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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

L'accès aux archives coloniales

Après la décision du Conseil constitutionnel
du 30 juillet 2021,
un débat est nécessaire
sur l’accès des citoyens aux archives

Le Conseil constitutionnel a rendu une décision sur la loi prévention d’actes de terrorisme et renseignement dont un article concerne l’accès aux archives. Tout en estimant qu’il ne méconnait aucune disposition constitutionnelle, il a formulé deux réserves dont l’une est particulièrement importante : une information qui était déjà accessible doit le rester, qu’elle ait fait ou non l’objet d’une mesure de classification au titre du secret de la défense nationale. Le collectif « Accès aux archives publiques », constitué pour réagir à des instructions gouvernementales que le Conseil d’Etat a finalement considérées comme illégales, estime qu’il est urgent que la société civile s’organise pour défendre la liberté d’accès aux archives publiques. Il appelle à participer à la rencontre-débat qui se tiendra le 13 septembre 2021 à la maison de l’Île-de-France de la Cité internationale universitaire de Paris.

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Commémorations

Les images de l’hommage
aux manifestants algériens
du 14 juillet 1953

Comme notre site l’a annoncé, les sections parisiennes de la Ligue des droits de l’homme, avec d’autres comme Attac, la section du 12e du parti communiste français et l’association Le Maghreb des films, ont organisé le 13 juillet 2021 une projection-débat du film « Les balles du 14 juillet 1953 » au cinéma Mk2 Nation, suivie d’allocutions et dépôts de gerbes. 130 personnes ont suivi le film et le débat auquel participait Benjamin Stora. L’hommage aux victimes de la répression de la manifestation des Algériens le 14 juillet 1953 s’est déroulé ensuite, en dépit d’une pluie battante, devant la plaque apposée en juillet 2017 par la Mairie de Paris pour commémorer cet événement. Les associations présentes ont annoncé leur intention de reprendre en 2022 l’organisation du « Bal des libertés et de la solidarité » qui a eu lieu en 2018 et 2019 et que les conditions sanitaires n’ont pas rendu possible depuis.

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Réconciliation et réparations

Pour Myriam Cottias, la science permet
de penser
les réparations coloniales

Depuis quelques années, la question des réparations a été posée dans les organisations internationales par des associations françaises, caribéennes, américaines, brésiliennes, anglaises au titre de l’esclavage pratiqué entre le XIXe et le XXIe siècle. Notamment à travers les demandes de remboursement de l’indemnité versée en 1849 aux propriétaires d’esclaves, après l’abolition de l’esclavage en 1848 dans les colonies françaises. Ainsi que de la dette imposée à Haïti en 1825 pour prix de la reconnaissance de son indépendance et de son droit de commercer avec d’autres territoires. Pour Myriam Cottias, la réparation est une sorte de remise à niveau d’un fait historique qui vise à produire de l’égalité. Les réparations symboliques sont importantes pour une reconnaissance sereine, pleine et entière, de l’histoire de l’esclavage, qui ne doit pas produire de mise en accusation.

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La reconnaissance du passé colonial

Le chemin de fer Congo-Océan
symbole des crimes contre l’humanité
de la colonisation

Dénoncé par André Gide, dans son livre Voyage au Congo (1927) et par Albert Londres dans Terre d’ébène (1929), le chantier de la voie ferrée Congo-Océan à partir de Brazzaville dans le Congo français (AEF) a coûté la vie à près de 20 000 travailleurs africains pendant sa construction entre 1921 et 1934. Il a aussi fait naître en France un début de prise de conscience des abus du système colonial. Ci-dessous, l’historienne Catherine Coquery-Vidrovitch explique au Monde qu’il peut être considéré comme un crime contre l’humanité emblématique de tous ceux du colonialisme. Nous indiquons aussi les liens vers les articles sur ce sujet publiés par ce quotidien ainsi que par notre site.

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L'accès aux archives coloniales

Archives : la lourde responsabilité
des députés français

Les historiens, archivistes, juristes et autres citoyens regroupés dans le Collectif Accès aux archives publiques s’adressent aux députés pour attirer leur attention sur les graves problèmes posés par le projet de loi « relatif à la prévention d’actes de terrorisme et au renseignement », dite PATR, dont un article porte atteinte à la liberté de la recherche. En effet, l’actuelle rédaction de son article 19 constitue une entrave à l’accès à certaines archives qui sont nécessaires à la connaissance de notre histoire contemporaine. Ci-dessous la lettre ouverte que leur ont adressée le 7 juillet 2021 dix-huit personnalités ainsi qu’un article paru le 13 juillet 2021 dans le quotidien l’Humanité.

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Commémorations

Il y a soixante ans,
la « nuit des paras » à Metz

Il y a 60 ans, dans la nuit du 23 au 24 juillet 1961, des parachutistes se livrèrent à Metz à une violente et meurtrière chasse au faciès à l’encontre des Algériens immigrés. Leur régiment de chasseurs parachutistes, le 1er RCP, après avoir joué un rôle majeur dans les disparitions forcées et les tortures durant la grande répression d’Alger en 1957, avait été rapatrié en Lorraine après sa participation au putsch militaire manqué d’avril 1961. Précédant de quelques mois le massacre d’octobre 1961 à Paris, cette « nuit des paras » resta impunie et elle est encore aujourd’hui très peu connue. Ci-dessous un article récent du Monde et d’autres ressources sur un événement que l’association Collectif 1961, qui organise une conférence de l’historienne Raphaëlle Branche le samedi 24 juillet 2021 à Metz, travaille à faire connaître, mais qui se heurte au déni d’une municipalité réactionnaire.

