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Édition du 1er au 15 février 2026

Algérie coloniale (1830 – 1962)

Les enseignants français en Algérie 1945-1965, par Aïssa Kadri

Le 15 mars 1962 a vu l’assassinat par les commandos de l’OAS de six instituteurs algériens et européens mêlés, qui étaient engagés pour l’Algérie, pour les Algériens et pour l’indépendance : Mouloud Feraoun, Max Marchand, Ali Hamoutène, Salah Ould Aoudia, Robert Eymard et Marcel Basset, auxquels il faut rendre hommage en cette date anniversaire. Dans le retour de mémoires sur la guerre d’Algérie, celle des instituteurs et enseignants a été assez inaudible jusque-là.

Un ouvrage en cours de parution aux éditions Sudel UNSA, Instituteurs et enseignants en Algérie. Les luttes enseignantes dans la décolonisation 1945 – 1965 par Aïssa Kadri et Ahmed Ghouati, analyse cet engagement d’un point de vue socio-historique.

L’occasion de rappeler quelques chiffres concernant la scolarisation dans l’Algérie coloniale.

[Publié le 15 mars, complété le 20 mars 2008]
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Page 159 de Challenging De Gaulle.
Chateau-Royal, mars 1962

Le massacre du 15 mars 1962 à El Biar : qui étaient les assassins ?

Il y a une vingtaine d’années, l’historien américain Alexander Harrison a réalisé des entretiens avec d’anciens activistes de l’OAS, pour le livre Challenging de Gaulle – The OAS and the conterrevolution in Algeria – 1954-1962 qu’il a publié en 19891. L’ouvrage comporte des informations précises concernant l’assassinat des six inspecteurs des Centres sociaux éducatifs à Alger le 15 mars 1962 : d’après les témoignages qu’il a recueillis, Gabriel Anglade, aujourd’hui présent sur la liste du maire sortant de Cagnes-sur-Mer, et Joseph Rizza étaient à la tête des commandos delta 5 et delta 9 de l’OAS.

L’ouvrage publie une photo, prise à Nice en 1979, qui représente l’auteur en compagnie notamment de Gabriel Anglade, dont la légende précise que ce dernier a fait feu sur l’écrivain algérien Mouloud Feraoun.

Ci-dessous : la traduction d’un extrait du livre d’Alexander Harrison, suivie du texte d’origine en anglais. Puis un extrait d’un autre ouvrage publié en 2001, réédité en 2006, qui reprend les mêmes informations.

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1945-1962

Un colloque à Oran, en hommage à Mohammed Harbi

Le colloque “Mohammed Harbi, un historien à contre-courant”, organisé par Avempace Institution, en partenariat avec le journal El Watan et le Centre culturel français d’Oran (CCF), s’est déroulé les 30 et 31 janvier 2008. Plusieurs spécialistes algériens et étrangers, ainsi que Mohammed Harbi, ont participé à cette rencontre2.

Mohammed Harbi a clôturé le colloque en insistant sur le fait que la lutte contre tout colonialisme pose le problème du rejet de la servitude, de la soumission et de l’allégeance. «Pour comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui, a-t-il déclaré, il faut relire de façon critique l’histoire et ce que nous avons fait hier».

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Tinfouchi, bagne secret de la France coloniale

Dans un article récent, l’historien Jean-Charles Jauffret rappelle l’existence de ce bagne militaire, à mi-chemin entre Béchar et Tindouf, où furent envoyés des cas disciplinaires ainsi que des «soldats du refus» de la guerre d’Algérie.

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Le témoignage de Bachir Hadjadj

Le prix Seligmann 2007 attribué à Bachir Hadjadj pour son ouvrage « les voleurs de rêves »

L’intervention prononcée à la Sorbonne par Bachir Hadjadj, mardi 22 janvier 2008, lors de la remise officielle du prix Seligmann 2007 Contre le racisme qui a été attribué à son ouvrage Les voleurs de rêves, édité en 2007 aux Editions Albin Michel avec une préface de Jean Lacouture3.

Vous trouverez par ailleurs sur ce site une présentation de cet ouvrage ainsi que des extraits réunis sous le titre une éducation coloniale (1944-1954).

