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Édition du 1er au 15 avril 2025

OAS

© Aurel
Oran 1962

“Oran, 5 juillet 1962…”, par Pierre Daum

Il y a cinquante ans, le peuple algérien accédait à l’indépendance. En juillet 1962, les journées de liesse ne furent entachées d’aucune violence envers les Français encore présents. Sauf à Oran, où des dizaines de pieds-noirs furent tués par la foule. Depuis un demi-siècle, les principaux récits de ce massacre ignorent les témoignages des Algériens.

Pierre Daum, journaliste, auteur notamment du livre “ni valise ni cercueil”, est allé enquêter sur place. Voici ce que cet envoyé spécial du Monde Diplomatique a publié dans l’édition de janvier 2012 du mensuel.

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La petite Delphine Renard
1962, la fin de la guerre d'Algérie

il y a cinquante ans, le 7 février 1962, un attentat de l’OAS…

Le 7 février 1962,

La petite Delphine Renard
La petite Delphine Renard
dix charges de plastic explosent à la porte du domicile parisien d’hommes politiques, d’intellectuels, de journalistes. Sept blessés.
Parmi les blessés une fillette âgée de quatre ans et demi, Delphine Renard. Elle jouait dans sa chambre quand une charge de plastic destinée à André Malraux, qui habitait le même immeuble de Boulogne-sur-Seine, explose devant ses fenêtres. Delphine est gravement atteinte, elle finira par perdre la vue.

Plusieurs syndicats et partis de gauche appellent à une manifestation à Paris pour le lendemain, 8 février 1962, afin de protester contre cette vague d’attentats de l’OAS. Ce sera Charonne.

Aujourd’hui, Delphine Renard prend la parole pour dire sa révolte devant les «attentats à la vérité [commis] en honorant ceux qui ont eu recours à la barbarie pour tenter de renverser l’ordre démocratique», devant le négationnisme entretenu au plus haut de l’État. Nous reprenons sa tribune, pour l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS – Anpromevo 1 –, publiée le 7 février sur LeMonde.fr. 2

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Une insulte à la République.
Jean-François Collin

La légion d’honneur à Jean-François Collin : une insulte à toutes les victimes de la guerre d’Algérie

Jean-François Collin, président de l’Association de défense des intérêts moraux des anciens détenus (ADIMAD), composée d’anciens activistes de l’OAS, a été nommé chevalier de la Légion d’Honneur, par un décret du 5 mai 2011.

Plusieurs associations, telles l’ANPNPA (Association des pieds-noirs progressistes et leurs amis) et la 4ACG (Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre), s’indignent de cette nomination et des conditions dans lesquelles elle a été officiellement remise le 1er novembre 2011, lors d’une cérémonie devant la stèle des fusillés de l’OAS au cimetière Saint-Laurent-Imbert de Marignane.

On ne peut oublier le terrorisme auxquels se sont livrés il y a une cinquantaine d’années les membres de cette organisation de tenants de l’Algérie française responsables de plus de 2 200 morts.

Les membres de la Commission « Mémoire-Histoire » de la FNACA (Fédération nationale des anciens combattants en Algérie, Maroc et Tunisie), réunis à Paris le 11 octobre 2011, ont déclaré cette distinction insupportable, à quelques mois du 50e anniversaire de la fin de la guerre d’Algérie. La commission rappelle dans un communiqué que « la complaisance affichée publiquement, par certains représentants de l’État, aux anciens activistes de l’OAS, les hommages rendus à leurs représentants, ne peuvent que choquer profondément les Algériens et les Français qui en ont été victimes. Ces comportements font obstacle à la réconciliation. Ils fragilisent la mise en œuvre de relations [apaisées entre les] deux pays.»

De son côté, Jean-François Gavoury, président de l’ANPROMEVO, interpelle les autorités concernées.

[Mis en ligne le 2 novembre 2011, mis à jour le 8]

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Hommages aux victimes de l'OAS

Inauguration à Paris d’une stèle en hommage aux victimes de l’OAS

Le maire de Paris, Bertrand Delanoë, et sa première adjointe, Anne Hidalgo, ont inauguré jeudi 6 octobre 2011 au cimetière du Père-Lachaise à Paris une stèle en hommage aux victimes de l’OAS, une initiative inédite en France.

