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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

l’islamophobie : inacceptable, comme tout racisme

Difficile de nier la multiplication en France d’actes discriminatoires envers les personnes musulmanes ou supposées telles. Cette hostilité est entretenue par des déclarations et des écrits les stigmatisant. Le livre d’Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie – Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman », constitue une oeuvre salutaire : il explique comment l’islam a peu à peu été construit comme un « problème » et comment l’islamophobie est devenue l’arme favorite d’un racisme qui ne dit pas son nom.

Nous reprenons un extrait de son introduction qui montre que des déclarations hostiles à la présence de musulmans en France sont de plus en plus tolérées alors qu’elles seraient jugées inadmissibles si elles étaient appliquées à d’autres catégories de la population. Pour commencer, un exemple récent …

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Les nostalgiques de la colonisation

Le Front national et l’immigration

Dans les textes de l’extrême-droite, le mot “immigré” désigne systématiquement soit une personne originaire du Maghreb ou de l’Afrique sub-saharienne, ou qui en a l’apparence, soit une personne de confession musulmane, ou présumée l’être.

Le Front national fait une véritable fixation sur ces “immigrés” et sur l’immigration. On ne sait s’il s’agit de ce que le corps médical qualifie de trouble obsessionnel compulsif – un TOC collectif – mais il faut constater que cela l’amène à considérer comme avérées des affirmations inexactes – de ce point de vue, la fille Le Pen est bien dans les traces de son père.

Nous reprenons ci-dessous (en italique) des déclarations de Marine Le Pen et des extraits de son programme1 qui illustrent les remarques précédentes.

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Affaire Zyed et Bouna : les deux policiers seront jugés en correctionnelle

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s’étaient réfugiés. Un troisième jeune, Muhittin Altun, 17 ans au moment des faits, avait été grièvement brûlé.

Huit ans après les faits, la cour d’appel de Rennes a décidé, vendredi 20 septembre, de renvoyer en correctionnelle deux des policiers impliqués dans la mort de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, morts en 2005 à l’issue d’une course-poursuite à Clichy-sous-Bois.

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Tirailleur sénégalais. Photo : SGA/DMPA (Source)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

retour à Thiaroye

L’ouvrage collectif Nouvelle histoire des colonisations européennes XIXe-XXe siècles publié aux PUF sous la direction de Christelle Taraud et Amaury Lorin comporte un chapitre consacré au «Massacre des ex-prisonniers de guerre coloniaux le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal)».

Au terme d’une enquête de longue haleine, son auteure, Armelle Mabon, propose une relecture de la “mutinerie” de Thiaroye (Sénégal) le 1er décembre 1944. Après avoir rappelé que les soldats “indigènes” avaient d’abord combattu pour la France des débuts de la guerre à la défaite de juin 1940, avant d’être faits prisonniers par les Allemands et détenus pendant quatre ans (1940-1944) dans des Frontstalags sur le sol français, elle souligne que c’est bien la question des soldes impayées qui se trouve au cœur de la révolte. Armelle Mabon a accepté de répondre aux questions de LDH Toulon, et notamment sur les raisons qui l’ont amenée à modifier son point de vue sur cet épisode tragique du passé colonial français2.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Nouvelle histoire des colonisations européennes (XIXe-XXe siècle) »

Cet ouvrage collectif dirigé par Amaury Lorin et Christelle Taraud renouvelle les questions historiographiques sur le thème des colonisations européennes contemporaines dans une démarche comparative. Dix-huit chercheuses et chercheurs y contribuent dans une démarche internationale et pluridisciplinaire. Le livre plonge au cœur des sociétés coloniales, en abordant le fait colonial dans une perspective comparative qui le réintègre pleinement dans l’histoire des sociétés métropolitaines dont celles-ci sont issues.

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de chaleureuses rencontres franco-algériennes

L’Algérie a reçu ces derniers jours deux délégations d’associations françaises qui militent pour le développement de liens d’amitié entre les deux pays : l’Association nationale des Pieds noirs progressistes et leurs amis (ANPNPA) et l’Association des anciens appelés en Algérie et leurs amis contre la guerre (4ACG). Tous ont insisté sur la nécessité d’une écriture lucide et dépassionnée de l’histoire entre l’Algérie et la France.

Autre événement significatif : la rencontre à Alger de Louisa Ighilahriz, victime emblématique de la torture en 1957, et de Simone de Bollardière, veuve du seul officier supérieur français à avoir ouvertement condamné cette pratique.

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Décès de Hélie Denoix de Saint-Marc, résistant puis putschiste

Hélie Denoix de Saint-Marc s’est éteint ce lundi matin, 26 août 2013, à l’âge de 91 ans. Entré dans la Résistance en février 1941, il a été déporté en 1943 au camp de Buchenwald.

Son nom reste attaché aux guerres d’Indochine et d’Algérie. Il a notamment été chef de cabinet, chargé des relations avec la presse, du général Massu, pendant la bataille d’Alger en 1957. Lors du putsch d’Alger d’avril 1961, il était commandant par intérim du 1er régiment étranger de parachutistes (REP, Légion étrangère) qui a été le fer de lance du putsch manqué. Condamné le 5 juin 1961 à dix ans de détention criminelle, il a été gracié en décembre 1966. C’est Nicolas Sarkozy qui l’a pleinement réhabilité en le nommant Grand’Croix de la Légion d’honneur en novembre 2011.

Vous trouverez sur ce site un article datant de 2007, « Hélie Denoix de Saint-Marc ou la fabrication d’un mythe », où Gilles Manceron pose la question de son rôle exact au moment du putsch et met en évidence son attitude ambiguë vis-à-vis de l’OAS.

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Le Conseil d'État a tranché
Jean-François Collin

Jean-François Collin définitivement privé de Légion d’honneur

Le Conseil d’État vient de valider le décret du 2 janvier 2013 par lequel le Président de la République avait exclu Jean-François Collin de l’Ordre de la Légion d’honneur. Ce décret avait fait l’objet d’une demande d’annulation dont le rejet rend définitive l’exclusion du responsable de l’ADIMAD.

Ci-après, précédée d’un bref commentaire de Jean-François Gavoury, la décision de rejet, minutieusement circonstanciée, que le Conseil d’État a prise il y a un mois, le 25 juillet, à la suite du recours engagé par cet ancien criminel de l’OAS contre le décret l’excluant de la Légion d’honneur. On ne peut que se féliciter que le Conseil d’État rappelle une nouvelle fois les valeurs fondamentales de la République.

[Mis en ligne le 24 août 2013, mis à jour le 25]

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Trappes : ce que le voile révèle

«Il y a l’élément déclencheur et le contexte. L’élément déclencheur?: à Trappes une femme voilée, mais pas intégralement, a d’abord été agressée à l’arme blanche?; puis s’est produit le contrôle d’identité d’une femme portant le niqab. Le contexte?: les révoltes ne se produisent pas dans les quartiers aisés mais dans les quartiers populaires, ouvriers, où règne un sentiment d’abandon, de disqualification, de ségrégation. C’est le cas à Trappes. Dans tous ces quartiers existe un haut degré d’exaspération. Les forces de l’ordre représentent l’État et sa forme répressive. Parmi la population musulmane, l’islamophobie est une autre cause de l’exaspération. L’islamophobie n’est pas reconnue – ou alors du bout des lèvres – ni prise en charge par les pouvoirs publics.» (Marwan Mohammed6)

Ci-dessous un billet d’humeur du démographe Nicolas Bourgoin7, suivi d’un entretien vidéo du mari de la femme verbalisée, diffusé sur la Télévision locale du 93.

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