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Édition du 3 janvier au 15 janvier 2026

Villes du Midi et mémoire de l’Algérie française

Les “appelés” n'ont pas marché...
Nice

de l’illégitimité des hommages rendus aux responsables du putsch d’Alger et de l’OAS

A l’occasion du cinquantième anniversaire du putsch d’Alger, des “nostalgériques” ont décidé de rendre hommage à Nice, le 23 avril prochain, au «quarteron de généraux» – Challe, Jouhaud, Salan et Zeller – responsables de cette «aventure odieuse et stupide»1.

L’échec de cette tentative de putsch a entraîné l’émergence de l’OAS – Organisation armée secrète – un mouvement clandestin qui a tenté, par l’action terroriste, de s’opposer à l’indépendance de l’Algérie. Responsable de plusieurs centaines d’attentats et d’exécutions en Algérie et en France, l’OAS a tué 2 700 personnes, dont 2 400 Algériens, de janvier 1961 à septembre 1962.

Cet hommage paraît totalement illégitime à la plupart de nos concitoyens. C’est plutôt aux «appelés» qu’il conviendrait de rendre hommage : par leur loyauté et leur refus d’obéir aux putschistes, ils ont contribué à l’échec d’une opération criminelle dirigée contre la République.

Les “appelés” n'ont pas marché...
Les “appelés” n’ont pas marché…
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Maison Maréchal Juin, à Aix-en-Provence.
Aix-en-Provence

Aix-en-Provence subventionne l’Algérie française

La Maison du Maréchal Alphonse Juin ou Maison des Rapatriés d’Aix-en-Provence2 mérite d’être visitée. A condition de pouvoir y pénétrer, car son accès semble réservé à une certaine catégorie de rapatriés, comme l’expose le Ravi dans l’article repris de son dossier de décembre 2010 consacré à l’extrême droite.

Un article qui illustre à nouveau les penchants nostalgériques de Maryse Joissains-Masini, si l’on en juge par les grasses subventions que la municipalité d’Aix-en-Provence verse à cette maison – il est vrai que «quand on aime …»

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L'ANPNPA était venue dénoncer la décision du conseil municipal.
Marignane

Marignane entretient la mémoire partisane de l’OAS

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a approuvé le retour à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert de la stèle d’hommage « aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française ». La majorité “divers droite” du maire Éric Le Dissès et l’UMP menée par Daniel Simonpieri, ex FN-MNR, ont voté la délibération. Seules deux élues, Marie-Claude Gargani, communiste, et Christane Azam, responsable locale du MRAP, ont voté contre, tandis que les trois socialistes s’abstenaient – après une explication de vote absolument consternante de leur chef de file.

A la suite du reportage de Jean-Baptiste Malet qui a assisté à cette réunion du conseil municipal, vous pourrez prendre connaissance du communiqué commun publié par trois associations, ainsi que des réactions du NPA Est Etang de Berre et du PCF 13 qui dénoncent cette décision.

[Mis en ligne le 28 octobre 2010, mis à jour le 2 novembre]

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La stèle de Marignane (été 2005).
Marignane

stèle de l’OAS à Marignane : le retour ?

Lors de sa réunion du 27 octobre 2010, le conseil municipal de Marignane a validé la convention signée par le maire avec l’Adimad – association de défense des intérêts des anciens membres de l’OAS. Le conseil s’est prononcé (2 voix contre, Mmes Azam et Gargani, et 4 abstentions – dont les élus socialistes) en faveur de la remise en place de la stèle d’hommage «aux combattants tombés pour que vive l’Algérie Française », à l’emplacement qu’elle occupait jusqu’au 18 novembre 2008 à l’intérieur du cimetière Saint-Laurent Imbert.

L’Association des pieds-noirs progressistes avait alerté le préfet au sujet de cet événement qui s’inscrit dans un mouvement de réhabilitation de l’OAS. Une entreprise dont la cérémonie d’hommage rendu il y a quelques jours, dans l’enceinte de l’Ecole des Troupes Aéroportées de Pau, au colonel Pierre Château-Jobert, ancien commandant OAS du Constantinois, constitue une autre manifestation.

[Mis en ligne le 26 octobre 2010, mis à jour le 28]

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Aix-en-Provence : le rond-point Bigeard rebaptisé Maurice Audin

Le 25 septembre dernier, une cinquantaine de militants ont symboliquement débaptisé le Rond-point Général Marcel Bigeard d’Aix-en-Provence et l’ont renommé Maurice Audin en hommage au jeune mathématicien disparu depuis son arrestation par des parachutistes du général Massu, le 11 juin 1957 à Alger.

Les noms des généraux Bigeard et Massu sont associés à l’utilisation de la torture pendant la guerre d’Algérie. Et l’enquête menée par Pierre Vidal-Naquet a établi que Maurice Audin est mort sous la torture. Mais la vérité n’a toujours pas été reconnue par les autorités françaises : en juin 2007, sa veuve, Josette Audin, s’est adressée à Nicolas Sarkozy nouvellement élu président de la République pour lui demander de faire la lumière sur la mort de son mari, mais sa lettre n’a pas reçu de réponse à ce jour.

Le Conseil municipal d’Aix-en-Provence n’avait pas attendu le décès du général Bigeard pour attribuer son nom à un rond-point de la commune. Lors de sa réunion du 12 avril 2010, il avait adopté par 40 voix pour, aucune voix contre et 13 abstentions, une délibération en ce sens que Maryse Joissains-Masini, députée-maire d’Aix, connue pour ses positions favorables aux thèses de l’Algérie française, avait proposée – elle répondait ainsi à une demande de l’Union Nationale des Parachutistes3.

