Pour un débat de fond honnête sur la colonisation
Une déclaration commune signée par cinq historiens.
Une déclaration commune signée par cinq historiens.

Dalila Kerchouche, journaliste née en 1973, raconte dans » Mon père ce harki « 1 comment elle a découvert le passé de son père, de ses parents arrivés en France en 1962.
Quarante ans plus tard, elle a refait le parcours de ces familles de harkis que la France a parquées dans des camps puis oubliées.
Elle a également traversé la Méditerranée pour retrouver le village de son père et les membres de sa famille, et découvrir enfin qui était vraiment son père, et son rôle dans la guerre.
Vous trouverez ci-dessous un large extrait du chapitre intitulé MIDI – La Lettre anonyme du livre de Dalila Kerchouche .
Le HCR (Haut Conseil des Rapatriés) souhaite aborder la problématique des harkis dans le cadre du futur traité d’amitié entre la France et l’Algérie. Un entretien avec Mebarek Serhani, Conseiller
Alors que la polémique sur l’héritage colonial enflamme en 2005 la société française, François Armanet et Gilles Anquetil examinent, le 3 novembre 2005 dans le n° 2139 du Nouvel Observateur, les conséquences de nos trous de mémoire, telles qu’elles sont abordées dans le livre La Fracture coloniale paru à La Découverte sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire. Historien, chercheur associé au CNRS, Pascal Blanchard est l’auteur de La République coloniale (Albin Michel) et a codirigé Le Paris noir (Hazan), Le Paris arabe et Le Paris Asie à La Découverte. Ils donnent la parole à Pascal Blanchard.
» The past is never dead. It’s not even past. « 2
La multiplication des projets du type « Mémorial de la France outre-mer » dans le Sud-Est – Marseille, Montpellier, Perpignan … 3 – est un signe parmi d’autres de la difficulté de notre pays à regarder en face son passé colonial 4.
Dans le cadre du débat sur la mémoire coloniale en France et dans la perspective des journées de Marseille du 18/19 novembre prochains (programme ci-dessous) qui regroupent notamment la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, le Mémorial national de la FOM, le Musée d’histoire de la France en Algérie et le Mémorial de la guerre d’Algérie et des combats de la Tunisie et du Maroc, il nous a semblé important de diffuser les analyses des professeurs d’université et historiens, Catherine Coquery-Vidrovitch et Nicolas Bancel.
Dans un entretien avec Nadjia Bouzeghrane publié dans El Watan le 31 octobre 2005, les deux professeurs émérites d’histoire, Claude Liauzu5 et Gilbert Meynier6, estiment que la loi du 23 février 2005 résulte d’une volonté de nuire au rapprochement franco-algérien. Selon eux, il ne fallait pas être grand clerc pour imaginer qu’un tel article de loi provoquerait non seulement la réaction de tous les historiens, chercheurs et enseignants attachés à l’autonomie de leur discipline, mais aussi des difficultés dans les relations entre la France et l’Algérie.
Raphaëlle Branche, maître de conférences à l’université Paris-I, autrice d’une thèse publiée en 2001 chez Gallimard sous le titre La Torture et l’armée pendant la guerre d’Algérie, 1954-1962, a publié en 2005 un livre analysant l’évolution des débats publics et historiographiques sur la guerre d’Algérie, La Guerre d’Algérie : une histoire apaisée? en poche Seuil, « Points histoire », « L’histoire en débats ». Ci-dessous la présentation de cet ouvrage par Gibert Meynier pour la revue Confluences Méditerranée et un entretien recueilli par Jean Birnbaum dans Le Monde du 23 septembre 2005.

par Noël Bouttier, Témoignage chrétien, 29 septembre 2005.
Fatima Besnaci-Lancou est une femme en colère. Contre l’injustice dont les harkis ont été victimes. Dans un récit précis et émouvant, elle raconte son histoire et celle des siens 7.
A propos du débat sur la loi du 23 février 2005
par Valérie Esclangon-Morin, professeur agrégée, docteur en histoire.

Quel est le poids du passé colonial sur le présent de la société française ? Nous reproduisons ci-dessous l’introduction, par Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, de l’ouvrage La fracture coloniale- La société française au prisme de l’héritage colonial, publié sous leur direction en novembre 2005[La fracture coloniale – La société française au prisme de l’héritage colonial, sous la direction de Pascal Blanchard, Nicolas Bancel et Sandrine Lemaire, 312 pages, 20 €, publié aux Éditions La Découverte.]]. [Une présentation de l’ouvrage est accessible ici.
« Au commencement est le mépris. »
Paul VALERY, Orient et Occident. Regard sur le monde actuel, 1931.
« Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez les Blancs d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de me préoccuper des moyens qui me permettraient de piétiner la fierté de l’ancien maître. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués […]. Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. »
Frantz FANON, Peau noire, masques blancs, 1952.
« Les événements à venir vont déterminer le sort de mon pays, et plus que cela. »
Raymond ARON, discours sur la guerre d’Algérie à Harvard, 12 juin 1958.
Pascal Blanchard est historien, chercheur associé au CNRS (Marseille) et coauteur de 8. Il a écrit le 1er juin 2005, sur www.africultures.com, que le Japon et la France ont un problème avec la « mémoire coloniale ». Dans les deux pays, cette histoire est un enjeu politique ; il y a un discours officiel très « diplomatique » pour l’étranger qui contraste avec celui destiné aux « nationaux » ; la mémoire est manipulée par l’État sous la pression de groupes d’influence importants ; les hommes politiques 9 restent sourds aux opinions.
Après la parution du livre collectif, La fracture coloniale. La société française au prisme de l’héritage colonial, co-dirigé par Nicolas Bancel, Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire et publié, à la suite de nombreux autres ouvrages10, en 2005, aux éditions La Découverte, ces auteurs ont donné un entretien autour de ce livre pour le site oumma.com. Leurs propos ont été recueillis par la rédaction d’oumma.com, et publiés le 29 septembre 2005.