4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 mars 2026

Maghreb

Les massacres du Nord-Constantinois en 1945

La mémoire du 8 mai 1945,
enjeu d’instrumentalisation par le pouvoir
en Algérie

Le 8 mai 1945 est un enjeu politique en Algérie. Le président Tebboune a annoncé la création d’une « Journée nationale de la Mémoire » et d’une chaîne thématique sur l’histoire. Le pouvoir, fortement contesté par le hirak, tente maintenant de faire de cet événement majeur, longtemps écarté de l’histoire officielle, un outil pour se légitimer et mettre au pas le travail historique. Le conseiller du président chargé de la mémoire nationale, directeur des Archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, a pris à partie les historiens algériens, demandé « la création d’une approche algérienne de l’histoire de l’Algérie » et stigmatisé globalement « la France ». En revanche, dans un entretien à l’APS, l’historien Hassan Remaoun a souligné qu’un grand travail a été mené depuis 1962 par de nombreux historiens algériens et aussi qu’« il existe en France des citoyens, des historiens, associations et autres institutions qui mènent un combat permanent pour que la vérité soit reconnue et justice rendue aux victimes de la colonisation ». Notre site a consacré depuis vingt ans plusieurs centaines d’articles au 8 mai 1945.

Lire la suite »
Algérie

Six ouvrages importants de Benjamin Stora
réédités et réunis en un volume

Benjamin Stora, qui a quitté son Algérie natale encore adolescent, a grandi en France où il a fait des études d’histoire. Il a été l’un des premiers chercheurs à travailler dans l’université française sur l’histoire du mouvement national algérien et la guerre d’Algérie. Il a aussi écrit sur son parcours personnel et celui de sa famille, depuis son enfance dans le quartier juif de Constantine jusqu’à son engagement militant à l’extrême gauche, et ses désillusions. Six de ses livres parus entre 2003 et 2015, qui rendent compte de son itinéraire courageux, sont rassemblés par les éditions Robert Laffont dans un volume de sa collection « Bouquins » intitulé Une mémoire algérienne. Y compris son analyse sans complaisance des rapports du général de Gaulle et de François Mitterrand à l’Algérie.

Lire la suite »
Depuis 1962

Sur le livre de Jean-Pierre Filiu,
« Algérie, la nouvelle indépendance » :
les réactions de Tahar Khalfoune, Daniel Rivet
et Gilles Manceron

L’historien arabisant Jean-Pierre Filiu a publié en décembre 2019, aux éditions du Seuil, un essai intitulé « Algérie, la nouvelle indépendance ». Il souligne l’importance du mouvement déclenché en Algérie depuis le 22 février 2019, le hirak, où, dans tout le pays, des foules nombreuses d’hommes et de femmes exigent de reprendre le pouvoir aux mains d’une hiérarchie militaire protégée dans son arbitraire par un pouvoir civil de façade. Nous publions sa présentation par l’éditeur et les réactions à ce livre écrites pour notre site par le juriste Tahar Khalfoune, l’historien Daniel Rivet, spécialiste du Maroc et plus généralement du Maghreb, ainsi que la note de lecture de Gilles Manceron.

Lire la suite »
Français, musulmans, juifs d'Algérie

Les contradictions des socialistes européens dans l’Algérie coloniale, par Claire Marynover

Dans son livre, L’Algérie à gauche, Socialistes à l’époque coloniale, que Claire Marynower a publié aux Presses Universitaires de France (PUF, 2018), cette historienne et maîtresse de conférences à Sciences-Po Grenoble explique le rôle particulier et contradictoire qu’ont joué au début du XXe siècle les colons français de gauche dans l’Algérie française. Elle souligne l’ambigüité et la grande inefficacité de leurs positions. Nous reproduisons l’avant-propos de ce livre qui éclaire un pan oublié de l’histoire coloniale, ainsi que les journaux — dans les pages desquels on peut se déplacer — et les illustrations que « RetroNews », le site de presse de la Bibliothèque nationale de France (BnF), a choisis pour accompagner ce texte.

Lire la suite »
Les méthodes de l'armée française

L’ex-appelé Jacques Inrep, qui avait transmis des documents sur la torture à Pierre Vidal-Naquet, témoigne d’un combat qui se poursuit

C’est grâce aux témoignages et aux documents qui lui ont été transmis que Pierre Vidal-Naquet a pu établir que la pratique de la torture durant la guerre d’Algérie a été institutionnalisée par l’armée française. L’une de ses principales sources fut l’appelé Jacques Inrep, qui, à la veille de sa démobilisation en août 1961, a photographié à la sauvette des documents tamponnés « secret » qui prescrivaient explicitement d’y recourir. Ci-dessous le récit de son acte courageux et de sa rencontre avec l’historien. Leur combat continue. Depuis peu, des instructions cherchent à entraver au mépris de la recherche historique la consultation de ce type de documents dans les archives publiques. La pétition lancée en février 2020 pour protester contre ce scandale réunit des milliers de signatures.

Lire la suite »
Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

La « doctrine de la guerre révolutionnaire », genèse, mise en œuvre et postérité,
par François Gèze

De 1955 à 1959, la doctrine officielle de l’armée française, dite de la « guerre révolutionnaire » (DGR) et visant à « conquérir les cœurs et les esprits » de la population au sein de laquelle évoluait l’« ennemi » en Algérie, préconisait des méthodes « non conventionnelles » : action psychologique et désinformation, déplacements forcés de population, disparitions forcées, torture, exécutions extrajudiciaires, recours aux milices de supplétifs. Il est important de mieux connaître cette doctrine « antisubversive », car certains de ses axes structurants ont retrouvé depuis les années 1990 une actualité au sein des forces armées des puissances occidentales. Et ils imprègnent de plus en plus l’imaginaire de guerre de nombre de leurs dirigeants.

