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Édition du 15 février au 1er mars 2026

1945-1962

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Livres et films sur la guerre d'Algérie

La guerre d’Algérie vue par les Algériens, de Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Les deux auteurs précisent d’emblée, dans une note de la quatrième de couverture, l’ambition de leur livre : «rapporter, à partir de toutes les sources possibles, un récit, lisible par tous, de cette guerre telle qu’elle a été vue, vécue et relatée par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes. Comme l’aurait fait, en historien, un hypothétique envoyé spécial français de l’autre côté de la “ligne de front” pendant le conflit. »

Ils poursuivent : «Ce changement de perspective permet de jeter un regard neuf sur ce qu’on appelle généralement, du côté algérien, la guerre d’indépendance, la guerre de libération nationale ou la Révolution. Qu’il s’agisse des dates essentielles, du nombre des victimes, du déroulement des batailles, du comportement des populations civiles, des rapports entre Européens et Algériens, de l’utilisation de la violence ou de la torture, des objectifs de la lutte ou, bien sûr, des “héros”, tous les aspects du conflit, et notamment les plus tragiques, prennent un jour totalement différent.»

Ci-dessous la présentation de cet ouvrage publiée dans le Magazine de la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le 26 mars 2012.

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La place de la Bastille et la grande poste d'Oran.
Les mouvements nationalistes

Oran, avril 1949 : hold-up à la grande poste, par Benjamin Stora & Renaud de Rochebrune

Dans leur ouvrage consacré à La guerre d’Algérie vue par les Algériens1, Benjamin Stora et Renaud de Rochebrune font figurer en bonne place l’attaque de la grande poste d’Oran en avril 1949 : il s’agissait pour de jeunes nationalistes de trouver de l’argent afin de pouvoir financer les activités à venir de l’organisation spéciale (OS), bras armé du PPA-MTLD.

Ci-dessous l’extrait du premier chapitre de ce livre, où les deux auteurs narrent cet épisode peu connu de l’histoire du mouvement national algérien.

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Les exactions : torture, viols, exécutions extrajudiciaires

Ces appelés qui ont dit non à la torture, par Xavier Jacquey

En 1959, âgé de 22 ans, le jeune Xavier Jacquey, appelé pour son service militaire est affecté comme infirmier dans le Sud-Oranais. Quarante ans plus tard, devenu psychiatre, il redécouvre les lettres qu’il avait alors adressées à ses parents, puis il les publie dans ce petit livre.

Il y parle du quotidien, des conditions précaires des nomades, des exactions des militaires, de ses démêlés avec ses supérieurs. Un témoignage sur une guerre où la torture est banalisée… mais qui lui permet de «découvrir» que, «dans mon secteur, là où où les troupes françaises commirent des exactions, nous avions été […] relativement nombreux à nous y opposer».

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Henri Alleg
Les résistances à la guerre d'Algérie

Henri Alleg : “l’idée internationaliste était primordiale dans notre engagement”

Un entretien donné par Henri Alleg, grande figure du combat anticolonialiste, qui continue de plaider 
pour que la torture et les crimes 
de guerre commis pendant 
la guerre d’Algérie soient reconnus officiellement.

Les propos ont été recueillis par Rosa Moussaoui et publiés dans l’édition du 10 mars 2012 du quotidien L’Humanité.

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Life, 3 octobre 1955.
Soulèvement et répression du Nord-Constantinois (août 1955)

“Algérie, août 1955 : la mort filmée en direct”, par Marie Chominot

Les informations apportées par les archives, qu’elles soient textuelles ou iconographiques, peuvent toujours être trafiquées et donc contestées. Afin de résoudre les interrogations que peuvent poser les documents, la démarche historique s’applique à croiser les sources et à les analyser.

En ce qui concerne les événements du 20 août 1955, nous avons déjà présenté le livre que Claire Mauss-Copeaux leur a consacré. Aujourd’hui, Marie Chominot revient en détail sur l’histoire d’une vidéo actuellement disponible sur internet. Les images, extraites d’un film d’actualités, ont été prises le 22 août 1955, au cours des représailles qui ont frappé les habitants d’Aïn Abid, un petit village proche de Constantine. Elles sont connues et documentées par les historiens depuis des années2, mais elles suscitent encore aujourd’hui des interprétations erronées et restent instrumentalisées pour générer des polémiques.

