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Édition du 1er au 15 février 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Commémorations

Les images du rassemblement du 11 juin 2023
devant le cénotaphe de Maurice Audin
au cimetière parisien du Père-Lachaise

Le 11 juin 2023, à l’appel de l’Association Josette et Maurice Audin et d’autres associations, dont le MRAP et la Ligue des droits de l’Homme, un rassemblement a été organisé au cimetière du Père-Lachaise à Paris devant le cénotaphe de Maurice Audin, qui a également associé le souvenir de son fils Pierre Audin, récemment disparu. Nous en publions ci-dessous les images. Un message a été lu de la députée Sabrina Sebahi, vice-présidente du groupe d’amitié France-Algérie. Ont pris notamment la parole l’ambassadeur de France délégué interministériel à la Méditerranée au Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, Karim Amellal, et l’historien Tramor Quemeneur, directeur de projet à la Présidence de la République, chargé des questions mémorielles sur la colonisation et la guerre d’Algérie, secrétaire général (partie française) de la commission franco-algérienne d’historiens.

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La reconnaissance de l'esclavage

A Nantes, une exposition
pour décolonialiser notre regard

Le Musée d’histoire de Nantes présente au Château des ducs de Bretagne jusqu’au 12 novembre 2023, dans une troisième édition d’« Expression(s) décoloniale(s) », une exposition « pour déplacer notre regard en interrogeant nos certitudes, en questionnant nos imaginaires, sur notre histoire coloniale ». Une vingtaine d’œuvres de Barthélemy Toguo, artiste camerounais de renommée mondiale et des textes écrits par l’historien camerounais François Wassouni voisinent avec les collections historiques du musée relatives à l’histoire de l’esclavage et de la colonisation. On lira ci-dessous la présentation de l’évènement ainsi qu’un article de Clémentine Mercier dans Libération qui expose le point de vue de l’artiste Barthélémy Toguo.

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Le massacre du 14 juillet 1953 à Paris

En 2023, 70 ans après,
revient dans la mémoire française
la fin brutale en 1953 des défilés populaires
commémorant la Révolution française

Si le massacre parisien du 17 Octobre 1961, après des décennies de déni et de mensonges, est apparu dans la mémoire française, il n’en est pas de même pour celui du 14 juillet 1953, Place de la Nation. La police a ouvert le feu sur le cortège des indépendantistes algériens, tuant six d’entre eux et un syndicaliste de la Métallurgie CGT qui les défendait, et faisant des dizaines de blessés par balles. Cette répression a précipité le déclenchement de la guerre d’indépendance algérienne. Elle a marqué aussi la fin des défilés populaires du 14 juillet qui ont existé lors du Front populaire et après la Libération. 70 ans après, une commémoration spectaculaire aura lieu le 13 juillet Place de la Nation. Et des associations comme le MRAP, la LDH, Attac, la Libre Pensée, les Ami(e)s de Maurice Rajsfus, l’ITS et des organisations syndicales ou politiques s’interrogent sur un appel à refaire un défilé populaire pour le 14 juillet.

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Réconciliation et réparations

Le débat sur les réparations
matérielles de l’esclavage
en France et dans le monde

La loi Taubira reconnaissant en 2001 l’esclavage entrepris par la France comme un crime contre l’humanité a écarté la mise en œuvre par elle de réparations matérielles, pourtant envisagée dans le projet initial et réclamée notamment en Martinique et en Guyane et par le Conseil Représentatif des Associations Noires (CRAN) et plusieurs personnalités. La reconnaissance du crime suffit-elle à le « réparer » ? Ci-dessous l’article très bien documenté du Monde, par Julien Vincent, qui présente un état mondial de la réflexion sur la problématique du dédommagement de l’esclavage et de la colonisation. Il s’appuie sur de nombreux livres dont la plupart ne sont pas traduits en français. Nous publions également une tribune de l’économiste Thomas Piketty, publié au lendemain du mouvement Black Lives Matter, dans laquelle il appelait à « ne plus éluder » la question des réparations.

