4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 avril 2026

La reconnaissance du passé colonial

L'accès aux archives coloniales

La bataille
continue
pour la liberté d’accès aux archives

En dépit des déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, en septembre 2018, au moment de sa visite chez Josette Audin, sur la nécessité d’ouvrir l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, des fermetures ont été constatées à la fin de 2019, en particulier au Service historique de la Défense. Le Collectif Accès aux archives publiques s’est alors constitué qui, en juillet 2021, a obtenu satisfaction auprès du Conseil d’Etat. D’autres textes ont été publiés depuis, mais force est de constater que des difficultés persistent dans l’exercice d’un droit d’accès qui relève des libertés publiques et des droits des citoyens. Aussi, la bataille pour la liberté d’accès aux archives continue. Une rencontre aura lieu au Sénat le 5 septembre 2022, organisée par le Réseau national d’action des archivistes (Rn2A), les Cahiers d’histoire, le Collectif Secret défense et le CVUH.

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Réconciliation et réparations

France et Haïti
la « double dette de l’indépendance »

Dans une série de six articles traduits notamment en français et en kreyol haïtien, le New York Times revient sur la « double dette » qui fut durant des décennies le prix imposé par la France à Haïti pour lui avoir arraché son indépendance et avoir aboli l’esclavage, véritable extorsion dont l’effet désastreux se fait encore sentir dans l’économie haïtienne. Le journal états-unien révèle aussi que, selon un ancien ambassadeur de France, France et États-Unis s’entendirent pour chasser du pouvoir en Haïti le président élu Aristide. Nous reproduisons un article, publié en 2021 par Mediapart, qui synthétise les travaux d’historiennes sur cette question, ainsi que le lien vers l’article de Mediapart du 23 mai 2022 qui annonce le dossier du New York Times et les liens vers ses six articles.

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La reconnaissance du passé colonial

Le 10 mai,
la Fondation pour la mémoire de l’esclavage
a commémoré l’esclavage et ses abolitions

Le 10 mai 2022, une commémoration a été organisée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) dans le jardin du Luxembourg à Paris, autour du monument « Le Cri, l’Écrit », une sculpture de Fabrice Hyber qui symbolise l’esclavage et ses abolitions. Elle a été placée sous le signe de la jeunesse et de la résistance des femmes, plusieurs groupes de jeunes venant d’établissements scolaires de l’Hexagone et de la Réunion ont donné lecture de leurs travaux ainsi que de poèmes et de textes littéraires. La chanteuse réunionnaise Christine Salem a interprété deux chansons de maloya, un genre musical né dans cette île de la résistance à l’esclavage. L’exposition « #Cestnotrehistoire – Esclavage et abolitions : une histoire de France » a été présentée, composée de treize panneaux, augmentée d’un sur Solitude, un sur Mayotte et un sur la Guadeloupe.

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La reconnaissance du passé colonial

La nécessité de reconnaître
l’Autre 8 mai 1945
et ses crimes

Si le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette date a une toute autre signification en Algérie, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata où plusieurs milliers d’Algériens ont perdu la vie, victimes de la répression française. Dont des familles de soldats algériens encore en métropole après avoir libéré la France au sein de l’Armée d’Afrique. En 2005 l’ambassadeur de France à Alger a reconnu « une tragédie inexcusable » et en 2015 le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants est allé déposer une gerbe au pied du mausolée au jeune scout Saal Bouzid tué par un policier, ce qui déclenchera les émeutes de Sétif. Mais, 77 ans plus tard, aucune reconnaissance solennelle vis-à-vis de la société française n’a été formulée par les plus hautes autorités de la République quant à la responsabilité de l’Etat dans ces massacres de mai et juin 1945.

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Commémorations

Trois rencontres à Paris
dans le cadre des 60 ans
de la fin de la guerre d’Algérie

Trois rencontres qui coïncident avec les 60 ans de la fin de la guerre d’Algérie se tiennent à Paris en mai 2022. Les Amis de l’Humanité et l’association Germaine-Tillion rendent hommage, le 21 mai, à la résistante et ethnologue lors d’une rencontre intitulée « Germaine Tillion, une voix contre la torture », avec Nelly Forget, Jean-Philippe Ould-Aoudia et Alain Ruscio. Dans le cadre du Maghreb Orient des livres, à l’Hôtel de ville de Paris, un entretien avec Pierre Audin et Gilles Manceron aura lieu le 14 mai 2022 à midi, autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera, suivie d’une signature de ce livre avec Charles Silvestre, qui en a eu l’initiative, et aussi de l’ouvrage Les disparus de la guerre d’Algérie suivi de La bataille des archives (2018-2021) avec Catherine Teitgen-Colly qui l’a co-dirigé. Ce livre fera aussi l’objet d’une table ronde au Salon du livre judiciaire le 21 mai, avec deux de ses directeurs d’ouvrage.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

Parution du tome 4
de « l’Encyclopédie de la
colonisation française »

Notre site a signalé en mai 2017 la parution du premier tome de l’Encyclopédie de la colonisation française, réalisée sous la direction d’Alain Ruscio et publiée par l’éditeur Les Indes Savantes. Elle couvre l’ensemble de la période coloniale, des Croisades et de l’expansion européenne de la fin du XVIe siècle à la décolonisation de la deuxième moitié du XXe siècle. Son principe : de nombreuses notices allant de 2 à 10 pages, rédigées par des auteurs spécialistes reconnus dans leur domaine, sur des épisodes et des sujets extrêmement divers. Nous avons signalé en avril 2019 la sortie du troisième volume. Cette entreprise de longue haleine, extrêmement utile pour tous ceux qui s’intéressent à cette histoire et à ses conséquences, se poursuit avec la parution du quatrième volume dont nous publions ci-dessous la présentation et le sommaire.

