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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

Racisme et islamophobie

Pour la députée Nadine Morano : la France est un “pays de race blanche”

Sur le plateau d’ “On est pas couché”, Nadine Morano a fait référence au général de Gaulle pour asséner que la “France est un pays judéo-chrétien de race blanche”. Mais le chef de la France libre a t-il vraiment prononcé cette phrase ?

Depuis plus de vingt ans, la citation en question est récupérée par la droite extrême. En 2009, le Front national de la jeunesse l’avait utilisée sur des affiches pour une campagne sur le thème de l’identité nationale. Deux ans plus tôt, Eric Zemmour l’avait également employée sur le plateau d’I-Télé et dans les colonnes du Figaro.

En effet, contrairement à ce que pense Nadine Morano, il ne s’agit pas d’une déclaration publique mais d’une citation tirée du livre de l’ancien ministre Alain Peyrefitte C’était de Gaulle. Elle est reprise ci-dessous.

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Les dérapages d’Éric Zemmour devant la justice

A la suite d’une chronique d’Eric Zemmour appelant implicitement à une politique de purification ethnique, le Conseil Représentatif des Associations Noires de France (CRAN) avait saisi le CSA et demandé à RTL de congédier le polémiste.

Zemmour a bénéficié en première instance d’une relaxe ; mais le parquet a fait appel en septembre 2015.

[Mis en ligne le 8 mai 2014, mis à jour le 29 septembre 2015]

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Laurent Mucchielli : “il faut adapter la citoyenneté à notre societe multiculturelle”

Neuf mois après les attentats qui ont frappé Paris et Montrouge, le sociologue Laurent Mucchielli estime que la réponse au « malaise français » se situe avant tout sur le terrain socio-économique et politique. Il juge indispensable de concilier la citoyenneté avec le multiculturalisme de la société. Il se penche également sur le bilan de la politique de la ville et sur les enjeux de sécurité au plan local.

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La fin ne justifie jamais les moyens

Le collectif « Stop le contrôle au faciès » et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples (MRAP) ont dénoncé, mardi 25 août, les propos du secrétaire d’Etat chargé des transports, Alain Vidalies, pour qui le renforcement des contrôles aléatoires de bagages était nécessaire après l’attaque contre le Thalys reliant Amsterdam à Paris, car il fallait « qu’on discrimine pour être efficace plutôt que de rester spectateur ».

L’association « Stop au faciès » rappelle que l’Etat a été condamné en juin pour cinq contrôles au faciès et que, pendant sa campagne présidentielle, le candidat François Hollande avait promis dans son engagement n° 30 de lutter contre le « délit de faciès » dans les contrôles d’identité « par une procédure respectueuse des citoyens ».

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Contrôles au faciès : l’Etat condamné pour “faute lourde”

Mercredi 24 juin 2015, pour la première fois, l’État français a été condamné pour faute lourde suite à des contrôles au faciès. Il devra verser 1 500 euros de dommages et intérêts à cinq parmi treize plaignants. La justice a qualifié les contrôles en question de discriminatoires (marques de familiarité, usage du tutoiement, manque global de respect …). Les plaignants étaient âgés de 18 à 35 ans au moment des faits. Tous étaient étudiants ou salariés et aucun n’avait de casier judiciaire.

Ces treize personnes, s’estimant victimes de « contrôle au faciès », avaient assigné l’Etat en justice en 2012. Déboutées en octobre 2013, elles ont comparu le 25 février 2015 devant la cour d’appel de Paris – elles ont alors bénéficié du soutien du Défenseur des droits.

L’État a deux mois pour se pourvoir en cassation s’il le souhaite, mais on peut espérer que cette décision de justice permettra de lutter contre une pratique discriminante et humiliante envers une certaine catégorie de jeunes.

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Devant l'école de Prunelli-di-Fiumorbo ( Photo Stéphane Gamant / Corse-Matin)
Racisme de couleur et islamophobie

Deux institutrices menacées pour avoir voulu faire chanter en arabe

La justice enquête sur des menaces envers les institutrices qui voulaient faire chanter leurs élèves en arabe. Dans la petite ville de Prunelli-di-Fiumorbu (Haute-Corse), les enfants devaient chanter en cinq langues – français, corse, anglais, espagnol et arabe – Imagine de John Lennon, un hymne à la paix dans le monde, le 26 juin prochain, à l’occasion de leur kermesse de fin d’année. Mais, refusant que leurs enfants chantent en arabe, certains parents avaient menacé de perturber le déroulement de la fête. La direction de l’école a préféré annuler la festivité.

Mercredi 17 juin, le procureur de la République à Bastia a annoncé l’ouverture d’une première information judiciaire « pour vérifier s’il y a des faits d’injures et d’incitation à la haine raciale ». La justice va aussi enquêter sur les « pressions exercées sur les enseignantes » à l’origine du projet. Plusieurs graffitis « Arabi fora » (« les Arabes, dehors ») et « Lingua corsa » (« langue corse ») ont été tracés à la peinture dans la nuit de mardi à mercredi devant et aux abords de l’école.

