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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Deux vétérans et des dizaines de descendants, à Sorgues le 6 septembre 2012.
Les Indochinois immigrés de force (1939-1952)

Sorgues : hommage aux travailleurs indochinois immigrés de force

Après Arles en décembre 2009, la ville de Sorgues (Vaucluse) a rendu hommage le 6 septembre 2012 aux milliers de Vietnamiens qui y avaient été employés à partir de 1939 dans une poudrerie pour un salaire dérisoire et logés dans des camps particulièrement rudes.

Le recours à des travailleurs et tirailleurs coloniaux pour participer à l’effort de guerre à partir de 1939 fait partie des événements longtemps occultés de notre mémoire nationale : en septembre 1939, 27 000 Indochinois ont été requis, la plupart de force, et envoyés en France – 7 000 tirailleurs et 20 000 travailleurs. Après la défaite, 5 000 d’entre eux ont été rapatriés mais les autres sont restés bloqués en France. 1

Deux anciens travailleurs indochinois nonagénaires et de nombreux descendants de ces hommes étaient présents lors de la cérémonie de Sorgues.

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Les anciens départements d'Algérie (1848-1957) : Oran, Alger, Constantine.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Gilles Manceron : la nécessaire reconnaissance du passé colonial

La loi de 2005 sur la «colonisation positive» et le thème du «refus de la repentance» développé par Nicolas Sarkozy lors de sa campagne pour l’élection présidentielle de 2007 ont encouragé les nostalgiques de l’Algérie française et de l’époque coloniale en général, et contribué à légitimer les discours racistes.

Un demi-siècle après la fin de la guerre d’Algérie, sera-t-il enfin possible de poser un regard apaisé sur celle-ci et sur la colonisation qui l’a précédée ? Sans «repentance», mais également sans occultation et sans instrumentalisation officielle. Comme Gilles Manceron, co-responsable du groupe de travail «Mémoire, histoire, archives» de la LDH, l’expose ci-dessous, cette question concerne toute la société et pas seulement les historiens
2.

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Le 17 octobre 1961

 14 juillet 1953 : répression coloniale, place de la Nation

Les massacres d’Algériens, à Paris, en octobre 1961 font partie de la mémoire collective française – ils ont même été officiellement reconnus il y a quelques mois par le président de la République (note ajoutée le 15 juillet 2013). Il n’en est pas de même pour la violente répression qui a frappé des Algériens à Paris le 14 juillet 1953. Ce jour-là, un important cortège de travailleurs algériens s’était formé, encadré par le MTLD (Mouvement pour le triomphe des libertés démocratiques) de Messali Hadj. Ils scandaient “Non au colonialisme !”, “Nous voulons l’indépendance !” … Place de la Nation, les forces de l’ordre ont chargé ; des policiers ont tiré – il y aura 7 morts, six jeunes ouvriers algériens et un métallurgiste français, syndicaliste CGT.

Pour rappeler cet événement quasiment oublié, nous reprenons ci-dessous des extraits du chapitre que l’historien Emmanuel Blanchard lui a consacré dans son livre La police parisienne et les Algériens 3.

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Fernand Iveton
L'affaire Audin

« Toi qui entres à la BNF François Mitterrand, n’oublie pas Fernand Iveton », par Jean-Luc Einaudi

La cérémonie de remise du prix Audin de mathématiques s’est déroulée le 22 juin à 14 h dans le petit auditorium de la BNF en présence de 140 personnes. Le Président du jury, Wendelin Werner, a remis leurs prix aux lauréats. A l’occasion du cinquantenaire de la signature des Accords d’Evian et de l’indépendance de l’Algérie, Gérard Tronel a remis, au nom de l’association Maurice Audin, un prix exceptionnel à Hacène Belbachir et à Tahar Boulemezaoud pour leurs contributions à la coopération franco-algérienne.

