4 000 articles et documents

Édition du 15 mars au 1er avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

Le 17 octobre 1961

Publication de « Ici on noya les Algériens »
par Fabrice Riceputi

Ici on noya les Algériens de Fabrice Riceputi, paru le 2 septembre 2021, est la première d’une série de publications annoncées à l’occasion du soixantième anniversaire du massacre des Algériens à Paris le 17 octobre 1961. Ce livre est la réédition revue et corrigée de La bataille d’Einaudi. Comment la mémoire du 17 octobre 1961 revint à la République (préface de Gilles Manceron) paru en 2015. Il raconte le combat mené par le « citoyen chercheur » Jean-Luc Einaudi pour la connaissance historique et la reconnaissance politique de cet événement majeur de l’histoire de l’immigration et de la France. Ci-dessous un extrait de la préface inédite d’Edwy Plene, une recension par la romancière Dominique Manotti, ainsi qu’un entretien avec Fabrice Riceputi réalisé par Hassina Mechaï pour le site MiddleEastEye.

Lire la suite »
Controverses

L’universalisme a été détourné par l’Europe
à l’époque coloniale,
faut-il renoncer à s’en réclamer ?

Face à une gauche qui s’est construite dans le paradigme universaliste hérité de la Déclaration des droits de l’Homme et face, aussi, à l’utilisation abusive de ce concept à l’époque coloniale, le courant qui se réclame de « l’antiracisme décolonial » pointe dans l’universalisme un concept abstrait trop souvent employé pour nier les discriminations. Ci-dessous l’échange suscité par la revue Regards entre le philosophe Norman Ajari, auteur du livre important, La Dignité ou la mort, éthique et politique de la race (éd. La Découverte, 2019), et l’historienne Sophie Wahnich, autrice de plusieurs livres sur la Révolution française et membre de la section de l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) de la Ligue des droits de l’homme. Pour elle, il faut défendre l’universalisme, malgré le détournement eurocentriste dont il a été l’objet.

Lire la suite »
Commémorations

Metz : hommage aux victimes
il y a soixante ans de la « nuit des paras »
et conférence de Raphaëlle Branche

Soixante ans après les évènements tragiques des 23 et 24 juillet 1961 provoqués par le rapatriement d’un régiment de parachutistes qui avait participé au putsch d’Alger, une commémoration a été organisée par le Collectif juillet 61. Ci-dessous les images des lectures et dépôts de gerbes qu’il organisés dans différents lieux de la ville avec le soutien de plusieurs associations. Cela fait suite au forum national de lutte contre la torture organisé par l’association du fort de Metz-Queuleu, la Ligue des droits de l’Homme, Amnesty international et l’Association des chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT). Nous reproduisons les articles publiés à ce sujet par plusieurs journaux en France et en Algérie, les principaux éléments d’un dossier constitué en 1961 par la LDH de Moselle sur cette nuit de violences, ainsi que le film de la conférence donnée par Raphaëlle Branche sur son livre Papa, qu’as-tu fait en Algérie ?

Lire la suite »
L'accès aux archives coloniales

Après la décision du Conseil constitutionnel
du 30 juillet 2021,
un débat est nécessaire
sur l’accès des citoyens aux archives

Le Conseil constitutionnel a rendu une décision sur la loi prévention d’actes de terrorisme et renseignement dont un article concerne l’accès aux archives. Tout en estimant qu’il ne méconnait aucune disposition constitutionnelle, il a formulé deux réserves dont l’une est particulièrement importante : une information qui était déjà accessible doit le rester, qu’elle ait fait ou non l’objet d’une mesure de classification au titre du secret de la défense nationale. Le collectif « Accès aux archives publiques », constitué pour réagir à des instructions gouvernementales que le Conseil d’Etat a finalement considérées comme illégales, estime qu’il est urgent que la société civile s’organise pour défendre la liberté d’accès aux archives publiques. Il appelle à participer à la rencontre-débat qui se tiendra le 13 septembre 2021 à la maison de l’Île-de-France de la Cité internationale universitaire de Paris.

Lire la suite »
Commémorations

Les images de l’hommage
aux manifestants algériens
du 14 juillet 1953

Comme notre site l’a annoncé, les sections parisiennes de la Ligue des droits de l’homme, avec d’autres comme Attac, la section du 12e du parti communiste français et l’association Le Maghreb des films, ont organisé le 13 juillet 2021 une projection-débat du film « Les balles du 14 juillet 1953 » au cinéma Mk2 Nation, suivie d’allocutions et dépôts de gerbes. 130 personnes ont suivi le film et le débat auquel participait Benjamin Stora. L’hommage aux victimes de la répression de la manifestation des Algériens le 14 juillet 1953 s’est déroulé ensuite, en dépit d’une pluie battante, devant la plaque apposée en juillet 2017 par la Mairie de Paris pour commémorer cet événement. Les associations présentes ont annoncé leur intention de reprendre en 2022 l’organisation du « Bal des libertés et de la solidarité » qui a eu lieu en 2018 et 2019 et que les conditions sanitaires n’ont pas rendu possible depuis.

Lire la suite »
Réconciliation et réparations

Pour Myriam Cottias, la science permet
de penser
les réparations coloniales

Depuis quelques années, la question des réparations a été posée dans les organisations internationales par des associations françaises, caribéennes, américaines, brésiliennes, anglaises au titre de l’esclavage pratiqué entre le XIXe et le XXIe siècle. Notamment à travers les demandes de remboursement de l’indemnité versée en 1849 aux propriétaires d’esclaves, après l’abolition de l’esclavage en 1848 dans les colonies françaises. Ainsi que de la dette imposée à Haïti en 1825 pour prix de la reconnaissance de son indépendance et de son droit de commercer avec d’autres territoires. Pour Myriam Cottias, la réparation est une sorte de remise à niveau d’un fait historique qui vise à produire de l’égalité. Les réparations symboliques sont importantes pour une reconnaissance sereine, pleine et entière, de l’histoire de l’esclavage, qui ne doit pas produire de mise en accusation.

