4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

L'accès aux archives coloniales

La bataille citoyenne
pour l’accès aux archives
a connu un succès au Conseil d’Etat
et se poursuit au parlement

Est-il admissible qu’une loi sur les archives soit votée dans le cadre d’un projet de loi consacré à « la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement » en l’absence du ministère de la Culture et en la seule présence de la ministre des Armées ? Ci-dessous, les réactions dans l’affaire des archives « secret défense » des trois associations qui ont déposé un recours au Conseil d’Etat, après la séance de celui-ci, le 16 juin 2021, qui leur a donné raison ; la lettre adressée par le président de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) au premier ministre le 14 juin ; et le communiqué du Mrap daté du 9 juin à ce sujet. La liberté d’accès aux archives est un principe fondateur de la République et un enjeu pour tous les citoyens. Dans le projet en discussion au parlement jusqu’au 30 juin 2021, l’article 19 qui concerne les archives doit être disjoint.

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La reconnaissance du passé colonial

Le 11 juin 2021
nouvel hommage à Josette et Maurice Audin
au cimetière du Père-Lachaise

Comme l’année précédente, un hommage a été organisé le 11 juin 2021 devant le cénotaphe de Maurice Audin au cimetière du Père-Lachaise à Paris. C’est le seul monument érigé en France à la mémoire d’un militant de l’indépendance algérienne. Maurice Audin a été arrêté à Alger le 11 juin 1957 par des militaires français et le président de la République, Emmanuel Macron, a reconnu le 13 septembre 2018 que ceux-ci l’avaient assassiné. Ce cénotaphe a été inauguré en juin 2019, après la dispersion des cendres de son épouse, Josette Audin, décédée le 2 février 2019. Le président de l’Association Josette et Maurice Audin, Pierre Mansat, a fait le point sur ses efforts pour l’ouverture des archives et sur les risques que comporte la nouvelle loi qui risque d’être adoptée à la va-vite en juillet 2021.

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La reconnaissance du passé colonial

Le rapport de Benjamin Stora
sur la mémoire de la guerre d’Algérie
provoque de riches débats
en France et en Algérie

Les autorités algériennes n’ont toujours pas réagi officiellement au rapport Stora sur la mémoire de la colonisation et de la guerre d’Algérie, et le membre du cabinet du président Tebboune que celui-ci a chargé de lui remettre un rapport de son côté ne l’a toujours pas rendu public ni peut-être même rédigé. Mais, en Algérie comme en France, le rapport Stora suscite réflexions et commentaires. Ci-dessous, le texte d’un universitaire algérien, Mouloud Hedir, qui le considère comme le point de départ d’un débat qui rassemble toutes les bonnes volontés en Algérie. Il souhaite par ses propres commentaires faire la jonction avec ceux qui, en France, travaillent dans la même direction. Ci-dessous aussi une émission de France culture où Benjamin Stora revient sur son rapport.

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La reconnaissance du passé colonial

“L’invention de l’Afrique”,
par Valentin-Yves Mudimbe
un classique enfin traduit en français

C’est un ouvrage pionnier lors de sa parution 1988 aux Etats-Unis, devenu un classique des études africaines et décoloniales. L’Invention de l’Afrique est souvent comparé à L’Orientalisme, l’Orient créé par l’Occident (1978) d’Eward Saïd. Philosophe, poète et romancier congolais exilé aux Etats-Unis, Valentin-Yves Mudimbe y enquête sur les fondements du discours colonial présentant l’Afrique comme un monde primitif et hors de l’histoire. Comme le souligne un article du Monde que nous publions ici, cette traduction parait aux éditions Présence africaine alors qu’est engagé en France un débat sur ce qu’est ou ce que peut être une « pensée décoloniale». Ci dessous aussi, une émission que lui a consacré « La grande table » de France Culture.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le passé esclavagiste de Bordeaux
mis en lumière,
une étape dans le long combat pour
la mémoire de l’esclavage

