
Henri Alleg est mort
Son nom reste lié au recours à la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Inlassablement, il a dénoncé la colonisation comme un crime contre l’humanité.

Son nom reste lié au recours à la torture par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Inlassablement, il a dénoncé la colonisation comme un crime contre l’humanité.

Auteur d’une trentaine d’ouvrages sur l’histoire de l’Algérie et du nationalisme algérien, biographe de Messali Hadj et de Ferhat Abbas, Benjamin Stora explore depuis plus de trente ans le nationalisme algérien en en disséquant les continuités et les ruptures, les réalisations et les drames. Dans un entretien donné au Quotidien d’Oran et publié le 6 juillet 2013, il met en lumière les cheminements longs, complexes et sinueux qui aboutiront au FLN. Nous reprenons ci-dessous la version de cet entretien relue et corrigée par l’auteur.
Benjamin Stora est Professeur des universités à Paris 13. Dernier ouvrage paru : Voyages en postcolonies, Vietnam, Algérie, Maroc, éd. Stock 2012. A paraître, avec Jean-Baptiste Péretié : Camus brûlant, Septembre 2013, éd. Stock.
Ci-dessous un communiqué de presse, relatif à la publication du rapport 2011-2013 du Collectif des Familles de Disparu(e)s en Algérie (CFDA)
1 sur la situation des droits de l’Homme en Algérie : Le régime algérien à l’épreuve des droits de l’homme. L’illusion du changement.
Documents téléchargeables :
Cinquante ans après les Accords d’Evian et l’indépendance de l’Algérie, le temps semble venu de raconter la Guerre d’Algérie en regardant l’Histoire en face, sans tabous ni silences. Réalisé à partir d’archives colorisées, en grande partie inédites et provenant de sources très diverses, le documentaire Guerre d’Algérie, La déchirure, diffusé sur France 2 en mars 2012, retrace chronologiquement l’histoire de la Guerre d’Algérie.
Une sale guerre dans laquelle 1,5 millions de soldats français ont été projetés – 30 000 ne sont pas revenus – ; une guerre qui a entraîné la mort de centaines de milliers d’Algériens et la destruction de centaines de villages, qui a déraciné près d’un millions de Pieds-noirs de leur terre natale et vu l’abandon et le massacre de milliers de Harkis.

Le dernier numéro (235, daté de juin 2013) de la revue le délégué de l’Éducation nationale comporte un entretien avec Michel Lambart, vice-président de l’association Les Amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, repris ci-dessous.
Maintenir la mémoire de ces hommes attachés à l’idéal laïque et républicain, assassinés par l’OAS le 15 mars 1962 à Alger, contribue à empêcher une réécriture négationniste de l’histoire de la colonisation,

Né en 1915 dans l’Aude, Gaston Revel entre en 1936 dans l’École Normale d’Alger, où l’on est censé lui apprendre à « éduquer l’indigène ».
De 1940 à 1955, il enseigne, d’abord dans le bled – à Aïn-Tabia, un des douars de la commune mixte de Collo dans le Nord Constantinois – où il découvre la misère, puis à Bougie (Bejaïa). De ces années d’enseignement au plus près des populations, qu’il aime et respecte sans réserve, il a laissé un témoignage fort et très engagé, beaucoup de lettres, de carnets, d’articles de presse et de photographies.
En 1945, à Bougie, il s’engage au Parti Communiste Algérien : en 1953, il se présente aux élections municipales dans le second collège, réservé aux Algériens et il siège à leurs côtés. Il est expulsé d’Algérie en 1955. Il y revient après l’indépendance, et reprend son métier d’enseignant. En 1965 il rentre définitivement en France – il décède en 2001.
Ces textes, présentés et annotés par Alexis Sempé, permettent de percevoir ces années algériennes de l’intérieur, à travers l’engagement et les combats d’un instituteur de la République, adversaire résolu de la colonisation. Gaston Revel était également photographe amateur ; le livre est donc très largement illustré : près de 250 photographies jalonnent un parcours de trente ans.

Une place portant le nom de Fahrat Hached, leader du syndicat et du mouvement national tunisien a été inaugurée à Paris par Bertrand Delanoë, le 30 avril dernier.
Il y a 60 ans, le fondateur de l’UGTT était tué par le Service action du SDECE, comme le rappelle ci-dessous l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français.
Mais les autorités françaises n’ont toujours pas reconnu la vérité sur ce crime, comme sur d’autres commis contre des personnalités anticolonialistes.
Jean-Louis Marçot a publié récemment un ouvrage, Comment est née l’Algérie française (1830-1850). La belle utopie (éditions de la Différence, 2012), où il se penche sur «les alibis idéologiques de
l’entreprise coloniale française2» en Algérie.
Dans l’entretien repris ci-dessous, qu’il a accordé à Mémoires algériennes, il revient sur son passé familial pied-noir.

Colloque organisé par le Forum de Solidarité Euro-Méditerranéenne (FORSEM)
en partenariat avec l’ENS de Lyon, vendredi 5 avril 2013 de 9h à 21h.
École Normale Supérieure Lyon, 15 parvis René Descartes, 69007 Gerland, Salle F 08 (Métro B, station Debourg). Information : ">
Le FORSEM est une association fondée par des militants associatifs et des universitaires solidaires des soulèvements populaires dont certains pays de la rive sud de la méditerranée sont le théâtre depuis 2010 ; des soulèvements qui ont conduit aux renversements de chefs d’État et de régimes que l’on croyait jusqu’alors inamovibles, à commencer par Benali (Tunisie), Moubarak (Égypte), Ali Abdullah Saleh (Yémen), Kadhafi (Libye).
Rencontre organisée par : l’association Coup de soleil, la Société des études camusiennes et la Société des études saint-simoniennes,
le samedi 13 avril 2013, de 9h à 18h, à l’Institut du monde arabe
place Mohammed V, Paris 5e (entrée libre).
Pour télécharger la plaquette de présentation et le programme, cliquer sur ce lien.
À l’occasion de la sortie sur les écrans français du film de Gianni Amelio, adapté du dernier roman d’Albert Camus, Le premier homme – inachevé –, l’historien explique pourquoi nous avons « encore tant besoin de Camus ».
Un article de Jean Lacouture, publié dans Le Monde du 9 juin 1972, suivi de la présentation du témoignage de Jean Sprecher.
Pendant la guerre d’Algérie, un certain nombre d’Européens, allant à contre-courant de l’opinion conservatrice largement majoritaire dans la communauté des « pieds-noirs », s’efforcèrent de faire prévaloir une politique de réformes et de concessions, dans le but de préserver les relations futures entre les communautés.