lettre ouverte de Ségolène Royal aux associations de rapatriés et de harkis
Cette lettre ouverte a été publiée le 11 avril 2007 sur le blog du secrétariat aux droits de l’Homme et libertés du parti socialiste1.
Cette lettre ouverte a été publiée le 11 avril 2007 sur le blog du secrétariat aux droits de l’Homme et libertés du parti socialiste1.
Les pieds-noirs ne forment pas une communauté, ni même un groupe homogène, et plusieurs mémoires, parfois concurrentes, les caractérisent. Pourtant, il se dégage une « vision pied-noir de l’histoire franco-algérienne ». Faite de mythologies coloniales, de sophismes politiques, de justifications a posteriori, de rejets et de victimisation, cette vision est souvent leur unique point de rencontre.
Dans sa contribution au colloque de Lyon de juin 2006, Yann Scioldo-Zürcher
2 s’est d’abord attaché à définir cette vision historique telle qu’elle existait au temps de la colonisation, et à analyser les dénis de mémoire et les refus d’histoire sur lesquels elle reposait.
Dans la dernière partie, reproduite ci-dessous, il montre comment, après l’indépendance de l’Algérie, cette vision fut réintroduite en métropole au point de redonner vie à des stéréotypes coloniaux qui ont survécu à la fin de la colonisation.

Si le séjour de Jean-Marie Le Pen dans l’Algérie en guerre a été bref – de janvier à fin mars 1957 –, le lieutenant du 1er régiment étranger de parachutistes (REP), attaché à la division Massu, a laissé dans l’ex-colonie française de terribles souvenirs. Elu député poujadiste à l’âge de 28 ans, ayant voté l’envoi du contingent en Algérie décidé par le gouvernement de Guy Mollet, Jean-Marie Le Pen s’engage en 1956 pour six mois. Il débarque en pleine bataille d’Alger. Basé à la Villa des Roses (aujourd’hui remplacée par un jardin public sur les hauteurs d’El-Biar), il fait officiellement du renseignement.
Les Algériens qui ont eu à faire à lui, dans le cadre des opérations de « maintien de l’ordre », suivant la terminologie employée par les autorités françaises à l’époque, et qui acceptent de témoigner, gardent l’image d’un homme « extrêmement violent » et, par-dessus tout, d’un « tortionnaire » 3. Le cas de Abdenour Yahiaoui est particulièrement éclairant.

Comment les pieds-noirs d’Algérie construisent-ils une identité du souvenir ? Quels peuvent être les usages sociaux et politiques des mémoires coloniales ? Dans quelle mesure est-il possible de définir l’élaboration de stratégies identitaires associées à la formulation de souvenirs de la colonisation et d’identifier les acteurs qui élaborent ces stratégies ? Comment des mémoires coloniales concurrentes s’affrontent-elles, tout en se recomposant ? Quel peut être le rôle du politique en matière de gestion des mémoires ? Comment s’élaborent, et sous l’influence de quels acteurs ou facteurs, des politiques commémoratives à travers lesquelles une sélection de souvenirs acquièrent le statut d’histoire officielle ?
C’est à toutes ces interrogations que le nouveau livre d’Eric Savarese4 tente de répondre, en soulignant l’étendue du travail qu’il reste à accomplir. Vous trouverez ci-dessous un extrait de l’introduction (les pages 10 à 14).
El Watan publie dans son édition du 10 avril 2007 un long entretien avec le nouveau président de l’association France Algérie.
Membre du Conseil constitutionnel depuis 2001, Pierre Joxe a été ministre de l’Intérieur de mai 1988 à janvier 1991 et ministre de la Défense de janvier 1991 à mars 1993 sous la présidence de François Mitterrand. Il a été premier président de la Cour des comptes de mars 1993 à février 2001.
La campagne électorale est l’occasion pour les candidats à l’élection présidentielle de revenir sur le problème des harkis. Différentes déclarations, différentes promesses ont été faites. Cela nous a incités à rencontrer deux responsables de l’association Harkis et droits de l’Homme5, pour faire le point, à quinze jours du premier tour de l’élection.
La section de Toulon de la Ligue des droits de l’Homme a donc rencontré Fatima Besnaci-Lancou, présidente, ainsi qu’Amar Assas, porte-parole de l’association, et leur a posé quelques questions.
Vous trouverez ensuite un communiqué du PS en date du 10 avril, un extrait d’un discours de François Bayrou, puis une présentation des intentions de Nicolas Sarkozy à la date du 31 mars.
Pour obtenir une carte d’identité sécurisée ou un passeport électronique, l’administration refuse maintenant de reproduire le document périmé, comme elle le faisait jusqu’à présent. Elle procède désormais à un « examen approfondi » de la situation du demandeur au regard de l’identité, mais surtout de la nationalité. Lorsque la copie intégrale d’acte de naissance indique que les deux parents sont nés à l’étranger, elle exige donc une « preuve » de la nationalité française6.
Certes la situation n’a fait empirer ces dernières années, mais les extraits d’un article de Maurice T. Maschino datant de 2002 que nous reprenons montrent que le syndrome ne date pas d’hier : craignant, depuis des décennies, que la France ne soit submergée par des « hordes » venues du tiers-monde, le législateur paraît atteint de paranoïa galopante et, se croyant entouré d’ennemis, exige de ses nationaux qu’ils montrent patte blanche.

Benjamin Stora publie un livre d’entretiens avec Thierry Leclère, «La guerre des mémoires. La France face à son passé colonial», dont vous trouverez la présentation ci-dessous7.
Nous avons choisi de vous en proposer deux extraits en bonnes feuilles : dans le premier Benjamin Stora donne son point-de-vue sur le projet controversé de mémorial de la France outre-mer à Marseille ; dans l’autre il tente de répondre à la question : «Que faire pour dépasser cette guerre des mémoires ?».

Aujourd’hui, Fatima Besnaci-Lancou a champ libre à Roubaix : une exposition et deux week-end de rencontres et d’échanges avec différentes enfants de l’Algérie.8
Au-delà de la nécessaire reconnaissance dûe aux harkis, Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice et présidente de l’Association Harkis et droits de l’Homme, veut ainsi contribuer par des actes à la réconciliation franco-algérienne.
Dans un communiqué du 3 avril 2007, l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS réaffirme que priorité doit être donnée à la refondation de relations d’amitié entre la France et l’Algérie, en mettant un terme à la réhabilitation de l’OAS.
Il est désolant de voir « le débat public se concentrer sur l’identité nationale, le drapeau, la lutte contre l’immigration clandestine et autres obsessions franco-françaises. La pression de l’extrême droite a remis en route la machine destructrice qui place au centre de tout « l’immigration » et le rejet de l’autre.»9
Concernant la notion d’identité nationale française, la vigoureuse mise au point de Laurent Mucchielli nous semble particulièrement salutaire10. Pour terminer, vous trouverez un petit texte où Olivier Wieviorka montre que le sentiment national n’est peut-être pas aussi «naturel» qu’on le dit.

Lundi 26 mars, une cinquantaine de personnes sont venus au conseil municipal de Perpignan pour manifester silencieusement leur opposition au projet de la municipalité.
Jean-Paul Alduy, maire de Perpignan, a accepté de les recevoir mardi 10 avril prochain.
A la suite des deux articles de la presse locale rendant compte de cet événement, vous pourrez lire une libre opinion publiée dans Le Travailleur catalan du 30 mars 2007 : L’Algérie française méconnue.