
Benjamin Stora : substituer la reconnaissance de faits “concrets” à la dénonciation abstraite du système colonial
A l’occasion du colloque organisé le 21 mai 2012 par l’Association étudiante Sciences Po Monde Arabe1, l’historien Benjamin Stora a évoqué le “différend mémoriel” entre l’Algérie et la France.
Pour lui, il ne s’agit pas de faire un discours général de condamnation du colonialisme – tel celui que Nicolas Sarkozy a prononcé le 5 décembre 2007 à l’université de Constantine. Mais il faut adopter une démarche “concrète” analogue à celle de François Hollande, le 17 octobre dernier sur le pont de Clichy, là où des Algériens avaient été jetés dans la Seine en octobre 19612.
Il faut reconnaître officiellement et de façon précise ce qui s’est réellement passé. Et Benjamin Stora évoque l’affaire Audin, du nom de ce mathématicien enlevé en 1957, pendant la “bataille d’Alger”, et dont le corps n’a jamais été retrouvé ; une stèle vient d’être inaugurée en sa mémoire en plein centre d’Alger, mais les autorités françaises n’ont toujours pas reconnu les circonstances de sa disparition.





