4 000 articles et documents

Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

Emmanuel Macron et les crimes du colonialisme

La France va-t-elle enfin reconnaître
la guerre coloniale du Cameroun ?

En visite officielle au Cameroun les 25 et 26 juillet 2022, Emmanuel Macron a rencontré Paul Biya, au pouvoir depuis quarante ans. La veille, il avait été interpellé par un collectif international afin qu’il reconnaisse officiellement la guerre coloniale menée par la France au Cameroun dans les années 1950 et 1960. Le président français a évoqué cet épisode tout en évitant de se prononcer, préférant annoncer la constitution d’une commission d’historiens destinée à « faire la lumière », à laquelle seraient ouvertes « toutes les archives ». Ci-dessous la tribune collective publiée par Le Monde réclamant une reconnaissance officielle, ainsi qu’une vidéo de TV5 Monde dans laquelle Thomas Deltombe souligne que les faits sont déjà solidement établis et regrette que les archives ne soient pas ouvertes à tous.

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La reconnaissance de l'esclavage

Le président de la
Fondation pour la mémoire de l’esclavage,
Jean-Marc Ayrault,
rend hommage à la révolution haïtienne

Une enquête du New York Times dont notre site a rendu compte a attiré l’attention sur l’indemnité que Charles X a obligé en 1825 la République d’Haïti à payer aux anciens colons français pour prix de son indépendance conquise en 1804 après une guerre meurtrière contre les troupes envoyées par Napoléon Bonaparte. 150 millions de francs-or, pour lesquels Haïti dû s’endetter auprès de banques françaises, une véritable rançon qui a pesé sur l’économie et la société haïtiennes jusqu’à aujourd’hui. Jean-Marc Ayrault, président de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME), revient sur l’importance de ces faits qui, s’ils n’étaient pas inconnus, sont encore trop ignorés en France et rend hommage à la révolution haïtienne qui a apporté une contribution essentielle à l’histoire universelle.

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La reconnaissance du passé colonial

Autour du 14 juillet 1953 :
les projections d’un film,
une commémoration,
et un bal pour oublier les balles

Le 10 juillet 2022 au cinéma Majestic Bastille est projeté le film de Daniel Kupferstein Les balles du 14 juillet 1953, enquête sur la tuerie policière longtemps occultée intervenue à la fin du défilé populaire qui marquait la fête nationale : place de la Nation, sept manifestants tués, dont six Algériens. Film suivi d’un débat avec le réalisateur et les historiens Gilles Manceron et Alain Ruscio. Le 13 juillet, une commémoration aura lieu avec la maire de l’arrondissement suivie d’« un bal pour oublier les balles », et le 14 juillet à 22h une projection en plein air dans un quartier populaire de Nanterre. De nombreux militants associatifs et syndicaux pensent que les 70 ans de cet événement devraient être marqués en 2023 par un défilé Bastille-Nation comme il s’en déroulait entre 1945 et 1953.

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La reconnaissance du passé colonial

Une journée de débats
à l’Institut Tribune socialiste

Après de nombreuses initiatives et publications relatives au 60eme anniversaire de l’Indépendance de l’Algérie, le 5 juillet 1962, un rendez-vous est donné le samedi 9 juillet 2022 à Paris, au Maltais Rouge, par l’Institut Tribune socialiste qui est porteur de la mémoire du PSU, le parti politique français le plus nettement engagé en faveur de l’indépendance de l’Algérie. Plusieurs intervenants algériens et français participent à cette journée dont les retours sur l’histoire et les questionnements sur le présent constituent la trame : des actrices et acteurs de l’époque et des historiens, des économistes et des écrivaines et écrivains d’aujourd’hui. Ci-dessous quelques témoignages de militants du PSU sur leur engagement anticolonialiste.

