4 000 articles et documents

Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Maghreb

Albert Camus et l’indépendance de l’Algérie

Camus est décédé plus de deux ans avant l’indépendance de l’Algérie, mais il avait toujours refusé d’admettre cette évolution. Mouloud Feraoun en témoigne dans l’extrait de son Journal que nous reprenons ci-dessous.

En janvier 1958, Camus écrivait : « en ce qui concerne l’Algérie, l’indépendance nationale est une formule purement passionnelle. Il n’y a jamais eu encore de nation algérienne1 ».
Pour Christiane Chaulet-Achour, Albert Camus n’a jamais accepté l’idée «d’une nation algérienne indépendante où les Français d’Algérie qui voudraient continuer à vivre dans leur pays le pourraient, en acceptant un statut de minoritaires 2».

Comme Areski Metref l’a écrit, «le drame de Camus, marqué par son enfance pauvre à Belcourt dans l’Alger coloniale, c’est qu’il appartenait aux colonisateurs par l’origine et aux colonisés par la condition sociale3».

Lire la suite »

Oran, juillet 1962 : le rapport du général Katz

La recherche de la vérité est une exigence que la Ligue des droits de l’Homme ne cesse de rappeler. Mais il est peu probable que l’on puisse établir un jour, de façon indiscutable, ce qui s’est passé à Oran le 5 juillet 1962.

Deux articles, l’un de Pierre Daum, l’autre de Fouad Soufi, sont revenus sur cette journée. Nous ajoutons ci-dessous un document complémentaire à ce dossier : le rapport du général Katz, commandant en chef à Oran, sur cette journée “maudite”.

Lire la suite »
feraoun_berberes.jpg
Chateau-Royal, mars 1962

 2013 : centenaire de la naissance de Mouloud Feraoun

Il est intéressant, dans la mesure où cet écrivain reste assez méconnu en France – même si l’on peut saluer la réédition5, à l’occasion du cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie et de celui des Accords d’Evian, du Journal de cet écrivain en collection Seuil Points qui met ainsi à la portée de tous un écrit essentiel de cette guerre – il est donc intéressant de chercher de l’autre côté de la Méditerranée (même quand elle s’édite dans des circuits périphériques en France) ce qui s’est écrit pour le cinquantenaire de son assassinat (mars 1962) ou le centenaire de sa naissance (2013). 6

Ci-dessous un dossier établi par Christiane Chaulet Achour.

Lire la suite »

Camus et les nostalgiques de l’Algérie française, par Benjamin Stora

Évincé de l’exposition sur Albert Camus qui était prévue à Aix-en-Provence, et après avoir exposé le déroulement de ce mauvais scénario dans un livre écrit avec Jean-Baptiste Péretié, Camus brûlant7, Benjamin Stora revient sur la polémique et décrypte les survivances idéologiques d’une période qui demeure conflictuelle.

Ci-dessous un article de Renaud de Rochebrune, paru le 15 septembre 2013 dans Jeune Afrique n° 2749.

Lire la suite »
la_source.jpg
Livres et films sur la guerre d'Algérie

La source – mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956, par Claire Mauss-Copeaux

Menée en Algérie par les Français, la guerre coloniale a été marquée
par de nombreuses violences contre la population civile algérienne,
accusée de soutenir les nationalistes.

Les responsables ont tenté de les dissimuler, de les effacer ou de les nier.
Mais est-il possible d’oublier ce qui s’est passé à Oudjehane?
Dans ce hameau de la presqu’île de Collo, le 11 mai 1956, plus de 70
personnes, des hommes, des femmes et des enfants, ont été massacrées
par des soldats du 4e BCP.

Soixante ans après les faits, André, un vétéran a tenté de savoir. En
menant ses recherches sur la Toile, il a rencontré Nour un proche des
massacrés préoccupé lui aussi par l’histoire d’Oudjehane. Nour a
accepté le dialogue que lui proposait André. Depuis leur rive, ils ont
discuté, échangé leurs découvertes et leurs interrogations. Informée
par André, l’historienne Claire Mauss-Copeaux les a rejoints. Elle a enquêté auprès des témoins en France et en Algérie. En Algérie, des survivants l’ont accueillie et accompagnée jusqu’aux ruines du hameau. Ce livre, dédié aux gens d’Oudjehane, est aussi l’histoire d’une rencontre et d’un cheminement accompli ensemble vers ce matin tragique du mois de mai 1956.

