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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« En guerre(s) pour l’Algérie »
une série TV importante
conçue par Raphaëlle Branche

Composée de six épisodes, la série TV « En guerre(s) pour l’Algérie », conçue par Raphaëlle Branche et réalisée par Rafael Lewandowski, consacrée à l’histoire de la guerre d’Algérie, est diffusée les 1er et 2 mars 2022 sur Arte. Fruit de plus de trois ans de travail d’une très vaste équipe, en Algérie comme en France, à partir d’entretiens inédits avec des témoins algériens et français (66 au total) et de quantité d’archives dont certaines sont inédites, c’est une création remarquable qui œuvre à la connaissance historique, aux antipodes de la problématique « réconciliation des mémoires ». Un livre l’accompagne, et l’actualité de cette historiographie est marquée aussi par la parution du gros dossier de la revue Mémoires en jeu et par l’ouvrage collectif, Algérie coloniale, dirigé par Giulia Fabbiano et Abderahmen Moumen. Au Théâtre Nanterre-Amandiers, « En guerre(s) pour l’Algérie » sera projeté le samedi 26 février 2022, suivi d’un débat avec Raphaëlle Branche.

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La guerre du Mali (depuis 2013)

Aux origines de Barkhane
Maréchal (Lyautey), nous voilà !

La nouvelle revue d’information indépendante en ligne Afrique XXI, au contenu déjà très riche, a récemment publié une série d’articles intitulés « Aux origines coloniales de Barkhane ». Elle montre que cette opération militaire française dans le Sahel a réveillé « de vieux fantasmes que l’on pensait enterrés depuis la fin de l’ère coloniale. L’armée de Terre, qui a façonné une partie de sa légende dans cette bande aride à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, a convoqué ses anciennes gloires, dépoussiéré ses vieilles cartes et recyclé certaines de ses méthodes passées. » Nous publions ci-dessous le quatrième et dernier épisode de cette série, consacré à une référence coloniale majeure des stratèges militaires français aujourd’hui : Hubert Lyautey (1854-1934).

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La vérité est en marche,
rien ne l’arrêtera »
par Charles Silvestre,
Gilles Manceron, Pierre Audin

Ce livre retrace le combat mené par ce qui a été baptisé « l’appel des douze », lancé le 31 octobre 2000 par L’Humanité, dans la continuité de la lutte du Comité Maurice Audin, fondé en 1957 à l’initiative de l’historien Pierre Vidal-Naquet et du mathématicien Laurent Schwartz. Le 13 septembre 2018, le président Emmanuel Macron a remis « au nom de la République » à Josette Audin, à laquelle il a demandé « pardon » pour l’assassinat de son mari par des militaires français, une déclaration encourageant les recherches sur les disparus de la guerre d’Algérie et a demandé ensuite à Benjamin Stora un rapport sur le passé franco-algérien. A l’occasion de la sortie de cet ouvrage, les Amis de l’Humanité organisent le 12 mars 2022 une rencontre avec Charles Silvestre, Gilles Manceron et Pierre Audin, qui y ont contribué, et la participation exceptionnelle de Florence Beaugé et de Benjamin Stora.

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Commémorations

Charonne
8 février 1962 – 8 février 2022
retour sur une commémoration

Premier président de la République à s’être exprimé sur le massacre de Charonne, Emmanuel Macron a rendu public le 8 février 2022 un bref communiqué. Ci-dessous le commentaire de l’Humanité et le film que ce journal a réalisé de la commémoration organisée au métro Charonne, ainsi que les mots prononcés par Delphine Renard, qui a perdu la vue à la suite de l’attentat perpétré le 7 février 1962 au domicile d’André Malraux alors qu’elle avait 4 ans. Au même moment, lors d’une rencontre organisée à l’Institut Tribune socialiste (ITS), il a été rappelé l’engagement du PSU à l’époque et aussi que, lors des obsèques des victimes entièrement organisées par le PCF le 13 février, seuls les représentants de la CFTC et de l’UNEF ont mentionné le massacre du 17 octobre 1961 qui avait tué ou blessé des centaines de travailleurs algériens.