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Siné (L'Express, juillet 1960).
Les résistances à la guerre d'Algérie

Ils ont dit “non” à la guerre sans nom, par Tramor Quemeneur

Près de 15 000 jeunes Français ont été insoumis, déserteurs ou objecteurs de conscience pendant la guerre d’Algérie — la même proportion de refus que celle des jeunes Américains pendant la guerre du Vietnam.

Ce fait, qui n’avait jusqu’à présent pas été révélé, ressort de la grande thèse que Tramor Quemeneur a soutenue en octobre 2007, au terme d’une étude longue et fouillée qui s’appuie sur une masse considérable d’archives déposées au service historique de l’armée française.

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1920. Mon père, Brahim, debout, légèrement de coté et son père Saïd assis sur une chaise, personnages magnifiques dans leurs somptueux habits traditionnels.
Le témoignage de Bachir Hadjadj

Une éducation coloniale (1944-1954) – 1. Bachir à l’école

Bachir Hadjadj est né en 1937 en Algérie. Il a grandi dans un petit village de la région de Sétif, au milieu des hauts plateaux du Nord de l’Algérie. Ce village s’appelle aujourd’hui Chelghoum Laïd, mais du temps de la colonisation de l’Algérie par la France, il portait le nom de Châteaudun du Rhumel.

Il nous expose ce qu’a été son éducation à l’époque de la colonisation française, avant le déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne.4

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Une éducation coloniale (1944-1954) – 3. Les deux mondes

Après son passage à l’école de Châteaudun du Rhumel, puis au lycée de Constantine, Bachir Hadjadj conclut dans ce dernier extrait de son livre : «Peu à peu, nous n’avons plus eu rien à nous dire ; les dés étaient jetés. Et il me semblait bien qu’avec eux les rêves, s’il en restait encore, pour revivre dans un même monde de “liberté, d’égalité et de fraternité”, s’étaient définitivement envolés.»

Cette page termine l’évocation de son éducation à l’époque de la colonisation française6.

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“Interner en République : le cas de la France en guerre d’Algérie” par Sylvie Thénault

Pendant la guerre d’Algérie, la République a eu recours à des mesures d’exception, comme l’internement des suspects. Cette pratique étant contraire à la défense des libertés, elle pose la question de savoir ce qui distingue la République de régimes dictatoriaux, qui reposent sur l’arbitraire. Trois caractéristiques peuvent ainsi être dégagées en République : l’absence de projet liberticide, la nécessité d’un encadrement juridique et l’existence d’un espace public.

Cet article de Sylvie Thénault, de l’Institut d’histoire du temps présent, a été publié en septembre 2003 dans Amnis, revue de civilisation contemporaine de l’université de Bretagne Occidentale.

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Bertrand Delanoë et Simone de Bollardière inaugurent le carrefour (photo H.P.).
Les résistances à la guerre d'Algérie

L’hommage de Paris au général Jacques de Bollardière

Bertrand Delanoë, maire de Paris, a officiellement inauguré le 29 novembre 2007, un carrefour du nom de Jacques Pâris de Bollardière à quelques pas de l’Ecole militaire. Le Conseil de Paris avait pris cette initiative en hommage à l’ancien compagnon de la Libération, devenu en 1956 le plus jeune général de l’armée française, dont le nom reste associé au combat contre la torture pendant la guerre d’Algérie. Pour avoir dénoncé publiquement l’utilisation de «méthodes contraires aux traditions de l’armée», ce “Juste” avait été condamné à soixante jours de forteresse.

Jeudi, aux côtés de Simone de Bollardière, la veuve du général, et de ses trois filles, se tenaient de nombreux Algériens, ainsi qu’André Gazut. Ce cinéaste a réalisé en 1974 un film sur le seul officier supérieur français à avoir condamné ouvertement la pratique de la torture pendant la guerre d’Algérie. Ce film, jamais diffusé sur une chaîne nationale de télévision française, a été projeté à Toulon le 17 octobre 2001 en présence du réalisateur et de Simone de Bollardière qui avait notamment déclaré : « il faut savoir désobéir, apprendre à dire NON ! ».

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