Histoire coloniale et postcoloniale

publié le dimanche 7 août 2022

Documenter le passé colonial et ses séquelles est l’objet de ce site, né de l’initiative d’un militant de la LDH de Toulon conscient de ce que l’ignorance et les préjugés coloniaux alimentaient fortement dans notre société le racisme et l’extrême droite. Le contexte politique actuel de la France montre que notre travail d’information sur le passé colonial et ses traces aujourd’hui est plus indispensable que jamais. Pour continuer ce travail, le site histoirecoloniale.net a besoin de l’aide de ses lecteurs et leur lance un appel pressant pour lui faire un don ou lui apporter une contribution régulière via le lien ci-après. Merci de votre soutien.

publié le vendredi 5 août 2022

Dans un entretien au « Monde », l’historien Jacob Tatsitsa, co-auteur, avec Thomas Deltombe et Manuel Domergue, de deux ouvrages essentiels sur la répression coloniale au Cameroun — Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971 (éd. La Découverte, 2019) et La Guerre du Cameroun, L’Invention de la Françafrique (La Découverte, 2016) — estime que la création d’une commission d’historiens annoncée le 26 juillet 2022 à Yaoundé par le président Emmanuel Macron destinée à « faire la lumière » au sujet de la guerre du Cameroun, à laquelle seraient ouvertes « toutes les archives », est un stratagème pour contourner la reconnaissance des massacres qui l’ont marquée, et qui sont déjà l’objet d’études historiques documentées.

publié le jeudi 4 août 2022

Après les élections législatives de juin 2022, sur les vingt-sept députés ultramarins, cinq seulement siègent sur les bancs de la majorité présidentielle. La Polynésie française a élu trois députés indépendantistes. Nommée ministre des outre-mers, Yaël Braun-Pivet, devait se rendre en Kanaky-Nouvelle-Calédonie le 26 juin 2022, date anniversaire des accords de Matignon de 1988, pour l’inauguration à Nouméa de la statue de la poignée de main entre Jean-Marie Tjibaou et Jacques Lafleur, mais, ayant décidé de briguer la présidence de l’Assemblée nationale, elle a annulé ce déplacement. La nomination au gouvernement de Sonia Backès, leader de la droite anti-indépendantiste en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, est insupportable à une bonne partie de l’opinion de l’archipel. Les territoires d’outre-mer souffrent d’un abandon, d’une condescendance et d’un mépris qui prolongent le rapport colonial.

publié le vendredi 29 juillet 2022

La fonction de lieu de détention de l’île Sainte Marguerite, en face de Cannes, a déjà été évoquée par notre site avec la reprise de l’article de Sylvie Thénault issu de son livre Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence (2012). L’historien irlandais Dónal Hassett, après avoir visité les lieux, apporte ses propres réflexions dans l’article ci-dessous, traduit de l’anglais par nos soins, en particulier sur les peintures murales réalisées en 1992 au Fort Royal par un artiste contemporain en souvenir de ces détenus dont beaucoup y ont laissé la vie. Il souligne qu’il reste à la recherche historique encore un travail important à faire pour éclairer le sort des personnes incarcérées par l’État colonial français, notamment en Méditerranée, en Kanaky-Nouvelle Calédonie et en Guyanne.

publié le jeudi 28 juillet 2022

En visite officielle au Cameroun les 25 et 26 juillet 2022, Emmanuel Macron a rencontré Paul Biya, au pouvoir depuis quarante ans. La veille, il avait été interpellé par un collectif international afin qu’il reconnaisse officiellement la guerre coloniale menée par la France au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Le président français a évoqué cet épisode tout en évitant de se prononcer, préférant annoncer la constitution d’une commission d’historiens destinée à « faire la lumière », à laquelle seraient ouvertes « toutes les archives ». Ci-dessous la tribune collective publiée par Le Monde réclamant une reconnaissance officielle, ainsi qu’une vidéo de TV5 Monde dans laquelle Thomas Deltombe souligne que les faits sont déjà solidement établis et regrette que les archives ne soient pas ouvertes à tous.