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Commémorations

Souvenir et actualité du 14 juillet 1953 :
une projection débat avec Benjamin Stora
et un hommage place de la Nation

De 1945 à 1953, la gauche politique et syndicale organisait chaque 14 juillet un défilé de la place de la Bastille à la place de la Nation. En 1953, la police a chargé le cortège des indépendantistes algériens qui portaient des drapeaux et des banderoles pour la libération de leur leader. On a relevé 7 morts : 6 Algériens et un syndicaliste français venu s’interposer. Cette répression qui a précipité le début de la guerre d’Algérie a disparu de notre mémoire. Le film de Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet, sera projeté, suivi d’un débat avec Benjamin Stora. Ensuite, place de la Nation, devant la plaque apposée en 2017 par la Mairie de Paris, la maire de l’arrondissement déposera une gerbe à la mémoire des victimes.

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L'accès aux archives coloniales

Accès aux archives :
une décision importante du Conseil d’Etat

Le Conseil d’Etat a rendu publique le 2 juillet 2021 sa décision concernant les archives à la suite des recours que lui avaient adressés le collectif Accès aux archives publiques, l’Association des archivistes français, l’Association des historiens contemporéanistes de l’enseignement supérieur et de la recherche, l’Association Josette et Maurice Audin et plusieurs personnes qui s’y sont jointes. C’est un démenti cinglant pour le gouvernement. Le rapporteur public a conclu que la mise en place d’un processus de « classification/déclassification » était contraire à la loi et n’était une obligation que dans l’esprit du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN). Le Conseil d’Etat a donné raison aux requérants. Ci-dessous un article du Monde du 2 juillet sur ce sujet, le texte de la décision du Conseil d’Etat et le communiqué des associations requérantes.

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L'accès aux archives coloniales

L’accès aux archives publiques
doit-il dépendre du bon vouloir de l’armée
ou découle-t-il d’un droit des citoyens ?

Dans la nuit du 29 au 30 juin 2021, une loi sur les archives a été votée au Sénat à l’intérieur d’une loi sur la lutte contre le terrorisme et sur le renseignement. Défendue par la ministre des armées en l’absence de la ministre de la culture sous l’autorité de laquelle sont pourtant placées les archives publiques, c’est une loi de fermeture présentée comme une loi d’ouverture. Elle contredit le droit des citoyens à l’accès aux archives publiques qui est un droit démocratique essentiel affirmé par la Révolution. Et c’est la victoire de la raison d’État contre la liberté de la recherche. Il faut une saisine du Conseil constitutionnel car cette loi est contraire à l’article 15 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qui garantit l’accès de tous aux documents administratifs. La Commission nationale consultative des droits de l’homme est décidée à appuyer cette saisine du Conseil constitutionnel.

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L'accès aux archives coloniales

Nouvelles prises de position
sur le droit d’accès
aux archives publiques

Les appels se multiplient depuis la séance du Conseil d’Etat du 16 juin 2021 où le rapporteur public a donné raison aux trois associations qui ont déposé deux recours devant cette institution concernant les archives pourvues de tampons « secret ». Des archives consultables de plein droit selon la loi quand elles ont plus de 50 ans et auxquelles certaines administrations cherchent à entraver l’accès. Le 25 juin 2021 un avis de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a été rendu public et la Ligue des droits de l’homme a publié un communiqué. Ci-dessous aussi l’article de l’historien Fabrice Riceputi à ce sujet publié le 24 juin par l’hebdomadaire Politis. Tous réclament que l’article 19 du projet de la loi dite PATR en discussion au parlement jusqu’au 30 juin 2021 ne constitue pas un obstacle aux recherches historiques.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

A propos de la statue de Bugeaud
sur la façade du Louvre
et de l’avenue portant son nom à Paris,
la bataille s’invite aux élections régionales

Le 18 juin 1845, le colonel Pélissier, appliquant les instructions données à ses officiers par le général Bugeaud, a asphyxié délibérément les populations civiles des Ouled Riah. Hommes, femmes, enfants et vieillards s’étaient réfugiés dans les grottes de Dahra, non loin de Mostaganem. La France doit-elle continuer à présenter une statue de Bugeaud sur la façade du musée du Louvre qui reçoit des millions de visiteurs venus du monde entier ? D’autant que cet adversaire de la République a commandé des répressions contre le peuple de Paris. Lors de l’insurrection parisienne d’avril 1834, il commandait la brigade dont les soldats se sont livrés au massacre de la rue Transnonain. Julien Bayou, candidat d’union au second tour à l’élection régionale du 27 juin 2021 en Ile-de-France, a répondu clairement par la négative.

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La reconnaissance du passé colonial

Un rassemblement
devant la statue de Bugeaud
à Paris

A l’initiative de l’universitaire Olivier Le Cour Grandmaison et du président de l’Association Les Oranges, M’hamed Kaki, un rassemblement a lieu le 18 juin 2021 devant la statue du maréchal Bugeaud, qui domine la façade nord du Louvre, le long de la rue de Rivoli à Paris. La date a été choisie en référence à celle des enfumades ordonnées par le colonel Pélissier, le 18 juin 1845, pour provoquer la mort par asphyxie des populations civiles algériennes qui s’y étaient réfugiées. Elles ont anéanti, conformément aux ordres du général Bugeaud, une tribu entière – celle des Ouled Riah – dont les membres s’étaient réfugiés dans les grottes du Dahra, proches de Mostaganem.

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