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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La place du 2 juillet 1966, à Papeete.
Les essais nucléaires français en Algérie

Les victimes oubliées des essais nucléaires

Les victimes des essais nucléaires français font-ils partie des “oubliés de l’Histoire” ? On peut se poser la question :
– les demandes d’audience, adressées par l’AVEN au premier ministre ou à son prédécesseur par l’association des vétérans (victimes) des essais nucléaires qui dénonce les insuffisances de la loi Morin, n’ont pas reçu de réponse,
– à Papeete, l’association Moruroa e Tatou lance une pétition pour la sauvegarde du mémorial des victimes du nucléaire, place du 2 Juillet 1966 que le gouvernement Flosse entend rebaptiser place Jacques Chirac,
– quant à l’Algérie, selon certaines études, dans les régions où se sont déroulés les essais français, plus d’une femme sur cinq serait atteinte d’un cancer du sein, et une sur dix d’un cancer de la thyroïde.

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François Hollande : Maurice Audin «est mort durant sa détention»

La cérémonie officielle de remise du prix Audin de mathématiques (session 2014) a eu lieu mercredi 18 juin, à l’Institut Henri Poincaré, à Paris.
Le président de la République a adressé aux participants un message que nous reprenons ci-dessous. Il y évoque le sort tragique de Maurice Audin, sans apporter d’élément véritablement nouveau, ni sur les circonstances, ni sur les raisons de sa mort.

Ce message est le premier désaveu officiel de la thèse de l’évasion mise en scène par certains responsables du maintien de l’ordre de l’époque, et qui tenait lieu depuis lors, contre toute évidence, de vérité officielle. En effet, le président de la République a écrit : «M. AUDIN ne s’est pas évadé. Il est mort durant sa détention», confirmant ce qu’il avait déclaré la veille à Josette Audin, en réponse à sa demande du 24 février 2014.

Nous publions à la suite une lettre que Gérard Tronel, de l’association Maurice Audin, lui avait adressée peu de temps auparavant.

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l’affaire Audin, 57 ans plus tard

À l’occasion du 57e anniversaire de son arrestation par les paras du général Massu, un nouvel hommage a été rendu à Alger à Maurice Audin. Vous pourrez en prendre connaissance ci-dessous dans un article qui demande aux autorités françaises de dévoiler le lieu de son inhumation et annonce que le prix Maurice Audin sera décerné le 18 juin à l’institut Henri Poincaré (Paris).

Nous reprenons également le texte de la lettre que Josette Audin a adressée au président de la République le 24 février dernier pour connaître la vérité sur les circonstances de l’assassinat de son mari. Elle lui demande de condamner « la torture et les exécutions sommaires commandées par les gouvernements successifs de la France pendant la Guerre d’Algérie.»

Pour terminer, un extrait d’un article de janvier dernier qui met en évidence des questions que l’on continue à se poser au sujet de l’“affaire Audin”.

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l’omerta de la République

Dans quelques jours, ce sera le 57e anniversaire de la disparition de Maurice Audin suite à son arrestation à Alger, par les parachutistes de l’armée française. Après l’“appel des 171”, deux personnalités, l’auteur dramatique Michel Vinaver et le psychanalyste Bernard Sigg, lancent chacun un appel pour la reconnaissance de la vérité sur la mort de ce jeune universitaire à Alger.

Le dramaturge Michel Vinaver, ce « récitant inlassable, depuis un demi-siècle, des fracas de notre temps» 1, a écrit Les Huissiers en 1957. Dans cette pièce, «il évoque explicitement la guerre d’Algérie et l’agonie de la IVe République depuis les couloirs et les bureaux d’un ministère, avec sa farandole de préposés et de politiques, de petites mains et de grands bavards» 2. Michel Vinaver révèle aujourd’hui que la disparition de Maurice Audin à Alger en juin 1957 est à l’origine de cette œuvre, et demande qu’il «soit mis fin à un si long retard dans la reconnaissance des faits par l’Etat».

Évoquant le crime dont Maurice Audin fut victime, le psychanalyste Bernard Sigg écrit qu’il «reste inoubliable parce qu’il est toujours nié par la République Française alors que c’est son armée qui, passant lois et limites, l’a commis». Mobilisé en Algérie en tant que médecin, Bernard Sigg a refusé en 1961 de rejoindre un poste où son travail aurait consisté à maintenir en vie des personnes torturées. Il a alors déserté et n’est revenu en France qu’en 1965, au moment d’une amnistie. Il s’est alors investi dans le traitement des soldats traumatisés par la guerre.
Il est l’auteur du livre Le Silence et la Honte. Névroses de la guerre d’Algérie (Messidor, 1989) dans lequel il souligne notamment que les anciens appelés préfèrent taire leurs angoisses. 3

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Jean-Luc Einaudi
Le rôle de Jean-Luc Einaudi

hommage à Jean-Luc Einaudi

Dimanche 25 mai à 15h, projection-débat en hommage à Jean-Luc Einaudi, organisé par le Maghreb des films et la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), au Palais de la Porte dorée – 293 Avenue Daumesnil – 75012 Paris – Entrée libre (métro : Porte dorée)

“Jean-Luc Einaudi et le 17 octobre 1961”

Projection du film Une journée portée disparue » de Philip Brooks et Alan Hayling (France – Royaume Uni / 52’ / 1992) – un témoignage sur les événements du 17 octobre 1961, à Paris, construit essentiellement à partir de témoignages … Projection d’extraits de films où il intervient, débat avec Emmanuel Blanchard, Peggy Derder, Daniel Kupfersein, Olivier Le Cour Grandmaison et Gilles Manceron.

