4 000 articles et documents

Édition du 15 février au 1er mars 2026

2021

Autres colonialismes

Aux Pays-Bas, le Rijksmuseum d’Amsterdam
brise un tabou en évoquant
les exactions commises durant l’époque coloniale

Au Rijksmuseum d’Amsterdam, l’exposition « Slavernij » — « Esclavage » — aborde une période sombre de l’histoire néerlandaise, celle de son empire colonial, de l’Indonésie à l’Afrique du Sud, et de la violence esclavagiste qui y a régné. Valika Smeulders, directrice du département d’histoire de ce musée, née à Curaçao dans les Caraïbes, porte un regard critique sur les collections du musée et leur terminologie, dans une exposition courageuse car un sondage réalisé en 2020 indique que près de la moitié des Néerlandais sont toujours fiers de l’aventure coloniale de leur pays. L’article du Monde que nous reproduisons signale que, sur la guerre de décolonisation de l’Indonésie, qui a fait, jusqu’en 1949, 200 000 morts Indonésiens et 5 000 Néerlandais, c’est un historien belge, David Van Reybrouck, qui a publié en novembre 2020, le premier grand ouvrage, chez l’éditeur De Bezige Bij, intitulé Revolusi et non traduit en français.

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Commémorations

Metz : hommage aux victimes
il y a soixante ans de la « nuit des paras »
et conférence de Raphaëlle Branche

Soixante ans après les évènements tragiques des 23 et 24 juillet 1961 provoqués par le rapatriement d’un régiment de parachutistes qui avait participé au putsch d’Alger, une commémoration a été organisée par le Collectif juillet 61. Ci-dessous les images des lectures et dépôts de gerbes qu’il organisés dans différents lieux de la ville avec le soutien de plusieurs associations. Cela fait suite au forum national de lutte contre la torture organisé par l’association du fort de Metz-Queuleu, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty international et l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Nous reproduisons les articles publiés à ce sujet par plusieurs journaux en France et en Algérie, les principaux éléments d’un dossier constitué en 1961 par la LDH de Moselle sur cette nuit de violences, ainsi que le film de la conférence donnée par Raphaëlle Branche sur son livre Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

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Séquelles politiques postcoloniales

Achille Mbembe :
notes sur l’idéologie mensongère
de « l’eurocentrisme tardif »

Pour le philosophe et historien camerounais Achille Mbembe, l’illusion eurocentriste a fait long feu avec la fin de l’ère des empires coloniaux. Mais apparaît un « eurocentrisme tardif », plus virulent, qui est une forme d’égarement plus dangereux encore, une idéologie mensongère qui prétend défendre la science, la laïcité, la République, les Lumières, voire l’universalisme, mais ne sait presque rien de l’univers, des mondes et des histoires autres. Ci-dessous le texte de la conférence qu’il a prononcée à distance à l’occasion du « Sommet de septembre » de la Saison Africa 2020 organisé à Paris au Musée du Quai Branly–Jacques Chirac, publié pour la première fois le 17 mars 2021 par le quotidien en ligne AOC qui l’a diffusé de nouveau en juillet 2021.

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L'accès aux archives coloniales

Après la décision du Conseil constitutionnel
du 30 juillet 2021,
un débat est nécessaire
sur l’accès des citoyens aux archives

Le Conseil constitutionnel a rendu une décision sur la loi prévention d’actes de terrorisme et renseignement dont un article concerne l’accès aux archives. Tout en estimant qu’il ne méconnait aucune disposition constitutionnelle, il a formulé deux réserves dont l’une est particulièrement importante : une information qui était déjà accessible doit le rester, qu’elle ait fait ou non l’objet d’une mesure de classification au titre du secret de la défense nationale. Le collectif « Accès aux archives publiques », constitué pour réagir à des instructions gouvernementales que le Conseil d’Etat a finalement considérées comme illégales, estime qu’il est urgent que la société civile s’organise pour défendre la liberté d’accès aux archives publiques. Il appelle à participer à la rencontre-débat qui se tiendra le 13 septembre 2021 à la maison de l’Île-de-France de la Cité internationale universitaire de Paris.

