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Édition du 15 février au 1er mars 2026

Les « lois mémorielles »

Un article de « Libération » qualifie la loi du 23 février 2005 de « loi imbécile »

A partir de la rentrée scolaire de septembre 2005, les critiques sont de plus en plus vives contre l’alinéa controversé de la loi du 23 février 2005 qui enjoint les enseignants à enseigner les « aspects positifs de la colonisation ». Le 22 octobre, un article d’Hervé Nathan dans « Libération » s’en prend au vote par la droite d’une loi imbécile sur l’enseignement de l’histoire des colonies. Il affirme que la mémoire coloniale, c’est comme le refoulé ; chassez-le, il revient au galop ; et qu’on assiste avec cette loi au resurgissement des fractures politiques anciennes, à droite comme à gauche.

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La loi du 23 février 2005

Le président Chirac aurait qualifié de « grosse connerie » la loi du 23 février 2005…

Alors que tout indique que la président de la République, Jacques Chirac, avait discrètement suscité la loi du 23 février 2005 enjoignant aux enseignants de montrer le « rôle positif » de la colonisation, il aurait, face au tollé qu’elle a suscité, qualifié cette loi de « grosse connerie »… C’est ce qu’écrit dans « Le Monde » du 18 octobre 2005 un article de Laetitia Van Eeckhout. Si une « grosse connerie » a été commise, elle a été pleinement assumée par le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, et, au delà, par le président de la République qui en avait fait la promesse aux nostalgiques de l’Algérie française pour les dissuader, en avril 2002, de voter pour Jean-Marie Le Pen.

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Selon le ministre de l’Education nationale, la loi sur le «rôle positif» de la colonisation française «n’implique aucune modification des programmes» !…

La loi sur le «rôle positif» de la colonisation française «n’impliquerait aucune modification des programmes» !… Tel est l’avis du ministre de l’Education nationale, Gilles de Robien, dans un entretien publié par le Journal du Dimanche, le 16 octobre 2005. Déclaration absurde et mensongère pour tenter de sauver un article de loi de plus en plus contesté au parlement, dans le pays, notamment dans les départements d’outre-mer, et à l’étranger. Nombreux sont ceux qui demandent l’abrogation de cet article 4. Pour la LDH, il faut faire avec cette loi comme avec toutes les lois scélérates : la supprimer, purement et simplement.

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Pierre Vidal-Naquet (Sipa)
La loi du 23 février 2005

L’accusation des « professeurs de trahison », le retour ?

Après avoir été mis en cause par le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, parce qu’ils avaient critiqué la loi du 23 février 2005 sur le « rôle positif de la présence française outre-mer », des historiens, dont Claude Liauzu, Jean Baubérot ou encore Pierre Vidal-Naquet, ont décidé de répondre. Ils montrent que l’accusation d’être des « professeurs de trahison » émane du « Manifeste des intellectuels français » qui, en octobre 1960, a dénoncé le « Manifeste des 121 », accusation qui a été reprise par d’autres articles et publications colonialistes de l’époque.

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La responsabilité des historiens face à l’histoire coloniale

par Raphaëlle Branche, Claude Liauzu, Gilbert Meynier et Sylvie Thénault
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Cet article, paru dans Le Monde daté du 20 septembre 2005, est une version abrégée d’un texte que ces quatre historiens avaient adressé au journal.

Faute de place, le texte initial étant trop long pour pouvoir être repris intégralement, Le Monde en a extrait l’article ci-dessous, publié dans sa page « Horizons, débats ».

Vous pourrez lire d’autre part le texte initial intitulé 878 que nous a adressé Claude Liauzu.

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Hamlaoui Mekachera (Sipa)
La loi du 23 février 2005

Hamlaoui Mekachera : la loi du 23 février 2005 est un problème franco-français

Le ministre des anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, cherche, en septembre 2005, à dédramatiser le débat sur la loi du 23 février qui prescrit aux enseignants de montrer les « aspects positifs de la présence française outre-mer ». D’après le site du Nouvel Observateur, il a déclaré que cette loi était un « problème franco-français ». Dans l’espoir de faire taire le tollé qui a fini par s’étendre aux départements d’outre-mer et à l’Algérie. Pure illusion, à en juger par la presse algérienne et par celle des Antilles et de la Réunion.

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Violence et colonisation,
par Claude Liauzu

Réagissant à la loi du 23 février 2005 parlant des « aspects positifs » de la colonisation, Clause Liauzu montre dans ce texte, dont l’essentiel a été publié dans le n° 3 (été 2005) de la revue trimestrielle Histoire & Patrimoine, que la colonisation est violence. Parce qu’elle est conquête, destruction ou soumission d’une autre population. La violence de la guerre est particulière. « Nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle ne l’était avant de nous connaître », a reconnu Tocqueville, dans son Rapport de la commission d’enquête parlementaire de 1847 sur l’Algérie.

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L’historien Guy Pervillé déclare que « Paris voulait l’amnistie et l’amnésie »

Guy Pervillé, professeur d’histoire à l’université de Toulouse-Le Mirail2, a refusé de signer la pétition des historiens contre la loi du 23 février 2005 qui prescrivait l’enseignement des « aspects positifs » de la colonisation. Il a expliqué ses raisons. Revenant sur ce débat dans un entretien au quotidien « Libération » publié le 27 juillet 2005, il donne son point de vue sur les querelles de mémoire concernant la guerre d’Algérie.

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La loi du 23 février 2005

Un dossier d’Alternatives Economiques : « Positive, la colonisation ? »

La revue Alternatives Economiques a consacré dans son numéro de juillet-août 2005 un dossier à la loi du 23 février 2005 qui prescrit d’enseigner « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Réalisé par Gérard Vindt et intitulé « Positive, la colonisation ? », il relate le débat provoqué par le vote de cette loi et montre ce qu’était en réalité le fait colonial, à travers diverses citations, notamment d’Amadou Hampâté Bâ et d’Albert Londres, ainsi qu’un entretien avec Olivier Le Cour Grandmaison.

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Pascal Bruckner et Bernard Gorce dans un dossier publié par « La Croix » le 12 juillet 2005

La loi du 23 février 2005, qui dispose que le « rôle positif » de la colonisation doit être enseigné dans les écoles, est de plus en plus critiquée. En France, les historiens et les enseignants réclament l’abrogation de l’article incriminé. Nous reproduisons, après l’entretien avec Pascal Bruckner figurant dans le dossier intitulé « Troubles de mémoire sur la colonisation », paru dans « La Croix », le 12 juillet 2005, le point de vue de Bernard Gorce figurant dans ce même dossier. Pour lui le passé colonial de la France est un héritage mal assumé.

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Le Parlement algérien fustige la loi française sur le « rôle positif de la colonisation »

Le 7 juillet 2005, les deux chambres du Parlement algérien ont condamné la loi française du 23 février, sans vote mais par des déclarations de leurs présidents. Le 29 juin, à Tlemcen, le président Abdelaziz Bouteflika avait affirmé que cette loi représentait « une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme ». Il a qualifié le colonialisme d’« un des plus grands crimes contre l’humanité que l’histoire a connus ». Il a repris les mêmes accusations le 3 juillet. Ces déclarations algériennes sont tardives par rapport aux critiques suscitées en France par cette loi.

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