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Édition du 15 janvier au 1er février 2026

La reconnaissance des crimes coloniaux 1830-1962

l’affaire Audin, 57 ans plus tard

À l’occasion du 57e anniversaire de son arrestation par les paras du général Massu, un nouvel hommage a été rendu à Alger à Maurice Audin. Vous pourrez en prendre connaissance ci-dessous dans un article qui demande aux autorités françaises de dévoiler le lieu de son inhumation et annonce que le prix Maurice Audin sera décerné le 18 juin à l’institut Henri Poincaré (Paris).

Nous reprenons également le texte de la lettre que Josette Audin a adressée au président de la République le 24 février dernier pour connaître la vérité sur les circonstances de l’assassinat de son mari. Elle lui demande de condamner « la torture et les exécutions sommaires commandées par les gouvernements successifs de la France pendant la Guerre d’Algérie.»

Pour terminer, un extrait d’un article de janvier dernier qui met en évidence des questions que l’on continue à se poser au sujet de l’“affaire Audin”.

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l’omerta de la République

Dans quelques jours, ce sera le 57e anniversaire de la disparition de Maurice Audin suite à son arrestation à Alger, par les parachutistes de l’armée française. Après l’“appel des 171”, deux personnalités, l’auteur dramatique Michel Vinaver et le psychanalyste Bernard Sigg, lancent chacun un appel pour la reconnaissance de la vérité sur la mort de ce jeune universitaire à Alger.

Le dramaturge Michel Vinaver, ce « récitant inlassable, depuis un demi-siècle, des fracas de notre temps» 1, a écrit Les Huissiers en 1957. Dans cette pièce, «il évoque explicitement la guerre d’Algérie et l’agonie de la IVe République depuis les couloirs et les bureaux d’un ministère, avec sa farandole de préposés et de politiques, de petites mains et de grands bavards» 2. Michel Vinaver révèle aujourd’hui que la disparition de Maurice Audin à Alger en juin 1957 est à l’origine de cette œuvre, et demande qu’il «soit mis fin à un si long retard dans la reconnaissance des faits par l’Etat».

Évoquant le crime dont Maurice Audin fut victime, le psychanalyste Bernard Sigg écrit qu’il «reste inoubliable parce qu’il est toujours nié par la République Française alors que c’est son armée qui, passant lois et limites, l’a commis». Mobilisé en Algérie en tant que médecin, Bernard Sigg a refusé en 1961 de rejoindre un poste où son travail aurait consisté à maintenir en vie des personnes torturées. Il a alors déserté et n’est revenu en France qu’en 1965, au moment d’une amnistie. Il s’est alors investi dans le traitement des soldats traumatisés par la guerre.
Il est l’auteur du livre Le Silence et la Honte. Névroses de la guerre d’Algérie (Messidor, 1989) dans lequel il souligne notamment que les anciens appelés préfèrent taire leurs angoisses. 3

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Jean-Luc Einaudi
Le rôle de Jean-Luc Einaudi

hommage à Jean-Luc Einaudi

Dimanche 25 mai à 15h, projection-débat en hommage à Jean-Luc Einaudi, organisé par le Maghreb des films et la Cité nationale de l’histoire de l’immigration (CNHI), au Palais de la Porte dorée – 293 Avenue Daumesnil – 75012 Paris – Entrée libre (métro : Porte dorée)

“Jean-Luc Einaudi et le 17 octobre 1961”

Projection du film Une journée portée disparue » de Philip Brooks et Alan Hayling (France – Royaume Uni / 52’ / 1992) – un témoignage sur les événements du 17 octobre 1961, à Paris, construit essentiellement à partir de témoignages … Projection d’extraits de films où il intervient, débat avec Emmanuel Blanchard, Peggy Derder, Daniel Kupfersein, Olivier Le Cour Grandmaison et Gilles Manceron.

Ci-dessous un article de Gilles Manceron en hommage à Jean-Luc Einaudi.

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l’affaire Audin, le droit de savoir, le droit de témoigner

Plus d’un demi-siècle après les faits, la reconnaissance des crimes
français commis en Algérie avance…

Mais la connaissance des faits bute sur les conséquences du long silence d’Etat qui a prévalu. En effet, des traces dans les archives ont été effacées. Les témoins et les acteurs disparaissent. Pourquoi n’ont-ils pas révélé ces faits quand ils les condamnaient ou les regrettaient?

Bernard Sigg a analysé leur silence.

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A la tribune, de gauche à droite : Alain Ruscio, Sadek Hadjerès, Gilles Manceron, Nathalie Funès, René Gallissot et Malika Rahal (photo Pierre Pytkowicz/L'Humanité)
L'affaire Audin

une soirée-débat pour Maurice Audin

Lundi 24 mars 2014, Mediapart, la Ligue des droits de l’Homme et l’Humanité organisaient au théâtre Le Tarmac un débat public autour de l’assassinat de Maurice Audin à Alger en juin 1957. Ce débat a été suivi d’un appel pour la reconnaissance de ce crime d’Etat et des violations des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Le débat, précédé de la projection du film Maurice Audin, la disparition (réalisé par François Demerliac), réunissait, en présence de Josette Audin, veuve de Maurice Audin, une table ronde avec : Gilles Manceron, historien ; Sadek Hadjerès, membre en 1957 du secrétariat du PC algérien, rédacteur du site Socialgérie ; Raphaëlle Branche, historienne, maîtresse de conférence à l’Université Paris I ; René Gallissot, historien, professeur émérite de l’Université Paris 8 ; Malika Rahal, historienne chargée de recherches à l’Institut d’histoire du temps présent (IHTP) ; Nathalie Funès, journaliste au Nouvel Observateur et Alain Ruscio, historien. Sont intervenus également au cours de cette soirée : Michel Broué, mathématicien, président des Amis de Mediapart ; Patrick Apel-Muller, directeur de la rédaction de l’Humanité ; Edwy Plenel, directeur de Mediapart ; Charles Silvestre, journaliste, vice-président des Amis de l’Humanité.