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Charonne 8 février 1962

Il y a soixante ans
la répression meurtrière
d’une manifestation pacifique
au métro Charonne

Vers la fin de la guerre d’Algérie, le 8 février 1962, alors que les négociations d’Evian étaient bien avancées et qu’on se dirigeait vers l’indépendance prochaine de ce pays, une manifestation parisienne soutenant cette issue et protestant aussi contre les attentats criminels commis par l’organisation terroriste de l’OAS a été attaquée violemment par des brigades spéciales aux ordres du préfet de police Maurice Papon. Neuf personnes sont mortes du fait d’actes de violence destinés à tuer. Les responsabilités particulières du ministre de l’intérieur, Roger Frey, et du premier ministre, Michel Debré, hostile à l’issue de la guerre voulue par le général de Gaulle, doivent être établies. Et la lumière doit être faite sur le silence de l’Etat depuis. Diverses commémorations sont organisées le 8 février 2022 pour demander la reconnaissance de ce crime d’Etat par les plus hautes autorités du pays.

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La reconnaissance du passé colonial

Faire connaître le combat
patriotique et humaniste
de l’émir Abdelkader

Le 5 février, suivant l’une des préconisations du rapport Stora, une stèle à l’émir Abdelkader (1808-1883) a été inaugurée à Amboise (Indre-et-Loire) où il a été détenu de 1848 à 1852 avec plusieurs membres de sa famille. L’inauguration a eu lieu en présence de l’ambassadeur d’Algérie en France. Avant son inauguration, des journalistes ont constaté que la sculpture avait été vandalisée : l’œuvre qui représente sa silhouette découpée dans une feuille d’acier a été abimée intentionnellement dans la partie basse de la structure. L’émir a été d’abord détenu à Toulon. Vaincu, à la merci de la France qui a trahi sa parole, il est sorti grandi de sa quarantaine à l’hôpital maritime du Lazaret, puis et de sa détention au Fort Lamalgue, ces quatre mois à Toulon ont joué un rôle important dans son évolution intellectuelle. C’est ce que restitue une exposition créée par la LDH Toulon, diffusée par l’Association Ancrages et soutenue par histoirecoloniale.net

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La Françafrique

Une somme incontournable
sur la construction de la Françafrique,
par François Gèze

L’Empire qui ne veut pas mourir. Une histoire de la Françafrique : ce livre collectif monumental a été dirigé par Thomas Borrel, Amzat Boukari-Yabara, Benoît Collombat et Thomas Deltombe. Publié en octobre 2021 par les éditions du Seuil, il propose au grand public une vision passionnante de l’histoire coloniale et postcoloniale de la France en Afrique, extrêmement bien documentée. Il montre en particulier comment Jacques Foccart, secrétaire général aux affaires africaines et malgaches de 1960 à 1974, a exercé la mission reçue de De Gaulle d’« assurer, en Afrique subsaharienne, une transition vers des “indépendances” favorables aux intérêts français ». De ce livre qui marque un saut d’envergure dans nos connaissances de ce passé trop méconnu et des traces profondes qui en subsistent aujourd’hui, François Gèze propose ici une recension détaillée.

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Commémorations

« Oppositions intellectuelles
à la guerre d’Algérie »,
un colloque
qui fait suite au rapport Stora

Sur les « oppositions intellectuelles à la colonisation et à la guerre d’Algérie », un colloque s’est tenu les 20, 21 et 22 janvier 2022, correspondant à l’une des préconisations du rapport remis au président de la République par Benjamin Stora. Organisé par l’historien Tramor Quemeneur et l’anthropologue Tassadit Yacine, il a été l’occasion d’interventions passionnantes et de riches débats. Ci-dessous la présentation du film qui l’a ouvert, Le soleil assassiné d’Abdelkrim Bahloul, le programme et les films des débats ainsi que les textes provisoires des interventions de Christian Phéline et Gilles Manceron. Nous y ajoutons la lettre d’Aïssa Kadri, publiée par le quotidien El Watan, qui explique les raisons pour lesquelles il a finalement choisi de ne pas y participer. Nous accueillerons volontiers la réponse des organisateurs, qui ont annoncé la publication prochaine d’un ouvrage reprenant l’ensemble de ses travaux.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Un débat entre Benjamin Stora
et l’historien algérien Amar Mohand-Amer
Quelle commémoration
de l’indépendance algérienne ?