Ci-dessous un article de Gilles Manceron en hommage à Jean-Luc Einaudi.

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à Tournan, la guerre d’Algérie n’est pas finie

Un conseiller municipal FN de Tournan-en-Brie (Seine-et-Marne) a déclaré à un jeune conseiller municipal délégué à la jeunesse qu’il n’était pas digne de porter l’écharpe tricolore. Il a poursuivi, devant témoins : «des cons comme toi, j’en ai tué plein pendant la guerre».

Le jeune conseiller délégué est né à Tournan, mais il est d’“origine algérienne”.

Et derrière son écharpe, c’est la République qui a été bafouée, elle dont le premier article de la Constitution affirme : « La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion.»

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Louis-Georges Tin, « Esclavage et réparations »

La colonisation et l’esclavage ont été des crimes contre l’universalité des droits de l’Homme. Plus personne aujourd’hui ne songe sérieusement à le nier. Il n’est pas question maintenant de se lancer dans de vaines querelles sur les responsabilités passées. Mais il nous reste à affronter les problèmes que ce passé pose aux vivants et à tenter de trouver des réponses aux questions qu’il soulève – et notamment : peut-on envisager des « réparations » ? lesquelles ?… C’est la réflexion qu’entreprend dans ce livre Louis-Georges Tin. Nous publions ci-dessous deux réactions à cet ouvrage et aux questions qu’il soulève.

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l’affaire Audin, le droit de savoir, le droit de témoigner

Plus d’un demi-siècle après les faits, la reconnaissance des crimes
français commis en Algérie avance…

Mais la connaissance des faits bute sur les conséquences du long silence d’Etat qui a prévalu. En effet, des traces dans les archives ont été effacées. Les témoins et les acteurs disparaissent. Pourquoi n’ont-ils pas révélé ces faits quand ils les condamnaient ou les regrettaient?

Bernard Sigg a analysé leur silence.

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A la tribune, de gauche à droite : Alain Ruscio, Sadek Hadjerès, Gilles Manceron, Nathalie Funès, René Gallissot et Malika Rahal (photo Pierre Pytkowicz/L'Humanité)
L'affaire Audin

une soirée-débat pour Maurice Audin

Lundi 24 mars 2014, Mediapart, la Ligue des droits de l’Homme et l’Humanité organisaient au théâtre Le Tarmac un débat public autour de l’assassinat de Maurice Audin à Alger en juin 1957. Ce débat a été suivi d’un appel pour la reconnaissance de ce crime d’Etat et des violations des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Le débat, précédé de la projection du film Maurice Audin, la disparition (réalisé par François Demerliac), réunissait, en présence de Josette Audin, veuve de Maurice Audin, une table ronde avec : Gilles Manceron, historien ; Sadek Hadjerès, membre en 1957 du secrétariat du PC algérien, rédacteur du site Socialgérie ; Raphaëlle Branche, historienne, maîtresse de conférence à l’Université Paris I ; René Gallissot, historien, professeur émérite de l’Université Paris 8 ; Malika Rahal, historienne chargée de recherches à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) ; Nathalie Funès, journaliste au Nouvel Observateur et Alain Ruscio, historien. Sont intervenus également au cours de cette soirée : Michel Broué, mathématicien, président des Amis de Mediapart ; Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité ; Edwy Plenel, directeur de Mediapart ; Charles Silvestre, journaliste, vice-président des Amis de l’Humanité.

[Mis en ligne le 30 mars 2014, mis à jour le 3 avril]

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Le rôle de Jean-Luc Einaudi

mort de Jean-Luc Einaudi, un héros moral

Jean-Luc Einaudi, auteur de La bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil, 1991), vient de mourir. Ses nombreux ouvrages sur l’Algérie, fruits de recherches « méticuleuses et opiniâtres », selon les termes de l’historien Gilles Manceron, ont été centrés sur le rôle de l’État français dans la répression des luttes pour l’indépendance algérienne – lire les entretiens qu’il a donnés à ce sujet.

Les Algériens n’ont pas oublié celui que Mohammed Harbi a qualifié de «héros moral» ; nous reprenons le bel hommage que lui a rendu l’historien algérien Hassan Remaoun.

[Mis en ligne le 24 mars 2014, mis à jour le 29]

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En mars 2014, l’appel des 171 :
pour la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Historiens et journalistes continuent à œuvrer pour que la vérité émerge sur les circonstances réelles de l’assassinat de Maurice Audin en juin 1957 durant la bataille d’Alger par les parachutistes du général Massu et ne cessent d’interpeller les autorités françaises sur cette question. La soirée-débat organisée ce 24 mars, au théâtre Le Tarmac à Paris, par la Ligue des droits de l’homme, Mediapart et L’Humanité, en présence de Josette Audin et d’amis du militant anticolonialiste, a été dédiée à cette quête de vérité. Sont intervenus notamment les historiens René Gallissot, Gilles Manceron, Malika Rahal, Alain Ruscio, et la journaliste Nathalie Funès, un appel a été adressé aux autorités françaises pour exiger la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, ainsi que la reconnaissance des violations massives des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie. 4

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