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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

L'accès aux archives coloniales

Le livre
« Les disparus de la guerre d’Algérie »
suivi de
« La bataille des archives 2018-2021 »

Ce livre restitue les travaux de la journée sur « Les disparus de la guerre d’Algérie du fait des forces de l’ordre françaises. Vérité et justice ? » qui s’est tenue en septembre 2019 à l’Assemblée nationale. Un an après l’engagement d’Emmanuel Macron, qui a reconnu que Maurice Audin avait été tué en juin 1957 par les militaires français qui le détenaient et a demandé l’ouverture des archives sur tous les disparus de la guerre d’Algérie. Une deuxième partie, « La bataille des archives 2018-2021 », retrace le combat mené ensuite contre la fermeture de l’accès à des archives pourtant communicables de plein droit selon la loi. La décision du Conseil d’État du 2 juillet 2021 lui a donné raison. Mais ce livre explique que cette bataille pour l’accès aux archives publiques est loin d’être terminée.

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Le 17 octobre 1961

« Paris 1961. Les Algériens,
la terreur d’Etat et la mémoire »,
par Jim House et Neil MacMaster

Paris 1961. Les Algériens, la terreur d’Etat et la mémoire est une somme historique de référence sur la répression meurtrière du 17 octobre 1961. Publié en anglais en 2006, traduit en français en 2008, ce livre des historiens britanniques Jim House et Neil MacMaster est réédité en livre de poche le 16 septembre 2021, à l’occasion du 60eme anniversaire du massacre. Il comprend une nouvelle introduction et une postface inédite de l’historien algérien Mohammed Harbi. Ci-dessous un texte des deux auteurs à l’occasion de la première édition de leur livre lors d’un colloque à l’ENS de Lyon où ils font le point, en 2006, sur la recherche au sujet de cet événement majeur et qui n’est pas encore complètement analysé.

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Le 17 octobre 1961

Publication de « Ici on noya les Algériens »
par Fabrice Riceputi

Ici on noya les Algériens de Fabrice Riceputi, paru le 2 septembre 2021, est la première d’une série de publications annoncées à l’occasion du soixantième anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Ce livre est la réédition revue et corrigée de La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République (préface de Gilles Manceron) paru en 2015. Il raconte le combat mené par le « citoyen chercheur » Jean-Luc Einaudi pour la connaissance historique et la reconnaissance politique de cet événement majeur de l’histoire de l’immigration et de la France. Ci-dessous un extrait de la préface inédite d’Edwy Plene, une recension par la romancière Dominique Manotti, ainsi qu’un entretien avec Fabrice Riceputi réalisé par Hassina Mechaï pour le site MiddleEastEye.

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La société française face à l'héritage de son passé colonial

« Comme nous existons»,
un livre de Kaoutar Harchi

Comme nous existons (Actes Sud) est le récit poétique et littéraire très fort d’une jeunesse postcoloniale en France dans les années 1990 et 2000. D’une enfance dans le quartier de l’Elsau à Strasbourg jusqu’à la révolte des quartiers populaires de 2005 consécutive à la mort de Zyed et Bouna, la sociologue et romancière Kaoutar Harchi conte la prise de conscience par une enfant d’immigrés marocains du processus de racialisation dont elle est l’objet. Et comment « les jeunes filles et jeunes garçons identifiés comme musulmans, que nous le soyons ou pas d’ailleurs – étions perçus à l’aube des années 2000 comme un problème ». Ci-dessous un extrait proposé par l’éditeur, deux des nombreux entretiens que l’autrice a donnés sur ce livre, ainsi qu’une tribune dans laquelle elle défend une approche intersectionnelle pour un vrai universalisme.

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Controverses

L’universalisme a été détourné par l’Europe
à l’époque coloniale,
faut-il renoncer à s’en réclamer ?

Face à une gauche qui s’est construite dans le paradigme universaliste hérité de la Déclaration des droits de l’Homme et face, aussi, à l’utilisation abusive de ce concept à l’époque coloniale, le courant qui se réclame de « l’antiracisme décolonial » pointe dans l’universalisme un concept abstrait trop souvent employé pour nier les discriminations. Ci-dessous l’échange suscité par la revue Regards entre le philosophe Norman Ajari, auteur du livre important, La Dignité ou la mort, éthique et politique de la race (éd. La Découverte, 2019), et l’historienne Sophie Wahnich, autrice de plusieurs livres sur la Révolution française et membre de la section de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de la Ligue des droits de l’homme. Pour elle, il faut défendre l’universalisme, malgré le détournement eurocentriste dont il a été l’objet.

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Commémorations

Metz : hommage aux victimes
il y a soixante ans de la « nuit des paras »
et conférence de Raphaëlle Branche

Soixante ans après les évènements tragiques des 23 et 24 juillet 1961 provoqués par le rapatriement d’un régiment de parachutistes qui avait participé au putsch d’Alger, une commémoration a été organisée par le Collectif juillet 61. Ci-dessous les images des lectures et dépôts de gerbes qu’il organisés dans différents lieux de la ville avec le soutien de plusieurs associations. Cela fait suite au forum national de lutte contre la torture organisé par l’association du fort de Metz-Queuleu, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty international et l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Nous reproduisons les articles publiés à ce sujet par plusieurs journaux en France et en Algérie, les principaux éléments d’un dossier constitué en 1961 par la LDH de Moselle sur cette nuit de violences, ainsi que le film de la conférence donnée par Raphaëlle Branche sur son livre Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

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Séquelles politiques postcoloniales

Achille Mbembe :
notes sur l’idéologie mensongère
de « l’eurocentrisme tardif »

Pour le philosophe et historien camerounais Achille Mbembe, l’illusion eurocentriste a fait long feu avec la fin de l’ère des empires coloniaux. Mais apparaît un « eurocentrisme tardif », plus virulent, qui est une forme d’égarement plus dangereux encore, une idéologie mensongère qui prétend défendre la science, la laïcité, la République, les Lumières, voire l’universalisme, mais ne sait presque rien de l’univers, des mondes et des histoires autres. Ci-dessous le texte de la conférence qu’il a prononcée à distance à l’occasion du « Sommet de septembre » de la Saison Africa 2020 organisé à Paris au Musée du Quai Branly–Jacques Chirac, publié pour la première fois le 17 mars 2021 par le quotidien en ligne AOC qui l’a diffusé de nouveau en juillet 2021.

