4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Le square Marcel Bigeard (Photo Yves Dal Ballo et Dominique Bonvillain)
Bigeard aux Invalides ?

Bigeard à Aix-les-Bains : peut-on honorer la mémoire de celui qui a présenté la torture comme un “mal nécessaire” ?

Le nom de Marcel Bigeard reste associé aux épisodes les plus contestés des guerres coloniales menées par la France en Indochine et en Algérie – à commencer par la Bataille d’Alger. Ses cendres se trouvent finalement à Fréjus et on aurait pu en rester là. Mais le 23 juin 2012, le député-maire d’Aix-les-Bains a tenu à inaugurer un “square Marcel Bigeard”.

Deux ans plus tard, cette décision continue à provoquer des protestations parmi la population. Il est effectivement difficile d’oublier, par exemple, le sort de Maurice Audin, mort durant sa détention à Alger en juin 1957.

[Mis en ligne le 21 juin 2012, mis à jour le 25 juin 2014]

Lire la suite »
La place du 2 juillet 1966, à Papeete.
Les essais nucléaires français en Algérie

Les victimes oubliées des essais nucléaires

Les victimes des essais nucléaires français font-ils partie des “oubliés de l’Histoire” ? On peut se poser la question :
– les demandes d’audience, adressées par l’AVEN au premier ministre ou à son prédécesseur par l’association des vétérans (victimes) des essais nucléaires qui dénonce les insuffisances de la loi Morin, n’ont pas reçu de réponse,
– à Papeete, l’association Moruroa e Tatou lance une pétition pour la sauvegarde du mémorial des victimes du nucléaire, place du 2 Juillet 1966 que le gouvernement Flosse entend rebaptiser place Jacques Chirac,
– quant à l’Algérie, selon certaines études, dans les régions où se sont déroulés les essais français, plus d’une femme sur cinq serait atteinte d’un cancer du sein, et une sur dix d’un cancer de la thyroïde.

Lire la suite »

François Hollande : Maurice Audin «est mort durant sa détention»

La cérémonie officielle de remise du prix Audin de mathématiques (session 2014) a eu lieu mercredi 18 juin, à l’Institut Henri Poincaré, à Paris.
Le président de la République a adressé aux participants un message que nous reprenons ci-dessous. Il y évoque le sort tragique de Maurice Audin, sans apporter d’élément véritablement nouveau, ni sur les circonstances, ni sur les raisons de sa mort.

Ce message est le premier désaveu officiel de la thèse de l’évasion mise en scène par certains responsables du maintien de l’ordre de l’époque, et qui tenait lieu depuis lors, contre toute évidence, de vérité officielle. En effet, le président de la République a écrit : «M. AUDIN ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention», confirmant ce qu’il avait déclaré la veille à Josette Audin, en réponse à sa demande du 24 février 2014.

Nous publions à la suite une lettre que Gérard Tronel, de l’association Maurice Audin, lui avait adressée peu de temps auparavant.

Lire la suite »

Rony Brauman : “qui a décidé que notre rôle est de renverser les dictateurs??”

Dans un entretien donné au quotidien La Croix, l’ancien président de Médecin sans frontière, Rony Brauman, déclare que les guerres en Irak et en Libye n’étaient pas justifiées. Elles sont le produit d’une « bêtise idéologique » qui a conduit ces pays à la catastrophe.

Une déclaration qui confirme ses prises de position antérieures – voir par exemple : “on ne peut installer la démocratie avec des bombardiers”

Lire la suite »

Erostrate à Béziers

Tel Erostrate 2, Robert Ménard, maire d’extrême droite de Béziers, est à la recherche de mesures qui fassent parler de lui : après le couvre-feu entre 23h et 6h pour les mineurs de moins de 13 ans dans certains quartiers de Béziers, l’interdiction de battre des tapis après 10h du matin, d’étendre de jour du linge aux balcons et fenêtres dans le centre historique de la ville où vivent de nombreuses familles gitanes et maghrébines …

On en arrive à des mesures plus graves : le recrutement annoncé de policiers municipaux, leur armement … et une décision, à la légalité douteuse, qui vise à interdire l’étude surveillée du matin aux élèves du primaire dont les parents sont au chômage. Quant à la plaque d’hommage aux fusillés de l’OAS du cimetière neuf, le maire ne daigne pas répondre à la demande d’enlèvement.

Une situation où la Ligue des droits de l’Homme a toute sa place : sa fédération de l’Hérault annonce vouloir rester particulièrement vigilante.

[Mis en ligne le 12 juin 2014, mis à jour le 13]

Lire la suite »

l’affaire Audin, 57 ans plus tard

À l’occasion du 57e anniversaire de son arrestation par les paras du général Massu, un nouvel hommage a été rendu à Alger à Maurice Audin. Vous pourrez en prendre connaissance ci-dessous dans un article qui demande aux autorités françaises de dévoiler le lieu de son inhumation et annonce que le prix Maurice Audin sera décerné le 18 juin à l’institut Henri Poincaré (Paris).