Au cours du colloque qui a suivi, La guerre d’Algérie, cinquante ans après, Henri Alleg, Roland Rappaport, Raphaëlle Branche, Mohamed Harbi, Nathalie Funès, Jean-Luc Einaudi, Gilles Manceron et Benjamin Stora, ont rappelé les circonstances dans lesquelles était née l' »Affaire Audin » et ce qu’elle avait de symbolique dans la mesure où elle avait généré des situations de non-droit « légalisées » par des procédures du type « pouvoirs spéciaux » et articles « ad-hoc » de la constitution de 1958. Le cas Audin n’est pas le seul dans lequel les autorités militaires, couvertes par les pouvoirs civils ont arrêté, torturé et fait disparaître des citoyens français et algériens. Les intervenants ont rappelé que la colonisation était à l’origine de crimes inadmissibles au pays des Droits de l’Homme et qu’il serait temps que la République française reconnaisse ses erreurs qui sont à l’origine d’actions criminelles non encore élucidées. L' »Affaire Audin » est emblématique dans la mesure où elle repose notamment les problèmes de la torture, du mensonge au nom de la raison d’Etat, et de l’amnésie collective que les gouvernements successifs ont justifié par un arsenal législatif de lois d’amnistie. La cérémonie s’est achevée par un rappel: nous continuerons à lutter pour connaître la vérité sur la mort de Maurice Audin, il y va de l’Honneur de notre pays et de l’instauration de relations fraternelles entre les peuples algérien et français.

Jean-Luc Einaudi nous a aimablement autorisé à reprendre son intervention, prononcée à cette occasion le 22 juin 2012,à la Très Grande Bibliothèque Nationale de France François Mitterrand.

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vendredi 22 juin, à la BNF : remise du prix Maurice Audin et colloque

Il y a cinquante-cinq ans, Maurice Audin disparaissait… Arrêté et torturé en juin 1957 à Alger par des parachutistes français, Maurice Audin n’a jamais été revu vivant, et sa famille ne connaît toujours pas le sort qui lui a été réservé. Pour ne pas oublier, l’Association Maurice Audin a créé un Prix de Mathématiques qui récompense chaque année deux lauréats : un mathématicien algérien et un mathématicien français.

La cérémonie de remise de ces prix, pour les sessions 2011 et 2012, aura lieu vendredi 22 juin 2012, à 14 heures, dans un des auditoriums de la Bibliothèque nationale de France, site François Mitterrand. Elle sera suivie d’un colloque : “Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie”.

A cette occasion, nous publions ci-dessous la lettre signée par François Hollande, alors candidat à la présidence de la République, adressée le 26 mars 2012 à Gérard Tronel, président de l’Association Maurice Audin.

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Stèle inaugurée à Alger le 19 mai 2012.
La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

Benjamin Stora : substituer la reconnaissance de faits “concrets” à la dénonciation abstraite du système colonial

A l’occasion du colloque organisé le 21 mai 2012 par l’Association étudiante Sciences Po Monde Arabe4, l’historien Benjamin Stora a évoqué le “différend mémoriel” entre l’Algérie et la France.

Pour lui, il ne s’agit pas de faire un discours général de condamnation du colonialisme – tel celui que Nicolas Sarkozy a prononcé le 5 décembre 2007 à l’université de Constantine. Mais il faut adopter une démarche “concrète” analogue à celle de François Hollande, le 17 octobre dernier sur le pont de Clichy, là où des Algériens avaient été jetés dans la Seine en octobre 19615.

Il faut reconnaître officiellement et de façon précise ce qui s’est réellement passé. Et Benjamin Stora évoque l’affaire Audin, du nom de ce mathématicien enlevé en 1957, pendant la “bataille d’Alger”, et dont le corps n’a jamais été retrouvé ; une stèle vient d’être inaugurée en sa mémoire en plein centre d’Alger, mais les autorités françaises n’ont toujours pas reconnu les circonstances de sa disparition.

