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Édition du 1er au 15 février 2026

La loi du 23 février 2005

Gilbert Meynier dénonce « le piège des mémoires antagonistes »

Dans un article paru dans « Le Monde » du 12 mai 2005, Gilbert Meynier, professeur émérite d’histoire à l’université Nancy-II, s’en prend au « piège des mémoires antagonistes ». La loi du 23 février « portant reconnaissance de la nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés » risque, surtout en ses articles 1 et 4, de relancer une polémique dans laquelle les historiens ne se reconnaîtront guère. En officialisant le point de vue de groupes de mémoire liés à la colonisation, elle risque de générer en retour des simplismes symétriques. Le rôle de l’historien est de travailler à (r)établir les faits et, comme citoyen, à rendre nos sociétés moins inégalitaires et plus éduquées.

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Claude Liauzu : Sans aller jusqu’à la repentance, il faut savoir dire la vérité

Dans un entretien réalisé par Laetitia Van Eeckhout et publié dans « Le Monde » du 8 mai 2005, Claude Liauzu, professeur d’histoire à Paris-VII, spécialiste de la mémoire coloniale, alerte sur la loi du 23 février, qui parle des « aspects positifs » de la colonisation, contre laquelle il a lancé avec d’autres historiens une pétition. Avec Gilbert Meynier et Gérard Noiriel, il a été à l’initiative de l’appel « Colonisation : non à l’enseignement d’une histoire officielle », lancée dans « Le Monde » du 25 mars. Selon lui, cette loi montre qu’il subsiste une volonté d’effacement des aspects négatifs de l’histoire coloniale.

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Hamlaoui Mekachera : Colonisation : réconcilier les mémoires

Le ministre délégué aux Anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, a publié une tribune dans Le Monde daté du 8 mai 2005. Il y défend la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés ». Il conteste qu’elle voudrait instaurer une histoire officielle. Il ne s’agirait nullement d’instructions données aux enseignants, qui… « travailleront comme ils l’entendent ». Et affirme même qu’elle contribue… à la réconciliation des mémoires et à l’apaisement des passions. Nous en reproduisons l’intégralité.

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Christiane Taubira accuse de mauvaise foi ceux qui comparent la loi du 23 février 2005 à celle qu’elle a fait voter sur l’esclavage

Dans un communiqué de presse du 22 avril 2005, Christiane Taubira dénonce les comparaisons fallacieuses entre la loi du 23 fév 2005 qui prescrit aux enseignants de montrer les « aspects positifs » de la colonisation et la loi du 21 mai 2001 reconnaissant que la traite négrière et l’esclavage constituent un crime contre l’humanité. Alors qu’il n’y a dans cette dernière aucune injonction sur la façon d’introduire cette histoire, l’article 4 de la loi du 23 février 2005 commande aux enseignants de diffuser une vision « positive » de l’œuvre coloniale, ce qui s’apparente à la sommation d’une histoire officielle.

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Mai 2005, clôture de la pétition des historiens, 1001 signatures contre une histoire officielle de la « colonisation positive »

Bien que les signatures continuent à arriver, les historiens à l’initiative de la pétition contre la loi du 23 février 2005 ont décidé de clore la pétition au nombre symbolique de 1001 signatures de chercheurs et enseignants. Elle a reçu l’appui du MRAP, de la LDH, de la LICRA, de la Ligue de l’enseignement, du Syndicat de la magistrature et du SNES-FSU. Ce nombre, atteint en trois semaines témoigne de l’inquiétude et de l’indignation de la profession face à la prétention de lui imposer une histoire officielle de la « colonisation positive ».

Vous lirez également ci-dessous un article publié par Témoignage chrétien le 21 avril 2005 :
Relents de négationnisme à l’Assemblée nationale
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[Première mise en ligne, le 24 mars 2005

dernière mise à jour, le 4 mai 2005]

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Gilles Manceron : « des lobbies veulent imposer une histoire officielle »

Dans un entretien avec Nadjia Bouzeghrane publié dans El Watan le 28 avril 2005, Gilles Manceron1 explique qu’il est important, à l’heure où l’on parle d’un traité d’amitié entre la France et l’Algérie, d’avancer dans la connaissance et dans la qualification du passé colonial de la France. Le 40e anniversaire du 17 Octobre 1961 a été un moment important, et les 60 ans de la répression qui a suivi le 8 mai 1945 est aussi un événement majeur à faire connaitre à l’opinion française. La loi votée le 23 février 2005 montre que l’enseignement d’une histoire officielle a tendance à être imposée par le politique, suite à des pressions de lobbies minoritaires et nostalgiques de l’Algérie française qui s’appuient sur certains milieux pieds-noirs restés enfermés dans leurs représentations et leurs certitudes.

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Un éditorial d’Edwy Plenel : cette loi déshonore la République

Un mois après le vote de la loi du 23 février 2005 prescrivant aux enseignants de montrer à leurs élèves les « aspects positifs » de la colonisation, Edwy Plenel a publié un éditorial dans Le Monde 2 du 23 avril 2005 accusant cette loi de déshonorer la République. Pour lui, ce n’est pas affaire de repentance contrite, mais de lucidité active. Ce passé-là est plein d’à-présent, et c’est pourquoi il faut le regarder en face, non par culpabilité rétrospective mais par souci du monde actuel.

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Claude Liauzu : Dire la vérité

Cet entretien avec Claude Liauzu2 réalisé par Nadjia Bouzeghrane et publié dans « El Watan » le 21 avril 2005 est l’occasion d’une réflexion sur les responsabilités et le rôle des historiens. Ainsi, au-delà de la critique de la loi du 23 février 2005, il considère que sa génération, engagée dans la solidarité avec les mouvements de libération, a mis au second plan une réflexion critique sur ce qui était porteur en leur sein de domination ou d’arbitraire.

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Une plate-forme des historiens

Au nom des historiens contre la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », opposés à une histoire officielle, Claude Liauzu et Gilbert Meynier ont rédigé une plate-forme pour servir à la mobilisation en cours des enseignants, chercheurs et autres citoyens. Elle considère que cette loi est une « loi de glaciation », qui va à l’encontre des acquis de la recherche historique et des aspirations des derniers témoins de cette histoire qui souhaitent engager des débats sereins. Et qu’elle constitue un obstacle à une intégration paisible dans le respect des différences.

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Des historiens en guerre contre la colonisation « positive »

Des historiens expriment leur colère contre la loi du 23 février 2005, un texte de loi qui prévoit une réécriture du passé français. Ils sont plus d’un millier à avoir signé la pétition, « Colonisation, non à l’enseignement d’une histoire officielle ». Un autre appel dénonce le « mépris de l’histoire et des victimes ». Une conférence de presse s’est tenue à la Ligue des droits de l’homme. Nous reproduisons l’article de Didier Arnaud qui en rend compte dans « Libération » le 14 avril 2005.

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