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Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

Maurice Audin à l’Assemblée nationale

La disparition de Maurice Audin entre les mains de l’armée française à Alger en juin 1957 a été évoquée à l’Assemblée nationale lors de la séance des questions au gouvernement du 14 janvier 2014. Répondant au député François Asensi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a renouvelé l’engagement du président de la République : « le Gouvernement fait et fera tout ce qui est en son pouvoir pour contribuer à l’établissement de la vérité.»


Ci-dessous :

  • une vidéo de la question de François Asensi et de la réponse du ministre
  • la transcription de cet échange
  • un article paru dans le quotidien algérien El Moudjahid, le 13 janvier 2014 : «Nouvelles révélations sur l’assassinat de Maurice Audin : La vérité toujours occultée»,
  • un lien vers une vidéo sur l’affaire Audin (extrait du JT 20h, France 2)
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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

“la traversée”, film d’Élisabeth Leuvrey

Le Centre Social et Culturel Nelson Mandela de La Seyne sur mer, en coopération avec Les Amis des Rencontres de Tamaris, présente, jeudi 23 janvier 2014 à 18h :
LA TRAVERSÉE
,
documentaire de Elisabeth Leuvrey, suivi d’une rencontre/débat en présence de la réalisatrice.

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Laurent Schwartz, L'Express 16 janvier 1958.
L'affaire Audin

«Maurice Audin est-il là ?»

Le 11 juin 1957, Maurice Audin, assistant de mathématiques à l’université d’Alger, était arrêté par les parachutistes du 1er RCP. Depuis, nul ne l’a revu vivant. Dans un témoignage posthume, le général Aussaresses aurait reconnu avoir reçu du général Massu, officiellement chargé du maintien de l’ordre à Alger en juin 1957, l’ordre de le tuer.

Le 2 décembre 1957, le mathématicien Laurent Schwartz organisait la soutenance de thèse de Maurice Audin, en l’absence de son auteur. L’historien Michel Winock a assisté à cette soutenance qu’il évoque dans La République se meurt. A la suite de son témoignage, nous reprenons la préface de L’Affaire Audin de Pierre Vidal-Naquet, constituée pour l’essentiel
d’un article de Laurent Schwartz publié dans l’Express du 16 janvier 1958.

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reconnaître notre passé colonial en Algérie

Coïncidence ? … le jour où paraît un livre qui apporte quelques éclaircissements sur la disparition de Maurice Audin en 1957 entre les mains de l’armée française, on apprend qu’un ancien militaire allemand, âgé de 19 ans à l’époque des faits, va être jugé, en Allemagne, pour sa participation au massacre d’Oradour-sur-Glane en 1944.

Par contre, les généraux français qui ont conduit la guerre d’Algérie, avec les méthodes dont on découvre chaque jour un peu plus la brutalité, ont poursuivi leurs carrières sans être véritablement inquiétés. Ainsi que le demande Josette Audin, il serait temps que notre pays reconnaisse « ce qui s’est passé en Algérie, […] comme le président de la République Jacques Chirac l’avait fait pour la rafle du Vél’d’Hiv.» Il ne s’agit pas de responsabilité individuelle, mais il faut que la politique conduite par les gouvernements de l’époque soit clairement condamnée.

L’enjeu est majeur. Les historiens poursuivent leur travaux de recherche et d’analyse des archives. Mais il est maintenant de la responsabilité des politiques de reconnaître solennellement les faits.

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Josette Audin (Copyright © France 24)
L'affaire Audin

la mort de Maurice Audin : un crime d’État …

Dans un livre paru le 9 janvier 2014 aux éditions des Équateurs, La vérité sur la mort de Maurice Audin, le journaliste Jean-Charles Deniau apporte des précisions sur la fin du jeune mathématicien communiste Maurice Audin, disparu à Alger après avoir été arrêté et torturé par l’armée française, le 11 juin 1957.

Alors que sa famille tente depuis d’obtenir la vérité et que l’armée française campe depuis 50 ans sur sa version officielle – Maurice Audin se serait évadé de prison –, ce nouvel ouvrage s’appuie sur le témoignage du général Aussaresses. Ce dernier aurait reconnu peu avant sa mort que c’est bien lui qui, sur ordre du général Massu et avec l’assentiment du pouvoir politique, a fait liquider Maurice Audin en 1957.

Josette Audin, veuve de Maurice Audin, a émis des doutes sur les déclarations du général Aussaresses : «C’est bien que le général ait dit sa vérité mais c’est seulement SA vérité. Ce n’est pas forcément LA vérité.» Au-delà du cas de son mari, Josette Audin a par ailleurs appelé le président de la République à condamner officiellement les tortures organisées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie.

