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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Mali : multiplication des violations des droits de l’Homme

Amnesty international et Human rights watch dénoncent les exactions commises par l’armée malienne et par les groupes rebelles : exécutions sommaires, “disparitions”, tortures, viols, détentions arbitraires, pillages…

Les forces de sécurité maliennes continuent à porter atteinte aux droits de l’Homme en semblant ne pas craindre d’avoir à rendre des comptes.

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Aix-en-Provence

Maryse Joissains inaugure une stèle en l’honneur des “martyrs de l’Algérie française”

La France est «le seul pays au monde qui a été dans d’autres pays et qui n’a pas été dans une colonisation dure» a déclaré Maryse Joissains, lors de l’inauguration d’un monument à la Maison des rapatriés à Aix-en-Provence. Le mot OAS n’a pas été prononcé, mais il était dans tous les esprits : la stèle, analogue à celles de Perpignan et de Marignane, est érigée en l’honneur des «martyrs» qui ont défendu l’Algérie française.

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La notion de “race” n’a de réalité qu’autour du comptoir d’un café de commerce

En réponse à un article où Nancy Huston et Michel Raymond accordent une «réalité» à la notion de races humaines, des scientifiques cosignent avec Pierre Darlu un article dans lequel ils s’alarment du « retour de la race dans les médias »1. Pour eux, « la race ne concerne en rien la génétique ou la biologie humaine » et « n’a de sens que pour ceux qui y croient et pensent en user ou en abuser ». Ils rejoignent Alexis Jenni, pour qui «la race est sans contenu, mais elle est une identité effective»2.

Ci-dessous une contribution du généticien André Langaney, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle3.

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La tombe de Claude Piegts, au cimetière du Touvet (Isère)
Aix-en-Provence

Le Touvet, Aix-en-Provence : Non à de nouveaux éloges de l’OAS

Au moment où s’ouvraient les négociations d’Evian pour mettre fin à la guerre d’Algérie, deux activistes, Albert Dovecar et Claude Piegts, membres des commandos delta de l’OAS sous les ordres de Roger Degueldre, participaient à l’assassinat de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger, dans la nuit du 31 mai au 1er juin 1961. Condamnés à mort, Dovecar et Piegts ont été exécutés le 7 juin 1962.

C’est précisément le 7 juin 2013 que le Collectif aixois des rapatriés – le CAR –, a choisi pour inaugurer à Aix-en-Provence un monument de même nature que ceux de Nice, Toulon, Perpignan, Béziers et Marignane. La stèle sera installée dans la cour de la Maison du maréchal Alphonse Juin, une propriété de la ville d’Aix, qui en a confié la gestion au CAR qu’elle subventionne abondamment. Coutumier des éloges de la colonisation et de l’OAS , le président du collectif, René Andrès, lance un appel pour l’inauguration d’un espace « appelé à devenir le haut lieu de la mémoire, et de la conservation, de la vérité du peuple Pied-Noir et Harkis».

L’Association de défense des anciens détenus de l’Algérie française (ADIMAD) soutient cet appel. Ces irréductibles de l’Algérie française ont prévu de se retrouver, comme chaque année, début juin autour de la tombe de Claude Piegts au Touvet, dans l’Isère. L’hommage initialement prévu le dimanche 2 juin 2013, a soulevé de nombreuses protestations ; il vient d’être interdit par la préfecture de l’Isère4. Ses initiateurs l’ont reporté au 9 juin, deux jours après la cérémonie d’Aix.

Certes les condamnations auxquelles ont donné lieu les faits célébrés
lors de ces rassemblements ont été amnistiées, mais cela n’autorise pas à faire l’apologie de ces crimes. Le négationnisme qui accompagne ces cérémonies est intolérable à beaucoup.

Les organisations qui le souhaitent peuvent cosigner un communiqué “Non à de nouveaux éloges de l’OAS”.

[Mis en ligne le 1er juin 2013, mis à jour le 5]

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Aix-en-Provence : subventions sélectives

La municipalité d’Aix-en-Provence a décidé lors de sa réunion du 17 décembre 2012 de réduire la subvention annuelle qu’elle accorde à la section locale de la Ligue des droits de l’Homme : elle passerait de 1 000 à 800 euros.

Les motifs invoqués paraissent quelque peu obscurs mais la raison essentielle semble bien se trouver derrière le reproche qui lui est fait : « la LDH a eu des prises de position idéologiques, ouvertement politiques». On ne peut manquer d’être surpris d’une telle appréciation. En effet la municipalité aixoise ne se prive pas de subventionner grassement le Collectif aixois des rapatriés, une association présidée par René Andrès dont les activités peuvent difficilement être qualifiées d’apolitiques. Ci dessous, quelques éléments d’information pour éclairer la réflexion.

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le Mali face à ses problèmes

Les troupes françaises se retirent du Mali, les programmes d’aide sont en cours et des élections organisées en juillet. Et pourtant l’économiste Joseph Brunet-Jailly5 s’inquiète : la crise a révélé la faillite du modèle de développement et d’une démocratie « de façade », et, en n’abordant pas les problèmes de fond, le Mali et la communauté internationale risquent de les voir resurgir.

«L’organisation des élections est une priorité, en vue d’asseoir un pouvoir “normal”», mais, comme l’a déclaré le président de l’Association malienne des expulsés (AME), «celle-ci ne doit pas être faite à n’importe quel prix». Les défis que le pays doit affronter sont considérables – rétablir un dialogue politique à Bamako, un dialogue intercommunautaire au Nord, constituer une force de sécurité et de défense, redéployer l’État au Nord… C’est au peuple malien, et non à l’armée française ou à la mission de stabilisation de l’ONU, qu’il incombe d’y répondre.