Avec un important retard sur la ville de Nantes, cente-cinquante-trois ans après l’abolition de l’esclavage, Bordeaux cherche un moyen de renouer avec sa mémoire. Des chercheurs ont mis en ligne une base de données recensant les noms d’anciens esclavagistes et les indemnités, parfois considérables, auxquelles ils ont eu droit lors de l’abolition. On y retrouve les noms de familles bordelaises connues, comme Gradis, Balguerie ou Journu. L’équipe du maire envisage de créer un lieu de mémoire dont l’emplacement n’est pas encore défini, qui implique un long travail avec des historiens, des archivistes et des associations, et qui devrait voir le jour avant la fin de son mandat.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’Autre 8 mai 1945,
journée nationale de la mémoire en Algérie
et épisode dont la reconnaissance officielle
est demandée aux autorités françaises

Les autorités algériennes, en faisant du 8 mai 1945 une journée nationale de la mémoire, ont souligné l’importance de cet épisode dans la prise de conscience des Algériens de la nécessité de l’indépendance du pays. Même si, comme en ont témoigné les présidents successifs de la Fondation du 8 mai 45, tels Bachir Boumaza, Mohamed El Korso et aujourd’hui Abdelhamid Salakdji, le régime instauré après 1962 a longtemps négligé les victimes de ce massacre comme tout ce qui a précédé la fondation du FLN en 1954. Ci-dessous, deux articles du quotidien El Watan et les échos des demandes en France de la reconnaissance de ce massacre par les autorités du pays. En particulier, en ce 8 mai 2021, une plaque commémorant « l’Autre 8 mai 1945 » a été inaugurée à Saint-Denis par le maire de cette ville et un rassemblement a eu lieu à Nanterre en présence de plusieurs élus.

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La reconnaissance du passé colonial

Au lieu de regarder son histoire en face
la France se limite-t-elle trop aux symboles ?
par le « BondyBlog »

Par des déclarations et des gestes symboliques, le président Macron a invité les Français à poser un regard lucide sur deux pages de l’histoire coloniale de la France, la guerre d’Algérie et sa politique au moment du génocide des Tutsis au Rwanda. Mais les deux chercheurs dont le point de vue a été recueilli par le BondyBlog, François Graner, de l’association Survie, spécialiste de l’histoire du génocide au Rwanda, et Fabrice Riceputi, enseignant, chercheur et l’un des animateurs des sites histoirecoloniale.net et 1000autres.org, se demandent si le président cherche vraiment à faire émerger la vérité historique ou plutôt à recueillir les lauriers symboliques de sa démarche. Pour eux la commande présidentielle de deux rapports aux historiens Benjamin Stora et Vincent Duclert entouré d’une commission dont la composition a été contestée s’avère très insuffisante.

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La reconnaissance du passé colonial

Les « fallaces » de l’anti-décolonialisme,
par le sociologue Gilles Bastin

Le quotien Le Figaro a publié le 26 mars 2021 sur son site internet une tribune intitulée « Décolonialisme et idéologies identitaires représentent un quart de la recherche en sciences humaines aujourd’hui ». Ce texte se donne une apparence scientifique mais il est fondé sur une méthodologie défaillante et une argumentation confuse. Comme le montre le sociologue Gilles Bastin, de l’Institut d’Études Politiques de Grenoble, qui dirige l’équipe Régulations du laboratoire Pacte, ce texte prend place dans le cadre d’une offensive soigneusement organisée depuis la fin de l’année 2020, de l’« Observatoire du décolonialisme » et d’autres groupes politiques qui n’hésitent pas à recourir à des « fallaces » — c’est-à-dire à des tromperies — pour diffuser leur dénigrement de la recherche universitaire.