publié le mercredi 27 juillet 2022

Le Mucem consacre jusqu’au 22 août 2022 une grande exposition à la riche personnalité de l’émir Abd el-Kader, que notre site a annoncée dès son ouverture. Le journaliste Pierre Daum, tout en relevant qu’elle « a reçu un éloge unanime de la presse et de divers commentateurs », et en concédant qu’elle est accompagnée d’« un catalogue très intéressant », lui a consacré dans son blog personnel sur Mediapart un article qui lui reproche de donner « une vision coloniale de l’Émir ». Jacques Vénuleth, membre de la Commission nationale du Mrap pour un Musée national du colonialisme, lui répond qu’il n’a pas la même vision de cette exposition. De leur côté, notre site et l’association Ancrages diffusent une exposition itinérante qui complète et prolonge celle du Mucem.

publié le mardi 26 juillet 2022

Une enquête du New York Times dont notre site a rendu compte a attiré l’attention sur l’indemnité que Charles X a obligé en 1825 la République d’Haïti à payer aux anciens colons français pour prix de son indépendance conquise en 1804 après une guerre meurtrière contre les troupes envoyées par Napoléon Bonaparte. 150 millions de francs-or, pour lesquels Haïti dû s’endetter auprès de banques françaises, une véritable rançon qui a pesé sur l’économie et la société haïtiennes jusqu’à aujourd’hui. Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME), revient sur l’importance de ces faits qui, s’ils n’étaient pas inconnus, sont encore trop ignorés en France et rend hommage à la révolution haïtienne qui a apporté une contribution essentielle à l’histoire universelle.

publié le dimanche 24 juillet 2022

En ce 60ème anniversaire de l’indépendance de l’Algérie, ont été publiées bien des articles, ouvrages, tribunes, numéros spéciaux de revues. Une fois encore, la controverse sur le rôle et les actions des communistes français est revenue sur le devant de la scène. Le PCF fut-il partisan de l’indépendance de l’Algérie, et si oui, dans quels termes, à quel moment du conflit ? L’historien Alain Ruscio, qui a consacré à cette question un ouvrage fondamental, Les communistes et l’Algérie, des origines à la guerre d’indépendance, 1920-1962, Paris, Éd. La Découverte, 2019, a réalisé sur ce sujet pour le site histoirecoloniale.net une synthèse précise et documentée.

publié le samedi 23 juillet 2022

Malgré la première abolition de l’esclavage en 1794 par la première République et le décret de 1848 publié par la Deuxième, l’esclavage a longtemps persisté à la Réunion et dans les colonies françaises de l’Océan indien. Le système esclavagiste y a évolué. L’article ci-dessous du chercheur réunionnais Ho Hai Quang présente les principales transformations qui l’ont affecté entre son apparition dans la deuxième moitié du 17ème siècle et sa disparition tardive à la fin du 19ème. Il en a résulté des traces profondes dans la perception des différentes populations de l’île. Certains Réunionnais n’hésitent pas à dire qu’il a fallu attendre les lendemains de Mai 1968 pour que les séquelles de l’esclavagisme disparaissent véritablement dans la vie sociale de l’île.

publié le vendredi 22 juillet 2022

Le roman de l’écrivaine malgache Michèle Rakotoson, Ambatomanga, Le silence et la douleur, revient sur un épisode tragique de l’histoire de la seconde colonisation française : la conquête de Madagascar en 1895 par les troupes de Joseph Galliéni. Une opération militaire qui s’inscrit pour la France dans l’Océan Indien comme une suite lointaine de l’esclavage dont l’abolition avait pourtant été décrétée en 1848. Elle fit de nombreuses victimes malgaches et provoqua également, du fait du climat, la mort d’une part énorme des soldats coloniaux engagés dans la conquête. On lira ci-dessous une recension de ce roman dans Le Monde, un entretien avec l’autrice dans Jeune Afrique, et un texte de l’historien Alain Ruscio sur l’épouvantable catastrophe sanitaire que fut l’expédition de Madagascar en 1895.