Lire la suite »
La reconnaissance du passé colonial

Le chemin de fer Congo-Océan
symbole des crimes contre l’humanité
de la colonisation

Dénoncé par André Gide, dans son livre Voyage au Congo (1927) et par Albert Londres dans Terre d’ébène (1929), le chantier de la voie ferrée Congo-Océan à partir de Brazzaville dans le Congo français (AEF) a coûté la vie à près de 20 000 travailleurs africains pendant sa construction entre 1921 et 1934. Il a aussi fait naître en France un début de prise de conscience des abus du système colonial. Ci-dessous, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch explique au Monde qu’il peut être considéré comme un crime contre l’humanité emblématique de tous ceux du colonialisme. Nous indiquons aussi les liens vers les articles sur ce sujet publiés par ce quotidien ainsi que par notre site.

Lire la suite »
L'accès aux archives coloniales

Archives : la lourde responsabilité
des députés français

Les historiens, archivistes, juristes et autres citoyens regroupés dans le Collectif Accès aux archives publiques s’adressent aux députés pour attirer leur attention sur les graves problèmes posés par le projet de loi « relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement », dite PATR, dont un article porte atteinte à la liberté de la recherche. En effet, l’actuelle rédaction de son article 19 constitue une entrave à l’accès à certaines archives qui sont nécessaires à la connaissance de notre histoire contemporaine. Ci-dessous la lettre ouverte que leur ont adressée le 7 juillet 2021 dix-huit personnalités ainsi qu’un article paru le 13 juillet 2021 dans le quotidien l’Humanité.

Lire la suite »
Commémorations

Il y a soixante ans,
la « nuit des paras » à Metz

Il y a 60 ans, dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961, des parachutistes se livrèrent à Metz à une violente et meurtrière chasse au faciès à l’encontre des Algériens immigrés. Leur régiment de chasseurs parachutistes, le 1er RCP, après avoir joué un rôle majeur dans les disparitions forcées et les tortures durant la grande répression d’Alger en 1957, avait été rapatrié en Lorraine après sa participation au putsch militaire manqué d’avril 1961. Précédant de quelques mois le massacre d’octobre 1961 à Paris, cette « nuit des paras » resta impunie et elle est encore aujourd’hui très peu connue. Ci-dessous un article récent du Monde et d’autres ressources sur un événement que l’association Collectif 1961, qui organise une conférence de l’historienne Raphaëlle Branche le samedi 24 juillet 2021 à Metz, travaille à faire connaître, mais qui se heurte au déni d’une municipalité réactionnaire.

Lire la suite »
Commémorations

Souvenir et actualité du 14 juillet 1953 :
une projection débat avec Benjamin Stora
et un hommage place de la Nation

De 1945 à 1953, la gauche politique et syndicale organisait chaque 14 juillet un défilé de la place de la Bastille à la place de la Nation. En 1953, la police a chargé le cortège des indépendantistes algériens qui portaient des drapeaux et des banderoles pour la libération de leur leader. On a relevé 7 morts : 6 Algériens et un syndicaliste français venu s’interposer. Cette répression qui a précipité le début de la guerre d’Algérie a disparu de notre mémoire. Le film de Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet, sera projeté, suivi d’un débat avec Benjamin Stora. Ensuite, place de la Nation, devant la plaque apposée en 2017 par la Mairie de Paris, la maire de l’arrondissement déposera une gerbe à la mémoire des victimes.

Lire la suite »
L'accès aux archives coloniales

Accès aux archives :
une décision importante du Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a rendu publique le 2 juillet 2021 sa décision concernant les archives à la suite des recours que lui avaient adressés le collectif Accès aux archives publiques, l’Association des archivistes français, l’Association des historiens contemporéanistes de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’Association Josette et Maurice Audin et plusieurs personnes qui s’y sont jointes. C’est un démenti cinglant pour le gouvernement. Le rapporteur public a conclu que la mise en place d’un processus de « classification/déclassification » était contraire à la loi et n’était une obligation que dans l’esprit du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Le Conseil d’Etat a donné raison aux requérants. Ci-dessous un article du Monde du 2 juillet sur ce sujet, le texte de la décision du Conseil d’Etat et le communiqué des associations requérantes.

Lire la suite »
L'accès aux archives coloniales

L’accès aux archives publiques
doit-il dépendre du bon vouloir de l’armée
ou découle-t-il d’un droit des citoyens ?

Dans la nuit du 29 au 30 juin 2021, une loi sur les archives a été votée au Sénat à l’intérieur d’une loi sur la lutte contre le terrorisme et sur le renseignement. Défendue par la ministre des armées en l’absence de la ministre de la culture sous l’autorité de laquelle sont pourtant placées les archives publiques, c’est une loi de fermeture présentée comme une loi d’ouverture. Elle contredit le droit des citoyens à l’accès aux archives publiques qui est un droit démocratique essentiel affirmé par la Révolution. Et c’est la victoire de la raison d’État contre la liberté de la recherche. Il faut une saisine du Conseil constitutionnel car cette loi est contraire à l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui garantit l’accès de tous aux documents administratifs. La Commission nationale consultative des droits de l’homme est décidée à appuyer cette saisine du Conseil constitutionnel.

Lire la suite »