Le 8 février 2011 le Conseil de Paris avait voté à l’unanimité en faveur de la pose de cette stèle. Le vote des élus avait eu lieu le jour anniversaire de la manifestation organisée à Paris le 8 février 1962 pour dénoncer les agissements de l’OAS et la guerre d’Algérie. Une manifestation qui s’était terminée par un massacre à la station de métro Charonne.

Vous trouverez ci-dessous des dépêches d’agence relatant cet événement, suivies de l’intervention de Jean-François Gavoury, président de l’Anpromevo3.
Le site internet de la Ville de Paris propose un reportage sur cette cérémonie.

[Mis en ligne le 5 octobre 2011, mis à jour le 7]

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“les colonies d'Asie” (escalier de la gare Saint-Charles à Marseille)
Villes du Midi et mémoire de l'Algérie française

Tourisme en nostalgérie, Le Ravi (été 2011)

Dans son numéro de juillet-août 2011, le Ravi, mensuel satirique de la région PACA, proposait sous le titre « Balade touristique nostalgérique », en guise de dépaysement, un petit circuit permettant de découvrir une véritable spécialité locale : les lieux de mémoires des nostalgiques de l’Algérie française. Voici le circuit suggéré par le Ravi4 ; vous pourrez le compléter avec la page consacrée aux monuments du pourtour méditerranéen qui rendent hommage à l’OAS.

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“OAS veille”, graffiti à Alger 1962 (© Marc Garanger)
Hommages aux victimes de l'OAS

Terrorisme : n’oublions pas les victimes de l’OAS !

Le terrorisme – faire la guerre en visant délibérément des civils – revient régulièrement à la une de l’actualité. Le terrorisme du passé reste l’objet de débats et les souffrances qui y sont attachées toujours aussi vives.

La guerre d’Algérie en est un exemple : l’attentat du Milk Bar organisé par le FLN en septembre 1956 à Alger sera abordé lors du Congrès international de victimes du terrorisme qui se réunira à Paris en septembre prochain.
Mais il semblerait qu’il ne soit pas prévu d’y évoquer le terrorisme de l’OAS. Certes toutes les condamnations en liaison avec la guerre d’Algérie sont amnistiées, mais les faits demeurent, ineffaçables, et on ne peut oublier le terrorisme auxquels se sont livrés il y a une cinquantaine d’années certains des tenants de l’Algérie française, entraînant plus de 2 200 morts, civils ou militaires.

L’assassinat le 15 mars 1962, quelques jours avant le cessez-le-feu, de six dirigeants des Centres sociaux éducatifs, reste un des plus abominables exemples de terrorisme, mais l’indignation qu’il a immédiatement soulevée n’a pas empêché les membres de l’OAS de poursuivre leur œuvre de mort et de destruction.

Des travaux d’historiens ont rappelé ce que fut le terrorisme de l’OAS5, tandis que Mohammed Harbi, dans un entretien donné en 2002, insiste sur les conséquences dramatiques à long terme des violences exercées par le FLN.

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Plaque que l'ADIMAD a l'intention de sceller sur la tombe du colonel Argoud à Darney (photo Vosges Matin)
Jean-François Collin

L’Adimad-OAS à l’honneur

Amnistiés sous de Gaulle, réhabilités sous François Mitterrand, indemnisés sous Jacques Chirac, les anciens activistes de l’OAS vont-ils être honorés sous Nicolas Sarkozy ?

En effet, la fin de la guerre d’Algérie a été suivie de plusieurs lois d’amnistie, une loi de réhabilitation votée en novembre 1982 a rétabli les généraux putschistes dans leurs droits, et l’article 13 de la loi du 23 février 2005 a organisé une indemnisation de certaines des personnes ayant fait l’objet de condamnations ou de sanctions amnistiées.

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Plaque que l'ADIMAD a l'intention de sceller sur la tombe du colonel Argoud à Darney (photo Vosges Matin)
Réhabilitations

Vosges : la justice a autorisé une cérémonie à la gloire de l’OAS

De nombreuses personnes et associations sont intervenues pour demander l’interdiction de la manifestation organisée par l’Association de défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) à Darney (Vosges) le vendredi 10 juin 2011 autour de la tombe du colonel Antoine Argoud. Prenant prétexte du 7e anniversaire de son décès, ce rassemblement avait pour but de rendre gloire à l’Organisation armée secrète (OAS) dont il avait été un responsable. Pour solenniser l’événement, il était prévu qu’une plaque serait scellée sur la tombe du colonel factieux.