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Pacifique

Le voyage d’Emmanuel Macron en Polynésie
relance le débat sur les conséquences
des essais nucléaires pratiqués par la France

Lors de son voyage au Japon pour les Jeux olympiques, le président Emmanuel Macron a passé, du 25 au 28 juillet 2021, quatre jours en Polynésie. Il a déclaré que « la nation [avait] une dette à l’égard de la Polynésie française. Cette dette est le fait d’avoir abrité ces essais en particulier ceux entre 1966 et 1974, dont on ne peut absolument pas dire qu’ils étaient propres ». Il n’a pas prononcé le mot de « pardon » réclamé par des associations de victimes, mais a reconnu que celles-ci devaient être mieux indemnisées. Ci-dessous l’article sur ces essais nucléaires en Polynésie que le spécialiste de la question, Bruno Barrillot, peu avant son décès le 25 mars 2017, avait rédigé pour L’Encyclopédie de la colonisation française coordonnée par Alain Ruscio. Ainsi qu’un article de l’AFP sur les conséquences de ceux que la France a pratiqués en Algérie.

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Commémorations

Les images de l’hommage
aux manifestants algériens
du 14 juillet 1953

Comme notre site l’a annoncé, les sections parisiennes de la Ligue des droits de l’homme, avec d’autres comme Attac, la section du 12e du parti communiste français et l’association Le Maghreb des films, ont organisé le 13 juillet 2021 une projection-débat du film « Les balles du 14 juillet 1953 » au cinéma Mk2 Nation, suivie d’allocutions et dépôts de gerbes. 130 personnes ont suivi le film et le débat auquel participait Benjamin Stora. L’hommage aux victimes de la répression de la manifestation des Algériens le 14 juillet 1953 s’est déroulé ensuite, en dépit d’une pluie battante, devant la plaque apposée en juillet 2017 par la Mairie de Paris pour commémorer cet événement. Les associations présentes ont annoncé leur intention de reprendre en 2022 l’organisation du « Bal des libertés et de la solidarité » qui a eu lieu en 2018 et 2019 et que les conditions sanitaires n’ont pas rendu possible depuis.

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Algérie coloniale (1830 - 1962)

Un livre important d’Ali Guenoun
qui montre que les termes de « crise berbériste »
employés de 1949 à aujourd’hui
masquent la question de la démocratie

Cet ouvrage d’Ali Guenoun éclaire de manière essentielle une question qui a existé dans le mouvement national algérien dès son début et resurgit encore aujourd’hui à l’occasion du Hirak. En 1948, lors de la division du parti PPA-MTLD entre les partisans de Lamine Debaghine et ceux de Messali Hadj, tous deux soutenaient plutôt l’idée d’une « Algérie arabe » et non d’une « Algérie algérienne », et ils ont accusé à tort de « berbérisme », pour tenter de les disqualifier, les contestataires qui défendaient à la fois une Algérie plurielle et davantage de démocratie dans le parti. L’auteur montre que la crise de 1949 est révélatrice de certaines pratiques des nationalistes algériens qui ont privilégié l’autoritarisme et ont institué la violence verbale et physique comme mode de gestion des crises politiques.