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La reconnaissance du passé colonial

L’analyse par l’historienne Sylvie Thénault
de la publication du rapport de Benjamin Stora

Ci-dessous le compte rendu du rapport de Benjamin Stora publié par Sylvie Thénault sur histoire@politique. Et des extraits de son article dans la Revue d’histoire culturelle, XVIIIe-XXIe siècle où elle propose, à travers son vécu d’historienne, une réflexion sur l’action de l’État concernant l’histoire de la guerre d’indépendance algérienne. Elle y évoque trois expériences : la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie et des combats au Maroc et en Tunisie ; la déclaration présidentielle du 13 septembre 2018 sur la responsabilité de l’État dans la mort de Maurice Audin ; l’instruction générale interministérielle 1300 (IGI 1300) et la déclassification des archives. Nous reprenons ci-dessous ce qui concerne la déclaration présidentielle de 2018 dans la préparation de laquelle elle a joué un rôle important, et renvoyons les lecteurs à l’intégralité de l’article.

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Commémorations

Le Manifeste des 121,
un texte fondamental
dont Catherine Brun éclaire la genèse

Notre site a déjà consacré (le 7 mars 2021) une page aux soixante ans du « Manifeste des 121 », en reproduisant son texte et les deux listes de ses signataires, ainsi qu’un documentaire par le réalisateur Mehdi Lallaoui. Mais Nils Andersson, responsable à l’époque des éditons La Cité à Lausanne, nous a fait remarquer : « Sur le “Manifeste des 121” (et le “manifeste des intellectuels” qui prétendait lui répondre), il y a un texte qui n’est pas assez connu, c’est celui de Catherine Brun, “Le Manifeste des 121, genèse et postérité”. Il apporte des éléments importants sur l’initiative et la rédaction de ce manifeste, cite les noms de personnes dont l’engagement est moins connu mais qui n’en fut pas moins important et renseigne sur les allers et retours vers ses signataires comme sur les adhésions qui ont suivi sa publication. » Nous reproduisons ce texte avec l’accord de son autrice.

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La reconnaissance de l'esclavage

L’extension de la traite française
sous Napoléon et sous la Restauration

En dépit d’une annonce démagogique de Napoléon en 1815, durant les Cent-jours, qu’il n’avait pas les moyens d’appliquer, et d’une proclamation, peu après, du Congrès de Vienne, condamnation morale sans effets immédiats, les traites négrières européennes se sont développées. Elles ont atteint leur sommet en 1829 avec plus de 110 000 captifs transportés sur les navires négriers en une seule année. Dans son « Répertoire des expéditions françaises aux côtes d’Afrique sous la Première République et le Premier Empire », paru dans la revue Outre-Mers, l’historien Eric Saugera montre que la relance de la traite française s’est produite dès les « préliminaires de Londres » du 1er octobre 1801 qui préparaient le traité d’Amiens (mars 1802) et s’est accrue sous l’Empire. La seconde partie de ce travail qui documente utilement la continuité de cette traite dans les premières décennies du XIXème siècle paraîtra dans un prochain numéro de cette revue.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le rétablissement de l’esclavage
par Napoléon Bonaparte
et sa relance d’un projet colonial

En ce bicentenaire de la mort de Napoléon (le 5 mai 1821), les couvertures des magasines qui s’affichent dans les kiosques célèbrent ce personnage historique. Or, après la Révolution française qui a aboli l’esclavage et rejeté brièvement l’idée de conquêtes outre-mers, Bonaparte a renoué en Egypte avec l’expansion coloniale pratiquée sous la monarchie. Et, après son échec, il a refusé l’indépendance de la principale colonie française, Saint-Domingue, où une révolte émancipatrice, en 1793, avait aboli l’esclavage. Il l’a rétabli par la force en Guadeloupe et confirmé sa pratique dans toutes les colonies françaises où il a rétabli les lois de l’Ancien régime. Ci-dessous, Alain Ruscio et Marcel Dorigny reviennent sur ces faits qu’une certaine légende impériale, devenue un élément du « roman national » construit aux XIXè et XXè siècles et qui a encore ses défenseurs en haut lieu, a tendance à passer sous silence.

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