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Commémorations

Gisèle Halimi au Panthéon
Lettre ouverte à la co-fondatrice de l’association
« Harkis et droits de l’Homme »

La demande du transfert des cendres de Gisèle Halimi au Panthéon est forte dans le pays. L’historien Benjamin Stora l’a reprise opportunément parmi les préconisations du rapport que le président de la République lui a demandé et c’est une demande que, parmi d’autres, la Ligue des droits de l’Homme soutient fermement. La mise en cause aux Etats-Unis du droit des femmes à l’avortement a contribué à relancer l’interpellation du président de la République, puisque ce droit a été une des causes que Gisèle Halimi a incarnée. Ci-dessous, la lettre ouverte à Fatima Besnaci-Lancou, co-fondatrice de l’Association Harkis et droits de l’Homme, que lui adresse un historien qui a collaboré avec elle à de nombreuses publications durant une quinzaine d’années.

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La reconnaissance du passé colonial

Des « enfumades » de Bugeaud
lors de la conquête de l’Algérie
au gazage des grottes
durant la guerre d’indépendance

Des recherches récentes dues à l’historien et archiviste Christophe Lafaye, dont notre site s’est fait l’écho, ont permis de documenter le gazage des grottes pratiqué par l’armée française durant la guerre d’Algérie. A partir de 1956, sous le commandement du général Salan, des gaz asphyxiants ont été mis au point et des « Sections de grottes » mises en place pour tuer les personnes réfugiées dans diverses cavités naturelles des régions montagneuses d’Algérie, qu’il s’agisse de combattants de l’ALN, du personnel civil d’hôpitaux de campagne ou même dans certains cas de militaires français prisonniers. Cette pratique a réédité avec des moyens modernes les « enfumades » ordonnées par le général Bugeaud lors de la conquête de l’Algérie dans les années 1840. De nombreux témoignages d’anciens appelés français et d’Algériens viennent nourrir ces recherches que certains éléments au sein de l’armée française tentent d’entraver.

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La reconnaissance du passé colonial

De Gaulle et le massacre
des Algériens à Paris
en octobre 1961

Fabrice Arfi a publié dans Mediapart des documents inédits qui montrent que de Gaulle a été mis rapidement au courant du massacre des Algériens à Paris autour du 17 octobre 1961. Qu’il l’a jugé illégal et a demandé des sanctions contre les policiers responsables. Sanctions qui ne sont jamais intervenues. Réagissant à cette publication, Mehdi Lallaoui, pionnier du combat pour la vérité sur ce crime d’État, a demandé au président Macron de s’exprimer à ce sujet. Mediapart a publié ensuite les commentaires de quatre historiens. De son côté, Gilles Manceron a pointé la nécessité de croiser ces découvertes d’archives avec les notes prises au conseil des ministres par Louis Terrenoire, consultables aux Archives nationales, signalées aussi sur Mediapart dans un billet de blog de Marie-Odile Terrenoire qui a suscité d’intéressants commentaires.

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L'accès aux archives coloniales

La bataille
continue
pour la liberté d’accès aux archives

En dépit des déclarations du président de la République, Emmanuel Macron, en septembre 2018, au moment de sa visite chez Josette Audin, sur la nécessité d’ouvrir l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, des fermetures ont été constatées à la fin de 2019, en particulier au Service historique de la Défense. Le Collectif Accès aux archives publiques s’est alors constitué qui, en juillet 2021, a obtenu satisfaction auprès du Conseil d’Etat. D’autres textes ont été publiés depuis, mais force est de constater que des difficultés persistent dans l’exercice d’un droit d’accès qui relève des libertés publiques et des droits des citoyens. Aussi, la bataille pour la liberté d’accès aux archives continue. Une rencontre aura lieu au Sénat le 5 septembre 2022, organisée par le Réseau national d’action des archivistes (Rn2A), les Cahiers d’histoire, le Collectif Secret défense et le CVUH.