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La reconnaissance du passé colonial

Malika Rahal et Fabrice Riceputi :
« le travail se poursuit
sur les disparus de la guerre d’Algérie
du fait des forces de l’ordre françaises »

L’historienne Malika Rahal, Grand Prix des Rendez-vous de l’histoire de Blois 2022, directrice de l’Institut d’histoire du temps présent et autrice notamment d’une biographie d’Ali Boumendjel (La Découverte, poche), et l’historien Fabrice Riceputi ont effectué en novembre 2022 un séjour en Algérie pour poursuivre leurs recherches sur les disparitions forcées durant la guerre d’indépendance du fait des forces de l’ordre françaises. Ci-dessous un entretien donné par Fabrice Riceputi à Berbère Télévision et la présentation par Malika Rahal d’un travail en cours sur la cartographie de la grande répression de 1957 dite « bataille d’Alger ». Dans l’ouvrage Les disparus de la guerre d’Algérie suivi de La bataille des archives 2018-2021 paru en 2021 (L’Harmattan), ils ont expliqué les objectifs du site 100autres.org.

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L'accès aux archives coloniales

Des révélations sur l’usage des gaz toxiques
par l’armée française
dans la guerre d’Algérie

Le 7 avril 2022 s’est tenue au siège de la Ligue des droits de l’Homme une conférence de presse autour de la publication par la revue XXI d’un dossier sur la guerre des grottes pratiquée par l’armée française durant la guerre d’Algérie. Ci-dessous l’article du journaliste du Monde Frédéric Bobin qui en a rendu compte ainsi qu’une dépêche de l’AFP et la tribune signée du chercheur Christophe Lafaye et du président de l’Association Josette et Maurice Audin, Pierre Mansat, publiée par le quotidien Libération. Et aussi les émissions de France culture et de TV5MONDE où la journaliste et documentariste Claire Billet a présenté ce dossier. Cette conférence de presse a suscité d’autres témoignages d’anciens appelés qui ont participé à ces opérations. Notre site fait appel aux témoignages.

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Livres, films, spectacles pour la reconnaissance

« Les Oliviers de la justice »,
un film qui permet de revenir
sur 1962 et l’indépendance de l’Algérie

Le film « Les Oliviers de la justice », qui est projeté à Paris, au cinéma Le Louxor, le 14 avril 2022 sous l’égide du Maghreb des films, a été réalisé en 1962, à la fin de la guerre, dans une période confrontée aux attentats de l’OAS qui cherchaient à s’opposer par tous les moyens à l’indépendance de l’Algérie. Inspiré du livre éponyme de Jean Pélégri, un Européen né en Algérie en 1920 qui y a assisté aux ravages des inégalités et des injustices de l’Algérie coloniale, il témoigne de la cécité de la grande majorité de la population d’origine européenne devant l’émancipation inévitable de ce pays qui avait subi la colonisation. Le film est l’occasion d’une réflexion sur l’enchaînement des faits qui ont conduit aux départ des Européens.

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Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

Rendre hommage à Paul Teitgen
par Fabrice Riceputi

Dans une tribune publiée dans Le Monde Afrique, l’historien Fabrice Riceputi relève que Paul Teitgen — qui s’opposa aux exactions de l’armée française à Alger en 1957, témoigna sur elles et fut sanctionné pour cela par le gouvernement de Michel Debré — n’a fait l’objet d’aucun hommage officiel. « Pour la même raison, selon lui, qui a fait annuler la panthéonisation de l’avocate Gisèle Halimi » : la difficulté pour les autorités de ce pays à reconnaître comme tels les crimes de l’armée française en Algérie. Outre cette tribune, nous publions la lettre de démission de Paul Teitgen au ministre Robert Lacoste, ainsi qu’un extrait de film dans lequel il explique son refus de la torture.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

L’accès toujours entravé aux archives
de la guerre d’Algérie

Soixante ans après la fin de la colonisation et de la guerre d’Algérie, on parle d’un « apaisement des mémoires ». Mais est-ce possible si la mémoire n’est pas d’abord restituée et si l’accès aux archives reste encore partiel ? Il en est ainsi de la « guerre des grottes » qui a fait rage durant la guerre d’Algérie dans les gigantesques réseaux souterrains de l’Aurès, du nord-est de l’Algérie et du massif du Djudjura dans la chaîne de l’Atlas, où des « sections de grottes » organisées par l’armée française ont été chargées d’utiliser des gaz toxiques contre les personnes, combattantes ou non, qui s’y trouvaient cachées. Le numéro du printemps 2022 de la revue XXI consacre un dossier à cette question.

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1962, la fin de la guerre d'Algérie

Condamner le système colonial
et son héritage de racisme

Dans une tribune collective publiée par Le Monde à l’occasion du 60e anniversaire du cessez-le-feu en Algérie, diverses personnalités, dont des historien.ne.s, soulignent les limites des initiatives mémorielles d’Emmanuel Macron et lui demandent « un discours de reconnaissance et de clarification de notre rapport moral et politique à la colonisation ». Ils soulignent aussi que « le travail mémoriel ne doit pas se substituer à une transformation du réel », alors que « la lutte contre le racisme est au point mort, si ce n’est suspecte ». Par ailleurs, l’historienne Sylvie Thénault et le politiste Paul Max Morin débattent des mêmes questions dans une émission vidéo de Mediapart.

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