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Réconciliation et réparations

Pour Myriam Cottias, la science permet
de penser
les réparations coloniales

Depuis quelques années, la question des réparations a été posée dans les organisations internationales par des associations françaises, caribéennes, américaines, brésiliennes, anglaises au titre de l’esclavage pratiqué entre le XIXe et le XXIe siècle. Notamment à travers les demandes de remboursement de l’indemnité versée en 1849 aux propriétaires d’esclaves, après l’abolition de l’esclavage en 1848 dans les colonies françaises. Ainsi que de la dette imposée à Haïti en 1825 pour prix de la reconnaissance de son indépendance et de son droit de commercer avec d’autres territoires. Pour Myriam Cottias, la réparation est une sorte de remise à niveau d’un fait historique qui vise à produire de l’égalité. Les réparations symboliques sont importantes pour une reconnaissance sereine, pleine et entière, de l’histoire de l’esclavage, qui ne doit pas produire de mise en accusation.

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La reconnaissance du passé colonial

Le chemin de fer Congo-Océan
symbole des crimes contre l’humanité
de la colonisation

Dénoncé par André Gide, dans son livre Voyage au Congo (1927) et par Albert Londres dans Terre d’ébène (1929), le chantier de la voie ferrée Congo-Océan à partir de Brazzaville dans le Congo français (AEF) a coûté la vie à près de 20 000 travailleurs africains pendant sa construction entre 1921 et 1934. Il a aussi fait naître en France un début de prise de conscience des abus du système colonial. Ci-dessous, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch explique au Monde qu’il peut être considéré comme un crime contre l’humanité emblématique de tous ceux du colonialisme. Nous indiquons aussi les liens vers les articles sur ce sujet publiés par ce quotidien ainsi que par notre site.

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Le « maintien de l'ordre » en France

Cinq ans après la mort d’Adama Traoré,
une marche a demandé justice

Un millier de personnes ont défilé le 17 juillet 2021, entre la gare de Persan-Beaumont et Beaumont-sur-Oise, à l’appel du collectif « Vérité pour Adama », afin de demander justice pour le jeune Adama Traoré tué cinq ans plus tôt, en juillet 2016, à la suite de son interpellation par des gendarmes. Elles ont défilé jusqu’aux quartiers périphériques de cette petite ville de l’Oise où, comme beaucoup d’autres habitants issus des immigrations, vit la famille d’Adama Traoré et où d’autres jeunes ont grossi la foule. Le défilé a dénoncé, avec Assa Traoré, la sœur d’Adama, les mensonges de la police et de la justice qui ont couvert les comportements illégitimes de certains membres des forces de l’ordre à l’encontre de jeunes vis-à-vis desquels ils n’hésitent pas, comme certains policiers aux Etats-Unis, à recourir à des gestes mortels.

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L'accès aux archives coloniales

Archives : la lourde responsabilité
des députés français

Les historiens, archivistes, juristes et autres citoyens regroupés dans le Collectif Accès aux archives publiques s’adressent aux députés pour attirer leur attention sur les graves problèmes posés par le projet de loi « relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement », dite PATR, dont un article porte atteinte à la liberté de la recherche. En effet, l’actuelle rédaction de son article 19 constitue une entrave à l’accès à certaines archives qui sont nécessaires à la connaissance de notre histoire contemporaine. Ci-dessous la lettre ouverte que leur ont adressée le 7 juillet 2021 dix-huit personnalités ainsi qu’un article paru le 13 juillet 2021 dans le quotidien l’Humanité.

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La société française au temps des colonies

La Rochelle : une exposition sur
l’esclavage, illustrations et caricatures,
1750-1850

En montrant une centaine de gravures réalisées et diffusées à l’époque de l’esclavage colonial, cette exposition réalisée sous la direction de Marcel Dorigny, spécialiste de l’histoire de l’esclavage dans les colonies françaises au 18e siècle, offre un panorama des regards sur l’esclavage qui témoignent de la diffusion et de la persistance en Europe des stéréotypes raciaux à une période où l’esclavage de masse s’est développé dans les « îles à sucre » et en Amérique. Elle donne aussi à voir les violentes controverses qui ont profondément divisé les opinions publiques face à cette pratique de l’esclavage des populations africaines dans les colonies européennes. A partir des collections de gravures, souvent inédites, conservées dans plusieurs pays.

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