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Édition du 1er au 15 avril 2026

La société française face à l’héritage de son passé colonial

Eric Savarèse : en finir avec les guerres de mémoires algériennes en France ?

Le 19 avril 2007, Eric Savarèse a organisé, à Narbonne, sous l’égide du
CERTAP, UPVD, une journée d’études sur le thème : Montrer l’Algérie au public. Pour en finir avec les guerres de mémoires algériennes.

Le rapport, rédigé par Eric Savarèse, des travaux présentés et discutés1, est téléchargeable sur le site de l’université de Perpignan (22 pages au format PDF – 1.6 Mo).

Vous en trouverez ci-dessous la huitième et dernière partie.

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Bernard Kouchner, sac de riz sur l'épaule, le 5 décembre 1992, en Somalie.
La Françafrique

de la “mission civilisatrice” coloniale à l’ingérence humanitaire, par Rony Brauman

Après la nomination, le 18 février 2007, de Bernard Kouchner au poste de ministre des affaires étrangères, la lecture de ce texte de Rony Brauman2
rappelle que, remplaçant le vieux discours colonial sur la “ mission civilisatrice ”, le “ droit d’ingérence humanitaire ” est souvent été invoqué de nos jours pour justifier les interventions militaires occidentales.

Dès sa prise de fonction, Bernard Kouchner, qui se bat depuis des années pour la reconnaissance de ce droit d’ingérence, a manifesté que le dossier Darfour est une de ses priorités …

[Première publication le 12 octobre 2005, repris le 21 mai 2007]
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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

René Gallissot, à l’occasion de la parution de deux ouvrages : « je suis contre la soumission des historiens aux commandes de l’Etat »

A l’occasion de la parution de deux ouvrages, Algérie. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et La République française et les indigènes, René Gallissot a accordé deux interviews que nous reprenons ci-dessous. Dans la première, publiée par BabelMed, il revient sur les polémiques auxquelles la loi du 23 février 2005, qui glorifie l’« œuvre coloniale française », a donné lieu aussi bien en France qu’en Algérie. Dans la seconde, publié par El Watan, il s’exprime sur l’évolution prévisible des rapports franco-algériens à la suite du changement de président de la République en France.

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Les fondateurs : Michel Delsaux, Rémi Serres, Armand Vernhettes et Georges Treilhou (de g. à d.).
Réconciliation et réparations

quand on a fait du mal à quelqu’un, on lui demande pardon, c’est normal

«Nous sommes quatre anciens appelés qui avons fait la guerre d’Algérie. A cette époque-là, nous les gars du contingent nous ne disions rien et n’avons pas eu le courage de hurler notre désaccord au monde.

Aujourd’hui, bien que percevant de modestes retraites, nous avons décidé de refuser la retraite du combattant et d’en reverser le montant à des populations souffrant de la guerre ou à des organismes oeuvrant pour la paix.

Ce que nous avons vu et vécu en Algérie, l’inutilité de ce conflit, la conscience de “l’horreur de la guerre”, le désir de transmettre cette mémoire aux jeunes générations,
nous poussent dans cette démarche.

Dans ce but nous venons de créer l’Association des anciens appelés en Algérie contre la guerre.»

[Déclaration des membres fondateurs,

lors de la première conférence de presse, le 3 fév. 2004 à Albi]
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Tropiques amers.
La reconnaissance de l'esclavage

Création le 10 mai 2006 d’une journée des mémoires de la traite négrière,
de l’esclavage
et de leurs abolitions

Le 30 janvier 2006, Jacques Chirac, président de la République, annonçait que le 10 mai serait chaque année « Journée des mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions ». Nous vous proposons ci-dessous de larges extraits de son allocution du 10 mai 2006 au jardin du Luxembourg. Une cérémonie officielle s’y déroulera à nouveau en 2007, en présence de Nicolas Sarkozy, nouvellement élu président de la République. Opposé à la « repentance » durant sa campagne, il y participera néanmoins.

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La délégation du collectif : Jacky Malléa, Marcel Le-Goallec, Patrick Lecrocq, Dominique Lasnier, Christian Bousquet, Bernard Cholet (de g. à dr.).
Perpignan

musée à la gloire de la colonisation : les désaccords persistent

Comme cela avait été convenu le 26 mars dernier3, le maire de Perpignan a reçu le 10 avril une délégation du collectif opposé au projet d’un « centre de la présence française en Algérie ».

