas une phrase contenant une accusation inexacte et en précisant notre position à ce sujet.

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

Reprendre les défilés populaires
pour le 14 juillet

Dans l’espace occidental, la France est une exception : le seul défilé à l’occasion de sa fête nationale est un défilé militaire. Marqué en 2023 par l’invitation d’un président indien qui incarne dans son pays un intégrisme religieux et un racisme islamophobe facteur de guerre civile. Pourtant, sous le Front populaire comme après la Libération, des défilés populaires avaient lieu le 14 juillet. En 1953, une répression policière meurtrière ciblant le cortège algérien du Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques (MTLD) a fait sept morts par balles, six Algériens et un responsable des métallos CGT. Ensuite, jusqu’en 1968, ces défilés du 14 juillet, comme ceux du Premier Mai, ont été interdits. Soixante-dix ans plus tard, de nombreuses associations appellent à renouer avec cette tradition.

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La grande répression d'Alger 1957

Au Festival d’Avignon
« La Question » d’Henri Alleg
mise en scène au théâtre

Le Festival Off d’Avignon présente au Théâtre des Halles du 7 au 26 juillet 2023 un spectacle intitulé La Question, mis en scène par Laurent Meininger. Le comédien Stanislas Nordey y joue et dit le texte culte du même nom, publié en 1958, dans lequel le journaliste membre alors du parti communiste algérien Henri Alleg, décédé il y dix ans, y raconte la torture qu’il a subie entre les mains de l’armée française à Alger en juin 1957, ainsi que des milliers d’autres personnes enlevées dans le cadre de ce qui a été appelé improprement la « bataille d’Alger ». Nous publions ici la présentation et un court extrait de ce spectacle, ainsi qu’un article publié sur son blog Mediapart par le journaliste et écrivain Jean-Pierre Thibaudat.

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Le « maintien de l'ordre » en France

« Notre pays est en deuil et en colère »
un Appel lancé par de nombreuses organisations

A la veille de la Fête nationale et après le meurtre à Nanterre le 27 juin de Nahel, 17 ans, atteint au cœur par le tir d’un policier qui a été placé depuis en garde à vue, suivi partout en France d’émeutes dans les quartiers populaires, un Appel a été lancé par de nombreuses organisations, syndicats, associations et partis politiques. Dans les rues de la cité Pablo-Picasso à Nanterre, dont Nahel était originaire, d’innombrables tags réclament « Justice pour Nahel » et la colère s’est propagée dans toute la France. Alors que les destructions auxquelles des émeutes ont donné lieu ont été suivies par une importante campagne de déni des violences policières illégitimes, nombreuses depuis un an, cet Appel pointe les politiques publiques discriminatoires et sécuritaires qui ciblent notamment les personnes racisées et précarisées.

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Racisme et islamophobie

Valérie Pécresse contre Angela Davis :
la politicaillerie contre l’Histoire
par Alain Ruscio

La région Île-de-France, dirigée par Valérie Pécresse, a décidé à l’occasion d’un vote en commission permanente, le 5 juillet, de refuser le nom d’Angela Davis au lycée de Saint-Denis qui l’avait choisi. Avec pour motif qu’elle avait publié en 2021 une tribune dans laquelle elle fustigeait la « mentalité coloniale [qui] se manifeste dans les structures de gouvernance de la France, en particulier vis-à-vis des citoyens et des immigrés racisés ». Il y a presque cinq ans, le conseil d’administration de l’établissement a voté cette dénomination à une très large majorité et le nom d’Angela-Davis figure sur tous les documents du lycée, de la Région et de l’Éducation nationale. L’indignation est grande parmi les enseignant·es, un communiqué cosigné par les sections Snes-FSU, Sud Éducation et CGT dénonce cette décision. C’est maintenant à Pap Ndiaye, ministre de l’Education nationale, de se prononcer.

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