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Édition du 1er au 15 février 2026

La reconnaissance du passé colonial

La reconnaissance du passé colonial

Le chercheur et archiviste Christophe Lafaye :
« La France accepte mal
son passé colonial »

Christophe Lafaye, enseignant chercheur à l’université de Bourgogne, est docteur en histoire contemporaine et archiviste. Il a travaillé sur l’utilisation des armes spéciales, nucléaires, bactériologiques et chimiques, pendant la guerre d’indépendance algérienne et en particulier sur les « sections de grottes » mises en place par l’armée française et qui ont fait un grand nombre de victimes entre 1956 et 1962. Répondant aux questions de Kamel Lakhdar Chaouche pour le quotidien algérien L’Expression, il revient sur le projet annoncé le 26 août 2022 lors de son voyage en Algérie par le président Macron en présence du président Tebboune de création d’une commission d’historiens franco-algérienne. Il souligne que les historiens des deux pays doivent pouvoir travailler sereinement et accéder aux archives, et aussi que la France accepte mal de regarder en face son passé colonial.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

« Au nom de Safia »,
une série documentaire
de Safia Kessas

Ces dernières années ont vu de nombreuses femmes descendantes d’Algériens et d’Algériennes ayant vécu la guerre d’Indépendance travailler auprès de leurs parents à retracer une histoire que ces derniers ne livrent souvent que difficilement. C’est ce que fait la journaliste et réalisatrice belge et algérienne Safia Kessas au départ d’une remarquable série documentaire diffusée par Binge Audio, « Au nom de Safia ». Partant d’une interview inachevée de son père et du sort d’une tante disparue en 1956, sa recherche s’étend et révèle notamment l’existence d’un massacre de masse perpétré en mai 1956 par l’armée française en Kabylie, dans la vallée de la Soummam, et étouffé par les versions officielles françaises. Nous publions les liens pour écouter ce podcast, ainsi qu’un entretien avec l’autrice publié par Télérama.

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La reconnaissance du passé colonial

Entre la France et l’Algérie,
« une histoire d’amour
qui a sa part de tragique » ?

Dans une tribune publiée par Le Monde, le politiste Paul Max Morin a mis en cause les déclarations du président de la République lors de son voyage en Algérie du 25 au 28 août 2022, en particulier celle selon laquelle, entre la France et l’Algérie, « c’est une histoire d’amour qui a sa part de tragique ». Selon lui, cette « réduction de la colonisation à une “histoire d’amour” parachève la droitisation d’Emmanuel Macron sur la question mémorielle ». Il l’a écrit dans une tribune que Le Monde a publiée dans son édition du 2 septembre 2022, mais que, après des protestations de l’Élysée, le journal a supprimée peu après de son édition en ligne. Ci-dessous, le texte de cette tribune et le rappel de quelques faits.

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La reconnaissance du passé colonial

Le site histoirecoloniale.net
nourrit depuis cinq ans
la réflexion sur le passé colonial
et son héritage

Il y a cinq ans, le 28 août 2017, disparaissait un militant de la Ligue des droits de l’Homme de Toulon, François Nadiras, qui animait depuis le début des années 2000 le site internet « ldh-toulon.net ». Celui-ci, en plus de l’actualité des droits de l’Homme, traitait de la connaissance de l’histoire coloniale, car Nadiras avait constaté que la méconnaissance et les mythes sur cette histoire constituaient l’une des bases majeures des idéologies d’extrême droite influentes dans la région. Depuis 2017, le site histoirecoloniale.net poursuit son œuvre d’éducation populaire. Ci-dessous quelques hommages à une vigie aussi discrète que modeste, dont le travail mérite d’être continué.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Une réflexion sur le besoin en France
d’un musée national
de l’histoire du colonialisme

Le Mrap, le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples, avec d’autres associations comme la Ligue des droits de l’Homme et le site histoirecoloniale.net, estime qu’il est nécessaire et urgent de créer un musée national de l’histoire du colonialisme. Jacques Venuleth, membre de la commission nationale constituée par le Mrap pour favoriser cette création, explique que les arguments en faveur d’une telle initiative sont légion, mais il relève aussi que différentes tentatives de réaliser une telle entité n’ont pas abouti et soulève un certain nombre de questions à résoudre. Elles seront discutées lors d’un débat le 10 septembre 2022 à la Fête de l’Humanité.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

A propos de l’annonce
d’une commission franco-algérienne d’historiens,
Fabrice Riceputi :
« les historiens ont déjà travaillé »

Au soir de son arrivée à Alger, le 25 août 2022, Emmanuel Macron a, aux côtés de son homologue algérien, annoncé leur décision de créer une « commission d’historiens » commune à laquelle seraient « ouvertes toutes les archives algériennes et françaises ». Pour Fabrice Riceputi, l’essentiel sur la domination coloniale et la guerre d’Algérie est largement décrit par les historiens et cette annonce n’est autre chose que la dernière manifestation du refus de la France de reconnaître sa responsabilité première et essentielle de puissance colonisatrice. Benjamin Stora appelle à enseigner plus largement cette page d’histoire dans les écoles françaises. L’historien algérien et chercheur au Crasc d’Oran, Amar Mohand-Amer, attend de voir ; il met en garde contre l’instrumentalisation idéologique de l’histoire et plaide pour l’autonomie de l’historien.

