
Racisme et terrorisme, par Tramor Quemeneur
Points de repères et données historiques pour aborder le massacre perpétré à Charlie Hebdo
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Points de repères et données historiques pour aborder le massacre perpétré à Charlie Hebdo
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Le 15 décembre 2014, le président François Hollande a inauguré le musée de l’Histoire de l’immigration, au Palais de la Porte dorée. L’institution attendait son inauguration officielle depuis 7 ans …
Nommé président du conseil d’orientation du musée en août 2014, Benjamin Stora revient ci-dessous sur ses débuts à la tête de l’institution et sur les défis auxquels il est confronté. L’historien spécialiste de l’Algérie évoque notamment le rôle pédagogique du musée et la nécessité de transmettre l’histoire de l’immigration et de ses apports à la France.
Pour Benjamin Stora, « il faut rappeler l’apport des étrangers à l’Histoire de France, en termes culturel, artistique, esthétique, économique et social ».
Réagissant à la publication mardi 9 décembre du rapport du Sénat américain sur les tortures perpétrées par la CIA, Marine Le Pen, présidente du Front national, a estimé mercredi que la torture pouvait être « utile » pour lutte contre le terrorisme. L’ACAT – Action des chrétiens pour l’abolition de la torture – rappelle que toute apologie de la torture doit être condamnée.
Robert Ménard décide de débaptiser la rue du 19-Mars-1962, date des accords d’Evian, et de la renommer rue du Commandant-Hélie-Denoix-de-Saint-Marc. La proposition devrait être présentée lors du prochain conseil municipal, le 11 décembre. Robert Ménard veut dédier cette rue à la mémoire du commandant Hélie Denoix de Saint-Marc. Cet ancien résistant, opposé à la politique algérienne du Général de Gaulle, avait participé au putsch des généraux d’avril 1961.
Le communiqué de la LDH est suivi par l’enregistrement vidéo de l’hommage du président de la République aux tirailleurs sénégalais au cimetière de Thiaroye à Dakar, le 30 novembre 2014.
Pour en savoir plus
Lors du Sommet de la francophonie, ce 30 novembre à Dakar, François Hollande doit faire une déclaration sur la répression, il y a soixante-dix ans, à Thiaroye, des tirailleurs sénégalais qui réclamaient la solde qui leur était due. Il s’est engagé à remettre au Sénégal les archives relatives à cet épisode tragique. En quoi consisterait une vraie reconnaissance ?

Colloque “ Traces, récits et mémoires”, organisé les 1er, 2 et 3 décembre 2014, par le département Relations euro-méditerranéennes – monde maghrébin (REMOMA) et le département de Littérature française de l’Université Paris 8.

Il y a dix ans, Abdoulaye Wade, président du Sénégal, proclamait le 23 août “Journée du Tirailleur”. La date avait été choisie en référence à la libération de Toulon : dans la soirée du 23 août 1944, « les soldats du 6e Régiment de Tirailleurs Sénégalais du Colonel Salan pénètrent les premiers à Toulon » 2.
Le Sénégal et la France partagent une longue histoire militaire, notamment au travers des tirailleurs sénégalais – penser au Banania – mais, côté français, cette histoire commune n’est pas toujours bien connue – voir le massacre de Thiaroye.
Réagissant aux incidents à caractère raciste qui se sont déroulés en gare de Toulon, le 4 novembre 2014 – voir ces articles –, la section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a adopté la déclaration suivante, à l’issue de son assemblée générale annuelle, le 18 novembre dernier.
Délaissés par la République, les soldats coloniaux de 14-18 ont été les grands absents des monuments aux morts qui ont couvert le territoire français. Eternels oubliés, ils l’étaient encore des commémorations du Centenaire jusqu’à l’ajout tardif de l’opération « Frères d’armes », bienvenue, mais qui aborde partiellement leur histoire. C’est dire l’intérêt du film Les poilus d’ailleurs de Mehdi Lallaoui, et du débat qui a suivi la projection ce lundi 10 novembre, avec Mediapart.
Gilles Manceron nous propose ci-dessous une réflexion sur l’oubli dont les
soldats coloniaux de 14-18 sont aujourd’hui victimes.

Le massacre de Thiaroye est un événement dramatique qui s’est déroulé près de Dakar en décembre 1944, au cours duquel plusieurs dizaines de “tirailleurs sénégalais” ont trouvé la mort. En France, cet épisode tragique du passé colonial a quasiment disparu de la mémoire collective. Une pétition est proposée sur le site du CVUH (Comité de vigilance face aux usages publics de l’Histoire) demandant que cesse le silence sur cet épisode, ainsi que la réhabilitation des victimes.
De son côté, l’Université de Bretagne Sud à Lorient organise, du 27 au 29 novembre 2014, un colloque consacré aux massacres coloniaux. Vous en trouverez le programme ci-dessous.
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Lorsque l’on évoque la « Grande guerre » on rappelle souvent les boucheries de la guerre des tranchées ou l’infamie des fusillés pour l’exemple. Avec le film Les poilus d’ailleurs et le livre du même nom 4, Mehdi Lallaoui revient, en cette année du centenaire de la première guerre mondiale, sur ces centaines de milliers de « tirailleurs sénégalais » issus en réalité de plus de cinquante ethnies et arrivés de tout l’empire colonial français.
Car près de 700.000 colonisés sont venus combattre auprès de 4.700.000 soldats métropolitains.
Mehdi Lallaoui présente son travail ci-dessous.