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Réconciliation et réparations

France et Haïti
la « double dette de l’indépendance »

Dans une série de six articles traduits notamment en français et en kreyol haïtien, le New York Times revient sur la « double dette » qui fut durant des décennies le prix imposé par la France à Haïti pour lui avoir arraché son indépendance et avoir aboli l’esclavage, véritable extorsion dont l’effet désastreux se fait encore sentir dans l’économie haïtienne. Le journal états-unien révèle aussi que, selon un ancien ambassadeur de France, France et États-Unis s’entendirent pour chasser du pouvoir en Haïti le président élu Aristide. Nous reproduisons un article, publié en 2021 par Mediapart, qui synthétise les travaux d’historiennes sur cette question, ainsi que le lien vers l’article de Mediapart du 23 mai 2022 qui annonce le dossier du New York Times et les liens vers ses six articles.

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La reconnaissance du passé colonial

Le 10 mai,
la Fondation pour la mémoire de l’esclavage
a commémoré l’esclavage et ses abolitions

Le 10 mai 2022, une commémoration a été organisée par la Fondation pour la mémoire de l’esclavage (FME) dans le jardin du Luxembourg à Paris, autour du monument « Le Cri, l’Écrit », une sculpture de Fabrice Hyber qui symbolise l’esclavage et ses abolitions. Elle a été placée sous le signe de la jeunesse et de la résistance des femmes, plusieurs groupes de jeunes venant d’établissements scolaires de l’Hexagone et de la Réunion ont donné lecture de leurs travaux ainsi que de poèmes et de textes littéraires. La chanteuse réunionnaise Christine Salem a interprété deux chansons de maloya, un genre musical né dans cette île de la résistance à l’esclavage. L’exposition « #Cestnotrehistoire – Esclavage et abolitions : une histoire de France » a été présentée, composée de treize panneaux, augmentée d’un sur Solitude, un sur Mayotte et un sur la Guadeloupe.

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La reconnaissance du passé colonial

La nécessité de reconnaître
l’Autre 8 mai 1945
et ses crimes

Si le 8 mai 1945 marque la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe, cette date a une toute autre signification en Algérie, notamment dans les villes de Sétif, Guelma et Kherrata où plusieurs milliers d’Algériens ont perdu la vie, victimes de la répression française. Dont des familles de soldats algériens encore en métropole après avoir libéré la France au sein de l’Armée d’Afrique. En 2005 l’ambassadeur de France à Alger a reconnu « une tragédie inexcusable » et en 2015 le Secrétaire d’Etat aux anciens combattants est allé déposer une gerbe au pied du mausolée au jeune scout Saal Bouzid tué par un policier, ce qui déclenchera les émeutes de Sétif. Mais, 77 ans plus tard, aucune reconnaissance solennelle vis-à-vis de la société française n’a été formulée par les plus hautes autorités de la République quant à la responsabilité de l’Etat dans ces massacres de mai et juin 1945.

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Commémorations

Trois rencontres à Paris
dans le cadre des 60 ans
de la fin de la guerre d’Algérie

Trois rencontres qui coïncident avec les 60 ans de la fin de la guerre d’Algérie se tiennent à Paris en mai 2022. Les Amis de l’Humanité et l’association Germaine-Tillion rendent hommage, le 21 mai, à la résistante et ethnologue lors d’une rencontre intitulée « Germaine Tillion, une voix contre la torture », avec Nelly Forget, Jean-Philippe Ould-Aoudia et Alain Ruscio. Dans le cadre du Maghreb Orient des livres, à l’Hôtel de ville de Paris, un entretien avec Pierre Audin et Gilles Manceron aura lieu le 14 mai 2022 à midi, autour du livre La vérité est en marche, rien ne l’arrêtera, suivie d’une signature de ce livre avec Charles Silvestre, qui en a eu l’initiative, et aussi de l’ouvrage Les disparus de la guerre d’Algérie suivi de La bataille des archives (2018-2021) avec Catherine Teitgen-Colly qui l’a co-dirigé. Ce livre fera aussi l’objet d’une table ronde au Salon du livre judiciaire le 21 mai, avec deux de ses directeurs d’ouvrage.

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