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La reconnaissance du passé colonial

Une lecture édifiante :
le Guide du Marseille colonial

Après les guides de Paris, Bordeaux et Soissons, les éditions Syllepse nous offrent, en co-édition avec la courte échelle et les éditions transit de Marseille, le Guide du Marseille colonial. Un travail collectif réalisé par un groupe de militants associatifs marseillais qui s’est réuni régulièrement depuis juillet 2020 pour préparer cet ouvrage. En librairie à partir du 1er septembre 2022.

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La reconnaissance du passé colonial

La prise de position d’un fils de harki en faveur
de la reconnaissance du passé colonial
et de la panthéonisation de Gisèle Halimi

Le président de la République française, Emmanuel Macron, s’est rendu en voyage officiel en Algérie le 25 août 2022 et, parmi les questions abordées, figure la reconnaissance par la France de l’injustice de sa conquête et de sa guerre coloniale. Ci-dessous l’article qu’a publié Amar Assas, issu de la communauté des harkis de Rosans (05), dans Le Monde le 26 août 2022, demandant au président de la République de faire de nouveaux gestes en faveur d’une telle reconnaissance. Il soutient en particulier, en raison de ses engagements anticolonialistes et pour les droits des femmes, la panthéonisation de Gisèle Halimi, qui a été préconisée dans le rapport de Benjamin Stora, est soutenue par une grande partie de l’opinion publique française, mais n’a toujours pas été décidée par Emmanuel Macron.

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Histoire et mémoire des anticolonialismes

Hélène Cuénat,
l’une de ces Françaises et Français
qui ont agi pour l’indépendance de l’Algérie

La colonisation était un système contradictoire avec toutes les valeurs des droits de l’Homme. Du temps de l’empire et des guerres coloniales, un certain nombre de Françaises et de Français l’ont compris et ont eu le courage de le combattre et d’aider notamment la lutte des Algériens pour leur indépendance. Ci-dessous le parcours d’Hélène Cuénat rapporté pour le site Orient XXI par Sylvie Braibant, historienne, journaliste et ex-rédactrice en chef de TV5 Monde. Notre site continuera à restituer les engagements de Françaises et de Français qui ont saisi que la République se perdait dans sa politique coloniale et qui ont partagé ces combats.

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L'accès aux archives coloniales

Le 5 septembre 2022 au Sénat :
un colloque sur le thème
« Archives et démocratie :
au-delà du Secret défense »

En dépit des déclarations du président de la République en septembre 2018, au moment de sa visite à Josette Audin, sur la nécessité d’ouvrir l’accès aux archives de la guerre d’Algérie, des fermetures ont été constatées, en particulier au Service historique de la Défense à la fin de 2019. Le Collectif Accès aux archives publiques s’est alors constitué, et, en juillet 2021, a obtenu satisfaction auprès du Conseil d’Etat. D’autres textes ont été publiés depuis, mais force est de constater que des difficultés persistent dans l’exercice d’un droit qui relève des libertés publiques et de la citoyenneté. Pour faire le point sur ce sujet, une rencontre organisée par le Réseau national d’action des archivistes (Rn2A), les Cahiers d’histoire, le Collectif Secret défense et le CVUH a lieu au Sénat le 5 septembre 2022.

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Ecrire et enseigner l'histoire coloniale

Le podcast « Des colonisations »
raconte l’histoire des femmes et des hommes
en situation coloniale

La colonisation a été une entreprise de domination. Des chercheurs, chercheuses, archivistes, enseignants, enseignantes, et d’autres, membres du Groupe de recherche sur les ordres coloniaux (GROC), ont créé un podcast qui présente une fois par mois leurs travaux et leurs questionnements sur l’histoire de la colonisation. Son objectif est de restituer cette histoire dans sa diversité, en faisant comprendre que la colonisation et la décolonisation ont en partie façonné le monde dans lequel nous vivons.

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La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Pour l’historien Jacob Tatsitsa,
la reconnaissance de la guerre du Cameroun
n’a pas besoin d’une commission d’historiens
qui peut conduire à une historiographie sous contrôle étatique

Dans un entretien au « Monde », l’historien Jacob Tatsitsa, co-auteur, avec Thomas Deltombe et Manuel Domergue, de deux ouvrages essentiels sur la répression coloniale au Cameroun — Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971 (éd. La Découverte, 2019) et La Guerre du Cameroun, L’Invention de la Françafrique (La Découverte, 2016) — estime que la création d’une commission d’historiens annoncée le 26 juillet 2022 à Yaoundé par le président Emmanuel Macron destinée à « faire la lumière » au sujet de la guerre du Cameroun, à laquelle seraient ouvertes « toutes les archives », est un stratagème pour contourner la reconnaissance des massacres qui l’ont marquée, et qui sont déjà l’objet d’études historiques documentées.

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