Le rectorat et la mairie ont porté plainte. La ministre de l’Éducation nationale a apporté son soutien aux institutrices.

[Mis en ligne le 20 juin 2015, mis à jour le 22]

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Une mère voilée peut participer à une sortie scolaire

Saisi par l’intéressée, le tribunal administratif de Nice a annulé la décision par laquelle la mère d’un élève, qui souhaitait conserver à cette occasion le voile qu’elle porte habituellement, n’a pas été autorisée à accompagner une sortie scolaire organisée par l’école élémentaire Jules Ferry de Nice.

Le tribunal administratif a estimé que les parents d’élèves autorisés à accompagner une sortie scolaire à laquelle participe leur enfant doivent être regardés, comme les élèves eux-mêmes, comme des usagers du service public de l’éducation, de sorte que les restrictions à la liberté de manifester leurs opinions religieuses ne peuvent résulter que de textes particuliers ou de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il a constaté que, dans le cas particulier de cette affaire, l’administration avait refusé de donner suite à la proposition de l’intéressée d’accompagner la sortie scolaire en ne se prévalant ni d’une disposition légale ou règlementaire précise, ni de considérations liées à l’ordre public ou au bon fonctionnement du service. Il en a déduit que la décision attaquée était entachée d’une erreur de droit qui la rend illégale. 1

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Mort de Zyed et Bouna : relaxe définitive des deux policiers

A la suite de la relaxe des deux fonctionnaires de police poursuivis pour non-assistance à personne en danger après la mort des deux adolescents, en 2005 à Clichy-sous-Bois, l’avocat des familles de Zyed et Bouna, Jean-Pierre Mignard, a déploré, mardi 19 mai sur France Inter, que « la parole de deux policiers blancs l’emporte sur toute autre considération ». « Dans ce pays, il y a des fractures raciales. Dans ce jugement, je vois de la distance. […] A un moment, ce pays aura besoin de se réveiller, de se choquer », a ajouté M. Mignard.

Zyed et Bouna étaient morts le 27 octobre 2005 par électrocution, alors qu’ils s’étaient réfugiés sur un site d’EDF pour fuir un contrôle de police. Les policiers qui participaient à leur poursuite, ont été relaxés par le tribunal correctionnel de Rennes lundi 18 mai.

La Ligue des droits de l’Homme déclare sa tristesse et son inquiétude pour l’avenir

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Jupes interdites
Foulard et voile

Le refus des jupes longues : l’intolérance à l’égard de l’islam

Le site du quotidien régional La République du Centre a publié, le 6 mai dernier, le témoignage d’une élève de terminale de confession musulmane, Ikram, âgée de 18 ans, qui dénonce un harcèlement lié à la longueur de sa jupe 2.
Selon l’administration de l’Éducation nationale, « les problèmes ne sont pas liés à sa jupe longue mais plutôt à un problème de vie scolaire, à un manque de travail. » Pour le proviseur du lycée professionnel, « l’important est de faire respecter la loi ». Ikram a porté plainte pour harcèlement moral contre deux membres du personnel du lycée.

La situation d’Ikram est analogue à celle de Sarah à Charleville-Mézières, qui se voit refuser l’accès à son collège au prétexte qu’elle porte une jupe « trop longue » – ce qui, pour la principale de l’établissement, constitue un signe religieux ostentatoire.

Sous couvert de défense de la laïcité, ces incidents ne sont-ils pas avant tout des manifestations d’intolérance à l’égard de l’islam ? Nous reprenons ci-dessous le commentaire que Henri Goldman a publié le 3 mai sur
son blog.

[Mis en ligne le 9 mai 205, mis à jour le 11]

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La longueur de la jupe

Le 16 et le 25 avril, Sarah, élève de troisième, s’est vu refuser l’accès à son collège de Charleville-Mézières. Le prétexte : le port d’une jupe «trop longue», considérée par la principale de l’établissement comme un signe religieux ostentatoire, a révélé mardi matin le quotidien local l’Ardennais.

Après avoir rappelé qu’« aucune élève ne peut être exclue en fonction de la longueur ou couleur de sa jupe », la ministre de l’Éducation nationale a déclaré, jeudi 30 avril sur RTL, que « l’équipe pédagogique a fait preuve du discernement nécessaire » et n’a pas jugé la tenue mais « le prosélytisme de la part de l’élève ».

En revanche, Jean Baubérot demande s’il faudra envisager de déshabiller les jeunes-filles à l’entrée de l’école pour s’assurer que rien dans leur habillement ne puisse être considéré comme islamique. Le New York Times, de son côté, se veut rassurant, en écrivant qu’ «aucune religion ne menace sérieusement la laïcité en France aujourd’hui …»

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