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Dominique Venner, une « tête pensante » du fascisme français, par Alain Ruscio

C’est la hantise de voir la France tomber «aux mains des islamistes» qui a poursuivi Dominique Venner jusqu’à son suicide spectaculaire. Il l’évoque dans le dernier billet qu’il a publié sur son blog, où il fait référence au livre Le camp des saints, roman profondément raciste, écrit en 1973, dans lequel Jean Raspail dépeint la capitulation des élites françaises, confrontées à un déferlement de miséreux asiatiques.

Dominique Venner n’est plus, mais ses thèses continuent à être défendues par d’autres “intellectuels” d’extrême droite. Nous reprenons donc ci-dessous la partie d’un ouvrage publié en 2007, où l’historien Alain Ruscio avait retracé les faits marquants de l’itinéraire politique de ce néo-fasciste, qui reste l’un des inspirateurs de la Nouvelle droite6.

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Disparition du mot “race” de la législation ?… qu’en est-il du racisme ?

L’Assemblée nationale a adopté, jeudi 16 mai 2013, une proposition de loi du Front de gauche supprimant le mot « race » de la législation française. La majorité PS s’est ralliée à cette proposition, soulignant qu’il s’agissait d' »une première étape ». François Hollande s’était en effet engagé, le 10 mars 2012 dans un discours consacré à l’Outre-mer, à supprimer ce terme de la Constitution..

Danièle Lochak, professeur émérite de droit public à l’université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense, ancienne présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), et auteur de La race, une catégorie juridique ( Presses de la FNSP, revue Mots, 1992) porte un jugement nuancé sur cette initiative qui ne devrait pas, selon elle, aboutir ensuite à modifier la Constitution de 1958, et encore moins le préambule de 1946.

[Mis en ligne le 10 février 2013, mis à jour le 18 mai ]

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délinquance et immigration : des préjugés à l’analyse, par Laurent Mucchielli

Un point de vue publié dans la revue L’essor de la gendarmerie nationale (mai 2013), dans lequel le sociologue Laurent Mucchielli remet en cause quelques idées reçues7.

Laurent Mucchielli, directeur de recherche au CNRS, enseigne à Aix-Marseille Université. Il a notamment publié L’Invention de la violence. Des peurs, des chiffres, des faits, chez Fayard en 2011, et Vous avez dit sécurité ? au Champ social en 2012.

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Marcel Dorigny : « dans l’amnésie collective touchant à la mémoire coloniale, le point de départ c’est Haïti »

La plainte en justice que le Conseil représentatif des associations noires (CRAN) a déposé contre la Caisse des dépôts remet au premier plan le débat sur les dédommagements de la traite négrière, plus d’un siècle et demi après son abolition. Il ne s’agit pas d’indemniser des victimes de violences coloniales, tels les indépendantistes Mau-Mau du Kenya qui négocient actuellement des réparations avec le gouvernement britannique pour des tortures subies lors de leur soulèvement dans les années 50, mais d’obtenir réparation pour les profits tirés de l’esclavage.

Dans son intervention à l’occasion de la Journée nationale des mémoires de la traite, de l’esclavage et de leurs abolitions, le 10 mai 2013, le président de la République a exprimé son point de vue sur cette question. Après avoir évoqué Aimé Césaire avec «l’impossible réparation», il a poursuivi en citant à nouveau le poète martiniquais : « “Il y aurait une note à payer et ensuite ce serait fini”, écrivait-il… “Non, ce ne sera jamais réglé.” L’Histoire ne s’efface pas. On ne la gomme pas. Elle ne peut faire l’objet de transactions au terme d’une comptabilité qui serait en tous points impossible à établir. 8»

François Hollande a conclu : «le seul choix possible, c’est celui de la mémoire, et c’est la vigilance, et c’est la transmission». Sur ce plan il faut reconnaître que beaucoup reste à faire en France. Qui sait que la République de Haïti a été le second État indépendant du Nouveau Monde suite à la défaite des troupes napoléoniennes en 1803 à la bataille de Vertières ? Et que le tribut que les Haïtiens ont dû payer à la France pour qu’elle reconnaisse cette indépendance a gravement obéré le développement du pays ? L’occasion de revenir sur ces questions, avec le concours de l’historien Marcel Dorigny 9

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Racisme de couleur et islamophobie

souvenir de Grasse, un certain 12 juin 1973

La circulaire Fontanet élaborée en 1972, en vue de réglementer l’immigration, a été à l’origine d’une flambée raciste en 1973. L’une de ses premières manifestations se déroula à Grasse.

Le 12 juin 1973, réagissant à un rassemblement organisé dans la vieille ville par des travailleurs immigrés pour revendiquer « le droit de vivre dans une situation régulière, d’obtenir une carte de séjour », le maire décida de faire asperger les immigrés avec des lances à incendie, afin de les empêcher de pénétrer dans la mairie. Rapidement, de violentes bagarres se déclenchèrent et les affrontements tournèrent à la « ratonnade » sous l’oeil approbateur de la population. Le maire déclara : « Les Arabes se comportent dans la vieille ville comme en terrain conquis […], ces gens-là sont différents de nous, ils vivent la nuit […], c’est
très pénible d’être envahi par eux
»10.

Retour sur ces événements, quarante années plus tard, à l’occasion du cinquième anniversaire de la mort d’Abdelhakim Ajimi le 9 mai 2008, lors d’une interpellation policière.

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