Les cendres du général Marcel Bigeard, décédé en juin 2010, vont être transférées à l’Hôtel des Invalides à Paris.
Aux côtés des dépouilles de ses gloires militaires, la France honorera ainsi un général connu pour avoir couvert l’usage de la torture, notamment en Algérie – ce qui ne manquera pas de toucher nos amis algériens, à la veille du cinquantenaire de leur indépendance. Tout en se défendant de l’avoir personnellement pratiquée, Marcel Bigeard a en effet justifié le recours à la torture avec l’argument habituel – un «mal nécessaire» pour éviter les morts innocentes … Mais, grâce aux amnisties successives, il n’a jamais eu à en répondre.
Amnesty International avait rappelé dans un communiqué, le 24 novembre 2000, que «en application des Conventions de Genève et du droit coutumier international», «les crimes contre l’humanité sont imprescriptibles» et que les responsables doivent être traduits en justice. Et l’organisation avait déploré « le manque de volonté politique des gouvernements français successifs [qui] a contribué à présenter la torture, les exécutions sommaires et les « disparitions » comme des maux nécessaires».
Depuis lors, les gouvernements successifs n’ont pas considéré ce problème comme prioritaire. Heureusement qu’il s’était trouvé des “justes”, pour condamner ces “dérives” : le général de Bollardière, mais également Paul Teitgen dont nous reprenons ci-dessous un témoignage sur l’usage de la torture.
[Mis en ligne le 18 novembre 2011, mis à jour le 29]