[Mis en ligne le 9 janvier 2014, mis à jour le 10]

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L'essai Béyl à In Eker, le 1er mai 1962
Les essais nucléaires français en Algérie

Les essais nucléaires français du Sahara continuent à faire des victimes

Du 7 novembre 1961 au 16 février 1966, treize tirs souterrains, dont quatre n’ont pas été totalement confinés, furent effectués à In Eker – également orthographié In Ecker ou In Ekker – dans le Sud-algérien, laissant le site pollué pour plusieurs dizaines de milliers d’années.

Les autorités françaises et algériennes ont-elles oublié les populations locales ? D’un côté, les responsables algériens semblent s’en désintéresser, d’autre part, les détails de la loi Morin la rendent quasiment inapplicable en Algérie.

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L'accès aux archives coloniales

Frontières africaines : la France a remis ses archives à l’Union africaine

On estime que 70 % des frontières africaines telles qu’on les connaît aujourd’hui furent définies sans concertation avec les populations concernées, entre la conférence de Berlin et la fin de la première décennie du XXe siècle. Si ce découpage colonial n’explique pas tous les problèmes actuels de l’Afrique, il n’en reste pas moins vrai que les États africains ont hérité de frontières marquées du sceau des rivalités et des intérêts des anciennes puissances coloniales.

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Le tribunal administratif de Toulon reconnaît le droit à indemnisation de victimes des essais nucléaires

Le tribunal administratif de Toulon vient de rendre une décision favorable aux victimes d’essais nucléaires français réalisés en Algérie et en Polynésie. Une victoire pour les quatre Varois – trois veuves d’irradiés et un ancien militaire – qui se battent depuis des années pour obtenir la reconnaissance de leurs droits à bénéficier d’indemnisations prévues par la loi Morin du 5 janvier 2010.
La décision du tribunal administratif de Toulon est une reconnaissance mais le ministère de la Défense peut faire appel.

La décision du tribunal intervient alors que le rapport récemment déposé au Sénat sur l’application de cette loi d’indemnisation des victimes des essais nucléaires français conclut que, si elle a le mérite d’exister, cette loi reste très insuffisante1.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« La France arabo-orientale », partie intégrante du pays au XXIe siècle

Le livre La France arabo-orientale. Treize siècles de présences, dirigé par Pascal Blanchard, Naïma Yahi, Yvan Gastaut et Nicolas Bancel, est paru en octobre 2013 aux éditions La Découverte. L’histoire qu’il reconstitue commence dès le VIIe siècle, au moment des conquêtes arabes, et traverse treize siècles d’histoire. Ces présences ont contribué à bâtir l’histoire politique, culturelle, militaire, religieuse, artistique et économique de ce pays. Elles ont produit les identités multiples qui sont partie intégrante de la France du XXIe siècle. Nous reproduisons la préface de Benjamin Stora.

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Claire Mauss-Copeaux : face au massacre d’Oudjehane

Dans une analyse à la fois sensible et pénétrante, l’historienne Raphaëlle Branche présente le dernier livre de Claire Mauss-Copeaux, La Source. Mémoires d’un massacre : Oudjehane, 11 mai 1956. Un ouvrage où l’auteure, avec des témoins algériens et français, construit un pont entre le passé et le présent 2.

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le 17 octobre 2013

Dans un entretien à l’APS repris ci-dessous, l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français, revient, sur les massacres de centaines d’Algériens le 17 octobre 1961 à Paris. Même s’il concède que le communiqué du président français, François Hollande, reconnaissant avec lucidité ces faits est un acte important, il affirme la nécessité de poursuivre le travail politique et historique pour que la France tourne enfin la page coloniale de son histoire.

A l’occasion du 52e anniversaire des massacres du 17 octobre 1961, le Collectif 17 octobre continue à exiger Vérité et Justice, et appelle à un Rassemblement le 17 Octobre 2013 à 18h, au Pont Saint Michel à Paris.

[Mis en ligne le 14 octobre 2013, mis à jour le 17]

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Tirailleur sénégalais. Photo : SGA/DMPA (Source)
Le massacre de Thiaroye décembre 1944

retour à Thiaroye

L’ouvrage collectif Nouvelle histoire des colonisations européennes XIXe-XXe siècles publié aux PUF sous la direction de Christelle Taraud et Amaury Lorin comporte un chapitre consacré au «Massacre des ex-prisonniers de guerre coloniaux le 1er décembre 1944 à Thiaroye (Sénégal)».

Au terme d’une enquête de longue haleine, son auteure, Armelle Mabon, propose une relecture de la “mutinerie” de Thiaroye (Sénégal) le 1er décembre 1944. Après avoir rappelé que les soldats “indigènes” avaient d’abord combattu pour la France des débuts de la guerre à la défaite de juin 1940, avant d’être faits prisonniers par les Allemands et détenus pendant quatre ans (1940-1944) dans des Frontstalags sur le sol français, elle souligne que c’est bien la question des soldes impayées qui se trouve au cœur de la révolte. Armelle Mabon a accepté de répondre aux questions de LDH Toulon, et notamment sur les raisons qui l’ont amenée à modifier son point de vue sur cet épisode tragique du passé colonial français3.

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