Malheureusement, il ne semble pas que la position de Jean-Paul Alduy se soit modifiée à la suite de cette rencontre. Le collectif a donc décidé de poursuivre ses manifestations silencieuses.

[Première publication le 16 avril, mise à jour le 21 avril 2007]
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“la rémanence des stérétotypes coloniaux dans le discours politique, 1962-2005”, par Yann Scioldo-Zürcher

Les pieds-noirs ne forment pas une communauté, ni même un groupe homogène, et plusieurs mémoires, parfois concurrentes, les caractérisent. Pourtant, il se dégage une « vision pied-noir de l’histoire franco-algérienne ». Faite de mythologies coloniales, de sophismes politiques, de justifications a posteriori, de rejets et de victimisation, cette vision est souvent leur unique point de rencontre.
Dans sa contribution au colloque de Lyon de juin 2006, Yann Scioldo-Zürcher
5 s’est d’abord attaché à définir cette vision historique telle qu’elle existait au temps de la colonisation, et à analyser les dénis de mémoire et les refus d’histoire sur lesquels elle reposait.

Dans la dernière partie, reproduite ci-dessous, il montre comment, après l’indépendance de l’Algérie, cette vision fut réintroduite en métropole au point de redonner vie à des stéréotypes coloniaux qui ont survécu à la fin de la colonisation.

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Au centre le lieutenant Le Pen, à droite le général Massu.
Le Pen et la torture

Il faut que les Français sachent qui est Le Pen, cet homme qui a la prétention de diriger notre pays

Si le séjour de Jean-Marie Le Pen dans l’Algérie en guerre a été bref – de janvier à fin mars 1957 –, le lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, a laissé dans l’ex-colonie française de terribles souvenirs. Elu député poujadiste à l’âge de 28 ans, ayant voté l’envoi du contingent en Algérie décidé par le gouvernement de Guy Mollet, Jean-Marie Le Pen s’engage en 1956 pour six mois. Il débarque en pleine bataille d’Alger. Basé à la Villa des Roses (aujourd’hui remplacée par un jardin public sur les hauteurs d’El-Biar), il fait officiellement du renseignement.

Les Algériens qui ont eu à faire à lui, dans le cadre des opérations de « maintien de l’ordre », suivant la terminologie employée par les autorités françaises à l’époque, et qui acceptent de témoigner, gardent l’image d’un homme « extrêmement violent » et, par-dessus tout, d’un « tortionnaire » 6. Le cas de Abdenour Yahiaoui est particulièrement éclairant.

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Les guerres des mémoires

Algérie, la guerre des mémoires, par Eric Savarese

Comment les pieds-noirs d’Algérie construisent-ils une identité du souvenir ? Quels peuvent être les usages sociaux et politiques des mémoires coloniales ? Dans quelle mesure est-il possible de définir l’élaboration de stratégies identitaires associées à la formulation de souvenirs de la colonisation et d’identifier les acteurs qui élaborent ces stratégies ? Comment des mémoires coloniales concurrentes s’affrontent-elles, tout en se recomposant ? Quel peut être le rôle du politique en matière de gestion des mémoires ? Comment s’élaborent, et sous l’influence de quels acteurs ou facteurs, des politiques commémoratives à travers lesquelles une sélection de souvenirs acquièrent le statut d’histoire officielle ?

C’est à toutes ces interrogations que le nouveau livre d’Eric Savarese7 tente de répondre, en soulignant l’étendue du travail qu’il reste à accomplir. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’introduction (les pages 10 à 14).

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Pierre Joxe : une jeunesse porteuse de la coopération de demain

El Watan publie dans son édition du 10 avril 2007 un long entretien avec le nouveau président de l’association France Algérie.

Membre du Conseil constitutionnel depuis 2001, Pierre Joxe a été ministre de l’Intérieur de mai 1988 à janvier 1991 et ministre de la Défense de janvier 1991 à mars 1993 sous la présidence de François Mitterrand. Il a été premier président de la Cour des comptes de mars 1993 à février 2001.

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