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L'accès aux archives coloniales

Après la décision du Conseil constitutionnel
du 30 juillet 2021,
un débat est nécessaire
sur l’accès des citoyens aux archives

Le Conseil constitutionnel a rendu une décision sur la loi prévention d’actes de terrorisme et renseignement dont un article concerne l’accès aux archives. Tout en estimant qu’il ne méconnait aucune disposition constitutionnelle, il a formulé deux réserves dont l’une est particulièrement importante : une information qui était déjà accessible doit le rester, qu’elle ait fait ou non l’objet d’une mesure de classification au titre du secret de la défense nationale. Le collectif « Accès aux archives publiques », constitué pour réagir à des instructions gouvernementales que le Conseil d’Etat a finalement considérées comme illégales, estime qu’il est urgent que la société civile s’organise pour défendre la liberté d’accès aux archives publiques. Il appelle à participer à la rencontre-débat qui se tiendra le 13 septembre 2021 à la maison de l’Île-de-France de la Cité internationale universitaire de Paris.

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Commémorations

Les images de l’hommage
aux manifestants algériens
du 14 juillet 1953

Comme notre site l’a annoncé, les sections parisiennes de la Ligue des droits de l’homme, avec d’autres comme Attac, la section du 12e du parti communiste français et l’association Le Maghreb des films, ont organisé le 13 juillet 2021 une projection-débat du film « Les balles du 14 juillet 1953 » au cinéma Mk2 Nation, suivie d’allocutions et dépôts de gerbes. 130 personnes ont suivi le film et le débat auquel participait Benjamin Stora. L’hommage aux victimes de la répression de la manifestation des Algériens le 14 juillet 1953 s’est déroulé ensuite, en dépit d’une pluie battante, devant la plaque apposée en juillet 2017 par la Mairie de Paris pour commémorer cet événement. Les associations présentes ont annoncé leur intention de reprendre en 2022 l’organisation du « Bal des libertés et de la solidarité » qui a eu lieu en 2018 et 2019 et que les conditions sanitaires n’ont pas rendu possible depuis.

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Réconciliation et réparations

Pour Myriam Cottias, la science permet
de penser
les réparations coloniales

Depuis quelques années, la question des réparations a été posée dans les organisations internationales par des associations françaises, caribéennes, américaines, brésiliennes, anglaises au titre de l’esclavage pratiqué entre le XIXe et le XXIe siècle. Notamment à travers les demandes de remboursement de l’indemnité versée en 1849 aux propriétaires d’esclaves, après l’abolition de l’esclavage en 1848 dans les colonies françaises. Ainsi que de la dette imposée à Haïti en 1825 pour prix de la reconnaissance de son indépendance et de son droit de commercer avec d’autres territoires. Pour Myriam Cottias, la réparation est une sorte de remise à niveau d’un fait historique qui vise à produire de l’égalité. Les réparations symboliques sont importantes pour une reconnaissance sereine, pleine et entière, de l’histoire de l’esclavage, qui ne doit pas produire de mise en accusation.

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La reconnaissance du passé colonial

Le chemin de fer Congo-Océan
symbole des crimes contre l’humanité
de la colonisation

Dénoncé par André Gide, dans son livre Voyage au Congo (1927) et par Albert Londres dans Terre d’ébène (1929), le chantier de la voie ferrée Congo-Océan à partir de Brazzaville dans le Congo français (AEF) a coûté la vie à près de 20 000 travailleurs africains pendant sa construction entre 1921 et 1934. Il a aussi fait naître en France un début de prise de conscience des abus du système colonial. Ci-dessous, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch explique au Monde qu’il peut être considéré comme un crime contre l’humanité emblématique de tous ceux du colonialisme. Nous indiquons aussi les liens vers les articles sur ce sujet publiés par ce quotidien ainsi que par notre site.

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Le « maintien de l'ordre » en France

Cinq ans après la mort d’Adama Traoré,
une marche a demandé justice

Un millier de personnes ont défilé le 17 juillet 2021, entre la gare de Persan-Beaumont et Beaumont-sur-Oise, à l’appel du collectif « Vérité pour Adama », afin de demander justice pour le jeune Adama Traoré tué cinq ans plus tôt, en juillet 2016, à la suite de son interpellation par des gendarmes. Elles ont défilé jusqu’aux quartiers périphériques de cette petite ville de l’Oise où, comme beaucoup d’autres habitants issus des immigrations, vit la famille d’Adama Traoré et où d’autres jeunes ont grossi la foule. Le défilé a dénoncé, avec Assa Traoré, la sœur d’Adama, les mensonges de la police et de la justice qui ont couvert les comportements illégitimes de certains membres des forces de l’ordre à l’encontre de jeunes vis-à-vis desquels ils n’hésitent pas, comme certains policiers aux Etats-Unis, à recourir à des gestes mortels.

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