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Édition du 1er au 15 février 2026

La loi du 23 février 2005

Hamlaoui Mekachera (Sipa)
La loi du 23 février 2005

Hamlaoui Mekachera : la loi du 23 février 2005 est un problème franco-français

Le ministre des anciens combattants, Hamlaoui Mekachera, cherche, en septembre 2005, à dédramatiser le débat sur la loi du 23 février qui prescrit aux enseignants de montrer les « aspects positifs de la présence française outre-mer ». D’après le site du Nouvel Observateur, il a déclaré que cette loi était un « problème franco-français ». Dans l’espoir de faire taire le tollé qui a fini par s’étendre aux départements d’outre-mer et à l’Algérie. Pure illusion, à en juger par la presse algérienne et par celle des Antilles et de la Réunion.

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Violence et colonisation,
par Claude Liauzu

Réagissant à la loi du 23 février 2005 parlant des « aspects positifs » de la colonisation, Clause Liauzu montre dans ce texte, dont l’essentiel a été publié dans le n° 3 (été 2005) de la revue trimestrielle Histoire & Patrimoine, que la colonisation est violence. Parce qu’elle est conquête, destruction ou soumission d’une autre population. La violence de la guerre est particulière. « Nous avons rendu la société musulmane beaucoup plus misérable, plus désordonnée, plus ignorante et plus barbare qu’elle ne l’était avant de nous connaître », a reconnu Tocqueville, dans son Rapport de la commission d’enquête parlementaire de 1847 sur l’Algérie.

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L’historien Guy Pervillé déclare que « Paris voulait l’amnistie et l’amnésie »

Guy Pervillé, professeur d’histoire à l’université de Toulouse-Le Mirail1, a refusé de signer la pétition des historiens contre la loi du 23 février 2005 qui prescrivait l’enseignement des « aspects positifs » de la colonisation. Il a expliqué ses raisons. Revenant sur ce débat dans un entretien au quotidien « Libération » publié le 27 juillet 2005, il donne son point de vue sur les querelles de mémoire concernant la guerre d’Algérie.

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La loi du 23 février 2005

Un dossier d’Alternatives Economiques : « Positive, la colonisation ? »

La revue Alternatives Economiques a consacré dans son numéro de juillet-août 2005 un dossier à la loi du 23 février 2005 qui prescrit d’enseigner « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord ». Réalisé par Gérard Vindt et intitulé « Positive, la colonisation ? », il relate le débat provoqué par le vote de cette loi et montre ce qu’était en réalité le fait colonial, à travers diverses citations, notamment d’Amadou Hampâté Bâ et d’Albert Londres, ainsi qu’un entretien avec Olivier Le Cour Grandmaison.

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Pascal Bruckner et Bernard Gorce dans un dossier publié par « La Croix » le 12 juillet 2005

La loi du 23 février 2005, qui dispose que le « rôle positif » de la colonisation doit être enseigné dans les écoles, est de plus en plus critiquée. En France, les historiens et les enseignants réclament l’abrogation de l’article incriminé. Nous reproduisons, après l’entretien avec Pascal Bruckner figurant dans le dossier intitulé « Troubles de mémoire sur la colonisation », paru dans « La Croix », le 12 juillet 2005, le point de vue de Bernard Gorce figurant dans ce même dossier. Pour lui le passé colonial de la France est un héritage mal assumé.

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Le Parlement algérien fustige la loi française sur le « rôle positif de la colonisation »

Le 7 juillet 2005, les deux chambres du Parlement algérien ont condamné la loi française du 23 février, sans vote mais par des déclarations de leurs présidents. Le 29 juin, à Tlemcen, le président Abdelaziz Bouteflika avait affirmé que cette loi représentait « une cécité mentale confinant au négationnisme et au révisionnisme ». Il a qualifié le colonialisme d’« un des plus grands crimes contre l’humanité que l’histoire a connus ». Il a repris les mêmes accusations le 3 juillet. Ces déclarations algériennes sont tardives par rapport aux critiques suscitées en France par cette loi.

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Propositions de loi au Sénat visant à abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005

Visant à abroger l’article 4 de la loi du 23 février 2005, deux propositions de loi ont été déposées au Sénat. L’une, le 27 juin 2005, émane de M. Guy Fischer et de sénateurs communistes et l’autre, le 4 juillet 2005, de M. Jean-Pierre Michel et de sénateurs socialistes. Nous les reproduisons, ainsi qu’un commentaire paru dans la presse algérienne, par Yacine Kenzy, publié dans le quotidien Liberté, le 8 juillet 2005. Après avoir été adoptée dans la discrétion, le silence et les complicités passives, la loi du 23 février 2005 fait l’objet de critiques au parlement qui tiennent compte de celles des historiens, enseignants et citoyens.

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Benjamin Stora : « C’est un mouvement profondément réactionnaire »

Érection de stèles en faveur des anciens de l’OAS, loi du 23 février 2005 dont un article demande d’enseigner « le rôle positif » de la colonisation, une tendance rétrograde se manifeste dans la société française, encouragée par la majorité politique au pouvoir. Benjamin Stora, historien, spécialiste de la guerre d’Algérie, réagit dans un entretien réalisé par Émilie Rive, publié dans l’Humanité, le 6 juillet 2005.

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Alger a condamné la loi française sur le « rôle positif » de la colonisation

Alors qu’il y a eu depuis le vote de la loi française du 23 février glorifiant « le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord », peu de réactions en Algérie, le président Abdelaziz Bouteflika s’est exprimé le 2 juillet sur le sujet. Il a déclaré que cette loi est « loin d’être innocente ». Selon un article paru dans « Libération » le 1er juillet, il a même parlé de « cécité mentale », de « révisionnisme » et de « négationnisme ». De leur côté, plusieurs partis politiques algériens, rapporte le site du « Nouvel Observateur », le 2 juillet 2005, ont condamné cette loi, à l’instar du FLN, qui a estimé qu’elle « consacre une vision rétrograde de l’histoire ».

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Pour les sénateurs Bariza Khiari et Jean-Pierre Michel : la loi qui fait l’éloge de la colonisation est une provocation

Bariza Khiari, sénatrice de Paris, et Jean-Pierre Michel, sénateur de la Haute-Saône, ont publié dans Libération le 27 juin 2005 un article où ils estiment que l’article 4 de la loi du 23 février, qui exalte « le rôle positif » de la France outre-mer, constitue une provocation et doit être abrogé. Pour eux, aucun pouvoir politique n’a le droit d’imposer le sens à donner à des événements historiques ; au contraire, l’Etat a le devoir de permettre à la communauté des historiens d’agir avec l’objectivité qui la caractérise, garante d’une véritable démocratie.

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