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La reconnaissance de l'esclavage

Saint-Denis de La Réunion
« déboulonne » la statue d’un esclavagiste

Le 26 avril 2023, la maire de Saint-Denis de La Réunion (PS) et ancienne ministre des outre-mers, Ericka Bareigts, a annoncé que la statue monumentale de Mahé de La Bourdonnais installée sur l’espace public sera déplacée dans une caserne. Il fut gouverneur des Isles de France, île Maurice et de Bourbon (La Réunion), entre 1733 et 1746, période durant laquelle l’esclavage explosa dans ces îles. Revendiquant « un choix politique et militant », Ericka Bareigts, donne ainsi satisfaction au collectif Laproptaz Nout Péi (« balayons devant notre porte » en créole réunionnais), composé d’une quarantaine d’associations. Comme le montrent ci-dessous un article de Slate.fr et le film Les Statures de la discorde (2020), l’hostilité à la célébration dans l’espace public de figures esclavagistes et colonialistes est vive et ancienne à La Réunion comme aux Antilles. On lira également la prise de position de la politologue Françoise Vergès en soutien à cette initiative.

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L'affaire Audin

Hommages et émotion autour de Pierre Audin
renforcent l’Appel à se réunir le 11 juin
au cénotaphe de Maurice Audin

Le 11 juin 1957, Maurice Audin a été enlevé à son domicile à Alger par des militaires français qui le soumirent à la torture et le tuèrent. La disparition de son fils Pierre le 28 mai 2023 donne une signification particulière à l’hommage rendu cette année à Maurice, Josette et Pierre Audin. Quelques mois avant la mort de Josette Audin le 2 février 2019, le président de la République lui avait rendu visite et avait reconnu la responsabilité de l’État français dans la mort de son mari. Un rassemblement, auquel appellent de nombreuses associations dont la Ligue des droits de l’Homme, a lieu le dimanche 11 juin 2023 à 11 heures devant le cénotaphe de Maurice Audin. Pour demander que toute la lumière soit faite sur les circonstances de sa disparition ainsi que sur celle des nombreux combattants pour l’indépendance de l’Algérie et civils algériens enlevés comme lui par des militaires français.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Un « podcast » de « France culture »,
sur le procès de Paul Aussaresses,
un criminel de guerre cynique et bavard

Dans le cadre d’une série « Une histoire particulière » sur les criminels de guerre, un documentaire porte sur le général Paul Aussaresses. En 1957, pendant la guerre d’Algérie, il était chargé avec une équipe de tueurs de torturer et assassiner les personnages importants de la lutte d’indépendance algérienne. Deux épisodes présentent ce rôle, le troisième son livre publié en 2001 où il reconnait sans regrets ces actes qu’il considère comme légitimes. Comment réagir à un tel éloge du crime ? L’amnistie promulguée après les accords d’Évian empêche qu’il soit poursuivi sur les faits, une plainte contre ses actes ne pouvant aboutir, la Ligue des droits de l’Homme a choisi de poursuivre son livre pour l’apologie de ces crimes. Choix difficile, car cette association défend la liberté de l’édition et les récits des crimiels sont utiles à l’écriture de l’histoire. Le procès n’a rempli que partiellement son objectif. La société française n’a pas fait son travail.

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La reconnaissance du passé colonial

Le système colonial comme matrice
de l’extrême droite
Une rencontre à Avignon
lors de la Fête de « La Marseillaise »

En partenariat avec la fête de « La Marseillaise », le 27 mai 2023, au Parc des libertés, dans l’Ile de la Barthelasse à Avignon, la Ligue des droits de l’Homme inaugure un cycle de rencontres autour du système colonial comme matrice originelle et essentielle de l’extrême droite en France. Cette première rencontre traitera des appelés du contingent pendant la guerre d’Algérie, avec l’historienne Raphaëlle Branche et l’ancien appelé en Algérie qui est devenu ensuite psychanalyste, Jacques Inrep. Elle sera suivie d’autres rencontres à partir de l’automne 2023 portant sur d’autres aspects de l’histoire coloniale franco-algérienne, notamment sur l’immigration algérienne en France, les européens rapatriés d’Algérie, les Juifs d’Algérie et les harkis – et leurs descendants –, dont le programme sera communiqué au cours de cette journée.