Marie Chominot est docteure en histoire contemporaine. Son livre, consacré à la guerre par l’image en Algérie, sortira début 2013 aux éditions Payot.

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“Pacification en Algérie”, par André Gazut

Le choc de photographies de torture vues en novembre 1956 dans sa rédaction va bouleverser la vie d’un jeune reporter-photographe. Incorporé en Algérie à l’âge de vingt ans comme infirmier dans les parachutistes, André Gazut déserte. Obsédé par cette guerre qu’il s’est refusé de faire, il couvrira une quinzaine de conflits comme réalisateur.

En 1960, il entre à la Télévision suisse romande. Il a été le caméraman du documentaire Le Chagrin et la pitié de Marcel Ophüls en 1969. Réalisateur de nombreux reportages pour le magazine suisse Temps présent, en 2002 il réalise pour ARTE la Pacification en Algérie3, un documentaire dénonçant la pratique de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie, que vous pourrez voir ci-dessous en deux parties, accompagnées de commentaires extraits du dossier de presse4 – une liste chronologique des intervenants peut aider à se repérer dans les deux vidéos.

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Les camps

“Le camp de Lodi” par Nathalie Funès

Le village de Lodi, à une centaine de kilomètres au sud-ouest d’Alger, près de Médéa, incarne un épisode occulté de l’histoire. Parmi la dizaine de « centres d’hébergement », qui ont été créés en Algérie à partir de 1954, c’est au camp de Lodi que des centaines de pieds-noirs sympathisants de l’indépendance ont été enfermés de façon arbitraire. Des années durant, ils ont croupi dans des baraques délabrées, entourées de barbelés, inspectées jour et nuit par une armée de gendarmes mobiles, loin des regards indiscrets et des grandes villes. Sans avoir été jugés ni même inculpés. Sur simple arrêté préfectoral, la « lettre de cachet » des années noires du conflit algérien.

C’était le camp des Français. Là-bas se sont croisés médecins, architectes, cheminots, gaziers, électriciens, résistants de la Seconde guerre mondiale, anciens internés de Dachau… Parmi eux Georges Hadjadj, dernier voisin de cellule de Maurice Audin, ce jeune professeur de mathématiques «disparu» après une ultime séance de gégène, Albert Smadja, l’avocat de Fernand Iveton, seul Français du conflit guillotiné pour avoir tenté de faire sauter une bombe, mais aussi Henri Alleg, auteur de La Question, arrivé à l’été 1957, après avoir été torturé des jours durant par les parachutistes. Et beaucoup d’autres encore.

Nathalie Funès est journaliste au Nouvel Observateur. Elle est l’auteur de Mon oncle d’Algérie (Stock, 2010). Ci-dessous, l’introduction du Camp de Lodi.

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1945-1962

“l’Algérie, c’était la France” … sans blague ?

Peut-on aujourd’hui parler de la guerre d’Algérie de façon dépassionnée ? Cinquante ans après les Accords d’Évian, les débats sont toujours vifs, les clichés tenaces et les idées reçues nombreuses – « Ce n’était pas une guerre, mais des opérations de maintien de l’ordre », « La torture était nécessaire », etc.

Dans son dernier ouvrage, l’historienne Sylvie Thénault passe en revue les moments-clés de ce conflit, analyse les séquelles encore vives et leur impact sur les mémoires. On se rappelle par exemple le “raisonnement” tenu par François Mitterrand, alors ministre de l’Intérieur du gouvernement de Pierre Mendès-France, le 12 novembre 1954 à la tribune de l’Assemblée nationale: «il se trouve que l’Algérie, c’est la France, parce qu’il se trouve que les départements de l’Algérie sont des départements de la République française 5».