Claire Mauss-Copeaux, historienne de la guerre d’Algérie et des violences de guerre, est l’auteur d’un livre pionnier devenu un classique : Appelés d’Algérie, la parole confisquée8. Comme quelques autres, elle pense que si l’historien doit décrire les faits, il ne peut pas occulter les malheurs qui les ont accompagnés et les souffrances qu’ils continuent de provoquer.

Lire la suite »
camus_brulant.gif
Albert Camus et l'Algérie

Camus brûlant, par Benjamin Stora

On n’a pas oublié les polémiques qui ont accompagné en 2012 le projet d’exposition sur Camus dont l’inauguration était prévue à Aix-en-Provence en septembre 2013. Intitulée “Albert Camus, l’étranger qui nous ressemble”, ce devait être un des principaux événements de “Marseille-Provence 2013” (MP 2013). L’historien Benjamin Stora et le documentariste Jean-Baptiste Péretié étaient officiellement chargés de cette exposition, mais on apprenait au cours de l’été que la maire (UMP-Droite populaire) d’Aix-en-Provence, Maryse Joissains, avait décidé de les dessaisir.

Les raisons de ce limogeage ne sont pas toutes connues mais il semble qu’ils aient été des victimes collatérales de «la tentative de récupération idéologique» dont Albert Camus fait l’objet de la part de l’extrême droite. Comme ils l’exposent dans un livre paru le 4 septembre 2013, Camus est toujours brûlant9.

L’oeuvre de Camus est intimement liée à l’Algérie. Benjamin Stora saisit l’occasion de la parution de ce livre pour nous présenter la complexité et l’actualité de la pensée d’un homme qui se situait entre deux rives.

Lire la suite »

Albert Camus face à la question algérienne, par Christiane Chaulet Achour

Une analyse critique par Christiane Chaulet Achour, professeur de Littérature comparée à l’Université de Cergy-Pontoise, de la position d’Albert Camus dans la guerre d’Algérie/guerre de libération nationale.

Cette intervention dans le cadre de l’Université populaire de Chambéry, le 14 octobre 2011, paraîtra dans les Actes du colloque « 50 ans après les accords d’Evian ».

Lire la suite »

“La question” : histoire d’un maître-livre du XXe siècle, par Alain Ruscio

L’émotion quasi unanime ressentie, en France et en Algérie, lors de la disparition d’Henri Alleg, s’explique. Homme du courage – physique et moral – homme de la conviction, homme de la fidélité : quelles qualités de plus peut-on imaginer ?

Tous ont rappelé le choc qu’avait été, lors de la guerre d’Algérie pour les plus anciens, plus tard pour les autres, la lecture de La Question. Ce qui a fait la force de cet ouvrage, outre la dénonciation des faits, fut son ton tranquille, sans emphase, sans indignation démonstrative, même lorsqu’il s’agissait des actes les plus ignobles subis par le narrateur.

L’écriture, la publication, enfin la diffusion de ce livre ont une histoire, par trop méconnue10.

Lire la suite »

nouvel assassinat d’un leader de la gauche tunisienne

Presque six mois après le meurtre de Chokri Belaïd, Mohamed Brahmi, autre grande figure de l’opposition tunisienne, a subi le même sort : il a succombé aux blessures occasionnées par des coups de feu dont il a été la cible devant son domicile le 25 juillet matin. Les autorités tunisiennes viennent d’établir que les deux hommes avaient été tués par la même arme et probablement par le même homme.

Dans un entretien au Monde, le président tunisien, Moncef Marouzki a dénoncé « la même opération de déstabilisation » que lors du meurtre de Chokri Belaïd : « Il y a un lien politique entre ces deux affaires – déstabiliser la Tunisie, l’empêcher de réussir sa transition – et la volonté de semer la zizanie entre les forces politiques. »

Lire la suite »