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L'hôtel Montcalm en travaux.
Montpellier

Montpellier : un musée de l’histoire de la France en Algérie

Ce nouveau musée devrait ouvrir début 2012. Il réalisera une promesse de Georges Frêche, alors maire de Montpellier, à des associations de rapatriés afin de « rendre hommage à ce que les Français ont fait là-bas… ». Sa réalisation coûtera plus de 19 millions d’euros, et sera financée à 90 % par l’agglomération de Montpellier, le département de l’Hérault et la région apportant chacun 1 million d’euros.

Un projet fortement contesté en Algérie… et en France. Invités à participer à son conseil scientifique, des universitaires en ont démissionné dès 2005, refusant de « servir la soupe aux politiques et aux rapatriés ». Dès le lancement du projet, en 2003, élus communistes et Verts avaient fait connaître leur refus d’un musée à la gloire du colonialisme. Et Hélène Mandroux, maire socialiste de Montpellier depuis 2004, s’est désengagée du projet en 2007.

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La stèle OAS du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan.
Perpignan

stèle OAS de Perpignan : en finir avec cette provocation

La cérémonie prévue le lundi 7 juin par les ex-OAS dans le cimetière du Haut-Vernet à Perpignan a été interdite par le préfet. Mais la stèle OAS est toujours en place…

Le collectif de Perpignan demande que cette stèle qui «porte atteinte à la neutralité des cimetières», soit déplacée vers un lieu privé.

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le collectif de Perpignan s’est opposé avec succès à l’hommage à l’OAS prévu le 7 juin 2010

Comme les années précédentes, le collectif Pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne4 s’est opposé à l’hommage à l’OAS prévu au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan le 7 juin 2010, jour anniversaire de l’exécution d’Albert Dovecar et Claude Piegts, assassins du commissaire central d’Alger Roger Gavoury.

Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée le 21 mai 2010, le collectif a rappelé ses autres demandes : le déplacement de la stèle dans un lieu privé, l’apposition d’une plaque à la mémoire de toutes les victimes d’Algérie au jardin de l’ancien couvent des Clarisses, et un centre de la mémoire en Algérie piloté par des scientifiques. Le collectif a organisé sur ce thème une conférence débat à l’université, le 27 mai, à 20 h 30.

On a appris le 1er juin que le préfet avait décidé que «toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan sont interdits le 6 juin 2010 à partir de 18h et durant toute la journée du 7 juin 2010», et que la mairie de Perpignan aurait décidé de fermer l’accès au cimetière pendant la même période. A la suite de la décision du préfet, le collectif a décidé de surseoir à sa manifestation, tout en maintenant sa vigilance.

[Mise en ligne le 25 mai 2010, mise à jour le 3 juin]

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Conférence de presse du 1er février 2008 (Photo Jean Roig).
Perpignan

collectif “pour un centre de documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne”

Le collectif des opposants au projet de musée de la mairie de Perpignan à la gloire de la colonisation a, lors d’une conférence de presse, le 1er février 2008, exposé ses revendications. Il demande :

  • un « Centre de Documentation sur l’Histoire Franco-Algérienne », piloté par un comité scientifique indépendant de la mairie et de toute association mémorielle,
  • la création d’un mémorial en hommage à toutes les victimes de la Guerre d’Algérie,
  • le déplacement hors de l’espace public de la stèle pro-OAS.

Deux ans plus tard – entre-temps, Jean-Marc Pujol avait succédé à Jean-Paul Alduy à la mairie de Perpignan – … le collectif rappelait ses revendications.

[Mise en ligne le 3 février 2008, mise à jour le 4 mai 2010]

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la justice confirme que les stèles dédiées à l’OAS n’ont pas leur place sur le domaine public

Dans un arrêt rendu public le 23 avril 2010, la Cour administrative d’appel de Marseille confirme que les stèles dédiées à l’OAS n’ont leur place ni à l’intérieur d’un cimetière ni, plus généralement, sur le domaine public.

Une décision importante alors que des hommages publics à d’anciens criminels de l’OAS sont organisés ou tolérés, dans un contexte où le pouvoir politique cherche à satisfaire, dans le domaine mémoriel, les demandes d’un lobby nostalgique de la colonisation et en lien étroit avec l’extrême droite 5.

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Toulon et Cagnes-sur-Mer : contestation de cérémonies commémorant les “barricades d’Alger”

Plusieurs associations protestent contre les célébrations en région Provence-Alpes-Côte d’Azur du 50e anniversaire des Barricades de janvier 1960 à Alger6. Ces tragiques journées apparaissent en effet comme le début d’une guerre civile qui culmina avec le putsch des généraux d’avril 1961, avant de se poursuivre par le combat sans issue de l’OAS qui devait anéantir toute chance d’un règlement humain de la guerre d’Algérie.

A la suite des communiqués de l’ANPNPA, de l’ANPROMEVO et de l’association Les amis de Max Marchand de Mouloud Feraoun et de leurs compagnons, nous reprenons une tribune dans laquelle les présidents des deux dernières associations s’interrogent devant «la mise en œuvre d’une politique de mémoire adossée à la valorisation du fait colonial». Ils demandent si «la France ne serait pas entrée en voie de repentance pour avoir permis la décolonisation de l’Algérie ?».

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