Lire la suite »
Algérie coloniale (1830 - 1962)

La conquête française
et la résistance populaire de l’Algérie
résumées par Jacques Frémeaux

Le professeur d’histoire émérite à la Sorbonne, Jacques Frémeaux, a résumé dans un entretien pour le site de presse de la Bibliothèque nationale de France (BnF), « RetroNews », le déroulement de la conquête française de l’Algérie. Nous reprenons ce résumé avec les liens vers les documents historiques publiés par ce site. Ainsi que l’émission de France inter sur l’insurrection de Kabylie lancée par Fatma N’Soumer dans les années 1854-1856, qui témoigne, au-delà de la guerre menée par Abd el-Kader de 1832 à 1847, de la permanence, tout au long du XIXe siècle, de la résistance des populations algériennes à la colonisation française.

Lire la suite »
1945-1962

Anna Gréki, militante de l’indépendance algérienne et poète

L’Algérienne Colette Grégoire, née à Batna le 14 mars 1931, passa son enfance dans un village des Aurès, obtint le bac à 16 ans, puis suivit des études de lettres à la Sorbonne. Amoureuse du brillant étudiant algérien originaire de Tlemcen, Ahmed Inal, elle rentra avec lui en Algérie pour combattre pour l’indépendance — il mourra à 25 ans, en octobre 1956, officier de l’ALN dans la Wilaya 5. Arrêtée en mars 1957, Colette fut torturée par les militaires français. C’est en détention que cette jeune femme, belle et passionnée, commença à écrire. Ci-dessous l’article d’Hervé Sanson dans Mediapart sur l’anthologie de poèmes et d’articles signés d’Anna Gréki publiée en 2019 par les éditions Terrasses. Ainsi que des extraits du livre d’Abderrahmane Djelfaoui, Anna Gréki. Les mots d’amour, les mots de guerre, paru en 2016 aux éditions Casbah.

Lire la suite »
Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Un tortionnaire qui raconte ses crimes
et n’en a pas honte…
Une société qui ne trouve rien à lui dire…

« Comment tant de jeunes ont pu dans la guerre d’Algérie se livrer à des crimes ? » ; « Les amnisties font qu’ils ne relèvent d’aucun tribunal, mais peut-on se satisfaire de ce que certains les assument sans que la société n’exprime aucune condamnation à leur égard ? » Telles sont les questions que pose le livre où l’ancien appelé en Algérie, Claude Juin, docteur en sociologie, commente, avec Muriel Montagut, psychologue, le dialogue qu’il a eu en 2013 avec un ancien camarade de régiment qui a basculé dans la torture et les crimes. Ci-dessous la préface de Michel Wieviorka, un article de Libération, ainsi qu’une réflexion de la juriste Magalie Besse sur la notion de « justice transitionnelle » et une contribution de Gilles Manceron invitant la société française à trouver les moyens, malgré l’amnistie, de « dire la justice », pour en finir avec ses « poches d’impunité » et son « silence complice ».

Lire la suite »
Algérie post 1962

Un an de hirak en Algérie : la résurgence de la mémoire de la lutte pour l’indépendance

Juste un an après le déclenchement d’un mouvement social sans précédent en Algérie, le livre intitulé Hirak en Algérie. L’invention d’un soulèvement sort en librairie le 21 février 2020. Publié aux éditions Hazan, il est dirigé par Omar Benderra, François Gèze, Rafik Lebdjaoui et Salima Mellah. Nous publions ci-dessous sa présentation par l’éditeur, la table des matières et un lien vers le résumé des chapitres sur le site de l’association Algeria-Watch à l’origine de ce livre. Ainsi que de larges extraits de l’un de ceux-ci : le texte de Hassina Mechaï : « Le résurgence de la mémoire de la lutte contre le colonialisme français ».

Lire la suite »
Depuis 2012

Des médias algériens attentifs aux demandes des historiens aux autorités françaises pour l’ouverture des archives

Certains médias algériens portent une grande attention aux demandes des historiens adressées aux autorités françaises pour l’ouverture des archives et la reconnaissance des crimes de l’armée française en Algérie. Ci-dessous l’entretien avec l’historienne Sylvie Thénault publié le 24 décembre 2019 par El Watan et l’émission de la radio Alger Chaîne 3 avec Gilles Manceron à l’occasion de sa venue en 2018 au Salon du livre d’Alger. Cette attention n’est pas toujours partagée, comme on peut le voir dans un article du Quotidien d’Oran du 26 janvier 2020, à propos des nouvelles déclarations d’Emmanuel Macron sur le passé colonial de France et la colonisation de l’Algérie tenues dans l’avion qui le ramenait de Jérusalem à Paris dans la nuit du 23 au 24 janvier 2020.

Lire la suite »
Algérie post 1962

Yves Mathieu et l’aube de l’Algérie indépendante

« Algérie du possible » : c’est le titre du très beau film consacré par sa fille, la réalisatrice Viviane Candas, à l’histoire d’Yves Mathieu (1924-1966), avocat et militant communiste et anticolonialiste, « Pied-rouge », mort dans un douteux « accident » automobile impliquant un camion militaire, en mai 1966 dans le Constantinois. A l’heure où des « possibles » sont à nouveau ouverts en Algérie, nous proposons ici, outre le film lui-même, deux recensions publiées lors de sa sortie en 2016 et un débat filmé relatif à l’expérience autogestionnaire algérienne. Une expérience dont Yves Mathieu fut un acteur majeur et sur laquelle le film de Viviane Candas apporte, à l’aide d’images d’archives et de témoignages inédits, un éclairage précieux.

Lire la suite »