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Musées et créations contemporaines

Centenaire de l’Académie des Sciences
devenues « d’outre-mer »,
institution fondée au service de l’empire
et qui possède une riche documentation

En mai 1923 fut fondée une Académie des Sciences coloniales, véritable laboratoire d’idées au service de l’expansion coloniale française. Le 23 mai 2023, l’Académie des Sciences d’outre-mer, qui lui a succédé, célébrera ce centenaire dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, sous le titre général « Cent ans de passion et au-delà pour l’outre-mer ». La séance inaugurale aura lieu en présence de Sylvie Retailleau, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. On indique que la « maîtresse de cérémonie » sera la journaliste Christine Kelly, connue du public de la chaîne CNews pour avoir tendu avec complaisance son micro à Éric Zemmour, nostalgique de l’ère coloniale et partisan de la théorie raciste du « grand remplacement ». Alain Ruscio retrace ici l’histoire de cette institution. On lira aussi un article de Pierre Singaravélou sur l’histoire des « sciences coloniales », ainsi qu’un texte d’Emmanuelle Sibeud sur la « décolonisation invisible » des sciences sociales.

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Racisme de couleur et islamophobie

Deux films rediffusés sur Arte et France.tv
explorent la condition noire en France

Alors que selon le dernier baromètre des discriminations du Conseil représentatif des associations noires (CRAN), 91 % des personnes noires en France déclarent être victimes de racisme, Arte et France.tv rediffusent chacune en replay un film documentaire qui explore la condition noire dans notre pays : Trop noire pour être française ? d’Isabelle Boni-Claverie et Noirs en France d’Aurélia Perreau. Le premier, qui date de 2017, part de l’histoire personnelle de sa réalisatrice et s’appuie sur l’analyse de spécialistes, tels Eric Fassin, Pap Ndiaye ou Achille Mbembe, l’autre raconte les discriminations vécues dans le monde du travail ou dans leur vie quotidienne par des Français noirs connus ou inconnus.

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La reconnaissance du passé colonial

Les 70 ans du 14 juillet 1953 :
une projection-débat à Paris
le 14 mai 2023

Pour le 70ème anniversaire de la répression policière du 14 juillet 1953 qui a fait sept morts Place de la Nation, à Paris, un collectif d’associations animé notamment par des militants LDH de l’Est parisien prépare une exposition en plein air, une représentation du « procès qui n’a pas eu lieu » avec un réquisitoire théâtralisé, un bal « pour commémorer les balles », etc. En lien avec la problématique des libertés publiques partout dans le monde et des violences policières en France. Pour faire connaître cet événement trop oublié et pour débattre largement de l’idée de refaire le défilé populaire Bastille-Nation qui avait lieu jusqu’en 1953, la projection-débat de ce dimanche 14 mai à 11h, au Cinéma Escurial Panorama, 75013 Paris, est une étape importante.

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Musées et créations contemporaines

Films et débats sur l’esclavage au cinéma
et une exposition pédagogique
par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage

Le thème de l’esclavage est présent dans le cinéma depuis sa naissance à la fin du XIXe siècle. La filmographie compte plus d’une centaine de films dont des œuvres marquantes qui ont façonné sa représentation dans l’imaginaire mondial. A l’initiative de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) et à la suite de la journée du 10 mai de commémoration par la France de l’esclavage et de ses abolitions, se tient au musée du Quai Branly, le 21 mai 2023, une journée de projections intitulée Marronnes ! Rebelles à l’image, dont nous publions le programme. On lira aussi sur le très riche site de la FME une série d’articles de l’historien du cinéma Antoine Guégan sur les films et les cinéastes qui ont traité de l’esclavage au cinéma. Et nous présentons l’exposition de la FME, #CESTNOTREHISTOIRE, à la disposition de tous les établissements qui veulent faire connaître cet épisode tragique et ses conséquences.

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