[Mis en ligne le 22 mai 2012, mis à jour le 30]

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Miliciens armés dans les rues de Guelma, en mai 1945.
Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

Gilles Manceron à Guelma : les autorités françaises doivent faire un “travail de reconnaissance”

Le Xe colloque international sur les massacres du 8 mai 1945 s’est déroulé les 7 et 8 mai 2012 à l’Université de Guelma. Lors de son intervention, le premier jour, Gilles Manceron, ancien vice-président de la Ligue des droits de l’Homme, a mis l’accent sur la nécessité de voir un jour les institutions officielles de la France reconnaître les crimes coloniaux.

Nous reprenons ci-dessous les extraits de son intervention que l’historien nous a communiqués.

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Les massacres de mai-juin 1945 en Algérie (Constantinois)

l’autre 8 mai 1945 : Sétif, Guelma, Kherrata…

Il y a 67 ans : les massacres du 8 mai 1945 dans le Nord-Constantinois.

Kateb Yacine, collégien à l’époque, est témoin oculaire à Sétif : «Je témoigne que la manifestation du 8 mai était pacifique. En organisant une manifestation qui se voulait pacifique, on a été pris par surprise. Les dirigeants n’avaient pas prévu de réactions. Cela s’est terminé par des dizaines de milliers de victimes.» (lire la suite)

À Guelma, les milices préfigurent l’OAS – voir l’article de Jean-Pierre Peyroulou.

À Marseille un colloque, le 12 mai 2012, commémorera les événements.

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L'affaire Audin

affaire Audin : la vérité doit être dite

Arrêté et torturé en juin 1957 à Alger par les parachutistes français, Maurice Audin n’a jamais été revu vivant. Dans un entretien publié dans Le Nouvel Observateur N° 2472 du 22 mars 2012 et intégralement repris ci-dessous, la veuve du mathématicien en appelle au chef de l’État pour qu’on lui dise la vérité sur la disparition de son mari.

La Ligue des droits de l’Homme s’adresse aux plus hautes autorités de l’Etat pour qu’elles répondent enfin à la demande de Josette Audin.

[Mis en ligne le 22 mars 2012, mis à jour le 30]

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de la main du colonel Godard
L'affaire Audin

Maurice Audin serait bien mort aux mains de militaires français

Le Nouvel Observateur du 1er mars 2012 publie un extrait d’un document inédit qui permettra, espérons-le, d’établir dans quelles conditions, le jeune mathématicien Maurice Audin a “disparu” à Alger il y a près de 55 ans. D’après la thèse officielle, il se serait évadé, mais l’opinion générale est qu’il est mort dans les mains de militaires, après avoir été arrêté par des parachutistes le 11 juin 1957 pour être conduit au centre d’interrogatoire d’El-Biar. Depuis lors, Maurice Audin avait disparu, et sa femme, Josette, n’a pu obtenir de réponse à ses questions.

Au cours de ses recherches, Nathalie Funès, qui publie ces jours-ci un ouvrage sur Le camp de Lodi, a mis à jour un document inconnu jusqu’à présent : un texte écrit de la main du colonel Yves Godard, ancien commandant de la zone Alger-Sahel, aujourd’hui décédé. Ce texte inédit, conservé avec les archives que Godard a déposé à l’université Stanford, en Californie, est le premier document signé par un officier de l’armée française qui confirme l’exécution du jeune mathématicien algérois par un militaire.

[Mis en ligne le 4 mars 2012, complété le 11]

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Paul Teitgen par Marie Bellando-Mitjans
Bigeard aux Invalides ?

Bigeard : recul du gouvernement – le transfert aux Invalides ne doit pas se faire

Gérard Longuet vient d’annoncer le “report” du transfert des restes du général Bigeard aux Invalides 6. Le collectif qui s’était créé pour protester contre cette manoeuvre politicienne s’en félicite tout en demandant l’annulation définitive de ce projet.

Nous remercions les 9 500 signataires de la pétition qui ont permis de parvenir à ce résultat. L’un d’entre eux nous a autorisé à reproduire ci-dessous la lettre qu’il a adressée au président de la République.

Faisons un vœu : Paul Teitgen au Panthéon !

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