[Mis en ligne le 30 mars 2014, mis à jour le 3 avril]

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Le rôle de Jean-Luc Einaudi

mort de Jean-Luc Einaudi, un héros moral

Jean-Luc Einaudi, auteur de La bataille de Paris, 17 octobre 1961 (Seuil, 1991), vient de mourir. Ses nombreux ouvrages sur l’Algérie, fruits de recherches « méticuleuses et opiniâtres », selon les termes de l’historien Gilles Manceron, ont été centrés sur le rôle de l’État français dans la répression des luttes pour l’indépendance algérienne – lire les entretiens qu’il a donnés à ce sujet.

Les Algériens n’ont pas oublié celui que Mohammed Harbi a qualifié de «héros moral» ; nous reprenons le bel hommage que lui a rendu l’historien algérien Hassan Remaoun.

[Mis en ligne le 24 mars 2014, mis à jour le 29]

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En mars 2014, l’appel des 171 :
pour la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Historiens et journalistes continuent à œuvrer pour que la vérité émerge sur les circonstances réelles de l’assassinat de Maurice Audin en juin 1957 durant la bataille d’Alger par les parachutistes du général Massu et ne cessent d’interpeller les autorités françaises sur cette question. La soirée-débat organisée ce 24 mars, au théâtre Le Tarmac à Paris, par la Ligue des droits de l’homme, Mediapart et L’Humanité, en présence de Josette Audin et d’amis du militant anticolonialiste, a été dédiée à cette quête de vérité. Sont intervenus notamment les historiens René Gallissot, Gilles Manceron, Malika Rahal, Alain Ruscio, et la journaliste Nathalie Funès, un appel a été adressé aux autorités françaises pour exiger la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, ainsi que la reconnaissance des violations massives des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie. 4

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L'affaire Audin

Maurice Audin a-t-il été tué sur ordre ?

La Ligue des droits de l’Homme, Mediapart, L’Humanité, avec les Amis de L’Humanité et les Amis de Mediapart organisent une soirée pour demander la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin, en juin 1957.

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Jeune mathématicien communiste, il a été tué à Alger après avoir été arrêté par des militaires français. Les circonstances de sa mort n’ont jamais été élucidées et l’État français, que tout accuse, n’a jamais reconnu sa culpabilité.

Lundi 24 mars, à 19h, au Tarmac, 159 avenue Gambetta, 75020 Paris
(Métro Gambetta, Pelleport ou Saint-Fargeau), en présence de sa femme Josette :
– projection du film Maurice Audin. La Disparition, de François Demerliac5,
– débat animé par Gilles Manceron (membre du Comité central de la LDH et coresponsable du groupe de travail « Mémoire, histoire, archives »),
avec, notamment, Raphaëlle Branche, René Gallissot, Sadek Hadjerès, Malika Rahal, Sylvie Thénault et Nathalie Funès,
– suivis d’un appel pour la reconnaissance de ce crime d’État et des violations massives des droits de l’Homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie.

Inscriptions auprès du service communication de la LDH :
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Tél. 01 56 55 51 15

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nous demandons la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Une soirée est organisée par la Ligue des droits de l’Homme, Mediapart, l’Humanité, avec les Amis de l’Humanité et les Amis de Mediapart, ouverte sur inscription, dans la limite des places disponibles

lundi 24 mars, de 19h à 22h,

au Tarmac 159 – avenue Gambetta 75020 Paris

Nous demandons la vérité sur l’assassinat de Maurice Audin

Projection du film Maurice Audin, la disparition de François Demerliac6 et débat en présence de Josette Audin, suivis d’un appel pour la reconnaissance de ce crime d’Etat et des violations massives des droits de l’homme par l’armée française durant la guerre d’Algérie.
La soirée sera animée par l’historien Gilles Manceron, avec, notamment, les interventions de Raphaëlle Branche, René Gallissot, Sadek Hadjerès, Malika Rahal et Nathalie Funès.

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Josette Audin attend une condamnation des crimes de guerre commis avec l’assentiment du pouvoir politique de l’époque

Florence Beaugé, dont les articles publiés dans le Monde ont largement contribué à la relance des débats sur la torture à partir de l’année 2000 – voir ses interviews de Louisette Ighilhariz et des généraux Bigeard, Massu et Aussaresses – revient sur les déclarations de ce dernier concernant la mort de Maurice Audin telles que Jean-Charles Deniau les rapporte dans son ouvrage.

Selon la journaliste, Josette Audin attend non pas une « repentance » de la part de la France, mais une reconnaissance et une condamnation des crimes de guerre commis avec l’assentiment du pouvoir politique de l’époque.
De François Hollande, la veuve de Maurice Audin espère un geste « comparable à celui qu’a fait Jacques Chirac pour la rafle du Vel’d’Hiv ». Pour elle, il serait grand temps que la France regarde son passé en face, si elle veut enfin pouvoir tourner la page de la guerre d’Algérie.

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mémoire et histoire, par Benjamin Stora

Nous reprenons ci-dessous le compte-rendu publié dans l’édition du 22 janvier d’El Watan de l’intervention de Benjamin Stora le 20 janvier 2014 dans le cadre du Forum du quotidien algérien Liberté 7.

Concernant l’«affaire Maurice Audin», l’historien a fermement déclaré que « les autorités françaises ne peuvent plus se contenter de dire “on ne sait pas, il faut établir la vérité”», et il a conclu : « On sait ce qui s’est passé. Maintenant, il faut situer les responsabilités de chacun».

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