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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

des harkis demeurés en Algérie réclament leurs droits

Le général Pascal Jardin, ancien directeur général de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONAC), s’indigne dans une lettre contre le refus de la France de reconnaître aux anciens supplétifs de l’armée française, restés malgré eux en Algérie après 1962, la qualité d’anciens combattants ainsi que les droits qui s’y rattachent1.

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Perpignan, le 16 mars 2007 : conférence de presse du collectif (© Jean Roig).
Perpignan

conférence de presse du collectif Non au projet de musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation

Au cours de sa conférence de presse de vendredi 16 mars 20072, le collectif a présenté et commenté la déclaration que vous trouverez ci-dessous, suivie d’un rappel de l’essentiel du dossier. La déclaration sera distribuée aux membres du conseil municipal lors de sa prochaine réunion.

Le collectif fonde beaucoup d’espoir sur la journée d’étude prévue le 19 avril prochain pour «remettre l’histoire et pas seulement la mémoire» au centre des réflexions.

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Inauguration du mémorial national du quai Branly, le 5 décembre 2002.
1962, la fin de la guerre d'Algérie

commémoration : les Français récusent la date abracadabrantesque du 5 décembre

En dépit de l’organisation de cérémonies officielles, la Journée nationale d’hommage aux morts pour la France en Afrique du Nord, mardi 5 décembre 2006, est passée inaperçue dans les médias. Un nouveau sondage montre d’ailleurs que les Français, comme les anciens combattants de la guerre d’Algérie, souhaitent massivement fixer cette journée au 19 mars, anniversaire du cessez-le-feu de 1962.

La Fnaca (Fédération Nationale des Anciens Combattants en Algérie, Maroc et Tunisie) a décidé de questionner tous les candidats à la présidence de la République afin qu’ils s’expriment sur la reconnaissance officielle de la date du cessez-le-feu du 19 mars 1962 comme journée nationale du souvenir des victimes de la guerre d’Algérie.

Certes, le conflit a continué à faire de très nombreuses victimes, algériennes et françaises, après le cessez-le-feu, mais la date du 19 mars 1962 est importante car elle marque la volonté des responsables de mettre fin à cette guerre.

[Première publication, le 13 mars 2007,

dernière modification, le 15 mars 2007.]
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© Lefred-Thouron (Le Canard enchaîné, 14 mars 2007)
Identité nationale

«Identité nationale» et immigration, les liaisons dangereuses de Nicolas Sarkozy

Gérard Noiriel observe que, depuis les années 1930, l’identité nationale a toujours été associée à l’idée faisant de l’étranger une menace. «On parle alors d' »indésirables » et même plus de « racailles », de « métèques », de « clandestins », les « indésirables » étant ceux que l’on n’avait pas choisis», ajoute l’historien3.

Jean-Marie Le Pen, obsédé par l’immigration (elle met en danger l’identité française), peut se réjouir de la proposition de Nicolas Sarkozy de créer un «ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale» : à force de racoler son électorat, le ministre-candidat est devenu le meilleur propagandiste des thèmes de l’extrême droite.

En réalité, rien de véritalement nouveau : les relations entre droite et extrême droite sont anciennes tant sur le plan idéologique que sur le plan «électoral».

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Fragments de l’identité nationale fançaise.
Identité nationale

Vous avez dit «identité nationale» ?

Rappelez-vous les déclarations de Nicolas Sarkozy, à Toulon, il y a trois ans : 215 Mais à force de racolage, le ministre-candidat a fini par devenir lui-même propagandiste des thèmes de l’extrême droite. Son dernier dérapage le montre une fois de plus : la création d’un «ministère de l’immigration et de l’identité nationale» aux inquiétantes connotations.

L’identité nationale est une notion à manier avec beaucoup de précautions. L’occasion d’en appeler aux historiens et notamment à Anne-Marie Thiesse qui écrivait, dans un contexte très différent, que «la nation est une création vieille d’à peine deux siècles qu’il fallut inventer et ensuite consolider autour de mythes fondateurs …»

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La loi du 23 février 2005

Inadvertance ? ou… clientélisme ?

Certes, la loi du 23 février 2005 a bénéficié du concours de très nombreux députés de droite, notamment ceux de la région PACA : est-il besoin de rappeler l’enthousiasme de certains élus des Alpes Maritimes et l’efficace complicité du rapporteur Christian Kert ? Mais elle a également bénéficié du soutien actif d’élus de gauche qui ont voulu l' »améliorer ». On ne sait s’ils avaient trop souvent entendu Georges Frêche répêter que « ici, ce sont les rapatriés qui font les élections »4, mais il faut se rendre à l’évidence : ces députés sont des élus de la région Languedoc-Roussillon. Et leur comportement ne relève pas de « l’inadvertance« .

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Le cimetière où seraient enterrés les mutinsde 1944 (photo Philippe Guionie).
Les « tirailleurs sénégalais »

les Sénégalais retrouvent la mémoire

Un projet d’autoroute menace l’ancien site militaire de Thiaroye, où, en 1944, l’armée française réprima une mutinerie de tirailleurs. A l’approche de la présidentielle, la politique s’en mêle.

Un dossier de Philippe Bernard,

publié dans Le Monde du 23 février 2007.
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Le 17 octobre 1961

le premier qui a dit la vérité sur le massacre d’Algériens à Paris le 17 octobre 1961

Le 12 février 1999, pour la première fois, un représentant de l’Etat, le substitut Vincent Lesclous, a reconnu la réalité du massacre d’Algériens commis le 17 octobre 1961 à Paris par des membres des forces de l’ordre. C’est le procès en diffamation de Maurice Papon contre l’historien Jean-Luc Einaudi6, à l’issue duquel Maurice Papon a été débouté de toutes ses demandes, qui a conduit la justice à reconnaître que la répression policière pouvait être qualifiée de «massacre».

Il est important de connaître comment la vérité a pu être établie.

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Le 17 octobre 1961

la page algérienne «chargée» de Maurice Papon

Entre Papon et l’Algérie, la relation, marquée du sceau de la force et de la répression, s’étale sur deux décennies. Le fonctionnaire a d’abord été préfet de Constantine (de 1949 à 1951). Il y reviendra de 1956 à 1958, comme préfet IGAME (Inspecteur général de l’administration en mission extraordinaire) pour la région de l’Est algérien. De là, il sera promu préfet de police de Paris, ordonnateur de quelques pages sombres de l’histoire de France : la répression sanglante de la manifestation du 17 octobre 1961 et la tragédie du métro Charonne, le 8 février 1962.

Ci-dessous, un dossier de S. Raouf, publié le 19 février 2007 dans Le Quotidien d’Oran, suivi d’un bref compte-rendu de l’inauguration symbolique d’une station de métro 17 octobre 1961, à Gennevilliers.

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