Nous reprenons également le texte de la lettre que Josette Audin a adressée au président de la République le 24 février dernier pour connaître la vérité sur les circonstances de l’assassinat de son mari. Elle lui demande de condamner « la torture et les exécutions sommaires commandées par les gouvernements successifs de la France pendant la Guerre d’Algérie.»

Pour terminer, un extrait d’un article de janvier dernier qui met en évidence des questions que l’on continue à se poser au sujet de l’“affaire Audin”.

Lire la suite »

musée de Montpellier : il est temps de regarder l’histoire en face

Le collectif de défense du Musée de l’histoire de la France et de l’Algérie publie un communiqué que vous trouverez ci-dessous dans son intégralité. Il répond point par point aux différents arguments avancés par le nouveau maire et président de l’Agglomération de Montpellier, Philippe Saurel. Alors qu’il avait écrit dans son blog de campagne être «favorable» à ce musée, il lui a suffi de quelques semaines pour décider l’abandon du projet. En fait, c’est au conseil d’agglomération qu’il revient de prendre une telle décision – il se réunira le 16 juin.

On peut se demander si la véritable raison du changement de cap du maire de Montpellier, n’est pas d’ordre politique : en bon disciple de Georges Frêche, il tient avant tout à ne pas s’aliéner les “pieds-noirs”. « Je ne marcherai pas sur la mémoire des Français d’Algérie » aurait-il déclaré.

Outre le communiqué du collectif , vous pourrez prendre connaissance ci-dessous d’un article du Midi libre et d’un autre du Monde.

Lire la suite »

l’omerta de la République

Dans quelques jours, ce sera le 57e anniversaire de la disparition de Maurice Audin suite à son arrestation à Alger, par les parachutistes de l’armée française. Après l’“appel des 171”, deux personnalités, l’auteur dramatique Michel Vinaver et le psychanalyste Bernard Sigg, lancent chacun un appel pour la reconnaissance de la vérité sur la mort de ce jeune universitaire à Alger.

Le dramaturge Michel Vinaver, ce « récitant inlassable, depuis un demi-siècle, des fracas de notre temps» 3, a écrit Les Huissiers en 1957. Dans cette pièce, «il évoque explicitement la guerre d’Algérie et l’agonie de la IVe République depuis les couloirs et les bureaux d’un ministère, avec sa farandole de préposés et de politiques, de petites mains et de grands bavards» 4. Michel Vinaver révèle aujourd’hui que la disparition de Maurice Audin à Alger en juin 1957 est à l’origine de cette œuvre, et demande qu’il «soit mis fin à un si long retard dans la reconnaissance des faits par l’Etat».

Évoquant le crime dont Maurice Audin fut victime, le psychanalyste Bernard Sigg écrit qu’il «reste inoubliable parce qu’il est toujours nié par la République Française alors que c’est son armée qui, passant lois et limites, l’a commis». Mobilisé en Algérie en tant que médecin, Bernard Sigg a refusé en 1961 de rejoindre un poste où son travail aurait consisté à maintenir en vie des personnes torturées. Il a alors déserté et n’est revenu en France qu’en 1965, au moment d’une amnistie. Il s’est alors investi dans le traitement des soldats traumatisés par la guerre.
Il est l’auteur du livre Le Silence et la Honte. Névroses de la guerre d’Algérie (Messidor, 1989) dans lequel il souligne notamment que les anciens appelés préfèrent taire leurs angoisses. 5

Lire la suite »
Au cimetière de Béziers, une stèle glorifiant des membres de l'OAS (photo Pascal Guyot)
Condamnations

Annulation de la cérémonie de Polop (Espagne)

D’après un article publié par le quotidien El Periódico, dans son édition du 31 mai 2014, la commune de Polop (Alicante) annule la cérémonie organisée par l’ADIMAD le 7 juin prochain : elle aurait été un hommage à peine voilé aux terroristes de l’OAS qui se sont opposés à l’indépendance de l’Algérie.

Vous trouverez ci-dessous la version originale de cet article d’El Periódico, – précédée d’une traduction artisanale améliorable
et suivie d’un article paru dans l’Humanité du 2 juin qui évoque les enjeux de cette affaire tout en confirmant la décision du maire de renoncer à l’hommage organisé par l’Adimad.

Voir également le dossier particulièrement bien documenté d’Anne Guérin-Castell : http://blogs.mediapart.fr/blog/anne-guerin-castell/300514/cinquante-trois-ans-apres-l-oas-l-honneur-en-espagne

[Mis en ligne le 1er juin 2014, mis à jour le 2]

Lire la suite »

Montpellier : devoir d’histoire plutôt que devoir de mémoire

L’Association des professeurs d’histoire et de géographie (APHG) prend résolument position contre la décision du maire de Montpellier d’abandonner le Musée de l’histoire de la France et de l’Algérie : « Il est temps de regarder en face l’histoire de nos deux peuples». L’association appelle ses adhérents à signer la pétition adressée au maire de Montpellier.

Le quotidien algérien El Watan revient sur cette question en donnant la parole à Jean-Robert Henry, Paul Siblot et Sylvie Thénault, tous membres du comité scientifique du musée.

Lire la suite »