Dans une lettre commune, l’ANPROMEVO et Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons s’étaient adressées au maire de Darney dès le 26 mai dernier, en lui demandant notamment «d’empêcher le déroulement de la manifestation […] et d’interdire l’adjonction, sur le monument funéraire dont il s’agit, de toute plaque dont le contenu tendrait à exalter le souvenir d’un dirigeant de l’OAS.». L’Association des Anciens Appelés en Algérie Contre la Guerre (4ACG) avait incité ses adhérents à écrire dans le même sens au maire de Darney et à l’évêché de Saint-Dié.

Jeudi matin 9 juin, estimant que ce rassemblement constituait un trouble à l’ordre public, le préfet des Vosges avait pris un arrêté d’interdiction (voir ci-dessous). Mais, jeudi soir, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy enjoignait le préfet d’autoriser la manifestation dans laquelle il ne voyait qu’une cérémonie à caractère privé, familial. Le préfet autorisait donc la manifestation et demandait au maire d’ouvrir le cimetière et d’assurer la sécurité de la cérémonie. Dans le courant de l’après-midi, l’évêché avait fait savoir par un communiqué qu’il n’y aurait pas de culte en l’église de Darney.

Ci-dessous quelques compléments – et notamment deux liens vers des enregistrements.

[Mis en ligne au cours de la matinée du 9 juin 2011, mis à jour le 15 juin]

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Réhabilitations

Les méthodes d’Argoud : celles d’un assassin sans scrupules

Le Canard enchaîné du 8 juin le confirme, des nostalgiques de l’Algérie française rendront un hommage public au colonel Antoine Argoud, vendredi prochain à Darney. Après une messe en l’église de Darney, ils ont prévu de sceller sur sa tombe une plaque signée par l’OAS.

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Ce projet a provoqué de nombreuses réactions scandalisées, notamment de la part d’anciens appelés de la guerre d’Algérie. Un certain nombre d’entre eux ont écrit au maire de Darney et/ou aux responsables catholiques locaux pour protester contre une manifestation qui les choque profondément – nous reprenons ci-dessous quelques-unes de leurs lettres.

Un extrait du livre écrit par Antoine Argoud en 1974, que nous reprenons également, justifie le jugement porté par l’un d’entre eux :
«Les méthodes d’Antoine Argoud étaient davantage celles d’un assassin sans scrupule que d’un officier de l’Armée française».

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Réhabilitations

L’hommage au colonel Argoud des anciens de l’OAS

L’Association pour la défense des intérêts moraux et matériels des anciens détenus et exilés politiques de l’Algérie française (ADIMAD) a annoncé son intention de rendre un hommage public au colonel Antoine Argoud (1914 – 2004), l’un des derniers chefs de l’Organisation armée secrète (OAS). L’association des anciens de l’OAS veut fixer une plaque d’hommage sur la tombe d’Antoine Argoud – une nouvelle provocation de la part de ces tenants de l’Algérie française.

Rappelons qu’« il incombe au maire de prendre les mesures qu’exige le respect de l’ordre public6 » et de s’assurer que les inscriptions polémiques qui seront portées sur cette tombe ne sont pas susceptibles de troubler la sérénité d’un lieu voué au respect des défunts qui y reposent, et de leurs familles.

[Première mise en ligne le 26 mai 2011, mise à jour le 7 juin ]

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Les obsèques de Roger Gavoury à Alger le 3 juin 1961.
Les violences de l'OAS

L’assassinat de Roger Gavoury par l’OAS en mai 1961

Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, a été le premier haut fonctionnaire français victime de cette organisation symbole de terreur et de guerre civile.
Il a été assassiné à coups de poignard de parachutiste, le 31 mai 1961 à 23 h 30, à l’intérieur de son petit studio situé rue du Docteur Trolard à Alger, où un commando de l’OAS lui avait tendu un guet-apens7.

Pour l’historienne Anne-Marie Duranton-Crabol, l’assassinat de Roger Gavoury est un «élément-marqueur» dans l’histoire de l’OAS débutante. «Cruel hommage rendu à l’efficacité du commissaire principal d’Alger, payant les coups portés à l’Organisation par la cellule qu’il avait créée au sein de la Sureté urbaine, le meurtre servait d’avertissement pour tous ceux qui tenteraient de contrer le mouvement clandestin.8»

Son fils, Jean-François Gavoury – il avait 11 ans lors du décès de son père – perpétue sa mémoire au sein de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) dont il est le président-fondateur.

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