A l’Hôtel-de-ville de Paris, à l’occasion de son assemblée générale, l’Association Josette et Maurice Audin organise un débat sur le thème de la commémoration des soixante ans de l’indépendance de l’Algérie, avec Benjamin Stora et l’historien algérien Amar Mohand-Amer. Ci-dessous les liens pour le suivre sur internet car les conditions sanitaires font que la jauge de la salle est strictement limitée. L’Association Josette et Maurice Audin tiendra ensuite son assemblée interne réservée à ses seuls adhérents (possibilité d’adhésions en ligne), mais que ceux-ci pourront suivre aussi à distance. Nous présentons également ci-dessous la BD sur Maurice Audin qui vient de paraître en Algérie.

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Séquelles politiques postcoloniales

Une émission à voir
sur la mobilisation contre un « zoo humain »
en Loire-atlantique

Pour faire la publicité d’un produit nommé « Bamboula », les biscuits Saint-Michel, sponsor de la zone commerciale d’un parc animalier près de Nantes, n’a pas hésité, en 1994, à ouvrir sous le nom de « village de Bamboula » un équivalent des « zoos humains » des débuts de la période coloniale. Des femmes et des hommes ivoiriens, enfants et adultes, y ont été retenus pour les offrir en spectacle aux visiteurs. Un documentaire reconstitue l’histoire de cette invraisemblable réalisation et interroge notre histoire et nos représentations. Il montre les mobilisations qu’elle a provoquées, notamment de la part de la section de Nantes de la Ligue des droits de l’Homme et du SNAM-CGT (Union nationale des syndicats d’artistes-musiciens de France). Après France 3 Pays de la Loire, France 2 le diffuse le 18 janvier… à 23h55. Mais il est visible aussi en replay. Ci-dessous le communiqué de presse de France télévision et un article publié par Mediapart.

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Séquelles politiques postcoloniales

Le ministre Blanquer a soutenu et financé
une réunion politique déguisée en colloque
pour faire le procès de recherches universitaires

Les 7 et 8 janvier 2022, s’est tenu à la Sorbonne un vrai-faux colloque patronné et soutenu par le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, pour faire le procès de la « pensée décoloniale », aussi nommée le « woke » ou la « cancel culture » par ceux qui la désignent comme un péril mondial. Ci-dessous l’article publié par Mediapart, « Un vrai-faux colloque à la Sorbonne pour mener le procès du “wokisme” » dont les autrices montrent qu’il fut une dénonciation permanente de la manière dont le « décolonialisme » et les « études intersectionnelles » martyriseraient l’université française. On a connu des détournements de mots comme celui de « socialisme » employé au profit de la barbarie. Les termes de « woke » et de « cancel culture » sont brandis aujourd’hui pour qualifier de « racistes » les antiracistes qui travaillent sur les formes spécifiques de discriminations persistant dans les sociétés postcoloniales.

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L'accès aux archives coloniales

Archives de la guerre d’Algérie :
il faudra surveiller de près l’ouverture partielle
annoncée par un arrêté du gouvernement

Le Premier ministre, les ministres de la Culture, des Affaires étrangères, des Armées, de l’Intérieur et de la Justice ont signé le 22 décembre un arrêté qui réduit de quinze ans le délai de consultation des archives judiciaires de la guerre d’Algérie. Si on ne peut que se féliciter d’une telle mesure, qui tranche avec les choix gouvernementaux d’empêcher de 2019 à 2021 l’accès à des archives consultables « de plein droit », puis d’adopter à la hâte au nom de la lutte contre le terrorisme une loi, du 30 juillet 2021, restreignant l’accès à certains documents, on peut s’interroger sur l’application effective de cet arrêté. D’autant que le Dépôt central des archives de la justice militaire situé sur la commune du Blanc, dans l’Indre, est fermé depuis deux ans. Sur ce sujet, la construction est nécessaire d’une institution qui veille au respect du droit démocratique d’accès des citoyens aux archives.

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