Vous pourrez prendre connaissance ci-dessous, à la suite de son sommaire, du chapitre intitulé « L’Algérie, c’était la France » du livre de Sylvie Thénault, où l’historienne se penche sur la réalité de l’attachement des Français à l’Algérie.

Sylvie Thénault, chargée de recherche au CNRS – Centre d’histoire sociale du xxe siècle –, a récemment publié Violence ordinaire dans l’Algérie coloniale. Camps, internements, assignations à résidence.

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Oran 1962 - d'après Guy Pervillé, Atlas de la guerre d'Algérie (éd. autrement 2003)
Oran 1962

L’OAS a fait un millier de victimes civiles algériennes à Oran

Le massacre des Européens d’Oran au moment de l’indépendance algérienne commence à être connu en France, et reconnu par les pouvoirs publics. Certains rapatriés d’Algérie en avaient fait une de leurs revendications mémorielles fondamentales.

L’historien algérien Fouad Soufi écrivait en novembre 2000 : « Le 5 juillet 1962, alors que partout la population algérienne célèbre la fête de l’indépendance, dans le centre de la ville d’Oran, des hommes, des femmes et des enfants algériens et européens trouvent la mort dans des conditions atroces, non encore élucidées, tandis que dans un quartier périphérique des Européens sont sauvagement assassinés.6»

Dans Le Monde diplomatique de janvier 2012, Pierre Daum revient sur le sujet : «[…] la fête se transforma soudain en tuerie. Pendant quelques heures, une chasse à l’Européen s’organisa, et des dizaines, voire des centaines d’hommes et de femmes furent massacrés à coups de couteau, de hache et de revolver.»

D’autres attentats meurtriers intervenus auparavant sont, en revanche, à peu près complètement ignorés en France : ceux visant des civils algériens que l’OAS a multipliés à Alger et à Oran au cours de la période allant de début janvier à début juillet 1962.

À Oran, l’historien algérien Saddek Benkada a dénombré 859 victimes civiles algériennes, entre le 1er janvier et le 30 juin 1962. Un événement particulièrement traumatisant fut l’explosion simultanée de deux voitures piégées, le 28 février 1962, un soir de ramadan, au cœur du quartier algérien de Medina Jdida – c’était le premier attentat de ce type dans l’histoire de l’Algérie. Il y eut ce jour-là 78 morts, sans compter les corps non identifiables… Ci-dessous, un petit dossier sur
cet aspect mal connu de la fin de la guerre d’Algérie.

[Mis en ligne le 26 février 2012, mis à jour le 27]

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Ghislaine Ruvira, juin 1962. (photo : Bayard jeunesse)
Les Européens d'Algérie et leur exode

 1962 : l’exode de Ghislaine, oranaise …

La guerre d’Algérie est un événement historique complexe qui a broyé beaucoup de ceux qui l’ont vécu. En novembre 2004, les éditions Bayard jeunesse ont publié un dossier Okapi réalisé par Antoine d’Abbundo, J’ai vécu la guerre d’Algérie, 1954-1962, comportant les témoignages de quatre protagonistes – un appelé du contingent7, un moudjahid, un harki et une «pied-noire».

Nous avons choisi, avec l’autorisation de l’éditeur, de reprendre le dernier de ces témoignages, celui de Ghislaine Ruvira, pied-noire d’Oran, qui a dû, début juillet 1962, quitter définitivement l’Algérie, «son pays», «le pays où [elle est] née».8.

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© Aurel
Oran 1962

“Oran, 5 juillet 1962…”, par Pierre Daum

Il y a cinquante ans, le peuple algérien accédait à l’indépendance. En juillet 1962, les journées de liesse ne furent entachées d’aucune violence envers les Français encore présents. Sauf à Oran, où des dizaines de pieds-noirs furent tués par la foule. Depuis un demi-siècle, les principaux récits de ce massacre ignorent les témoignages des Algériens.

Pierre Daum, journaliste, auteur notamment du livre “ni valise ni cercueil”, est allé enquêter sur place. Voici ce que cet envoyé spécial du Monde Diplomatique a publié dans l’édition de janvier 2012 du mensuel.

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